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  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • Le Ruster Ausbruch (Burgenland – Autriche)

    Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinéréa.

    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au cœur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee.

    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1,5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    D’ailleurs, les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 400 Km plus à l’Est).

    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.

    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du philoxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère comme une « usine à sucre » !

    Les vignobles couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Comme vous le savez bien à la lecture de la liste des vins de Dionis, nous avons une remarquable collection de vins de cette région et offrons à l’amateur gourmand quelques joyaux œnologiques remontants jusqu’à la fin des années 80.
    Les grands vins liquoreux de pourriture noble de Rust se répartissent en fonction de leur richesse naturelle en sucre au moment de la vendange, de la manière suivante :

    • Auslese : entre 21 KMW et 25 KMW (entre 21 % et 25 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Beerenauslese : entre 25 KMW et 27 KMW (entre 25 % et 27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Ausbruch : à partir de 27 KMW (27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Trockenbeerenauslese : A partir de 30 KMW (30 % de sucres par litre de moût en masse volumique.

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie légale en France d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.

    Les quatre saisons à Rust
    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)
    De gauche à droite : Tibor Kovacs, Michel et Robert Wenzel, enfin Jean-François Ragot, en octobre 1995 à Rust.
    Pressurage d’une cuvée de Ruster Ausbruch

    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.
    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 100 à 180 gr de sucres résiduels.

    C’est à mon sens un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est dans le Tokaji.
    Ce sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    Jean-François RAGOT


  • News : 18 juillet 2017

    Orliénas, le 18 juillet 2017,

    C’est avec un peu de retard que j’ai le plaisir de vous présenter quelques vues des vignobles qui dominent notre village de Tolcsva (2000 habitants).
    Tolcsva est un village Hongrois situé au cœur même de la Tokajhegyalja à peu près à égale distance de sa partie nord et de sa partie sud. Tolcsva fait partie des 28 « villes » et villages historiques qui ont droit à la prestigieuse appellation Tokaji.

    En cette année 2017, vous constaterez que le développement végétatif est plutôt en avance. Tout comme en avril 2016, nous avons eu la chance dans cette région d’échapper aux gelées de printemps de la fin du mois d’avril 2017. Ils ont fait de gros dégâts ces deux dernières années un peu partout en Europe (Autriche, Allemagne, France, Italie du Nord en avril 2017, etc…).

    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) et sur le massif des Zempleni le 23 avril 2017.

  • Tokaji Sarga Muskotaly 2013 Château de Sárospatak (0.75L)

    (Exceptionnelle vendange tardive de Muscat à petits grains)

    tokajisargamuskotaly2012Nous sommes maintenant au dixième millésime de cette micro cuvée élaborée à partir d’un petit vignoble du sud de l’appellation, dans les environs de Tarcal.
    Le «Sarga Muskotaly» est tout simplement le muscat à petits grains, qui compte pour environ 5% de la zone d’appellation Tokaji. Il peut être vinifié en vin sec, peu intéressant et plus rarement en vin liquoreux lorsque les conditions le permettent. Si on sait choisir son moment, on peut peu ou prou en élaborer un peu chaque année. C’est le miracle de la région de Tokaj, pour ce type de vin. Toutefois, sauf dans certains millésimes prolifiques, il ne s’agit que de quantités « artisanales »…

    Cette cuvée a été vinifiée pour partie comme un «Aszu» et pour partie comme un Szamorodni doux .
    Deux «tris» de raisins ont été effectués, le premier la deuxième quinzaine d’octobre 2013  avec un exceptionnel choix de grains secs (Aszu de pur muscat), ramassés grains par grains. Il est à noter que 2013 a été partout en Europe un millésime tardif.
    Le second tri a été effectué à la mi-novembre, avec une sélection de grappes entières de muscat toujours, très « botrytisées », presque complètement «aszutées».

    Le premier tri de grains aszu a fait l’objet d’une macération traditionnelle dans du moût en fermentation composé de Muscat puis pressuré immédiatement après.
    Le second tri a été pressuré avec un petit pressoir, puis assemblé au moût du premier tri.
    L’assemblage ainsi constitué a continué paisiblement ses fermentations et a poursuivi son élevage en cuve inox durant huit mois.
    Le vin a été mis en bouteille début juillet 2014.

    La robe du vin est claire, couleur paille avec reflets verdâtres. Le nez est tout en finesse. L’attaque du vin montre une belle fraîcheur et beaucoup de subtilité. Belle longueur savoureuse. Excellente intégration des sucres résiduels grâce à une bonne acidité.
    Ce vin atteindra son optimum à quatre ans d’âge.

    Éléments analytiques :
    Quantité produite : _ L
    Alcool : _ %/vol
    Sucres résiduels : _  g/L
    Acidité totale : _ ‰
    Extraits secs réduits : _ g/L
    pH : _

     


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos 2002 (0,50L)

    hon_tkj6putt02Les premières cuvées du millésime 2002 ont été mises sur le marché au cours de l’été 2008 et ont été vendues jusqu’à épuisement. Nous avions gardé un petit lot que nous avons décidé de remettre en vente en 2016.

    Il présente une robe ambrée et brillante, un nez intense, empyromatique, avec des nuances d’encens et de figue.
    Il est puissant et gras en bouche avec une longue persistance aromatique où l’on distingue l’abricot sec, l’amande grillée et  plus encore l’écorce d’agrumes confits.
    La minéralité est maintenant bien présente quatorze ans après la vendange.
    C’est le meilleur millésime depuis 1999. Nous le pensons apte à une très longue maturité dans de bonnes conditions de conservation.

    Il fait partie des incontournables, avec 1993, 1997, 1999, 2005, 2008 et 2011.

    Éléments analytiques :
    Sucres résiduels : 176 g/L
    Alcool : 12.49% / vol.
    Acidité : 11 ‰


  • News : 12 mai 2016 : voyage d’avril en images

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    Orliénas, le 12 mai 2016,

    Du 9 avril au 1er mai, j’ai effectué mon premier tour d’Europe de l’année, incluant l’Italie, l’Autriche et la Hongrie.
    Le point fort de la première partie a été bien entendu le salon international Vinitaly qui se tenait à Verona du 10 au 13 avril. avec 4 200 exposants et plus de 150 000 visiteurs, c’est la première manifestation mondiale liée au vin.

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    L’incontournable Bottega del Vino de Vérone, le 9 avril 2016. Tout le gratin du monde du vin s’y presse au coude à coude afin de déguster les nectars du monde entier.
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    Nouveau millésime 2015 pour le domaine Vesevo (Campanie) avec les trois crus : Beneventano Falanghina, Fiano di Avellino et Greco di Tufo. Les trois vins sont présentés dans les nouvelles bouteilles IMPERO.
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    Nouveauté de chez Zabu (Sicile, région d’Agrigento). Un Il Passo, dénommé Verde 2015. Ce vin issu de l’agriculture biologique a été élaboré avec 100% du cépage Nero d’Avola. Ce vin rouge à la robe grenat très sombre nous offre une superbe palette aromatique et une grande intensité.
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    Tufarello IGP Puglia : nouveauté de chez Farnese : splendide rouge de la partie nord de la Puglia issu du cépage autochtone Nero di Troia. A découvrir absolument !
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    Je ne peux pas manquer de présenter à ceux d’entre vous qui ne le connaissent pas, le sympathique président de la cave San Marzano, Francesco Cavallo. Je dois dire, rien qu’à le voir, qu’il était né pour être président…
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    Mon vieux partenaire et complice depuis 1993 : Gianluca Viberti, producteur émérite de Barolo en compagnie de Jean-François Ragot. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’après quelques années en stand-by, nous pouvons reprendre enfin notre collaboration dès ce mois de juin 2016 avec un somptueux Barolo 2011 cru Bricco delle Viole. Photo du 11 avril 2016.
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    Notre partenaire de la région Veneto, Graziano Maule de Montecrocetta, en dégustation avec Jean-François Ragot le 12 avril 2016. En 2015, il a produit un magnifique Gambellara Classico, blanc sec, disponible dès ce mois de mai 2016.
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    Une des dernières production de notre ami Graziano Maule, le Roncaiolo Appassite 2013. Remarquable vin rouge (75% Cabernet franc et 25% Cabernet Sauvignon) vinifié après un séchage de quatre semaines. Ce vin est dans l’esprit d’un « Ripasso » de la Valpolicella. Disponible dès ce mois de mai 2016.
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    La charmante Federica Zeni, du domaine Zeni, élaborant de splendides vins de la Valpolicella et de Bardolino. Photo du 12 avril 2016.
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    Etna Rosso, Terre dell’ Etna. Bel exemple de vins rouge extremement typé provenant de vignobles établis sur les flancs du volcan Etna à 800m d’altitude. Le vin est issu de 90% de cépage Nerello Mascalse et 10% Nerello Capuccio.

    Le voyage s’est poursuivi vers l’Autriche avec une visite au très intéressant domaine Deutsch à Hagenbrunn  (Weinviertel) où j’ai pu déguster de splendides Weinviertel DAC (vins blancs d’appellation, issus du cépage Grüner veltliner).

    Bien sûr, je suis allé également déguster la production 2015 des vins de Bruno Landauer à Rust dans le Burgenland.

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    Tout est bon en 2015 : à noter l’original et remarquable vin blanc sec « Gemischter Satz » véritable témoin de la culture pannonienne classique. Il est issu d’un assemblage des cépages Furmint, Harslevelu, Ezerjo, Leanyka, auxquels s’ajoutent un peu de Muskateler et de Gewürztraminer. Les raisins ont été vendangés ensemble à la mi-septembre, pressurés ensemble et vinifiés ensemble. C’est un vin délicieux, complexe et typé, au taux d’alcool de seulement 12%. J’ai eu le plaisir de rapporter moi-même à Bruno, de la région de Tokaj, les 200 pieds de vigne Harslevelu, en avril 2011. Photo du 16 avril 2016.

    Bien entendu, nous avons dégusté toute une gamme de vins blancs secs, les plus notables étant les Pinot blanc et les Chardonnay sans oublier un Neuburger de vignes de plus de cinquante ans.
    Nous avons laissé pour l’instant de côté les vins rouges que nous dégusterons l’été prochain ou à l’automne.

    Dans les vins moelleux, Bruno a fait un feu d’artifice de vendanges tardives issues des raisins rouges Zweigelt, Blaufränkisch et Merlot (Spätlese 2015 issu du Merlot, Beerenauslese issu du Zweigelt et du Merlot, Trockenbeerenaulese issu du Zweigelt et surtout du Blaufränkisch). A noter que les derniers raisins destinés à ces nectars ont été vendangés le 3 décembre 2015.
    Enfin, Bruno a vendangé un vin incroyablement concentré (plus de 40 KMW) c’est-à-dire 40% de sucres en masse volumique, à partir du Pinot Blanc (Weissburgunder) et d’un peu de Furmint et de Welschriesling. Ce vin est une véritable eszencia, qui fermente depuis déjà de long mois.

    J’ai poursuivi ma route vers la Hongrie en direction de Tokaji.
    Durant mon séjour dans la Tokajhegyalja (Hongrie) j’ai eu le plaisir de participer à la quatrième vente aux enchères des grands vins de Tokaji le samedi 23 avril 2016. Organisée par notre confrérie des vins de Tokaj, elle s’est tenue cette année dans l’ex-synagogue de la ville.
    Au préalable, nous avons procédé à des intronisations, dont celle de notre ami Manuel Peyrondet, ex-sommelier de la grande restauration parisienne, meilleur sommelier de France 2008 et dirigeant actuel de la société Chais d’oeuvre.

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    De gauche à droite : Samuel Tinon, viticulteur à Olaszliska (région de Tokaj), en compagnie de sa femme Mathilde Hulot (journaliste du vin) de Jean-François Ragot et de Manuel Peyrondet. Photo du 23 avril 2016.
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    Intronisation à la confrérie des vins de Tokaj, le samedi 23 avril 2016.
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    Manuel Peyrondet signe le grand livre, après son intronisation comme membre de la Confrérie des Vins de Tokaji, le 23 avril 2016.

    Bien entendu, je ne vous relaterai pas toutes mes activités au service du vin de Tokaj. Je rajouterai seulement que j’avance dans mon projet de replantation du vignoble situé dans un cru historique classé de la Tokajhegyalja : le cru Melegoldal.  C’est une histoire très longue et très compliquée, liée à la très longue période de transition économique qu’a connue la Hongrie après 1989. Cette opération débutée en 1997 a finalement connu un « Happy end » en juin 2015 avec la récupération de la pleine propriété du sol par ma fille Céline Ragot et moi-même.
    Il reste maintenant à faire fructifier ces 18 années de patience…

    Oenophilement votre,
    Jean-François


  • News : 2 Juin 2015 : Réflexions sur la genèse des « 30 ans de Dionis »

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    Trente ans ! C’est toute une vie ou presque…

    Le 3 juin 1985, notre société était enregistrée au registre du commerce et des sociétés de Lyon.
    En cette fin de printemps 2015, je prends conscience petit à petit que 30 années se sont écoulées. C’est beaucoup pour une petite entreprise artisanale comme la nôtre et je me demande même comment il a été possible de surmonter jusqu’à ce jour tous les aléas et survivre dans un contexte économique assez souvent défavorable.
    Quand je me remémore l’année 1984, qui a précédé la création de Dionis, je cherchais une idée pivot sur laquelle asseoir le lancement de la future entreprise. Je mûrissais en fait alors un projet, plus ou moins latent dans mon esprit depuis la fin des années 70.
    Mon père, qui était une personne avisée m’a donné alors ce simple conseil : « Fais ce que les autres ne font pas !». Merci papa ! Quel superbe conseil, mais si pertinent dans sa simplicité…
    Je suis parti d’un constat : me passionnant pour le vin depuis l’âge de 20 ans, j’avais remarqué que les vins dits «étrangers» étaient le plus souvent sur le marché français d’une qualité pitoyable…
    Mon goût pour la littérature du XVIIIème siècle m’avait régulièrement mis en présence du mythique Tokaji ou Tokay de Hongrie, encensé par les célébrités de l’époque.

    Mais alors, qu’était-il donc devenu en cette fin du XXème siècle ?
    Mes premières recherches en France ne furent pas très encourageantes, ayant trouvé en tout et pour tout, une fois chez un caviste lyonnais, une triste «drouille», sous la forme d’une bouteille portant l’étiquette Monimpex-Tokaji aszu 3 puttonyos 1971.
    En quelques mois, mon opinion était faite : il n’y avait pas de Tokay de Hongrie pouvant revendiquer son appartenance aux joyaux de la couronne des vins historiques de notre vieille Europe. Une seule solution : se rendre dès que possible en Hongrie pour évaluer la situation sur place.
    En juin 1985, étant allé à Bordeaux a l’un des premiers Vinexpo de l’histoire de ce salon, la providence m’a fait rencontrer un jeune homme, Bacsoo Andraas, à l’époque jeune œnologue au combinat des fermes d’état de la région (Tokajhegyalja). Cet organisme qui gérait les 6000 hectares de vignobles de la zone de Tokaj, avait été créé en 1971. Il fût alors décidé d’un voyage en famille pour le printemps suivant.
    En juin 1986, c’est le début de l’aventure au-delà du «rideau de fer» vers l’extrême nord-est de la Hongrie. Il faisait très beau et très chaud en ce début de mois de juin 1986. Ce fût un véritable enchantement d’arriver sur place par la belle soirée d’été du 17 juin 1986.

    La première cave visitée fût la cave Rákóczi Ferenc, grande cave historique située sous le château de Sarospatak.
    Quelle émotion en descendant les degrés qui nous menaient vers les mythiques galeries où étaient alignés des centaines de fûts. Je crois que nous avons trouvé merveilleux ce premier verre de Tokaji Aszu tiré du tonneau par le maître de chais avec son lopo (pipette utilisée en Europe Centrale).
    Je me suis assez vite rendu compte dans les jours qui ont suivi que quelque chose «clochait» dans la très grande majorité de nos dégustations, effectuées dans des caves extraordinaires du nord au sud de la Tokajhegyalja. J’ai découvert assez rapidement, que beaucoup de vins étaient «mutés» à l’alcool à des fins de stabilisation et beaucoup de liquoreux, en fait élaborés à partir de moûts concentrés !!! L’horreur ! Oui, mais à l’époque 30 millions de bouteilles étaient vendues à l’URSS
    Toutefois et c’est fondamental, il y a toujours eu dans ce «maelström» bureaucratique et industriel, une petite proportion de grands vins qui ont échappé au massacre. Ce sont ces vins là, que nous avons réussi au prix d’énormes difficultés (il y avait alors un monopole situé à Budapest, Monimpex) à importer sur le marché français.

    Dionis a été la première entreprise à refaire ce travail de sélection depuis la fin des années trente. Nos vins ont été très bien été reçus par la grande restauration française et suisse ainsi que par l’élite des amateurs éclairés.
    Aujourd’hui encore, je n’ai pas à rougir de la qualité des vins distribués à cette époque.
    Une dégustation privée au début du mois d’avril 2015 a permis de confirmer une fois de plus l’excellence des bouteilles issues de notre vinothèque. Je pense aux millésimes 1975, 1983 et 1988.
    La date fixée communément pour parler de l’avant et de l’après de l’histoire moderne du Tokaji est 1993. C’est le premier millésime qui vit apparaître des vins issus de la nouvelle donne économique des privatisations et du renouveau des pratiques œnologiques.
    Voilà en quelques lignes la genèse de notre épopée du Tokaji, qui a été le point d’appui du développement de notre Maison artisanale.

    Cette relance du Tokaji marque le vrai démarrage de Dionis. Les premières bouteilles ont été vendues sur les marchés français et de la Suisse romande à partir de l’automne 1986.
    J’aurais probablement l’occasion d’approfondir ultérieurement la suite de cette aventure, qui est celle d’une vie consacrée au vin.

    Cordialement,
    Jean-François Ragot


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos Château de Sárospatak 2003

    Posté dans par admin

    tkj6putt2003C’est avec plaisir que nous vous proposons cette toute petite cuvée de grand Tokaji Aszu que nous avions décidé de ressortir pour cette grande occasion (les trente ans de Dionis en juin 2015).

    Comme partout en Europe, et dans une moindre mesure dans la Tokajhegyalja (région de production des Tokaji), nous avons enregistré des températures élevées au cours de cet été 2003, qui ont ainsi amené les raisins à une maturité très précoce, jamais observée: vers mi-août pour le cépage Zéta et  fin août-début septembre pour le furmint.
    Le développement du botrytis sur le cépage Zéta a été favorisé par des pluies fin août. Dès le 28 août, les premiers grains aszú , riches et parfaitement passerillés, sont récoltés.

    Le premier tri des grains sur le furmint commence à partir du 17septembre. La qualité est au rendez-vous, mais  la quantité reste faible. Les journées du 18 et 19 septembre sont consacrées à la récolte de vieilles vignes de furmint, à partir des raisins sains et très mûrs servant à l’élaboration des vins de base destinés aux aszú.
    Jusqu’à la fin du mois de septembre, les tris se succèdent sur l’ensemble des parcelles de furmint dont la qualité du botrytis et du passerillage sont celles des grandes années.
    L’arrivée des pluies début octobre interrompt les vendanges pendant une dizaine de jours mais permettent l’arrivée du botrytis cineréa intense.
    Les tris reprennent à partir du 13 octobre. Nous obtenons des grains aszú bien botrytisés, mais bien entendu, moins secs que pendant les cueillettes de septembre.
    A partir du 23 octobre, le temps se refroidit, et nous subissons une neige et un gel tout à fait inattendu (-6 C la nuit du 24 octobre). La dernière semaine du mois d’octobre nous redonne du beau temps, à la fois sec et ensoleillé. Les raisins changent d’apparence, et très vite, se concentrent.

    Ces vendanges 2003 ont été comme souvent, longues, mais ont offert une belle diversité de grains aszú : les tris de septembre sont de nature passerillées alors que ceux du mois d’octobre montrent davantage un caractère botrytisé. Les grains passerillés ont été macérés avec du mout en fermentation, alors que les grains plus marqués par le botrytis cineréa ont été macérés dans du vin nouveau.
    Cet assemblage a donné des vins fins et complexes, qui réunissent la puissance des grains passerillés aux arômes délicats du botrytis.

    Douze années après sa vendange, ce Château Sarospatak 6 puttonyos 2003 arrive lentement à sa phase de maturité, qui va se prolonger durant une bonne vingtaine d’années.
    Il présente une robe brillante à reflets orangés, un nez intense, avec des arômes de fruits secs et de figue, le tout dans une complexité étourdissante.
    Il est concentré,  puissant et gras en bouche avec une longue persistance aromatique où l’on distingue l’abricot sec, l’amande grillée et l’écorce d’agrumes.

    Grande bouteille d’un millésime confidentiel.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 11,76 %/ vol
    Sucres résiduels : 166  g/litre
    Extraits secs : 56,48 g/l
    Acidité totale : 10 ‰
    pH : 3,29


  • Tokaji Sarga Muskotaly 2012 Château de Sárospatak (0.75L)

    (Exceptionnelle vendange tardive de Muscat à petits grains)

    tokajisargamuskotaly2012Nous sommes maintenant au neuvième millésime de cette micro cuvée élaborée à partir d’un petit vignoble du sud de l’appellation, dans les environs de Tarcal.
    Le «Sarga Muskotaly» est tout simplement le muscat à petits grains, qui compte pour environ 5% de la zone d’appellation Tokaji. Il peut être vinifié en vin sec, peu intéressant et plus rarement en vin liquoreux lorsque les conditions le permettent. Si on sait choisir son moment, on peut peu ou prou en élaborer un peu chaque année. C’est le miracle de la région de Tokaj, pour ce type de vin. Toutefois, sauf dans certains millésimes prolifiques, il ne s’agit que de quantités « artisanales »…

    Cette cuvée a été vinifiée pour partie comme un «Aszu» et pour partie comme un Szamorodni doux .
    Deux «tris» de raisins ont été effectués, le premier la première quinzaine d’octobre 2012  avec un exceptionnel choix de grains secs (Aszu de pur muscat), ramassés grains par grains et le second début novembre, avec une sélection de grappes entières de muscat toujours, très « botrytisées », presque complètement «aszutées».

    Le premier tri de grains aszu a fait l’objet d’une macération traditionnelle dans du moût en fermentation composé de Muscat, Furmint et Harslevelu, puis pressuré immédiatement après.
    Le second tri a été pressuré avec un petit pressoir, puis assemblé au moût du premier tri.
    L’assemblage ainsi constitué a continué paisiblement ses fermentations et a poursuivi son élevage en cuve inox durant huit mois.
    Le vin a été mis en bouteille fin juin 2013.

    La robe du vin est claire, couleur paille avec reflets verdâtres. Le nez est tout en finesse. L’attaque du vin montre une belle fraîcheur et beaucoup de subtilité. Belle longueur savoureuse. Excellente intégration des sucres résiduels grâce à une bonne acidité.
    Ce vin atteindra son optimum à quatre ans d’âge.

    Éléments analytiques :
    Quantité produite : 392 L
    Alcool : 12,52 %/vol
    Sucres résiduels : 103,2  g/L
    Acidité totale : 5,9 ‰
    Extraits secs réduits : 36 g/L
    pH : 3,70

     


  • Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2011 Château de Sárospatak (0.50L)

    tokajiaszu3putt2011Le millésime 2011 marque le retour aux grandes années traditionnelles où la maturité se fait lentement et permet une belle production des fameux grains aszu.
    Après les remarquables 2005 et 2008, 2011 a permis à nouveau une production éclectique de grands liquoreux aux équilibres acidité/sucres si spécifiques, à l’origine de la réputation historique de ces vins.

    Il est à signaler, qu’avec le changement de législation de la région de la Tokajhegyalja, il ne sera plus possible de produire des vins aszu d’un niveau de richesse correspondant aux 3 et 4 puttonyos de l’ancienne législation.
    Les motifs de cette évolution reposent principalement sur une production incontrôlée de vins aszu de très bas de gamme qui ont inondé spécifiquement le marché polonais au cours des dix dernières années. Face à cette situation entrainant une dégradation de l’image des Tokaji aszu, le monde viticole de la Tokajhegyalja a décidé de réagir.
    La richesse minimum pour élaborer un Tokaji aszu est maintenant, à partir du millésime 2013, de 19% d’alcool potentiel. Cela correspond à 323 g de sucre par litre de moût.
    Pour simplifier, environ 12% d’alcool acquis et 120 g de sucres résiduels.

    Cela signifie concrètement qu’il ne sera économiquement plus du tout intéressant pour un domaine de produire un 3 ou 4 puttonyos avec les nouvelles normes exigées d’un minimum de 19% d’alcool potentiel.

    De facto, il ne devrait plus y avoir à l’avenir sur le marché que des Tokaji aszu 5 et 6 puttonyos. Je trouve toutefois cela un peu regrettable car un véritable Tokaji Aszu de niveau 3 ou 4 puttonyos, bien réussi, du niveau qualitatif de ceux que nous offrons au marché depuis une trentaine d’années, présentait un équilibre intéressant, qui en faisait un vin beaucoup plus facile à boire.

    Par conséquent, ce Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2011 est certainement notre dernier 3 puttonyos offert au marché. Nous avons distribué nos premiers Tokaji Aszu 3 puttonyos avec le millésime 1975. C’était en 1986, à nos débuts… ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que nous vous présentons cet ultime rejeton.

    J’attire votre attention sur le fait qu’on peut le considérer comme un « super 3 puttonyos » de la législation précédente, ses caractéristiques analytiques et organoleptiques étant celles d’un Tokaji Aszu 4 Puttonyos de bon niveau.

    Ce vin a été produit à partir des cépages suivants : 65% Furmint, 25% Zeta et 10% Harslevelu. Il a été vinifié en novembre 2011,  pour une part avec une macération de grains aszu dans un vin de base et pour l’autre part en « forditas » (première repasse de moût frais ou de vin nouveau sur un marc de grains aszu)

    Élevé en barriques hongroises de 3, 4 et 5 ans durant 24 mois, ce Tokaji présente une robe claire et brillante, sans traces d’oxydation. Le nez et la bouche sont particulièrement harmonieux avec une subtilité aromatique et un équilibre qui sont ceux des grandes années.

    Éléments analytiques :
    Alcool :  12,98 %/ vol
    Sucres résiduels : 97,7  g/litre
    Acidité totale  : 8  ‰
    pH : 3,52


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos 2011 Château de Sárospatak (0,50L)

    tok6putt-2011C’est le premier millésime où il est possible de produire un 6 Puttonyos « de concours » depuis 2008.
    A noter que 2009 a donné quelques belles bouteilles, manquant toutefois assez nettement d’acidité. Je rappelle que 2009 a été une année vraiment chaude dans toute l’Europe ou presque.
    2010 a donné des quantités de vin aszu minimes, mais avec des équilibres extraordinaires pour les meilleures.
    Je vous renvoie à ce sujet à notre Tokaji Aszu 5 Puttonyos Château de Sárospatak 2010.

    Le millésime 2011 marque le retour aux grandes années traditionnelles où la maturité se fait lentement et permet une belle production des fameux grains aszu.
    A noter que nous avons décidé pour ce vin d’utiliser uniquement les productions issues du cépage Furmint. C’est donc un aszu 100% Furmint, ce qui est assez rare.

    Comme je l’ai déjà signalé par le passé pour la région de Rust (Burgenland – Autriche), le réchauffement climatique entraîne souvent également dans cette région une maturité du raisin hyper précoce, favorable à la production de vins blancs secs mais rendant beaucoup plus difficile l’élaboration des liquoreux traditionnels. Je citerais dans ces années précoces 2000 – 2003 – 2007 et 2009 et dans les années traditionnelles 2002 – 2005 – 2006 – 2008 et 2011.

    Nous sommes par conséquent avec 2011 dans les années traditionnelles comme nous les aimons.

    Splendide robe or clair, limpide et brillante.
    Le nez est fruité et particulièrement délicat.
    La bouche est d’une grande richesse aromatique, sans aucune lourdeur malgré ses 159 g de sucre résiduels.
    Tout y est : une palette d’agrumes frais, une petite touche d’abricot sec et d’épices. La minéralité se laisse déjà deviner mais il va falloir attendre…
    La persistance aromatique est celle d’une grande année, avec cette belle acidité rafraîchissante qui nous enchante toujours avec les grands Tokaji.

    Ce vin est à entrer impérativement en cave et à laisser mûrir quelques années.

    Éléments analytiques :
    Sucres résiduels : 155 g/L
    Alcool : 12,5 % / vol.
    Acidité : 9,2 ‰


  • News : Rentrée 2014. Coup d’oeil sur l’état de la vigne en Europe Centrale ce début d’automne.

    Orliénas, le 10 septembre 2014,

    J’arrive d’Europe Centrale où j’ai passé trois bonnes semaines. Cet été 2014 a été globalement instable d’est en ouest de l’Europe pour ce qui concerne les mois de juillet et d’août. Il a été marqué par d’importantes précipitations, très supérieures aux moyennes habituelles. Ceci a bien entendu eu des conséquences sur l’état du raisin avec des situations sanitaires variables.

    Pour ce qui concerne la Tokajhegyalja, (ensemble de la zone de l’appellation Tokaji) on peut noter par ci par là une certaine fragilisation des raisins. Cette situation n’est pas particulièrement favorable aux vins secs mais pourrait si les conditions anticycloniques, qui se sont installées fin août, persistent plusieurs semaines, avoir un effet très favorable à la production des vins moelleux.

    Bien que l’on entende depuis quelques années un discours sur la qualité des blancs secs de la Tokajhegylja, je m’inscris en faux, persiste et signe que la finalité de cette région est la production (très limitée d’ailleurs) de grands vins liquoreux.

    Ci dessous 3 photos nous montrant l’état des raisins dans un vignoble proche de Tolcsva, le 4 septembre 2014.

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    Grappe de Hàrslevelù, le 4 septembre 2014.

    Hàrslevelù

    IMG_5711
    Grappe de Zeta, le 4 septembre 2014.
    IMG_5708
    Grappe de Furmint, le 4 septembre 2014.

    Il n’ y a plus qu’à attendre maintenant. Je vous reparlerai de la vendange 2014 dans cette région vers la mi-novembre.


  • Vendanges 2008 à Tokaj.

    Je voudrais revenir avec un peu de recul sur le grand millésime 2008 dans la région de Tokaj. Ce sont des documents particulièrement intéressants que nous mettons à la disposition de nos amis oenophiles.
    Au cours du tour d’Europe que nous avions effectué, Marguerite Abergel et moi-même, en octobre/novembre 2008, nous avions passé quelques jours dans la Tokajhegyalja où les vendanges battaient leur plein. En 2008, elles avaient débuté classiquement à la mi-septembre pour se terminer à la mi-novembre. Le moral était très bas dans la région, au commencement de la vendange des vins blancs secs vers le 15 septembre. Le temps était froid et pluvieux. Le miracle, assez classique dans cette région, s’est finalement produit à la mi-octobre, les conditions climatiques ayant radicalement changé avec un chaud soleil d’automne et des températures au dessus de 20°C. Elles se sont poursuivies jusqu’à la fin de la vendange, vers le 15 novembre.
    A travers ce dossier, je voudrais retracer grâce à des photos et un dossier vidéo exceptionnel, ce que sont les conditions optimales de production de ce grand vin liquoreux historique et mythique  qu’est le Tokay Impérial.

    J’ai demandé leur avis aux principaux opérateurs de la région, alors que la vendange des grains aszu battait encore son plein.

    Je vous invite à consulter la galerie de photos ci-dessous, puis les six vidéos suivantes.

    • vend2008_tokaj-3262
      vend2008_tokaj-3266
      vend2008_tokaj-3269
    • vend2008_tokaj-3271
      vend2008_tokaj-3279
      vend2008_tokaj-3287
    • vend2008_tokaj-3294
      vend2008_tokaj-3302
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    • vend2008_tokaj-3316
      vend2008_tokaj-3323
      vend2008_tokaj-3327
    • vend2008_tokaj-3331
      vend2008_tokaj-3337


    * Interview d’un petit producteur de « haut de gamme » français Samuel Tinon le 6 novembre 2008.


    * Interview de Nicolas Godebski œnologue consultant le 6 novembre 2008.


    * Interview de Meszaros Laszlo directeur du domaine Disznoko le 6 novembre 2008.


    * Interview de Kalocsai Laszlo directeur du domaine Dereszla le 7 novembre 2008.


    * Interview de Kovacs Tibor directeur du domaine Hetszolo le 8 novembre 2008.


    * La meilleure trieuse de grains aszu de la Tokajhegyalja en plein travail le 8 novembre 2008 (elle peut aller jusqu’à 40 Kg de grains Aszu/jour)

     

    Aujourd’hui, fin 2013, nous pouvons constater que le millésime a tenu parole. Bien entendu, « la maison de commerce de Tokaj » (ex-combinat de la ferme d’état) n’a pas produit comme à son habitude beaucoup de vins de qualité très élevée, mais une moyenne convenable. Comme c’est elle qui vend la très grande majorité des Tokaji dans le commerce hongrois, l’image du millésime ne sera pas dévalorisée.
    Sous notre marque Château Sarospatak, a été produite une petite quantité de Tokay Impérial 6 Puttonyos d’un niveau suprême. Le vin est hélas épuisé. Toutefois, il nous reste pour découvrir ce grand millésime, un peu de Tokaji Muskotaly vendanges tardives hors-normes (le meilleur produit à ce jour) et un excellent Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2008 à l’équilibre remarquable.

    Jean-François Ragot


  • ÉPUISÉ – Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2008 Château de Sárospatak (0.50L)

    tokaji aszu 3 puttonyos 2008Nous avons rentré le premier lot de ce vin au mois de novembre 2013.
    2008 est un excellent millésime tardif, la plupart des grains aszu ayant été vendangés sur le mois de novembre.

    Cliquez pour un compte rendu de la vendange 2008 à Tokaj, avec vidéos à l’appui.

    Le millésime 2008 est considéré comme assez généreux quant aux quantités produites, avec des vins présentant un taux de sucres élevé et une excellente acidité, ce qui, hélas, n’est plus toujours le cas avec le réchauffement climatique.
    Élevé en barriques hongroises de 3, 4 et 5 ans durant 24 mois, ce Tokaji présente une robe claire et brillante, sans traces d’oxydation. Le nez et la bouche sont particulièrement harmonieux avec une subtilité aromatique et un équilibre qui sont ceux des grandes années.

    Éléments analytiques :
    Alcool :  12,76 %/ vol
    Sucres résiduels : 77  grammes par litre
    Acidité totale  : 7,6  ‰
    pH : 3,32


  • Tokaji Sarga Muskotaly 2011 Château de Sárospatak (0.75L)

    (Exceptionnelle vendange tardive de Muscat à petits grains)

    tokaji sarga muskotaly 2011Nous sommes maintenant au huitième millésime de cette micro cuvée élaborée à partir d’un petit vignoble du sud de l’appellation, dans les environs de Tarcal.
    Le «Sarga Muskotaly» est tout simplement le muscat à petits grains, qui compte pour environ 5% de la zone d’appellation Tokaji. Il peut être vinifié en vin sec, peu intéressant et plus rarement en vin liquoreux lorsque les conditions le permettent. Si on sait choisir son moment, on peut peu ou prou en élaborer un peu chaque année. C’est le miracle de la région de Tokaj, pour ce type de vin. Toutefois, sauf dans certains millésimes prolifiques, il ne s’agit que de quantités « artisanales »…

    Cette cuvée a été vinifiée pour partie comme un «Aszu» et pour partie comme un Szamorodni doux .
    Deux «tris» de raisins ont été effectués, le premier la première quinzaine d’octobre 2011  avec un exceptionnel choix de grains secs (Aszu de pur muscat), ramassés grains par grains et le second début novembre, avec une sélection de grappes entières de muscat toujours, très « botrytisées », presque complètement «aszutées».

    Le premier tri de grains aszu a fait l’objet d’une macération traditionnelle dans du moût en fermentation composé de Muscat, Furmint et Harslevelu, puis pressuré immédiatement après.
    Le second tri a été pressuré avec un petit pressoir, puis assemblé au moût du premier tri.
    L’assemblage ainsi constitué a continué paisiblement ses fermentations et a poursuivi son élevage en cuve inox durant huit mois.
    Le vin a été mis en bouteille fin juin 2012.

    La robe du vin est claire, couleur paille avec reflets verdâtres. Le nez est tout en finesse. L’attaque du vin montre une belle fraîcheur et beaucoup de subtilité. Belle longueur savoureuse. Excellente intégration des sucres résiduels grâce à une bonne acidité.
    Ce vin atteindra son optimum à quatre ans d’âge.

    Éléments analytiques :
    Quantité produite : 420 L
    Alcool : 14,08 %/vol
    Sucres résiduels : 110  g/L
    Acidité totale : 7 ‰
    Extraits secs réduits : 41,62 g/L
    pH : 3,59