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  • Le Ruster Ausbruch (Burgenland – Autriche)

    Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinéréa.

    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au cœur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee.

    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1,5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    D’ailleurs, les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 400 Km plus à l’Est).

    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.

    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du philoxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère comme une « usine à sucre » !

    Les vignobles couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Comme vous le savez bien à la lecture de la liste des vins de Dionis, nous avons une remarquable collection de vins de cette région et offrons à l’amateur gourmand quelques joyaux œnologiques remontants jusqu’à la fin des années 80.
    Les grands vins liquoreux de pourriture noble de Rust se répartissent en fonction de leur richesse naturelle en sucre au moment de la vendange, de la manière suivante :

    • Auslese : entre 21 KMW et 25 KMW (entre 21 % et 25 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Beerenauslese : entre 25 KMW et 27 KMW (entre 25 % et 27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Ausbruch : à partir de 27 KMW (27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Trockenbeerenauslese : A partir de 30 KMW (30 % de sucres par litre de moût en masse volumique.

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie légale en France d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.

    Les quatre saisons à Rust
    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)
    De gauche à droite : Tibor Kovacs, Michel et Robert Wenzel, enfin Jean-François Ragot, en octobre 1995 à Rust.
    Pressurage d’une cuvée de Ruster Ausbruch

    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.
    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 100 à 180 gr de sucres résiduels.

    C’est à mon sens un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est dans le Tokaji.
    Ce sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    Jean-François RAGOT


  • News : 12 mai 2016 : voyage d’avril en images

    Posté dans par admin

    Orliénas, le 12 mai 2016,

    Du 9 avril au 1er mai, j’ai effectué mon premier tour d’Europe de l’année, incluant l’Italie, l’Autriche et la Hongrie.
    Le point fort de la première partie a été bien entendu le salon international Vinitaly qui se tenait à Verona du 10 au 13 avril. avec 4 200 exposants et plus de 150 000 visiteurs, c’est la première manifestation mondiale liée au vin.

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    L’incontournable Bottega del Vino de Vérone, le 9 avril 2016. Tout le gratin du monde du vin s’y presse au coude à coude afin de déguster les nectars du monde entier.
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    Nouveau millésime 2015 pour le domaine Vesevo (Campanie) avec les trois crus : Beneventano Falanghina, Fiano di Avellino et Greco di Tufo. Les trois vins sont présentés dans les nouvelles bouteilles IMPERO.
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    Nouveauté de chez Zabu (Sicile, région d’Agrigento). Un Il Passo, dénommé Verde 2015. Ce vin issu de l’agriculture biologique a été élaboré avec 100% du cépage Nero d’Avola. Ce vin rouge à la robe grenat très sombre nous offre une superbe palette aromatique et une grande intensité.
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    Tufarello IGP Puglia : nouveauté de chez Farnese : splendide rouge de la partie nord de la Puglia issu du cépage autochtone Nero di Troia. A découvrir absolument !
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    Je ne peux pas manquer de présenter à ceux d’entre vous qui ne le connaissent pas, le sympathique président de la cave San Marzano, Francesco Cavallo. Je dois dire, rien qu’à le voir, qu’il était né pour être président…
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    Mon vieux partenaire et complice depuis 1993 : Gianluca Viberti, producteur émérite de Barolo en compagnie de Jean-François Ragot. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’après quelques années en stand-by, nous pouvons reprendre enfin notre collaboration dès ce mois de juin 2016 avec un somptueux Barolo 2011 cru Bricco delle Viole. Photo du 11 avril 2016.
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    Notre partenaire de la région Veneto, Graziano Maule de Montecrocetta, en dégustation avec Jean-François Ragot le 12 avril 2016. En 2015, il a produit un magnifique Gambellara Classico, blanc sec, disponible dès ce mois de mai 2016.
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    Une des dernières production de notre ami Graziano Maule, le Roncaiolo Appassite 2013. Remarquable vin rouge (75% Cabernet franc et 25% Cabernet Sauvignon) vinifié après un séchage de quatre semaines. Ce vin est dans l’esprit d’un « Ripasso » de la Valpolicella. Disponible dès ce mois de mai 2016.
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    La charmante Federica Zeni, du domaine Zeni, élaborant de splendides vins de la Valpolicella et de Bardolino. Photo du 12 avril 2016.
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    Etna Rosso, Terre dell’ Etna. Bel exemple de vins rouge extremement typé provenant de vignobles établis sur les flancs du volcan Etna à 800m d’altitude. Le vin est issu de 90% de cépage Nerello Mascalse et 10% Nerello Capuccio.

    Le voyage s’est poursuivi vers l’Autriche avec une visite au très intéressant domaine Deutsch à Hagenbrunn  (Weinviertel) où j’ai pu déguster de splendides Weinviertel DAC (vins blancs d’appellation, issus du cépage Grüner veltliner).

    Bien sûr, je suis allé également déguster la production 2015 des vins de Bruno Landauer à Rust dans le Burgenland.

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    Tout est bon en 2015 : à noter l’original et remarquable vin blanc sec « Gemischter Satz » véritable témoin de la culture pannonienne classique. Il est issu d’un assemblage des cépages Furmint, Harslevelu, Ezerjo, Leanyka, auxquels s’ajoutent un peu de Muskateler et de Gewürztraminer. Les raisins ont été vendangés ensemble à la mi-septembre, pressurés ensemble et vinifiés ensemble. C’est un vin délicieux, complexe et typé, au taux d’alcool de seulement 12%. J’ai eu le plaisir de rapporter moi-même à Bruno, de la région de Tokaj, les 200 pieds de vigne Harslevelu, en avril 2011. Photo du 16 avril 2016.

    Bien entendu, nous avons dégusté toute une gamme de vins blancs secs, les plus notables étant les Pinot blanc et les Chardonnay sans oublier un Neuburger de vignes de plus de cinquante ans.
    Nous avons laissé pour l’instant de côté les vins rouges que nous dégusterons l’été prochain ou à l’automne.

    Dans les vins moelleux, Bruno a fait un feu d’artifice de vendanges tardives issues des raisins rouges Zweigelt, Blaufränkisch et Merlot (Spätlese 2015 issu du Merlot, Beerenauslese issu du Zweigelt et du Merlot, Trockenbeerenaulese issu du Zweigelt et surtout du Blaufränkisch). A noter que les derniers raisins destinés à ces nectars ont été vendangés le 3 décembre 2015.
    Enfin, Bruno a vendangé un vin incroyablement concentré (plus de 40 KMW) c’est-à-dire 40% de sucres en masse volumique, à partir du Pinot Blanc (Weissburgunder) et d’un peu de Furmint et de Welschriesling. Ce vin est une véritable eszencia, qui fermente depuis déjà de long mois.

    J’ai poursuivi ma route vers la Hongrie en direction de Tokaji.
    Durant mon séjour dans la Tokajhegyalja (Hongrie) j’ai eu le plaisir de participer à la quatrième vente aux enchères des grands vins de Tokaji le samedi 23 avril 2016. Organisée par notre confrérie des vins de Tokaj, elle s’est tenue cette année dans l’ex-synagogue de la ville.
    Au préalable, nous avons procédé à des intronisations, dont celle de notre ami Manuel Peyrondet, ex-sommelier de la grande restauration parisienne, meilleur sommelier de France 2008 et dirigeant actuel de la société Chais d’oeuvre.

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    De gauche à droite : Samuel Tinon, viticulteur à Olaszliska (région de Tokaj), en compagnie de sa femme Mathilde Hulot (journaliste du vin) de Jean-François Ragot et de Manuel Peyrondet. Photo du 23 avril 2016.
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    Intronisation à la confrérie des vins de Tokaj, le samedi 23 avril 2016.
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    Manuel Peyrondet signe le grand livre, après son intronisation comme membre de la Confrérie des Vins de Tokaji, le 23 avril 2016.

    Bien entendu, je ne vous relaterai pas toutes mes activités au service du vin de Tokaj. Je rajouterai seulement que j’avance dans mon projet de replantation du vignoble situé dans un cru historique classé de la Tokajhegyalja : le cru Melegoldal.  C’est une histoire très longue et très compliquée, liée à la très longue période de transition économique qu’a connue la Hongrie après 1989. Cette opération débutée en 1997 a finalement connu un « Happy end » en juin 2015 avec la récupération de la pleine propriété du sol par ma fille Céline Ragot et moi-même.
    Il reste maintenant à faire fructifier ces 18 années de patience…

    Oenophilement votre,
    Jean-François


  • News : 25 novembre 2014 : premier bilan vendanges 2014 en Europe Centrale et centro-orientale.

    Orliénas, le 25 novembre 2014,

    Mon dernier voyage en novembre, m’a permis de faire le point sur le millésime 2014 en Europe Centrale, dont les dernières vendanges se sont déroulées jusqu’à la fin du mois d’octobre.
    Mais pour commencer petit flash-back concernant le vignoble de Cotnari (Roumanie / Moldavie).
    J’avais écrit à la fin du mois de juillet 2014 que la situation sanitaire du vignoble n’était pas excellente malheureusement. De nombreuses parcelles étaient affectées par l’oïdium, le mildiou, mais également par des arachnides. On estimait alors que la moitié de la production était touchée par ces maladies.
    La situation est allée hélas de mal en pis et il n’a pas été possible d’obtenir des raisins Grasa et Tamiioasa romaneasca en état sanitaire convenable.
    Bien entendu, nous n’entendions pour ce premier essai de vinification de vin de Cotnari, n’acheter que des raisins en surmaturité de haute qualité. Face à une situation défavorable, nous avons décidé d’annuler notre projet pour 2014 et ceci dès la fin du mois d’août.

    Si les conditions le permettent nous tenterons bien sûr l’expérience en 2015.
    Nous vous tiendrons informés de l’évolution de ce dossier qui nous tient à coeur.

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    Trittenheim (Moselle centrale), le 6 novembre 2014
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    Moselle Centrale, le 6 novembre 2014.
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    Oestrich (Rheingau) avec en fond à gauche, le château Johannisberg, le 7 novembre 2014.
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    jean-François Ragot et Bruno Landauer à Rust (Burgenland/Autriche), le 17 novembre 2014.
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    Vignobles de Spitz dans la Wachau (Vallée du Danube/Autriche), le 18 novembre 2014.

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    Mais revenons-en à ce que nous avons observé ce mois de novembre 2014 en Europe Centrale.
    Globalement, les conditions sanitaires des vignobles ont été rendues périlleuses par suite de précipitations importantes qui se sont déroulées dans la plupart des régions durant tout l’été.
    Ceci est valable pour la région de Tokaj où il a fallu procéder à des tris extrêmement sévères, entrainant une élimination de plus de la moitié des raisins.
    Cette situation a toutefois été favorable aux bons vignerons, car la pourriture noble s’est répandue de manière assez égale sur l’ensemble du territoire de l’appellation.
    L’aspect crucial du tri des raisins consiste à ne pas mélanger des raisins atteint de pourriture noble, avec d’autres atteint de pourriture grise et autre pourriture aigre.
    Je peux dire qu’il devrait y avoir quelques vins de haute qualité, voire de qualité exceptionnelle, mais en quantité très limitée. Ces vins seront dotés d’une vigoureuse acidité.
    Le même phénomène ou presque a été observé à Rust (Burgenland/ Autriche). Les pluies de fin d’été et début d’automne ont eu un impact négatif sur la vendange des vins moelleux.
    Bruno Landauer est assez désespéré par cette vendange représentant moins de la moitié d’une année normale.
    Si les vins blancs secs issus des cépages welschriesling, weissburgunder et chardonnay qui ont été vendangés tôt sont tout à fait correct, ils sont en tout état de cause plus légers qu’habituellement. Leur acidité naturelle est plus élevée que d’habitude.
    Le cépage qui a le plus souffert à notre plus grand regret est le gewurztraminer. Bruno a vendangé 1400 litres au lieu des 6000 litres habituellement…
    Pour l’instant nous n’en parlerons pas plus et vous tiendrons informé de l’évolution du vin.
    Tout comme à Tokaj, un botrytis cinéréa intense lui a permis d’élaborer quelques cuvées de liquoreux avec des acidités incroyables. Du jamais vu pour lui depuis qu’il est à la tête du domaine familial.

    Dans la vallée du Danube, à Vienne et dans le Weinviertel, la vendange se présentait très bien jusqu’à la mi-septembre, mais des précipitations intenses et régulières l’ont particulièrement dégradée et ont entraîné une baisse des rendements considérable. Dans la Wachau, notre ami Gritsch a procédé à des tris drastiques sur les grüner vetliner et les rieslings. On peut s’attendre à quelques jolis vins.
    Notre parcours dans la vallée de la Moselle et dans le Rheingau nous a permis de faire globalement (je ne rentre pas dans les détails) les mêmes constatations. Toujours ce problème des précipitations de début et de milieu d’automne qui ont détruit les espoirs de grands vins de type Auslese par exemple. Notre ami Martin Hautt de Winningen (Moselle des Terrasses) a été obligé de renoncer aux vins d’auslese qui nous attendons désespérément depuis le millésime 2010…

    Après ces nouvelles un peu déprimantes, passons aux bonnes nouvelles !
    La dégustation du millésime 2013 donne globalement toute satisfaction en Europe Centrale.
    Les vins blancs secs 2013 de la Vallée du Rhin, de la Moselle et du Palatinat central sont remarquables chez les bons producteurs.
    Il en est de même dans la plupart des régions en Autriche et en Hongrie. C’est une grande satisfaction pour nous.
    Certains vins du millésime 2013 sont déjà hélas presque épuisés. C’est le cas du gewurztraminer vendanges tardives de Bruno Landauer.


  • News 25 Novembre 2013 : Tour d’Europe, suite et fin par la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne.

    Orliénas, le 25 novembre 2013,

    Hongrie – Tokajhegyalja

    Le tour d’Europe s’est logiquement poursuivi par la région de Tokaj (Tokajhegyalja) où je suis resté cinq jours du 1er au 5 novembre.
    Quelques mots sur cette vendange 2013 qui a débuté pour les zones les plus précoces un peu après la mi-septembre, pour se terminer pour les plus tardives d’entre elles un peu avant la mi-novembre.
    C’est globalement une excellente année, avec une production de vins aszu importante, la plus élevée depuis 2008.
    En effet, on peut évaluer la production totale pour ce millésime à environ 10 000 hectolitres, soit deux millions de bouteilles à venir, la très grande majorité étant produite par l’ex « combinat ».
    La qualité moyenne est élevée et la notre avec Sarospatak, très élevée.

    Tokajhegyalja : fin de vendange dans la région de Tokaj, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : fin de vendange dans la région de Tokaj, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : coup d'oeil sur les dernières caisses de la vendange, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : coup d’oeil sur les dernières caisses de la vendange, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : technique de sélection de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : technique de sélection de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : essence pure de Tokaji 2013 ou Eszencia 2013, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : essence pure de Tokaji 2013 ou Eszencia, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : Détails de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : Détails de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : Les dernières caisses de grains aszu de la vendange, le 4 novembre 2013,
    Tokajhegyalja : Les dernières caisses de grains aszu de la vendange, le 4 novembre 2013,

     

    Autriche

    Le tour d’Europe s’est poursuivi par Rust (Burgenland – Autriche) les 6 et 7 novembre.
    Là aussi, la qualité de la vendange 2013 est excellente, que ce soit pour les blancs secs ou les rouges.
    La dégustation des nouvelles cuvées de blancs secs 2013 de notre partenaire historique Bruno Landauer nous a donné entière satisfaction. Le Weissburgunder et le Chardonnay sont particulièrement prometteurs.

    Nous dégusterons les vins rouges au mois d’avril 2014, difficiles à juger à ce stade, car en fermentation. A première vue, la couleur et la concentration semblent bien au rendez-vous (à suivre).

    Pour ce qui concerne les moelleux et liquoreux, le gewurztraminer 2013 vendange tardive (Spätlese) est déjà tout a fait délicieux, parfaitement dans la lignée des millésimes précédents.
    De nombreux raisins, attendent encore la vendange pour produire des liquoreux de niveau auslese, beerenauslese et peut être ausbruch. J’en saurai un peu plus dans quelques jours.

    En revanche, il n’y aura pas la possibilité cette année 2013 d’élaborer un vin de glace ou eiswein. Ce n’est pas trop grave, car nous sommes assis sur un petit stock de superbes 2009 et 2012 (ce dernier, non encore mis à la vente).

    Rust (Burgenland / Autriche) : entourant Jean-François Ragot, le trio des meilleurs producteurs de Ruster Ausbruch. De gauche à droite : Peter Schandl, JF Ragot, Robert Wenzel et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013.
    Rust (Burgenland / Autriche) : entourant Jean-François Ragot, le trio des meilleurs producteurs de Ruster Ausbruch.
    De gauche à droite : Peter Schandl, JF Ragot, Robert Wenzel et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013.
    Rust (Burgenland / Autriche) : Le 6 novembre 2013, Jean-François Ragot et un vieux complice depuis 1985, Robert Wenzel (le Roi des Ruster Ausbruch ! ), qui a eu 81 ans le lendemain.
    Rust (Burgenland / Autriche) : Le 6 novembre 2013, Jean-François Ragot et un vieux complice depuis 1985, Robert Wenzel (le Roi des Ruster Ausbruch ! ), qui a eu 81 ans le lendemain.
    Rust (Burgenland / Autriche), Jean-François Ragot et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013, dégustant les vins nouveaux.
    Rust (Burgenland / Autriche), Jean-François Ragot et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013, dégustant les vins nouveaux.

     

    Allemagne

    Le voyage s’est poursuivi et terminé par l’Allemagne, avec principalement la Moselle Centrale et ses Riesling d’anthologie.
    Avec le millésime 2012, il y a à la fois une belle maturité et un équilibre acidité/matière rare.

    Dégustation chez Weingut Trossen et chez Paulinshof du remarquable millésime 2012, à l’équilibre suprême.

    A noter, chez Trossen, une rareté absolue, surtout sur le territoire de la Moselle Centrale où sont produits certainement les rieslings les plus précieux de tous :

    Trabener Würzgarten Trockenbeerenauslese riesling 2011 (0.375l)

    Ce nectar ou plutôt cette quintessence, véritable âme du cépage riesling, a été vendangé le 20 novembre 2011, pour une quantité de 50 litres environ
    Nous avons réussi par privilège exceptionnel à obtenir quelques bouteilles de ce divin breuvage qui sera vendu dans le cadre des Portes Ouvertes de Noël
    les 12, 13 et 14 décembre 2013.

    Alcool : 6% vol
    Sucres résiduels : 395 g/L
    acidité fixe : 9,4‰

    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande, le 11 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande, le 11 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande avec le cru Lösnicher Försterlay, le 11 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande avec le cru Lösnicher Försterlay, le 11 novembre 2013.
    Traben Trarbach dans la Moselle centrale allemande, le 10 novembre 2013.
    Traben Trarbach dans la Moselle centrale allemande, le 10 novembre 2013.
    Vue de la partie nord de la Moselle allemande et de son célèbre cru, le Zeller Schwarze Katz, le 10 novembre 2013.
    Vue de la partie nord de la Moselle allemande et de son célèbre cru, le Zeller Schwarze Katz, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue de Cochem et de ses vignobles dans la partie  nord de la Moselle allemande, le 10 novembre 2013.
    Vue de Cochem et de ses vignobles dans la partie nord de la Moselle allemande, le 10 novembre 2013.

  • Ruster Ausbruch Weissburgunder 1991 Domaine Landauer (0.75L)

    Un vin d’anthologie !

    RUSTER AUSBRUCH WEISSBURGUNDER 1991Sucres résiduels : 104,6 g/litre
    Acidité : 10,5 ‰
    Alcool : 12,7 %/Vol.
    Cépage: Weissburgunder (Pinot Blanc) 100%.

    Robe vieil or soutenu.
    Nez fin, aromatique, fruits secs, amandes, raisins de corinthe.
    Généreux en bouche, rond à gras, avec une acidité bien présente. Belle longueur avec une finale sur une acidité fine très harmonieuse. Grande garde.
    Ce vin d’anthologie  a magnifiquement traversé le temps.


  • EPUISE – Ruster Pinot Blanc (Weissburgunder) vieilles vignes 2007 Trocken Domaine Landauer (0.75L)

    RUSTER PINOT BLANC (Weissburgunder) vieilles vignes 2007 Trocken

    Issu de vieilles vignes de 44 ans, ce vin concentré, fruité, aux délicats arômes de pamplemousse, minéral et élégant est d’un excellent équilibre. Sa finale est fraiche avec une agréable amertume noble rappelant l’amande.

    Alcool 13.5%
    acidité 6.3‰

    Comme j’ai eu l’occasion de vous le dire de nombreuses fois, le Pinot Blanc peut être remarquable dans cette région de l’Europe où ses qualités dépassent souvent celles du Chardonnay.


  • Vin du mois : Spécial Ruster Ausbruch de collection

    Vin du mois : Mars 2009

    Suite des « joyaux de la Couronne »
    Spécial Ruster Ausbruch de collection

    Cher(e)s ami(e)s oenophiles,

    Notre vin du mois « spécial Vin de Paille » du mois de janvier a été un vrai succès. Il semble que votre implication dans notre gamme soit particulièrement orientée vers ce qui touche à ces vins moelleux mythiques, véritable cœur de chauffe de notre action en faveur des vins rares. Dans cet esprit, j’ai souhaité vous proposer pour ce mois de mars une autre partie de ces joyaux, que sont les Ruster Ausbruch.
    Ce sont de véritables trésors œnologiques que nous vous offrons : uniquement de grands millésimes anciens, arrivés aujourd’hui au sommet de leur maturité, mais qui pourront évoluer encore sur de longues années.

     Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinerea.
    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette bien loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au coeur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee .
    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1.5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    Ce n’est peut-être pas un hasard, car les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Carte historique des vignobles de Rust.

     

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 450 Km plus à l’Est).
    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.
    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du phylloxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère personnellement comme une « usine à sucre » !

    Rust et le lac de Neusiedl en hiver.

    Les vignobles de Rust couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Tibor Kovacs, Michel, Robert Wenzel et Jean-François Ragot

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est hélas encore autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie juridique d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Pressurage d'une cuvée de Ruster Ausbruch

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.
    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût nature, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.

    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 80 à 180 gr de sucres résiduels.

    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)

    Jusqu’ à la dernière guerre mondiale, on n’imaginait même pas tenter d’élaborer ce type de vin hors de cette zone de grands crus de Rust. Les choses ont beaucoup changé ensuite et la rive orientale du lac de Neusiedl s’est rapidement couverte de vignes, sur des terres qui n’étaient encore considérées alors que juste bonnes à produire des céréales… (communes d’Illmitz, Apetlon, Podersdorf…etc)
    Grace à un matraquage marketing très élaboré, quelques habiles vignerons ont réussit à s’imposer et à faire croire au monde des gogos que c’était eux qui produisaient les plus grands vins…
    Pratiquant les Ruster depuis 1985 et ayant goûté des millésimes jusqu’au début des années 60, j’affirme haut et fort qu’ ils sont inégalables dans tout le Burgenland.

    Le Ruster Ausbruch est à mon avis un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est peut-être dans le Tokaji Impérial de Hongrie.
    Ils sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    RUSTER AUSBRUCH WEISSBURGUNDER 1991

    Robe vieil or soutenu.
    Nez fin, aromatique, fruits secs, amandes, raisins de Corinthe.
    Généreux en bouche, rond à gras, avec une acidité bien présente. Belle longueur avec une finale acide très harmonieuse.

    125 grammes de sucres résiduels par litre,
    10,5 ‰ d’acidité,
    13% Alc/Vol.
    Cépage: Weissburgunder (Pinot Blanc) 100%.

    Le millésime 1991 a été considéré à son époque comme une très grande année, grâce à une belle qualité de botrytis intervenu très rapidement sur des grappes sur-mûries. Un taux d’acidité élevé a donné des vins à évolution lente et qui devraient nous régaler encore de nombreuses années.

     

     

     

     

    RUSTER AUSBRUCH NEUBURGER 1991

    Belle robe jaune paille soutenu.
    Nez aromatique, floral, acacias, pommier, agrumes.
    Bonne acidité, léger à généreux, rond, très bon équilibre. Grande garde.

    Ce vin issu du cépage autrichien Neuburger offre aujourd’hui une palette aromatique particulièrement complexe. D’une acidité moins tranchante que celle du Pinot Blanc (alias Weissburgunder) il offre aujourd’hui les charmes d’un grand liquoreux proche de son apogée.

    117 grammes de sucres résiduels par litre,
    8,9 ‰ d’acidité,
    12,5% Alc/Vol.

     

     

     

     

    RUSTER AUSBRUCH GRAUER BURGUNDER 1989

    Le Grauer Burgunder est comme le Rulander une autre dénomination du Pinot Gris. Ce rarissime Ausbruch de la grande année 1989 est un passionnant témoignage d’un des meilleurs millésime des années 80.

    Vin de méditation à déguster devant la cheminée…

    Cette magnifique bouteille reposant dans nos entrepôts depuis 18 ans, il nous a été impossible de retrouver les éléments analytiques d’origine.
    Ne soyons ni plus royalistes que le roi ni intégristes, ils n’empêcheront en aucune manière la dégustation de cette bouteille mythique.

    RUSTER AUSBRUCH WELSCHRIESLING 1993

    Robe jaune or soutenu.
    Très fin, aromatique, fruits confits, poire, abricot, mirabelle, agrumes, ananas.
    En bouche très bel équilibre, vif, gras, généreux. Remarquable persistance aromatique. Grande garde.

     Alcool : 12,1%/vol
    Acidité fixe : 7,5‰
    Sucres résiduels : 90g/L


  • News 20 Novembre 2007

    Orlienas, le 20 novembre 2007,

    Lundi 29 octobre, direction la Hongrie en passant bien entendu, au préalable, chez mon excellent ami et partenaire Georg Lunzer. Ce fût bien sur l’occasion de jeter un coup d’œil approfondi aux raisins Cabernet-Sauvignon qui sont en train de sécher paisiblement dans son grenier. Je vous rappelle que les raisins ont été vendangés le 21 septembre avec un excellent état sanitaire. Les peaux sont épaisses, ce qui est un gage prometteur pour l’évolution du séchage des raisins. Nous sommes passés ensuite à la dégustation des différents produits élaborés au cours de cette année à grands contrastes. L’été fût très chaud, avec très peu de pluies. La première décade de septembre a été en revanche relativement arrosée. Je noterai pour les vins blancs un remarquable Pinot Blanc 2007 vendangé à 18.5 KMW (18.5% de sucres en masse volumique). Ce vin issu d’une agriculture bio, sans aucune chaptalisation présente une robe très claire, un nez très fruité et de bonne complexité. En bouche, c’est complexe et aromatique. Ceci confirme les grandes possibilités du cépage Pinot Blanc, appelé aussi Weissburgunder, dans cette région de notre vieille Europe.

    Cliquez ici pour télécharger la vidéo. (120 Mo)

    Dans les rouges, j’ai particulièrement remarqué un Sankt Laurent 2007 à la robe rubis et à reflets violets. En bouche, c’est fin et délicat comme un excellent Pinot Noir. Le Merlot 2007 à la robe grenat très profonde est comme d’habitude absolument excellent, aromatique, équilibré et puissant (21 KMW soit 21% de sucres en masse volumique).
    Georg nous a préparé d’excellent Knödel aux pommes de terre fourrés au jambon. Un vrai régal ! Nous sommes prêts à affronter la route vers Tokaj. Les contrôles à la frontière se sont considérablement allégés, en vue de leur suppression totale le 21 décembre, avec l’intégration dans l’espace européen Schengen.

    A Tokaj, les vendanges, commencées cette année le 25 août, continuent et ceci pour deux semaine encore. La dégustation de l’eszencia est comme toujours particulièrement instructive. En effet, consécutivement à la canicule, on enregistre des acidités basses. Par exemple, j’ai dégusté des eszencias avec environ 8.5‰ d’acidité alors qu’en 2005 et 2006, elles variaient entre 20 et 25‰ ! C’est par conséquent un millésime « complexe » et je laisse la parole à mon ami Nicolas, consultant et œnologue pour nous résumer la situation.

    Cliquez ici pour télécharger la vidéo. (70 Mo)

    Le retour vers l’ouest s’est effectué les 4 et 5 novembre via Rust où j’ai pu me forger ma première impression de la vendange 2007. Tout est bon ! les blancs secs avec cette année une préférence pour le Chardonnay. Pour les liquoreux, le botrytis est arrivé vite, dès le début septembre. Les premières pluies se sont manifestées les 24 et 25 août. Une botrytisation rapide est en général le gage d’une excellente qualité de liquoreux.
    En partant des moins riches vers les plus riches,à noter, un éclatant Gewürztraminer 2007 vendangé à 21 KMW (soit 21% de sucres en masse volumique), un passionnant Beerenauslese 2007 vendangé à 27.5 KMW (soit 27.5% de sucres en masse volumique) élaboré à partir de 60% de Furmint et 40% de Welschriesling. Excellente acidité, équilibre parfait : une future bouteille de légende de chez Dionis.
    Enfin, plusieurs cuvées d’Ausbruch vendangées les 11 et 12 octobre. Il existe 1 000 litres de Weisburgunder à 38.5KMW (soit 38.5% de sucres en masse volumique). On peut estimer que le vin devrait in fine présenter environ 280g de sucres résiduels et 8 ou 9% d’alcool/vol.

    A noter, qu’il est impossible eu égard à la botrytisation intense des raisins à Rust, d’espérer vendanger un Eiswein cette fin d’année. En effet, nous avons utilisé les raisins Furmint pour l’élaboration du Beerenauslese. Le dernier Eiswein demeure pour l’instant le 2003. C’est regrettable car les conditions météo de cet automne, beaucoup plus fraiches, peuvent laisser envisager un coup de froid d’ici Noël.

    Montée dans les greniers de Georg Lunzer le 29 octobre 2007.

    Vendange de grappes très botrytisées le 30 octobre 2007 à Tarcal.

    Vendange botrytisée le 30 octobre 2007 à Tarcal.

    Vendanges du 30 octobre 2007 à Tarcal.

    Le vignoble de Tolcsva le 1er novembre 2007.

    Type de grains Aszu de deuxième classe le 2 novembre 2007.

    Deux "grandes vedettes" de Rust : à droite Bruno Landauer avec à ses côtés Peter Schandl. Photo du 4 novembre 2007

    Première neige à Tokaj le 7 novembre 2007.

    Sincères salutations œnophiles,
    Jean-François RAGOT.


  • News 24 Avril 2007

    Orlienas, le 24 avril 2007

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Suite et fin de notre compte-rendu de voyage de mars-avril 2007.

    Le 2 avril, il était temps de déguster les vins du millésime 2006 à Gols chez mon ami Georg Lunzer. Nous avons fait par conséquent un vaste tour de cave, qui a permis entre autres d’apprécier quelques blancs secs excellemment vinifiés, principalement Welschriesling, Weissburgunder et Chardonnay. Pour les rouges, j’ai sélectionné une petite cuvée de Sankt Laurent, encore sur ses lies. D’une robe rubis profond, ce vin de belle fraîcheur et d’équilibre, allie la finesse à la longueur en bouche. Vendangé à 20 KMW (20% de sucre en masse volumique) il présente un taux d’alcool naturel de 12.9%/vol et une acidité de 4.9‰. Il a été récolté avec un rendement de 33 Hl/ha. Il sera embouteillé fin avril et disponible sur notre carte dans les mois qui viennent. Globalement, tous les rouges dégustés (Zweigelt, Blaufränkisch et Merlot) sont très satisfaisants et de grande maturité. Ils devraient être aptes à une bonne garde.

    Le chargement du pressoir avec les raisins de Cabernet-Sauvignon passerillés le 18 mars 2007.

    Comme vous le savez, nous avons vécu des « galères » avec nos vins de paille de Cabernet-Sauvignon, cette production extrêmement confidentielle étant de plus en plus difficile à mener à bien.
    Je rappelle rapidement l’historique de ce vin : en 1996, Georg était sur le point d’arracher sa parcelle de Cabernet-Sauvignon, (1/2 hectare environ) les vins rouges produits par ce vignoble présentant un caractère passablement végétal, bien que le raisin était bien mûr. C’est à ce moment là, que je lui ai proposé d’essayer d’élaborer un vin de paille à partir des raisins de ce vignoble. Georg produisait déjà depuis plusieurs années quelques vins de paille remarquables : certains d’entre vous se rappellent probablement le fameux 1992 qui s’est vendu en quelques semaines… Après que la décision de principe ait été prise, il ne restait plus qu’ à passer à l’acte, ce qui fût fait à l’automne 1997 avec le premier millésime de sa génération. Ce fût un grand succès.

    La réussite nous a ensuite accompagnée jusqu’à l’échec incompréhensible de 2004. La production moyenne a été de 300 à 350 litres par millésime. Le dernier disponible fût le 2003.
    Autant dire, que nos attentes étaient grandes sur le millésime 2006. Voir VIDÉO : Dans le « grenier » de Georg Lunzer. (30/10/06).

    Les raisins ont été finalement pressurés le 18 mars 2006. Ils sont par conséquent demeurés six mois à passeriller dans le grenier de Georg. La première dégustation de ce vin le 2 avril fût un émerveillement. De robe grenat, le nez encore peu développé à ce stade est prometteur. En bouche, c’est une très grande richesse en sucres, une palette de petits fruits rouges variés, une excellente acidité et une immense longueur. Hélas, il n’ y a que 350 litres, soit environ 700 bouteilles de 0.50 L. Une partie de ce vin est déjà vendue à la grande restauration française et suisse. En cas d’intérêt, je ne peux que vous recommander de vous rapprocher très rapidement de nous. (info-contact@dionis-vins.fr) afin de faire une réservation ferme.

    Dégustation des Aszu 2006 le 5 avril 2007.

    La troisième partie du voyage a été consacrée à Tokaj et plus particulièrement à la dégustation du millésime 2006. Je dirai tout d’abord que 2006 n’est pas une année à Szamorodni, qui demande globalement des conditions d’humidité plus importantes, favorisant l’apparition de la « pourriture noble classique« . Comme j’ai déjà du vous le dire de nombreuses fois, le vin Aszu provient plus particulièrement de grains franchement passerillés. Les différents lots de 2006 dégustés en barrique montrent tous une richesse naturelle élevée (environ 170, 180 grammes de sucre, un bon potentiel aromatique qui ne demande qu’à se développer et une acidité fine et tranchante d’environ 11‰). Ce sont les critères classiques des grands Aszu vendangés tardivement en respectant les règles ancestrales des dates de vendanges (le 28 octobre). Le millésime 2006 s’inscrit pour les productions d’élite dans la lignée des superbes 1999 et 2005. J’aurai l’occasion de vous reparler des vins en cours d’élevage.
    Je voudrais signaler également une très intéressante et rarissime cuvée 2006 provenant du cépage Grasa récolté en vendange tardive (le même que celui de Cotnari en Moldavie roumaine). Avec 100 grammes de sucres résiduels environ, il offre une palette aromatique très fruitée et complexe. C’est probablement un cépage qui a de l’avenir dans notre belle région de la Tokajhegyalja.

    Voila chers amis : je suis venu à bout de ce laborieux compte-rendu, que vous n’aurez pas trouvé trop lassant, je l’espère.
    Mon prochain voyage est classiquement l’ Afrique du Sud. Ce sera durant la deuxième quinzaine de mai.

    Sincères salutations œnophiles.

    Jean-François Ragot