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  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • Vendanges 2008 à Tokaj.

    Je voudrais revenir avec un peu de recul sur le grand millésime 2008 dans la région de Tokaj. Ce sont des documents particulièrement intéressants que nous mettons à la disposition de nos amis oenophiles.
    Au cours du tour d’Europe que nous avions effectué, Marguerite Abergel et moi-même, en octobre/novembre 2008, nous avions passé quelques jours dans la Tokajhegyalja où les vendanges battaient leur plein. En 2008, elles avaient débuté classiquement à la mi-septembre pour se terminer à la mi-novembre. Le moral était très bas dans la région, au commencement de la vendange des vins blancs secs vers le 15 septembre. Le temps était froid et pluvieux. Le miracle, assez classique dans cette région, s’est finalement produit à la mi-octobre, les conditions climatiques ayant radicalement changé avec un chaud soleil d’automne et des températures au dessus de 20°C. Elles se sont poursuivies jusqu’à la fin de la vendange, vers le 15 novembre.
    A travers ce dossier, je voudrais retracer grâce à des photos et un dossier vidéo exceptionnel, ce que sont les conditions optimales de production de ce grand vin liquoreux historique et mythique  qu’est le Tokay Impérial.

    J’ai demandé leur avis aux principaux opérateurs de la région, alors que la vendange des grains aszu battait encore son plein.

    Je vous invite à consulter la galerie de photos ci-dessous, puis les six vidéos suivantes.

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    * Interview d’un petit producteur de « haut de gamme » français Samuel Tinon le 6 novembre 2008.


    * Interview de Nicolas Godebski œnologue consultant le 6 novembre 2008.


    * Interview de Meszaros Laszlo directeur du domaine Disznoko le 6 novembre 2008.


    * Interview de Kalocsai Laszlo directeur du domaine Dereszla le 7 novembre 2008.


    * Interview de Kovacs Tibor directeur du domaine Hetszolo le 8 novembre 2008.


    * La meilleure trieuse de grains aszu de la Tokajhegyalja en plein travail le 8 novembre 2008 (elle peut aller jusqu’à 40 Kg de grains Aszu/jour)

     

    Aujourd’hui, fin 2013, nous pouvons constater que le millésime a tenu parole. Bien entendu, « la maison de commerce de Tokaj » (ex-combinat de la ferme d’état) n’a pas produit comme à son habitude beaucoup de vins de qualité très élevée, mais une moyenne convenable. Comme c’est elle qui vend la très grande majorité des Tokaji dans le commerce hongrois, l’image du millésime ne sera pas dévalorisée.
    Sous notre marque Château Sarospatak, a été produite une petite quantité de Tokay Impérial 6 Puttonyos d’un niveau suprême. Le vin est hélas épuisé. Toutefois, il nous reste pour découvrir ce grand millésime, un peu de Tokaji Muskotaly vendanges tardives hors-normes (le meilleur produit à ce jour) et un excellent Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2008 à l’équilibre remarquable.

    Jean-François Ragot


  • News 18 novembre 2013 : Dionis veut relancer le Cotnari

    Orliénas, le 18 novembre 2013,

    Nous revenons sur le vignoble de Cotnari (voir nos news du 23 octobre 2013 et du 13 novembre 2013).
    Nous vous invitons à visionner les interviews du 30 octobre 2013 de Titi Babusanu en compagnie du petit producteur Mihail Varzari. Elles vous apporteront un éclairage peu connu de ce vignoble historique et mythique tombé dans l’oubli depuis globalement le XIXème siècle et la crise du phylloxera.

     Vous pourrez retrouver dans le lien suivant, des informations sur ce vin et quelques éléments sur notre travail pour la promotion du Cotnari entre 1990 et 2005 :
    La perle de Moldavie : le Cotnari.

     Nous sommes décidés à tenter de relancer une petite production de ce vin par le biais de la fourniture principalement de raisins Grasa et Tamiioasa Romaneasca de haute qualité, achetés aux petits producteurs qui voudront bien s’associer à cette opération. Je confirme que le grand viticulteur ami de Rust (Autriche / Burgenland) Bruno Landauer est très intéressé par ce projet et prêt à le rejoindre.


  • News : Aperçu de la vendange 2012 à Tokaj. (Hongrie)

    Au cours de mon voyage en Europe Centrale du mois de novembre 2012, j’ai , dans le cadre de ma tournée du nord au sud de la région, eu le plaisir de rendre visite à mon ami Meszaros Laszlo du domaine Disnokö. Je vous livre dans cette vidéo du 8 novembre 2012 ses commentaires très intéressants sur cette vendange un peu compliquée…

     


  • Les vins de Constantia

    Le grand domaine de Constantia a été créé en 1685 par le premier gouverneur du Cap, Simon Van der Steel. On évalue alors la surface mise en valeur de ce domaine à 763 Ha.

    Dans sa «Topographie de tous les vignobles connus» de 1866, André Julien écrit :

    « Le petit vignoble de Constantia planté sur la partie basse de la Montagne de la Table, exposée à l’est, à 8 km du Cap, produit des vins renommés. On les recueille dans deux clos contigus, l’un appelé le haut et l’autre le bas constance ; ils sont peuplés du cépage que l’on nomme haenapop. Chacun des propriétaires de ces clos prétend à la supériorité sur l’autre ; mais c’est leur rendre justice à tous deux que de mettre les vins qu’ils fournissent au nombre des meilleurs vins de liqueur du globe, immédiatement après celui de Tokay : ils ont, comme ce dernier, une douceur agréable, beaucoup de finesse, du spiritueux et un bouquet des plus suaves. La récolte du Vin de Constance n’est évaluée qu’à 900 hectolitres dans les années abondantes, et son produit est toujours retenu d’avance ».
    Les premiers vins de ce vignoble furent distribués sur le marché européen à partir de 1761.
    Napoléon 1er, dont on connaît le goût pour le Chambertin était un passionné des Vins de Constantia et particulièrement du « Grand Constance ». Le déclin de ce vignoble commence vers 1880 et il faudra attendre les années 70, soit presque un siècle plus tard, pour assister à sa renaissance.

    Trois domaines, appartenant à la propriété originelle de Simon Van der Steel, produisent actuellement le vin historique qui fit la célébrité du cru dans la Vieille Europe des XVIIIème et XIXème siècles.

    Le domaine historique de Groot Constantia, le plus ancien domaine de toute l’Afrique du Sud, après une vie crépusculaire depuis la fin du XIXème siècle a commencé à produire à nouveau des vins classiques rouges et blancs secs vers la fin des années 60. Il faudra toutefois attendre 2005 pour voir apparaitre le premier Constantia dans le style historique du domaine. Ce vin retrouve alors son nom originel de « Grand Constance« .

    Le domaine de Klein Constantia quant à lui, a été réhabilité à grands frais par Duggy Jooste et replanté en 1981. On lui doit d’avoir ressuscité le fameux Constantia historique sous le nom de Vin de Constance (marque déposée).
    Le premier millésime appelé à une production commerciale fût le 1987. Nous en sommes, en juin 2015, au millésime 2009. Les quantités produites ont progressivement augmenté, ainsi que le prix des vins…
    Après une exploitation très réussie durant 25 ans, principalement sous la direction Lowell Jooste, le domaine a hélas été revendu début 2011 à des investisseurs. C’est une partie de l’âme de la propriété qui s’en est allée…

    Le troisième domaine, Buitenverwachting, contigu à Klein Constantia a, quant à lui, par les soins de l’œnologue Hermann Kirchbaum et de son propriétaire Lars Maack, procédé à la « résurrection » du mythique Constantia Moelleux avec le millésime 2007, sous le nom de « 1769 », évoquant ainsi la création du domaine.

    Après un premier essai avec le millésime 2006 (en très petite quantité), le millésime 2007 signe le véritable acte de naissance de ce Constantia moelleux qui présente toutes les caractéristiques hors-normes de ce terroir mythique et légendaire.

    Les vins des trois domaines sont vinifiés à partir du cépage Muscat à petits grains vendangés très tard (vers le mois de mars). Le domaine de Groot Constantia, utilise quant à lui une petite partie d’une variété rouge du Muscat à petits grains (variété produite par mutation du cépage).

    Ces raisins sont passerillés sur pied, selon une tradition qui n’est pas sans rappeler les grands Vins de Paille de l’Ermitage, d’autrefois. La vinification, quant à elle,  est proche de celle des Tokaji Aszu de Hongrie.
    Le résultat est un somptueux liquoreux à la robe dorée et dense, au nez marqué par des arômes de pin et de fumée, d’une impressionnante longueur.

    Duggie Jooste, Jean-François Ragot et Lowel Jooste dans le vignoble du domaine de Klein Constantia le 28 avril 2003.
    Les derniers cèpes de Muscat à petits grains destinés à l’élaboration du Vin de Constance 2004 (10 mai 2004)
    Le 10 mai 2004 dans le vignoble de Klein Constantia : de gauche à droite Marguerite Abergel, Adam Mason (le nouveau et talentueux « winemaker »), Duggie Jooste et son fils Lowel Jooste actuel responsable du domaine.

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      Vineyard Photograph through trees.Constantia Mountain in cloud in backround.
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      Vineyard view looking South-East over False Bay
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    • KLEIN CONSTANTIA.WESTERN CAPE .SOUTH AFRICA.HARVESTING CABERNET SAUVIGNON
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      KLEIN CONSTANTIA.WESTERN CAPE .SOUTH AFRICA.MODERN PRODUCTION CELLAR
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    • 1791 vin de constance.KLEIN CONSTANTIA.WESTERN CAPE .SOUTH AFRICA
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    Vendanges du Vin de Constance 2007
    entre le 3 et le 21 mars 2007

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    Ci-dessous, je vous propose également deux petites vidéos de la dégustation du Vin de Constance 2007 avec les commentaires de l’œnologue du domaine, Adam Mason.


  • Malvasia Delle Lipari

    Petites îles situées au nord de la Sicile où rien ne semble (à première vue seulement) avoir changé depuis l’antiquité…les Iles Lipari ou Éoliennes sont au nombre de sept :

    Stromboli (avec son fameux volcan qui crache bombes et lave sans répit depuis des millénaires), Panaréa, Vulcano (et ses vapeurs sulfureuses), Alicudi, Filicudi et enfin Salina et Lipari où sont produits des vins naturellement doux depuis la plus haute antiquité .

    Un petit mot tout d’abord sur le fameux cépage Malvoisie (Malvasia).

    C’est certainement avec le Muscat un de nos plus anciens cépages, probablement originaire d’Asie mineure. La Malvoisie tire son nom d’un ancien port du sud de la Grèce, Monenvasia . Cet excellent cépage s’est répandu rapidement dans toute l’Europe. Il est présent, sous sa variété originelle, mais aussi sous celles qui en descendent , en Espagne et au Portugal ( Malvasia fina ), en Allemagne et en Autriche ( Fruehroter Veltliner ) et un peu partout en Italie. La Malvoisie a migré bien entendu également dans le Nouveau Monde. Elle existe principalement dans les Pouilles en Italie, sous sa forme Malvasia bianca , mais également Malvasia Nera , très aromatique.

    C’est un cépage riche en extraits secs, qui produit dans sa meilleure version des vins capiteux, aromatiques et concentrés. Il affectionne les collines et les flancs de coteaux, sous des climats de type méditerranéen assez chauds et surtout secs.

    Une grappe de Malvoisie très caractéristique.

    Ce n’est pas un hasard si la variété cultivée dans les îles éoliennes est certainement la plus proche du modèle grec d’origine. Elle peut être éblouissante dans sa version « historique liquoreuse » issue de raisins séchés au soleil.

    La Malvoisie des îles Lipari avait complètement disparu après la crise du phylloxéra à la fin du 19eme siècle. Il faudra attendre les années trente avec Nino Lo Schiavo pour sa timide réapparition et surtout les années soixante dix avec l’implication de la forte personnalité de Carlo Hauner.

    En principe, le vin peut être produit dans les sept îles de l’archipel. Pratiquement, c’est surtout l’île de Salina qui est concernée, pour les deux tiers,  un quart pour Lipari, les 10% restants se répartissant entre Stromboli et Panaréa. (90 hectares pour l’ensemble de l’appellation)

    Sur une soixantaine de viticulteurs inscrits, une douzaine seulement mettent leur vin en bouteille sous leur propre nom. La production totale avoisine les 250 000 bouteilles (vins blancs sec et liquoreux compris), ce qui n’est pas ridicule comparé aux 100 000 cols produits à Château d’Yquem et aux 20 000 cols de Vin de Constance…

    D’après le règlement de la DOC (appellation), le vin « passito » (raisins séchés) est produit à partir de 95% de Malvasia di Lipari et 5% de Corinto Nero .

    Le principe consiste à vendanger les raisins à pleine maturité et à les étendre sur des nattes au soleil, les laisser ainsi lentement se déshydrater (de sept à vingt jours maximum). L’écueil à éviter est surtout l’oxydation, voire la caramélisation du raisin . C’est tout un art d’obtenir alors un raisin qui saura conserver et optimiser tous ses arômes d’origine.

    Passerillage des raisins de la récolte 2004 au soleil.

    Une méthode moderne consiste à procéder ensuite à une macération à froid, avant égrappage et pressurage des raisins. La fermentation s’effectue en cuve inox et le vin est mis en bouteille vers le mois de Juin de l’année suivante, afin de préserver au mieux la somptueuse palette aromatique de ce nectar de légende.

    Passerillage des raisins de la récolte 2004 au soleil.
    Vieille chapelle dans le vignoble de Francesco Fenech

  • News 24 Novembre 2009

    Orlienas, le 24 Novembre 2009,

    Ce serait dommage de ne pas vous donner un petit aperçu de l’atmosphère de la fin des vendanges dans la Tokajhegyalja. Je vous laisse visionner cette vidéo du 2 novembre 2009, rythmée par les rudes accents de la langue Magyar.

    Grappe de Furmint à Tokaj le 2 novembre 2009.
    Grappe de Furmint à Tokaj le 2 novembre 2009.
    Vendangeuse de la région de Tokaj, le 2 novembre 2009.
    Vendangeuse de la région de Tokaj, le 2 novembre 2009.

    pre-annoncePO_noel09

    Cordiales salutations,
    Jean-François


  • News 7 Juillet 2009

    Orlienas, le 7 juillet 2009,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Cette fois-ci, nous sommes bons ! C’est avec plaisir que nous mettons en ligne la vidéo-interview d’Adam Mason, winemaker du domaine de Klein Constantia (Afrique du Sud).
    Étant au domaine, le 27 mai dernier, je l’ai interrogé sur la vinification du mythique Vin de Constance.


  • News 20 novembre 2008

    Orlienas, le 20 novembre 2008,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Deux mises-à-jour dans la semaine, c’est rare! Mais je ne résiste pas au plaisir de vous présenter un petit interview d’ Éric Beaumard que j’ai réalisé à l’Hôtel Georges V à Paris (Four Seasons) le jeudi 13 novembre dernier.
    Est-il nécessaire de présenter Éric ? En dépit de sa grande modestie et de sa détestation du clinquant, il est extrêmement connu dans notre grande famille du vin, où il est reconnu pour sa très grande compétence et sa chaleur humaine communicative. J’ai personnellement connu Éric, à la fin de 1988. Il venait d’être alors premier jeune sommelier de France. Je l’ai suivi dans sa carrière à la Poularde à Montrond les Bains dans la Loire et à partir de fin 1999, comme chef sommelier du Restaurant le V (Hôtel Georges V) Il occupe actuellement la postition de directeur de la restauration. Il a été premier sommelier d’Europe et médaille d’argent au Mondial des Sommeliers à Vienne (Autriche) en 1998. Il nous expose durant 8 minutes sa vision actuelle du vin et particulièrement des « vins du monde ».

    Éric BEAUMARD au Georges V, le 13 novembre 2008.

    Sincères salutations œnophiles

    Jean-François Ragot


  • News 12 Novembre 2008

    Orlienas, le 12 novembre 2008,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Je suis de retour depuis hier soir, après un voyage de près de 6500 km à travers 8 pays d’Europe centrale. Je ramène bien entendu une grosse masse d’informations qui vous sera délivrée au fur et à mesure à la fois sur le site et sur notre blog.
    La partie la plus complexe concerne la Roumanie, dont la viticulture dans sa très grande majorité est encore très éloignée de nos normes européennes. Je me suis rendu à Cotnari (extrême nord-est de la Roumanie), dans l’ancienne principauté de Moldavie. (A ne pas confondre avec la République indépendante de Moldavie, appelée aussi Moldova ou Bessarabie)
    La dégustation des vins m’a permis d’extraire deux lots dans l’excellent millésime 2008, qui a été vendangé la première quinzaine d’octobre. Le but d’internet étant la diffusion d’images, je vous renvoie à la vidéo que j’ai réalisée sur place dans la cave de la société Vinia à Cotnari même le lundi matin 3 novembre 2008.
    J’espère que nous allons pouvoir faire embouteiller au moins une des deux cuvées sélectionnées : le Grasa CIB et le Tamiioasa Romaneasca. Ça pourrait se faire vers la fin du mois de janvier 2009, mais vous voyez que je suis très prudent, ayant été déjà échaudé…

    
    

    L’équilibre du Grasa 2008 dégusté est de plus de 80g de sucre résiduel, environ 12% d’alcool et 9.1‰ d’acidité. Ce sont des paramètres analytiques excellents.
    Le Tamaiioasa quant à lui, présente des caractéristiques proches en matière de sucre résiduel et d’alcool acquis, avec une acidité de 7.6‰.

    Mon dernier voyage à Cotnari remontait à novembre 2004 et m’avait permis alors de sélectionner notre cuvée Château Cotnari, Grasa CIB 2003. Tout a une fin, et il nous reste moins de 300 bouteilles de ce joli vin. J’espère avoir trouvé son remplaçant. Les vins de 2008, à mon avis, seront aptes à une garde d’un vingtaine d’années dans une bonne cave.

    Dans la suite de la dégustation, nous avons pu apprécier un bon Pinot Gris moelleux 2008 de Cotnari, vif et même un peu acidulé. Un Feteasca Alba 2008 moelleux présentait une palette aromatique intéressante, hélas « cassé » par un taux de SO2 (souffre) beaucoup trop élevé. C’est un des grands problème encore en Roumanie où l’on a tendance à utiliser très souvent, par précaution, les doses maximales autorisées par la législation européenne.
    Une surprise avec un cépage Muscat rosé traditionnel de la Moldavie le Busiioaca de Bohotin 2008. C’est un vin moelleux complètement original avec 12.3% d’alcool, 51g de sucre et une acidité revigorante de 7.9‰. Il est très fruité, avec un côté moelleux subtil, une touche végétale et une certaine élégance dans l’ensemble.

    Dans cette vaste dégustation d’une vingtaine de vins, nous avons eu le plaisir de re-déguster des vieux vins de Cotnari : un Tamiioasa Romaneasca CIB 1995, très bien évolué avec de beaux arômes de cire d’abeille et d’encens, ainsi qu’un Cotnari Grasa 1987 admirablement bien conservé et évolué avec son inimitable touche mentholée. Nous avons vendu par le passé ces deux références et si d’aventure il vous restait quelques bouteilles dans votre cave (je m’adresse bien entendu aux anciens clients de Dionis) n’hésitez pas à déboucher !

    Campagne traditionnelle moldave. Cotnari le lundi matin 3 novembre 2008.

    Dégustation du millésime 2008 le lundi matin 3 novembre 2008. De droite à gauche : Mihai (le maître de chais), Titi Babusanu (Responsable commercial et marketing de Vinia), et votre serviteur…
    Cuvée 2008 de Cotnari Grasa CIB le 3 novembre 2008.

    Ce sera tout pour aujourd’hui.

    Cordiales salutations.
    Jean-François Ragot.


  • News 21 Mai 2008

    Posté dans par admin

    Orlienas, le 21 mai 2008,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Je viens de rentrer d’Afrique du Sud et particulièrement de la région du Cap où se trouvent concentrés pratiquement tous les vignobles du pays. Je rapporte de ce voyage, bien entendu beaucoup d’informations, que je compte vous « distiller » petit à petit, afin de ne pas vous donner une indigestion…

    L’ Afrique du Sud est typiquement le pays qui fait la synthèse entre le « nouveau monde » et le « vieux monde » (l’Europe). A partir de 1990, date de la libération de Nelson Mandela, il a entamé une révolution spectaculaire dans tous les domaines. Au niveau viticole, l’Afrique du Sud est passée d’une économie repliée sur elle-même, conséquence de l’embargo, à une économie où 45% du vin est distribué sur le marché international. L’accélération s’est produite à partir de 1994, date des premières élections libres. Le nombre de domaines est passé en quelques années de 200 à plus de 500.
    Dans ce voyage, nous avons fait porter nos efforts particulièrement sur la région de Constantia, noyau originel de la viticulture sud-africaine depuis 1685. Pour des raisons à la fois traditionnelles et climatiques, les vins présentent plus que tous autres, un caractère « européen« .
    A tout seigneur, tout honneur ! Le premier domaine partenaire dans lequel nous nous sommes rendus est Klein Constantia, à l’origine de la renaissance du mythique Vin de Constance en 1987. Au cours de ce voyage, nous nous y sommes rendus deux fois et je vous propose de prendre connaissance de l’interview que j’ai faite d’ Adam Mason, œnologue du domaine depuis 2003. Je l’ai questionné particulièrement sur la vinification du Vin de Constance et sa conception personnelle du produit.

    Interview d’Adam Mason réalisée le 13 mai 2008 au domaine de Klein Constantia par Jean-François Ragot.

    Adam Mason, œnologue du domaine le 13 mai 2008 dans la partie du vignoble dédiée au Muscat, destiné au Vin de Constance.
    La « Manor House » début XIXème du domaine Klein Constantia, habité par le propriétaire, Lowell Jooste.
    Le Riesling Noble Late Harvest 2006 (embouteillé en 0.187L)

    Au cours des deux visites que nous avons effectuées au domaine, le 9 mai et le 13 mai, nous avons pu déguster de nombreux vins, dont « Madame Marlbrook«  2006 (assemblage 60% sémillon et 40% sauvignon). C’est un vin fruité, à la minéralité marquée, plutôt bien équilibré.

    La dégustation du Marlbrook 2006 rouge (assemblage Cabernet-sauvignon 48%, cabernet franc et merlot) se révèle intéressante. En dépit d’un taux d’alcool naturel de l’ordre de 14.5%, ce vin à la robe rubis profond, présente un caractère classique à la limite de l’austérité, proche des très bons Bordeaux. Ce vin finit avec délicatesse et fraicheur aromatique, grâce à une assez bonne acidité.
    Le Chardonnay 2007 est dans la lignée des vins de sa catégorie depuis que nous les connaissons (Premier millésime dégusté en 1991 : le 1989). Très européen dans sa conception, il présente une chatoyante et attrayante robe or à reflets verts. Un joli fruit avec une minéralité marquée en bouche. Ce vin devrait, comme ses prédécesseurs, être capable d’une longue évolution. J’ai gouté personnellement récemment un millésime 97 en pleine forme.
    Le millésime 2005 que nous avons encore à la vente, a été très apprécié par la restauration. De nombreux sommeliers l’ont situé quelque part entre Puligny-Montrachet et Chablis…

    Ce qu’il y a d’un peu triste, c’est que le millésime 2007 sera le dernier de sa catégorie. En effet, les vignes plantées sur un terroir argileux, dans la partie haute du domaine ont été arrachées pour laisser la place au sauvignon, beaucoup plus en vogue actuellement en Afrique du Sud… C’est le marché qui décide !
    La parcelle restante de Chardonnay devrait produire à l’avenir un vin beaucoup plus « nouveau monde »… dommage !

    Avec Adam, nous avons eu le plaisir de déguster plusieurs lots destinés au Vin de Constance 2008 :
    Un lot en cuve vendangé début avril, très aromatique, présentant à ce stade 10-11% d’alcool et probablement 200g de sucre.
    Un deuxième lot, fermenté en barrique de 500 L, est beaucoup plus affiné que le précédent à ce niveau. Il présente 14-15% d’alcool et 100g de sucre environ.
    Un troisième lot de 2008, fermenté en barrique, présente un nez d’une remarquable finesse (environ 15% d’alcool et 40g de sucre).
    Le quatrième lot vendangé en premier, la deuxième semaine de mars, est aux environs de 16.5% en alcool et de 70g de sucre. Tous ces lots seront bien entendu, assemblés pour donner le Vin de Constance 2008.

    La dégustation du 2007 en barriques neuves est une surprise. La complexité est beaucoup plus grande que ce qu’on a connu dans les précédents millésimes. Très joli fruit et belle longueur.
    Le millésime 2006 quant à lui, présente les arômes terpéniques caractéristiques auxquels nous sommes habitués. Le vin a déjà une certaine maturité d’élevage.
    Pour finir cette approche des Vins de Constance « en devenir », le 2005 dont on prépare la mise en bouteilles est tout à fait pléthorique. (très riche en sucre et en alcool, mais avec une belle fraicheur des arômes).

    Le millésime 2004 qui démarre sa carrière sera disponible chez Dionis en fin de semaine. C’est le premier du genre vinifié par Adam Mason. C’est un peu différent de ce que nous avons connu depuis 1987 avec le précédant œnologue Ross Gower. Moins massif, ce vin présente une délicate palette aromatique encore imprégnée par le fruit frais. Avec 14.2% d’alcool et environ 130g de sucres résiduels, il est orienté plus vers l’élégance que vers la puissance. Il est une belle démonstration, qu’en matière de style, rien n’est jamais figé. Je suis persuadé que vous l’aimerez beaucoup. Le prix est inchangé par rapport au millésime 2002. Je vous rappelle encore une dernière fois, à toutes fins utiles, qu’il n’y a pas de millésime 2003.

    Pour l’instant, Adam n’a pas été en mesure de re-vinifier du Noble Late Harvest de Sauvignon depuis 2005. Les conditions climatiques, qui sont en général excellentes pour l’obtention de vins liquoreux issus de la pourriture noble, n’ont pas été au rendez-vous avec le cépage Sauvignon. En revanche, le domaine a produit une très petite quantité (12 Hl) de Riesling Noble Late Harvest 2006 fermenté en barrique. Ce vin est plus particulièrement issu du passerillage que du Botrytis Cinéréa. Ses caractéristiques sont impressionnantes : 9% d’alcool, 290g de sucres résiduels et 8.5‰ d’acidité. Il a été fermenté à partir de levures indigènes. En bouche, c’est bien entendu, très doux mais la palette aromatique sur l’agrume confit devrait évoluer vers la minéralité caractéristique que présente le cépage sur un grand terroir. Il pourrait y avoir pour Dionis une centaine de bouteilles en 0.375L.

    La suite du compte-rendu la semaine prochaine.

    Amicales et œnophiles salutations,
    Jean-François Ragot


  • News 12 Juin 2007

    Orlienas, le 12 juin 2007

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Nous allons continuer un petit peu sur l’Afrique du Sud où je suis arrivé le jeudi de l’Ascension 17 mai à midi. A peine débarqué de l’avion, à l’aéroport international du Cap, je me suis dirigé vers le domaine de Klein Constantia où nous étions attendus mes accompagnants et moi-même pour un « lunch-dégustation ». Nous sommes reçus par le propriétaire Lowell Jooste et l’ œnologue, le sympathique et très compétent Adam Mason. Ce fût l’occasion de déguster le Sauvignon 2007, tout frais tiré de la cuve, puisqu’il a été vendangé au mois de février. Il est bien entendu délicieux avec une belle fraîcheur aromatique et la minéralité caractéristique du terroir. Nous passons ensuite au Chardonnay 2005 qui présente une palette d’arômes classiques du cépage, enveloppés par un boisé raisonnable et agréable. Un autre vin un peu plus surprenant, « Madame Marlbrook » blanc : Il s’agit d’un assemblage de Sémillon, de Sauvignon et de Muscat à petits grains. Ce vin est intéressant et complexe, aromatique, pas trop boisé et de belle longueur. Essai intéressant ! Nous passons ensuite au Marlbrook 2005 (assemblage de 60% de Cabernet-Sauvignon, 30% de Merlot et 10% de Cabernet franc). Il s’agit de la cuvée de prestige rouge du domaine à la robe grenat, à la texture de bonne densité et à la palette aromatique plutôt complexe.
    Nous dégustons enfin le Vin de constance 2002 qui présente toutes les caractéristiques du grand vin de Constance comme je vous le décris depuis bientôt vingt ans.
    A signaler que le vin de Constance 2003 ne sera jamais mis en circulation. En effet, suite à une fermentation des moûts par trop impétueuse, le vin est monté à 17%/vol d’alcool et à un taux de sucres résiduels de seulement 50 grammes… Bien que les arômes soient tout à fait convenables, vous imaginez bien que le vin est complètement déséquilibré. Mis à part le millésime 1988 lui aussi, mais à un degré moindre, déséquilibré par l’alcool, c’est Dieu merci le seul cas que l’on puisse citer depuis le lancement commercial du vin avec le millésime 1987.
    Je vous invite à bien vouloir jeter un petit coup d’œil à la vidéo que j’ai faite lors d’une promenade en 4×4 dans ce grand domaine. C’est une bonne vision des vignobles à l’orée de l’hiver austral en ce mois de mai 2007.

    Je terminerai ces brèves « news » par un nouveau rappel de nos trois journées portes ouvertes.

    PORTES OUVERTES D’ ÉTÉ

    JEUDI 21, VENDREDI 22 ET SAMEDI 23 JUIN 2007

    DE 10H00 A 18H00


    Nous en sommes à nos cinquièmes Portes Ouvertes, les premières s’étant tenues pour les 20 ans de Dionis au mois de juin 2005.

    Ce rendez-vous d’avant vacances est un moment idéal pour se rencontrer et déguster toutes les nouveautés dans le cadre historique et rafraichissant du caveau de Dionis.

    Un grand nombre de vins de notre collection sera en libre dégustation, dont le nouvel arrivant d’Afrique du Sud, le Vin de Constance 2002. Ce sera également l’occasion de déguster de très beaux vins blancs secs de Campanie (Italie du Sud), des liquoreux naturellement doux de vendanges tardives sardes, le mythologique Moscato di Siracusa sicilien, etc.

    A ne manquer vraiment sous aucun prétexte, car vous aurez la possibilité si vous le souhaitez d’acquérir ces flacons aux « Conditions exceptionnelles Portes Ouvertes ».

    Informations détaillées sur simple demande par mail : info-contact@dionis-vins.fr

    Sincères salutations œnophiles,
    Jean-François RAGOT


  • News 24 Avril 2007

    Orlienas, le 24 avril 2007

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Suite et fin de notre compte-rendu de voyage de mars-avril 2007.

    Le 2 avril, il était temps de déguster les vins du millésime 2006 à Gols chez mon ami Georg Lunzer. Nous avons fait par conséquent un vaste tour de cave, qui a permis entre autres d’apprécier quelques blancs secs excellemment vinifiés, principalement Welschriesling, Weissburgunder et Chardonnay. Pour les rouges, j’ai sélectionné une petite cuvée de Sankt Laurent, encore sur ses lies. D’une robe rubis profond, ce vin de belle fraîcheur et d’équilibre, allie la finesse à la longueur en bouche. Vendangé à 20 KMW (20% de sucre en masse volumique) il présente un taux d’alcool naturel de 12.9%/vol et une acidité de 4.9‰. Il a été récolté avec un rendement de 33 Hl/ha. Il sera embouteillé fin avril et disponible sur notre carte dans les mois qui viennent. Globalement, tous les rouges dégustés (Zweigelt, Blaufränkisch et Merlot) sont très satisfaisants et de grande maturité. Ils devraient être aptes à une bonne garde.

    Le chargement du pressoir avec les raisins de Cabernet-Sauvignon passerillés le 18 mars 2007.

    Comme vous le savez, nous avons vécu des « galères » avec nos vins de paille de Cabernet-Sauvignon, cette production extrêmement confidentielle étant de plus en plus difficile à mener à bien.
    Je rappelle rapidement l’historique de ce vin : en 1996, Georg était sur le point d’arracher sa parcelle de Cabernet-Sauvignon, (1/2 hectare environ) les vins rouges produits par ce vignoble présentant un caractère passablement végétal, bien que le raisin était bien mûr. C’est à ce moment là, que je lui ai proposé d’essayer d’élaborer un vin de paille à partir des raisins de ce vignoble. Georg produisait déjà depuis plusieurs années quelques vins de paille remarquables : certains d’entre vous se rappellent probablement le fameux 1992 qui s’est vendu en quelques semaines… Après que la décision de principe ait été prise, il ne restait plus qu’ à passer à l’acte, ce qui fût fait à l’automne 1997 avec le premier millésime de sa génération. Ce fût un grand succès.

    La réussite nous a ensuite accompagnée jusqu’à l’échec incompréhensible de 2004. La production moyenne a été de 300 à 350 litres par millésime. Le dernier disponible fût le 2003.
    Autant dire, que nos attentes étaient grandes sur le millésime 2006. Voir VIDÉO : Dans le « grenier » de Georg Lunzer. (30/10/06).

    Les raisins ont été finalement pressurés le 18 mars 2006. Ils sont par conséquent demeurés six mois à passeriller dans le grenier de Georg. La première dégustation de ce vin le 2 avril fût un émerveillement. De robe grenat, le nez encore peu développé à ce stade est prometteur. En bouche, c’est une très grande richesse en sucres, une palette de petits fruits rouges variés, une excellente acidité et une immense longueur. Hélas, il n’ y a que 350 litres, soit environ 700 bouteilles de 0.50 L. Une partie de ce vin est déjà vendue à la grande restauration française et suisse. En cas d’intérêt, je ne peux que vous recommander de vous rapprocher très rapidement de nous. (info-contact@dionis-vins.fr) afin de faire une réservation ferme.

    Dégustation des Aszu 2006 le 5 avril 2007.

    La troisième partie du voyage a été consacrée à Tokaj et plus particulièrement à la dégustation du millésime 2006. Je dirai tout d’abord que 2006 n’est pas une année à Szamorodni, qui demande globalement des conditions d’humidité plus importantes, favorisant l’apparition de la « pourriture noble classique« . Comme j’ai déjà du vous le dire de nombreuses fois, le vin Aszu provient plus particulièrement de grains franchement passerillés. Les différents lots de 2006 dégustés en barrique montrent tous une richesse naturelle élevée (environ 170, 180 grammes de sucre, un bon potentiel aromatique qui ne demande qu’à se développer et une acidité fine et tranchante d’environ 11‰). Ce sont les critères classiques des grands Aszu vendangés tardivement en respectant les règles ancestrales des dates de vendanges (le 28 octobre). Le millésime 2006 s’inscrit pour les productions d’élite dans la lignée des superbes 1999 et 2005. J’aurai l’occasion de vous reparler des vins en cours d’élevage.
    Je voudrais signaler également une très intéressante et rarissime cuvée 2006 provenant du cépage Grasa récolté en vendange tardive (le même que celui de Cotnari en Moldavie roumaine). Avec 100 grammes de sucres résiduels environ, il offre une palette aromatique très fruitée et complexe. C’est probablement un cépage qui a de l’avenir dans notre belle région de la Tokajhegyalja.

    Voila chers amis : je suis venu à bout de ce laborieux compte-rendu, que vous n’aurez pas trouvé trop lassant, je l’espère.
    Mon prochain voyage est classiquement l’ Afrique du Sud. Ce sera durant la deuxième quinzaine de mai.

    Sincères salutations œnophiles.

    Jean-François Ragot


  • News 28 Novembre 2006

    Orlienas, le 28 novembre 2006

    Je vous ai promis au mois d’octobre de vous donner des éléments plus détaillés sur la qualité de la vendange en Europe centrale. Je suis parti de Lyon le dimanche 29 octobre avec une première étape à Vienne où j’ai pu déguster les vins blancs encore troubles que l’on appelle « Staubiger ». Ce ne sont bien entendu pas de très grands vins, mais ils sont d’une fraîcheur et d’une impétuosité remarquable. L’atmosphère qui règne dans ces « Heuriger » de la banlieue viticole viennoise est quelque chose d’absolument unique. En vingt ans, la qualité des vins viennois (un vignoble de 700 hectares) a considérablement progressé. Le mieux est bien entendu de déguster les vins sur place.
    Bien qu’il existe de plus en plus de vins rouges, les meilleurs d’entre eux sont certainement les blancs et plus particulièrement les vins issus du Riesling, du Pinot blanc et du Grüner-veltliner. Ce sont des vins à prix relativement élevé, ceci en raison de la soif inextinguible des buveurs viennois et des touristes de passage…

    Le 30 octobre, je me suis rendu à Gols chez notre ami Georg Lunzer pour faire un petit tour de sa cave.

    Les vignobles de Gols par une belle journée d’automne (30 octobre 2006).

    La très bonne nouvelle est la vendange le 28 septembre de son petit vignoble complanté en Cabernet Sauvignon et que nous destinons à la production d’un vin de paille (le futur Strohwein Cabernet sauvignon 2006).
    Le dernier en date fût le 2003, épuisé depuis longtemps. Le 2004 n’a malheureusement pas pu être mis à la vente pour cause d’une évolution défavorable durant l’élevage. C’est une perte sèche sévère et nous n’avons malheureusement pas été en mesure de comprendre les causes de ce « désastre »…
    Pour l’instant 2 500 Kg ont été vendangés à 18.5 KMW (18.5% de sucres en masse volumique). Les raisins à la vendange étaient particulièrement sains, avec des peaux épaisses. Ils ont immédiatement été étendus sur des nattes de paille dans les très vastes greniers de Georg.

    Le « grenier » de Georg le 30 octobre 2006.

    Ci-dessous, un reportage vidéo dans le « grenier » de Georg Lunzer. (30/10/06)