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  • News : 18 juillet 2017

    Orliénas, le 18 juillet 2017,

    C’est avec un peu de retard que j’ai le plaisir de vous présenter quelques vues des vignobles qui dominent notre village de Tolcsva (2000 habitants).
    Tolcsva est un village Hongrois situé au cœur même de la Tokajhegyalja à peu près à égale distance de sa partie nord et de sa partie sud. Tolcsva fait partie des 28 « villes » et villages historiques qui ont droit à la prestigieuse appellation Tokaji.

    En cette année 2017, vous constaterez que le développement végétatif est plutôt en avance. Tout comme en avril 2016, nous avons eu la chance dans cette région d’échapper aux gelées de printemps de la fin du mois d’avril 2017. Ils ont fait de gros dégâts ces deux dernières années un peu partout en Europe (Autriche, Allemagne, France, Italie du Nord en avril 2017, etc…).

    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) et sur le massif des Zempleni le 23 avril 2017.

  • News 25 Novembre 2013 : Tour d’Europe, suite et fin par la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne.

    Orliénas, le 25 novembre 2013,

    Hongrie – Tokajhegyalja

    Le tour d’Europe s’est logiquement poursuivi par la région de Tokaj (Tokajhegyalja) où je suis resté cinq jours du 1er au 5 novembre.
    Quelques mots sur cette vendange 2013 qui a débuté pour les zones les plus précoces un peu après la mi-septembre, pour se terminer pour les plus tardives d’entre elles un peu avant la mi-novembre.
    C’est globalement une excellente année, avec une production de vins aszu importante, la plus élevée depuis 2008.
    En effet, on peut évaluer la production totale pour ce millésime à environ 10 000 hectolitres, soit deux millions de bouteilles à venir, la très grande majorité étant produite par l’ex « combinat ».
    La qualité moyenne est élevée et la notre avec Sarospatak, très élevée.

    Tokajhegyalja : fin de vendange dans la région de Tokaj, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : fin de vendange dans la région de Tokaj, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : coup d'oeil sur les dernières caisses de la vendange, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : coup d’oeil sur les dernières caisses de la vendange, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : technique de sélection de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : technique de sélection de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : essence pure de Tokaji 2013 ou Eszencia 2013, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : essence pure de Tokaji 2013 ou Eszencia, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : Détails de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : Détails de grains aszu, le 4 novembre 2013.
    Tokajhegyalja : Les dernières caisses de grains aszu de la vendange, le 4 novembre 2013,
    Tokajhegyalja : Les dernières caisses de grains aszu de la vendange, le 4 novembre 2013,

     

    Autriche

    Le tour d’Europe s’est poursuivi par Rust (Burgenland – Autriche) les 6 et 7 novembre.
    Là aussi, la qualité de la vendange 2013 est excellente, que ce soit pour les blancs secs ou les rouges.
    La dégustation des nouvelles cuvées de blancs secs 2013 de notre partenaire historique Bruno Landauer nous a donné entière satisfaction. Le Weissburgunder et le Chardonnay sont particulièrement prometteurs.

    Nous dégusterons les vins rouges au mois d’avril 2014, difficiles à juger à ce stade, car en fermentation. A première vue, la couleur et la concentration semblent bien au rendez-vous (à suivre).

    Pour ce qui concerne les moelleux et liquoreux, le gewurztraminer 2013 vendange tardive (Spätlese) est déjà tout a fait délicieux, parfaitement dans la lignée des millésimes précédents.
    De nombreux raisins, attendent encore la vendange pour produire des liquoreux de niveau auslese, beerenauslese et peut être ausbruch. J’en saurai un peu plus dans quelques jours.

    En revanche, il n’y aura pas la possibilité cette année 2013 d’élaborer un vin de glace ou eiswein. Ce n’est pas trop grave, car nous sommes assis sur un petit stock de superbes 2009 et 2012 (ce dernier, non encore mis à la vente).

    Rust (Burgenland / Autriche) : entourant Jean-François Ragot, le trio des meilleurs producteurs de Ruster Ausbruch. De gauche à droite : Peter Schandl, JF Ragot, Robert Wenzel et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013.
    Rust (Burgenland / Autriche) : entourant Jean-François Ragot, le trio des meilleurs producteurs de Ruster Ausbruch.
    De gauche à droite : Peter Schandl, JF Ragot, Robert Wenzel et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013.
    Rust (Burgenland / Autriche) : Le 6 novembre 2013, Jean-François Ragot et un vieux complice depuis 1985, Robert Wenzel (le Roi des Ruster Ausbruch ! ), qui a eu 81 ans le lendemain.
    Rust (Burgenland / Autriche) : Le 6 novembre 2013, Jean-François Ragot et un vieux complice depuis 1985, Robert Wenzel (le Roi des Ruster Ausbruch ! ), qui a eu 81 ans le lendemain.
    Rust (Burgenland / Autriche), Jean-François Ragot et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013, dégustant les vins nouveaux.
    Rust (Burgenland / Autriche), Jean-François Ragot et Bruno Landauer, le 6 novembre 2013, dégustant les vins nouveaux.

     

    Allemagne

    Le voyage s’est poursuivi et terminé par l’Allemagne, avec principalement la Moselle Centrale et ses Riesling d’anthologie.
    Avec le millésime 2012, il y a à la fois une belle maturité et un équilibre acidité/matière rare.

    Dégustation chez Weingut Trossen et chez Paulinshof du remarquable millésime 2012, à l’équilibre suprême.

    A noter, chez Trossen, une rareté absolue, surtout sur le territoire de la Moselle Centrale où sont produits certainement les rieslings les plus précieux de tous :

    Trabener Würzgarten Trockenbeerenauslese riesling 2011 (0.375l)

    Ce nectar ou plutôt cette quintessence, véritable âme du cépage riesling, a été vendangé le 20 novembre 2011, pour une quantité de 50 litres environ
    Nous avons réussi par privilège exceptionnel à obtenir quelques bouteilles de ce divin breuvage qui sera vendu dans le cadre des Portes Ouvertes de Noël
    les 12, 13 et 14 décembre 2013.

    Alcool : 6% vol
    Sucres résiduels : 395 g/L
    acidité fixe : 9,4‰

    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande, le 11 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande, le 11 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande avec le cru Lösnicher Försterlay, le 11 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle centrale allemande avec le cru Lösnicher Försterlay, le 11 novembre 2013.
    Traben Trarbach dans la Moselle centrale allemande, le 10 novembre 2013.
    Traben Trarbach dans la Moselle centrale allemande, le 10 novembre 2013.
    Vue de la partie nord de la Moselle allemande et de son célèbre cru, le Zeller Schwarze Katz, le 10 novembre 2013.
    Vue de la partie nord de la Moselle allemande et de son célèbre cru, le Zeller Schwarze Katz, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue des vignobles de la Moselle allemande dans sa partie nord, le 10 novembre 2013.
    Vue de Cochem et de ses vignobles dans la partie  nord de la Moselle allemande, le 10 novembre 2013.
    Vue de Cochem et de ses vignobles dans la partie nord de la Moselle allemande, le 10 novembre 2013.

  • Vin du mois : Spécial Riesling / Vins de Moselle (Allemagne)

    Vin du mois : Avril 2009

    En cette période de l’année, il peut être agréable d’envisager de se munir de très beaux vins d’été, fruités et digestes qui pourront à la fois être consommés à l’apéritif, mais aussi avec des entrées ou des plats de poisson.

    Bien entendu, dans cette offre, c’est aussi l’occasion d’adjoindre deux grands vins moelleux de la même région, mais qui seront à boire dans d’autres circonstances.

    Quelques éléments généraux sur le vignoble allemand pour commencer :
    Superficie totale : 102 000 Ha répartis sur 13 grandes régions. Il y a 63% pour le vin blanc et 37% pour le vin rouge, ce dernier en forte augmentation depuis une quinzaine d’années.

    Pour ce qui concerne la Moselle, qui formait jusqu’à présent une vaste région viticole englobant également administrativement la Saar et la Ruwer, la surface viticole est de 9 080 Ha. La production est à 91% vouée au vin blanc, dont 58% de Riesling. Les vignobles sont plantés sur des sols de schiste et d’ardoise aux pentes souvent vertigineuses.

    Carte des vignobles de la Mosel – Saar – Ruwer
    Vignobles de la Moselle au niveau de Trittenheim le 25 octobre 2008.

     

    Vendanges du cru Winninger Brückstück au domaine Hess-Hautt en octobre 2008. (Moselle des terrasses)

     

    La grande surprise concernant les vins de la Moselle est un changement complet de style. Autrefois, les rieslings mosellans étaient souvent des vins certes délicats, mais fluets. La dilution régnait hélas en maître dans cette région. La prise de conscience des bons viticulteurs allemands, liée à de spectaculaires changements climatiques, permet maintenant la production de vins riches, concentrés, merveilleusement fruités et minéraux, dont la puissance n’a rien à envier aux plus typés des vins de la vallée du Danube, dans la Wachau en Autriche. Toutes les conditions sont réunies maintenant pour offrir l’ expression peut-être la plus accomplie du roi Riesling. La Moselle produit quelques uns des plus grands vins de terroir au monde.

    On recherche dans un vin jeune de la Moselle d’un bon millésime, le fruit, la vivacité et toutes les joies de la jeunesse. Faites-en l’expérience avec nos Trabener Kräuterhaus Kabinett sec ou Spätlese sec et vous comprendrez ce que je veux dire.

    Mais le vrai secret de ces vins, qu’ils soient secs ou moelleux, c’est de les goûter au sommet de leur maturité. Qui est vraiment informé qu’ils sont capables de développer des qualités insoupçonnées au fil d’une longue vie de plusieurs décades ?
    Quel est alors vraiment le meilleur moment ? Cela dépend vraiment de vos goûts et de l’usage du vin (dégustation pour lui-même, accompagnement d’un plat de gastronomie raffinée…)

    On peut résumer globalement cinq phases d’évolution dans ces vins :

    La phase primaire, de une à deux années où vous aurez de la peine à épuiser toutes les joies prodiguées par leur vigoureuse jeunesse. 2007 en est représentatif.

    La phase évolutive : le vin a tendance à se fermer dans les une à trois années après la vendange. Elle peut être brève ou durer plusieurs années, ceci tenant compte des composantes du millésime (alcool, acidité, sucres résiduels éventuels). C’est un passage un peu ingrat, mais il ne faut surtout pas croire que le vin est au bout de son parcours. C’est le cas actuellement du millésime 2001.

    Le vin ne va pas tarder à entrer dans une troisième phase qui va en gros de la huitième à la quinzième année et que l’on peut qualifier de « phase fruitée« . Le fruit revient alors en force presque comme à ses débuts, avec souvent des nuances d’agrumes confits et une grande homogénéité due à la parfaite intégration de l’acidité, de l’alcool et des sucres résiduels. On peut citer dans ce stade évolutif les millésimes 1998, 1995 et 1994.

    De la quinzième à la vingt-cinquième année, c’est la « phase terroir« . Le vin présente encore des arômes fruités mais c’est l’émergence de la complexité minérale qui devient dominante. On peut citer actuellement les millésimes 1989, 1988, 1985 et 1983.

    Enfin, à partir de trente ans, nous entrons dans une période que l’on peut qualifier de phase mystique durant laquelle le vin tend à développer sa propre dynamique. Les différences de terroirs, si marquées du nord au sud de la vallée tendent alors à se gommer. On voit apparaitre des arômes tertiaires comme la pâte d’amande et le fruit confit. On peut qualifier cette phase de mystique car de très grands vins peuvent à ce moment là émerger de petits vignobles ou de producteurs moins bien considérés. On peut citer actuellement dans cette catégorie les vins de 1976 et 1971 et bien entendu de plus anciens encore.

    Tout ceci n’est pas linéaire et les vins de Kabinett et Spätlese sec par exemple n’emprunteront pas exactement la même voie qu’un Auslese, Beerenauslese ou Eiswein (vin de glace).

    Cette dernière partie est issue d’une traduction d’un texte anglais écrit par Jean Fisch et David Rayer, de Mosel Fine Wines.
    Ce texte initial avait été publié dans leur Newsletter et repris par ailleurs sur leur site Internet,
    à l’adresse suivante : http://www.moselfinewines.com/Maturing_Mosel.htm

    Nous avons le plaisir de vous proposer quatre vins en offre spéciale :

    Trois vins de la Moselle centrale du domaine Trossen :

    Trabener Kräuterhaus Riesling Kabinett Trocken (sec) 2007

    Archétype du vin de Moselle fruité, digeste et équilibré , avec une grande pureté aromatique et beaucoup de délicatesse . Il fera un merveilleux vin d’été à déguster en apéritif. Il présente toutes les caractéristiques des vins de la Moselle moyenne, entre autres une subtile minéralité due au sous-sol de schiste ardoisier.
    Alcool : 12% / vol
    Sucres résiduels : 6,7 g/L
    Acidité totale :6.8‰

    Trabener Kräuterhaus Riesling Spätlese Trocken (sec) 2007

    Décidément, le millésime 2007 présente un charme fou dans la Moselle. En provenance du même vignoble que le Kabinett, ce Spätlese Trocken est issu d’une vendange un peu plus tardive que la précédente, obtenue à partir de rendements strictement contrôlés. Il nous offre un vin vraiment complet, riche en arômes d’agrumes frais et à la minéralité prononcée . On peut lui prédire une belle évolution sur de nombreuses années.
    Alcool : 12,5 %/vol
    Sucres résiduels : 8,2 g/L
    Acidité totale :6,6‰


    Trabener Kräuterhaus Riesling Eiswein (moelleux) 2004

    Vendangé le 21 décembre 2004 par -11°C, ce vin a été classé dans les cent meilleurs vins de Moselle du millésime.
    Présentant une robe or vert, brillante et intense, il explose littéralement en bouche, une acidité naturelle extraordinaire contre-balançant une richesse en sucres naturels considérable . Les grands eiswein de Riesling de la Moselle sont très certainement les plus précieux du genre. Le potentiel d’évolution est immense et il donnera d’intenses satisfactions dans vingt et trente années…
    Alcool : 8,5 %/vol
    Sucres résiduels : 219,7 g/L
    Acidité totale :15,4 ‰


    et pour la Moselle des terrasses, un vendange tardive du domaine Hess-Hautt :

    Winninger Brückstück Auslese (moelleux de vendanges tardives) 2007

    Le prototype même de la vendange tardive mosellane. Ce vin provient du nord de la zone viticole, juste au sud de la ville de Coblence dans la zone appelée « les terrasses ».
    Ici, c’est d’une grande finesse dont il faut parler, véritable « vin de dentelle », d’une belle subtilité aromatique, où dominent les agrumes frais et la minéralité. Ce vin est à boire pour lui-même, mais à encaver impérativement.
    Longue évolution prévisible.
    Éléments analytiques non disponibles.


  • Vin du mois : Spécial Ruster Ausbruch de collection

    Vin du mois : Mars 2009

    Suite des « joyaux de la Couronne »
    Spécial Ruster Ausbruch de collection

    Cher(e)s ami(e)s oenophiles,

    Notre vin du mois « spécial Vin de Paille » du mois de janvier a été un vrai succès. Il semble que votre implication dans notre gamme soit particulièrement orientée vers ce qui touche à ces vins moelleux mythiques, véritable cœur de chauffe de notre action en faveur des vins rares. Dans cet esprit, j’ai souhaité vous proposer pour ce mois de mars une autre partie de ces joyaux, que sont les Ruster Ausbruch.
    Ce sont de véritables trésors œnologiques que nous vous offrons : uniquement de grands millésimes anciens, arrivés aujourd’hui au sommet de leur maturité, mais qui pourront évoluer encore sur de longues années.

     Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinerea.
    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette bien loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au coeur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee .
    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1.5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    Ce n’est peut-être pas un hasard, car les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Carte historique des vignobles de Rust.

     

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 450 Km plus à l’Est).
    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.
    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du phylloxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère personnellement comme une « usine à sucre » !

    Rust et le lac de Neusiedl en hiver.

    Les vignobles de Rust couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Tibor Kovacs, Michel, Robert Wenzel et Jean-François Ragot

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est hélas encore autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie juridique d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Pressurage d'une cuvée de Ruster Ausbruch

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.
    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût nature, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.

    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 80 à 180 gr de sucres résiduels.

    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)

    Jusqu’ à la dernière guerre mondiale, on n’imaginait même pas tenter d’élaborer ce type de vin hors de cette zone de grands crus de Rust. Les choses ont beaucoup changé ensuite et la rive orientale du lac de Neusiedl s’est rapidement couverte de vignes, sur des terres qui n’étaient encore considérées alors que juste bonnes à produire des céréales… (communes d’Illmitz, Apetlon, Podersdorf…etc)
    Grace à un matraquage marketing très élaboré, quelques habiles vignerons ont réussit à s’imposer et à faire croire au monde des gogos que c’était eux qui produisaient les plus grands vins…
    Pratiquant les Ruster depuis 1985 et ayant goûté des millésimes jusqu’au début des années 60, j’affirme haut et fort qu’ ils sont inégalables dans tout le Burgenland.

    Le Ruster Ausbruch est à mon avis un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est peut-être dans le Tokaji Impérial de Hongrie.
    Ils sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    RUSTER AUSBRUCH WEISSBURGUNDER 1991

    Robe vieil or soutenu.
    Nez fin, aromatique, fruits secs, amandes, raisins de Corinthe.
    Généreux en bouche, rond à gras, avec une acidité bien présente. Belle longueur avec une finale acide très harmonieuse.

    125 grammes de sucres résiduels par litre,
    10,5 ‰ d’acidité,
    13% Alc/Vol.
    Cépage: Weissburgunder (Pinot Blanc) 100%.

    Le millésime 1991 a été considéré à son époque comme une très grande année, grâce à une belle qualité de botrytis intervenu très rapidement sur des grappes sur-mûries. Un taux d’acidité élevé a donné des vins à évolution lente et qui devraient nous régaler encore de nombreuses années.

     

     

     

     

    RUSTER AUSBRUCH NEUBURGER 1991

    Belle robe jaune paille soutenu.
    Nez aromatique, floral, acacias, pommier, agrumes.
    Bonne acidité, léger à généreux, rond, très bon équilibre. Grande garde.

    Ce vin issu du cépage autrichien Neuburger offre aujourd’hui une palette aromatique particulièrement complexe. D’une acidité moins tranchante que celle du Pinot Blanc (alias Weissburgunder) il offre aujourd’hui les charmes d’un grand liquoreux proche de son apogée.

    117 grammes de sucres résiduels par litre,
    8,9 ‰ d’acidité,
    12,5% Alc/Vol.

     

     

     

     

    RUSTER AUSBRUCH GRAUER BURGUNDER 1989

    Le Grauer Burgunder est comme le Rulander une autre dénomination du Pinot Gris. Ce rarissime Ausbruch de la grande année 1989 est un passionnant témoignage d’un des meilleurs millésime des années 80.

    Vin de méditation à déguster devant la cheminée…

    Cette magnifique bouteille reposant dans nos entrepôts depuis 18 ans, il nous a été impossible de retrouver les éléments analytiques d’origine.
    Ne soyons ni plus royalistes que le roi ni intégristes, ils n’empêcheront en aucune manière la dégustation de cette bouteille mythique.

    RUSTER AUSBRUCH WELSCHRIESLING 1993

    Robe jaune or soutenu.
    Très fin, aromatique, fruits confits, poire, abricot, mirabelle, agrumes, ananas.
    En bouche très bel équilibre, vif, gras, généreux. Remarquable persistance aromatique. Grande garde.

     Alcool : 12,1%/vol
    Acidité fixe : 7,5‰
    Sucres résiduels : 90g/L