• Archives pour l'Étiquette Strohwein
  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • News 23 Avril 2012

    Orliénas, le 23 avril 2012,

    Suite de mon voyage en Italie/Europe Centrale de mars-avril 2012.

    De l’Italie du Nord, nous nous sommes dirigés vers l’Autriche où une réunion de dégustation avait été organisée par Bruno Landauer, le vendredi 30 mars. Les blancs secs 2011 sont très bien réussis avec un « plus » particulier pour le Welschriesling et le Pinot Blanc. Il y a de la fraîcheur, de la minéralité et de la puissance. Chardonnay et Sauvignon 2011 sont un ton en dessous, un peu déséquilibrés par un taux d’alcool (naturel) trop élevé. Les temps ont bien changé en trente années et même dans des zones comme celle de l’Europe Centrale, beaucoup de millésimes nous donnent un taux de sucre un peu trop élevé à la vendange…
    Pour ce qui concerne les moelleux, nouvelle grande réussite avec le Gewürztraminer Spätlese 2011 (vendanges tardives) vendangé le 5 octobre. Ses paramètres analytiques sont : 11,1% alcool/vol, 72g/L de sucres résiduels et 5,9‰ d’acidité fixe.
    Bruno a également récolté le 9 décembre, un Ruster Auslese 2011, moelleux issu des cépages Furmint, Pinot Blanc et Welschriesling. Bien qu’un petit peu gêné par le SO2 à ce stade de la  dégustation, il semble tout à fait intéressant et sera à redéguster dans l’été prochain pour confirmation.

    Sympathique réunion d'après dégustation, le vendredi 30 mars 2012 à Rust.De gauche à droite : Peter Schandl, Robert Wenzel ("le Roi des Ruster Ausbruch" qui va fêter cette année ses 80 ans), Bruno Landauer, Marguerite Abergel, Jean-François Ragot et Marta Landauer.

    Le samedi 31 mars, nous avons rendu visite à notre ami et partenaire Georg Lunzer pour déguster les vins de la récolte 2011.
    Comme vous le savez tous, c’est avec lui que nous avons créé en 1997 le fameux Golser Strohwein-Vin de Paille issu à 100% d’un petit vignoble de Cabernet-Sauvignon. Le dernier millésime qui a été produit est le 2008. Nous avons évoqué la possibilité d’en refaire un cette année. Mais ce n’est pas gagné, car c’est un ouvrage particulièrement laborieux, risqué et coûteux.
    Pour ceux qui s’intéressent à ce produit magique, voir également les liens suivants :
    vidéo passerillage des raisins cabernet sauvignon
    news du 6 juin 2007

    Nous avons donc dégusté chez Georg ce 31 mars 2012, un bon Pinot Blanc 2011, fruité, présentant une belle acidité et une touche de minéralité. Georg est reconnu également pour ses Saint Laurent (rouge proche en équilibre du Pinot Noir) ainsi que pour ses Pinots Noirs. Son Saint Laurent 2011 nous offre un nez très fruité, une bouche délicate, précise et d’assez bonne longueur. Le Pinot Noir 2011 quant à lui est tout en finesse, aromatique, harmonieux et marqué par des notes de petits fruits rouges.

    Notre route nous a conduit ensuite vers la région de Tokaj (Hongrie de l’extrême Nord-Est). Durant un séjour d’une semaine, j’ai procédé aux dégustations des vins 2011, 2010, 2009 et 2008. Le prochain millésime de 6 Puttonyos Château Sarospatak est le 2008. Il sera disponible vers la fin de 2012. En matière de Tokaji Muscat vendanges tardives, le millésime 2011 nous a permis de produire 430 litres de vin, issu de raisins vendangés pour une part mi-septembre (vin de base de Muscat) et pour le reste, de grappes aszu récoltées début octobre.
    Le millésime 2011 a été très précoce. Il y a également de belles cuvées d’aszu issues du Furmint. On peut d’ores et déjà dire que ce sera une bonne année, mais avec des quantités réduites.

    Le retour vers l’ouest le week-end de Pâques ne présente pas particulièrement d’intérêt et j’en resterai là pour ce soir.

    Cordialement,
    Jean-François


  • ÉPUISÉ – Golser Strohwein Cabernet-Sauvignon 2008 Domaine Lunzer (0.50L)

    VIN TOTALEMENT ÉPUISÉ SANS PROJET DE NOUVEAU MILLÉSIME A GOLS.

    Le 21 septembre 2008, Georg Lunzer a vendangé le cabernet-sauvignon de son petit vignoble. Les raisins présentent un très bel aspect qualitatif et une saveur franche et délicate. C’est le gage minimum de la réussite de notre futur vin de paille 2008. La richesse des raisins est entre 18.5 et 19 KMW (de 18.5 à 19% de sucre en masse volumique). La quantité totale vendangée est de 3 400 kg.

    Vous pouvez voir ci-dessous le processus d’installation des raisins sur les nattes à base de paille où ils vont tranquillement se dessécher durant au moins quatre mois. Comme vous le savez, c’est une opération délicate et souvent aléatoire. Il est nécessaire d’examiner deux à trois fois par semaine les raisins pendant le premier mois, afin d’éliminer tous ceux qui ne présentent pas une évolution favorable. Il nous arrive de retirer jusqu’à 30% des raisins. Une fois arrivés les premiers froids, le passerillage se poursuit généralement sans encombres.

    Résultat :
    Sur les 3400 kg vendangés le 21 septembre 2008, seuls 2640 kg de raisins cabernet-sauvignon ont été utilisables. Ils ont été pressurés et vinifiés le 5 mars 2009.

    Quantité produite: 500 litres, soit 1000 bt de 0.50L

    Doté d’une belle robe rubis, ce rarissime vin de paille rouge offre une délicieuse, délicate et unique palette aromatique de petits fruits rouges :   framboise, groseille, fraise et airelle.
    Une excellente acidité lui confère fraicheur, équilibre et longueur aromatique.

    Paramètres analytiques :
    Alcool 13.8% vol
    Sucres résiduels 125g/L
    Acidité totale 9.7


  • EPUISE – Golser Strohwein Cabernet Sauvignon 2007 Domaine Lunzer (0.50L)

    GOLSER STROHWEIN CABERNET SAUVIGNON 20072 800 Kg de raisins Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 21 septembre 2007 et mis à « passeriller » dans les greniers de Georg Lunzer jusqu’au 10 janvier 2008, date à laquelle ils ont été pressurés et vinifiés.

    La richesse du moût au pressurage était alors de 33 KMW (33 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 11.8 %vol
    Sucres résiduels : 192.7 gr/litre
    Acidité totale  : 11.1‰.

    Doté d’une chatoyante robe corail, très claire, ce rarissime vin de paille offre une exquise palette aromatique de petits fruits rouges (airelles, framboises, fraises et groseilles).
    Une remarquable acidité lui confère un grand équilibre, beaucoup de fraîcheur et longueur infinie…
    Vin totalement unique en son genre.

    Quantité produite : 550 litres.


  • Golser Strohwein 1997 Domaine Lunzer (0.50L)

    GOLSER STROHWEIN 1997

    Sucres résiduels : 105 grammes/litre
    Acidité : 6,5‰
    Alcool : 12,3% /vol.

    Ce vin est issu des cépages Gewürtztraminer, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Neuburger et Frühroterveltliner (alias Malvoisie). Ils ont été pressurés après cinq mois de séchage sur lit de paille fin février 1998.
    Production totale : 1300 bouteille de 0.50 L.

    Très belle robe or vert soutenu, brillante, limpide.
    Nez aromatique, complexe, sur les fruits confits, floral, mentholé.
    En bouche très équilibré, et harmonieux. Grande garde.


  • ÉPUISÉ – Golser Strohwein Rheinriesling 2000 Domaine Lunzer (0.50L)

    GOLSER STROHWEIN RHEINRIESLING 2000

    Il y a bien longtemps que nous espérions réaliser un grand vin de paille issu à 100% du cépage Riesling.
    L’historique millésime 2000 nous en a fourni l’opportunité.
    Elle n’est probablement prête de se renouveler…
    1950 Kg de Riesling vendangés à pleine maturité le 31 août 2000 ont été mis à « passeriller » sur lit de paille durant 5 mois et pressurés le 15 janvier 2001.
    La quantité produite de cette absolue rareté est de 400 litres, soit 800 bouteilles de 0,5 L.
    Les vins ont été embouteillés au mois d’août 2001.

    Éléments analytiques :
    35 kmw (35% de sucres en masse volumique) au moment du pressurage.
    Alcool : 12,1 % vol
    Sucres résiduels : 200 g/L
    Acidité totale : 9,6 ‰

    Robe claire, brillante, lumineuse à reflets verts. A ce stade (novembre 2001) le nez présente des arômes d’agrumes confits avec des notes résinées et minérales.
    La bouche est très riche, avec des arômes terpéniques d’une grande persistance.
    Ce vin est encore très loin de son équilibre final.
    Il est certainement appelé à une très longue évolution. La garde prévisible est de plusieurs dizaines d’années.

    Il s’agit d’un produit unique que nous ne sommes probablement pas prêts de reproduire…


  • Ruster Strohwein Furmint 1997 Domaine Landauer (0.375L)

    RUSTER STROHWEIN FURMINT 1997

    Vendangés le 24 octobre 1997, 2900 kg de raisins ont été mis à passeriller à la fois sur lit de paille et suspendus durant 4 mois (cliquez sur ce lien). Quantité produite: 650 litres, soit 1700 bouteilles de 0,375 l.
    Richesse du moût pressuré : 26°KMW.
    Sucres résiduels : 81 grammes/litre
    Alcool : 12,8% alc/vol
    Acidité totale : 6,8 ‰

    Fermentation et élevage en cuve inox.

    Véritable cristal. Grande garde.
    Il reste à notre connaissance l’unique vin de paille élaboré à Rust et qui plus est à partir du cépage Furmint.

    Cliquez ici pour accéder à notre dossier Vin de Paille / Strohwein.


  • EPUISE – Golser Strohwein Cabernet-Sauvignon 2003 Domaine Lunzer (0.50L)

    GOLSER STROHWEIN CABERNET SAUVIGNON 2003

    • 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).

    • Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).

    • Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW (35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 11.7 %vol
    sucres résiduels : 211.8 gr/litre
    acidité fixe : 8.7‰.

    • La robe est rubis-corail. Beaucoup de fraicheur en bouche grâce à une acidité très satisfaisante, qui équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.

  • EPUISE – Golser Strohwein Cabernet-Sauvignon 2006 Domaine Lunzer

    GOLSER STROHWEIN CABERNET SAUVIGNON 20062500 kg de raisins cabernet-sauvignon ont été vendangés le 28 septembre 2006 et mis à « passeriller » dans les greniers de Georg Lunzer jusqu’au 18 mars 2007, date à laquelle ils ont été pressurés et vinifiés.
    La richesse du moût était alors de 32.5 KMW (32.5 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 10.5 %vol
    Sucres résiduels : 202 gr/litre
    Acidité totale  : 9.1‰.

    Doté d’une robe rubis profonde, ce rarissime vin de paille offre une délicieuse, délicate et unique palette aromatique de petits fruits rouges.
    Une bonne acidité lui confère fraîcheur, équilibre et longueur.
    Vin totalement unique en son genre.

    Quantité produite : 380 litres.


  • Vin du Mois : Vin de paille du Burgenland autrichien

    Vin du mois : Janvier 2009

    « Les joyaux de la Couronne »
    Spécial Vin de Paille

     

    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », il ne s’agit pas d’une tradition de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de «Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa (pourriture noble).

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une quantité minimum de sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).

     Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. (Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les «simili» vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes… (Ils sont légion, un peu partout dans le monde, y compris, hélas, en France…)

    Passerillage du Furmint, avec les deux procédés classiques. Photo du 26 octobre 1997 à Rust (Burgenland - Autriche)
    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l'élaboration d'un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V...

    Avec notre ami et partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis le milieu de années 90 quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000 .

    Avec Bruno Landauer à Rust, nous avons réalisé un seul et unique vin de paille en 1997 à partir de 100% du cépage Furmint (le cépage du Tokaji). C’est donc une rareté absolue. A ma connaissance, il n’a jamais été produit de vin de paille à Rust et encore moins à partir du Furmint.

    RUSTER STROHWEIN FURMINT 1997 (DOMAINE BRUNO LANDAUER)

    Vendangés le 24 octobre 1997, 2900 kg de raisins ont été mis à passeriller à la fois sur lit de paille et suspendus durant 4 mois. Quantité produite: 650 litres, soit 1700 bouteilles de 0,375 l.
    Richesse du moût pressuré: 26°KMW.
    81 grammes de sucres résiduels par litre
    12,8% alc/vol
    6,8 pour mille d’acidité totale. Fermentation et élevage en cuve inox.

    Vin d’une infinie délicatesse, un véritable cristal. Grande garde.

    Une grappe de Furmint.

    GOLSER STROHWEIN RHEINRIESLING 2000

    Il y a bien longtemps que nous espérions réaliser un grand vin de paille issu à 100% du cépage Riesling.
    L’historique millésime 2000 nous en a fourni l’opportunité.
    Elle n’est probablement prête de se renouveler…
    1950 Kg de Riesling vendangés à pleine maturité le 31 août 2000 ont été mis à « passeriller » sur lit de paille durant 5 mois et pressurés le 15 janvier 2001.
    La quantité produite de cette absolue rareté est de 400 litres, soit 800 bouteilles de 0,5 L.
    Les vins ont été embouteillés au mois d’août 2001.

    Éléments analytiques :
    35 kmw (35% de sucres en masse volumique) au moment du pressurage.
    Alcool : 12,1 % vol
    Sucres résiduels : 200 g/L
    Acidité totale : 9,6 ‰

    Robe vieil or, brillante, lumineuse à reflets verts. Le nez présente des arômes d’agrumes confits avec des notes résinées et minérales.
    La bouche est très riche, avec des arômes terpéniques d’une grande persistance.
    Ce vin approche lentement de son équilibre final.
    Il est certainement appelé à une très longue évolution.

    GOLSER STROHWEIN « Cuvée » 1997

    Ce vin possède
    105 grammes de sucres résiduels par litre,
    une acidité de 6,5‰,
    et 12,3% d’Alc/vol.

    Ce vin est issu des cépages Gewürtztraminer, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Neuburger et Frühroterveltliner (alias Malvoisie). Ils ont été pressurés après cinq mois de séchage sur lit de paille fin février 1998.
    Production totale : 1300 bouteille de 0.50 L.

    Très belle robe vieil or à reflets verts soutenus, brillante, limpide.
    Nez aromatique, complexe, sur les fruits confits, floral, mentholé.
    En bouche très équilibré, et harmonieux. Grande garde.

     

     

     

     

     

    GOLSER STROHWEIN CABERNET SAUVIGNON 2006

    2500 kg de raisins cabernet-sauvignon ont été vendangés le 28 septembre 2006 et mis à « passeriller » dans les greniers de Georg Lunzer jusqu’au 18 mars 2007, date à laquelle ils ont été pressurés et vinifiés.
    La richesse du moût était alors de 32.5 KMW (32.5 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Éléments analytiques :
    Alcool : 10.5 %vol
    Sucres résiduels : 202 gr/litre
    Acidité totale : 9.1‰.

     Doté d’une robe rubis profonde, ce rarissime vin de paille offre une délicieuse, délicate et unique palette aromatique de petits fruits rouges.
    Une bonne acidité lui confère fraîcheur, équilibre et longueur.
    Vin totalement unique en son genre.

     Quantité produite : 380 litres.

     

     

     

     

     

     

     

    Afin de bien débuter cette nouvelle année 2009, nous avons décidé d’ouvrir notre vinothèque et de vous proposer une offre spéciale abordable de ces quatre vins qui sont de véritables chef d’œuvre œnologiques.


  • News 8 Octobre 2008

    Orlienas, le 8 octobre 2008,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Les « dernières » de Gols (Burgenland – Autriche)
    Le futur Golser Strohwein (vin de paille) Cabernet-Sauvignon 2008

    Le 21 septembre, Georg Lunzer a vendangé le cabernet-sauvignon de son petit vignoble. Les raisins présentent un très bel aspect qualitatif et une saveur franche et délicate. C’est le gage minimum de la réussite de notre futur vin de paille 2008. La richesse des raisins est t entre 18.5 et 19 KMW (de 18.5 à 19% de sucre en masse volumique). La quantité totale vendangée est de 3 400 Kg.

    Vous pouvez voir ci-dessous le processus d’installation des raisins sur les nattes à base de paille où les raisins vont tranquillement se dessécher durant au moins quatre mois. Comme vous le savez, c’est une opération délicate et souvent aléatoire. Il est nécessaire d’examiner deux à trois fois par semaine les raisins pendant le premier mois, afin d’éliminer tous ceux qui ne présentent pas une évolution favorable. Il nous arrive de retirer jusqu’à 30% des raisins. Une fois arrivés les premiers froids, le passerillage se poursuit généralement sans encombres.

    N’oubliez pas de consulter notre Vin du Mois « Cap au Sud (Puglia – Italie) »

    Œnophiles salutations,
    Jean-François RAGOT


  • News 6 Mai 2008

    Posté dans par admin

    Orlienas, le 6 mai 2008,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Dernière news de mon compte-rendu de voyage du mois d’avril. Pour ceux qui veulent accéder aux deux derniers compte-rendus d’avril : news avril 2008.
    D’autre part, le vin du mois (Mai 2008) est en ligne depuis cet après-midi avec un dossier sur le Porto.

    Revenons à notre ultime compte-rendu de voyage.
    Dernier élément sur l’Italie avec une petite visite à mon vieil ami Gianluca Viberti. Je connais ce garçon depuis début 1993. Il a repris la culture et la vinification du domaine familial et produit de merveilleux Barolo grand cru, qui régalent nos clients depuis le millésime 1989. J’ai dégusté le Barolo Bricco delle Viole 2003 qui fera date dans les grands millésimes du domaine.

    Gianluca Viberti et Jean-François Ragot le samedi 5 avril 2008 à Verona.

    Lundi 7 avril a été consacré à la route pour rejoindre Rust dans le Burgenland autrichien, étape traditionnelle vers la lointaine Tokaj. A tout seigneur, tout honneur avec la dégustation de la cave de Bruno Landauer.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Dégustation/sélection chez Bruno Landauer le 7 avril 2008.

    Comme d’habitude, tous les blancs secs sont excellents ! J’ai remarqué toutefois, un délicieux Pinot Blanc (Weissburgunder) 2007 concentré, fruité, minéral, élégant et en conclusion fort bien équilibré. (Alcool 13.5%, acidité 6.3‰) Comme j’ai eu l’occasion de vous le dire de nombreuses fois, le Pinot Blanc peut être remarquable dans cette région de l’Europe. Il vous sera proposé prochainement. Dans les rouges, j’ai été très impressionné par la cuvée Prestige Urbarial 2006 composé à partir de 50% de Zweigelt, 40% Merlot et 10% Pinot Noir. Nous aurons l’occasion d’en reparler prochainement. Dans les liquoreux de pourriture noble, le Beerenauslese 2007 (Furmint 50%, Welschriesling 50%) est éclatant de fruité ! Très bon Beerenauslese 2006 (50% Pinot Blanc, 50% Welschriesling). Bref ! J’ai résumé un peu rapidement, mais tout est bon.
    Mardi 8 avril, dégustation chez notre ami Georg Lunzer. Très bons blancs secs 2007 également avec un Welschriesling présentant d’étonnant arômes d’agrumes verts. Un vin de soif de 11 % d’alcool/ vol comme on ne trouve hélas pas ou plus en France depuis longtemps. Les rouges 2007 sont particulièrement bien constitués (Sankt Laurent et Zweigelt). Le clou du spectacle revenait bien sûr à la dégustation du Strohwein-vin de paille Cabernet-Sauvignon 2007 (550 litres) dont je ne peux m’empêcher de vous présenter en avant-première la délicate robe rubis. Nous le mettrons en bouteille vers le mois d’octobre, car rien ne presse cette année.

    Strohwein vin de paille Cabernet-Sauvignon 2007. Georg Lunzer.

    Pour terminer, un petit mot sur Tokaj où je suis resté cinq jours. J’en ai profité pour « finaliser » notre cuvée de Château Sarospatak 6 Puttonyos 2002 qui prendra la suite du 6 Puttonyos 1999. A noter également, une grande satisfaction pour notre cuvée Château Sarospatak Muscat vendanges tardives 2007. Avec ce millésime, nous allons enfin arriver à une récolte quasi normale (environ 10HL pour un peu plus d’un Ha…). Je vous parlerai ultérieurement plus longuement de Tokaj.

    Je serai en déplacement en Afrique du Sud, du 8 au 19 avril. J’aurais certainement beaucoup de choses à vous dire à mon retour. La prochaine mise-à-jour du site est prévue pour le mercredi 21 mai.

    Amicales et œnophiles salutations,
    Jean-François Ragot


  • News 6 Juin 2007

    Posté dans par admin

    Orlienas, le 6 juin 2007

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    A peine revenu d’Afrique du Sud, je ne sais plus où donner de la tête ! Des nouvelles importantes cette fois-ci :
    Et d’abord puisque nous parlons de l’Afrique du Sud, à tout seigneur, tout honneur !

    Klein Constantia – VIN DE CONSTANCE 2002 (0.50l)

    La politique de lancement des millésimes a lentement évoluée au domaine de Klein Constantia, ce qui entraine un « retard » dans leur mise à disposition.
    Rassurez-vous, le millésime 2002 est arrivé en ce début du mois de juin et nous attendons vos commandes ! Dans l’attente d’une augmentation des prix annoncée par le domaine à partir de l’automne, nous avons pu maintenir un prix inchangé depuis six ans.

    Éléments analytiques :
    Avec 158 grammes de sucre résiduel, 13 % d’alcool et 6.70 ‰, ce seizième millésime particulièrement équilibré et savoureux réjouira les amateurs et les collectionneurs.

    Le Vin de Constance 2002 vous est proposé ce mois de juin en VIN du MOIS.

    Revenons à l’Europe, pour signaler la disponibilité du

    AUTRICHE-BURGENLAND
    GOLSER STROHWEIN (VIN DE PAILLE)
    CABERNET SAUVIGNON 2006 (0.50L)
    GEORG LUNZER

    Ce type de vin nous a vraiment donné beaucoup de soucis et il devient probablement le produit le plus « complexe » de notre gamme… Après le remarquable millésime 2003, il y a eu le calamiteux 2004 qui n’a pu être mis en circulation. En 2005, il n’a pas été possible d’élaborer ce vin. C’est donc avec grande impatience que nous attendions le 2006.
    Il est enfin prêt ! Vous pouvez voir une vidéo montrant les raisins de cabernet-sauvignon en train de passeriller dans le grenier de Georg Lunzer le 30 octobre 2006.
    Les raisins ont été vendangés le 28 septembre 2006 pour une quantité de 2500 kgs.
    Sachez qu’il a fallu éliminer au mois de novembre environ 30 % des raisins qui s’étaient détériorés suite à un mois d’octobre très chaud.
    La suite du processus de séchage s’est bien déroulée durant presque six mois, jusqu’au 18 Mars 2007, date à laquelle les raisins ont été pressurés et vinifiés.

    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007
    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007

    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007
    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007

    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007
    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007

    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007
    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007

    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007
    Pressurage du Cabernet-Sauvignon Vin de Paille le 18 mars 2007

    Doté d’une robe grenat profonde, ce rarissime, pour ne pas dire unique, vin de paille offre une délicieuse et délicate palette aromatique de petits fruits rouges (fraise, framboise, groseille…).
    Une bonne acidité lui confère fraicheur, équilibre et longueur.

    Paramètres analytiques :
    Quantité produite: 380 litres .
    Alcool: 10.5% vol.
    Sucres résiduels: 202 gr/l.
    Acidité totale: 9.1 ‰.

    Il faut considérer ce produit comme une création qui démontre, si besoin était, que rien n’est figé dans notre monde du vin.
    Je souris toujours quand on me parle de rareté en évoquant le Château d’Yquem. Pour en être excellent, ce vin n’en est pas moins produit pratiquement chaque année à la quantité d’environ 90 000 bouteilles…
    Pour notre vin de paille rouge de cabernet sauvignon, on peut parler de 750 bouteilles de 0.50l…

    Sincères salutations œnophiles,
    Jean-François RAGOT


  • News Septembre 2005

    Cher(e) ami(e) œnophile, cher(e) client(e),

    En cette reprise d’activité après une coupure estivale bien méritée, nous revenons vers vous pour vous remercier du grand intérêt que vous nous avez témoigner au mois de juin à l’occasion des vingt ans de Dionis.
    Certains parmi vous, nous ont gentiment reprocher de célébrer cette anniversaire juste avant les vacances, mais on ne choisit pas toujours sa date de naissance… Qu’ils se rassurent, nous avons l’intention d’organiser d’autres manifestations œnologiques au cours des mois à venir.
    Comme c’est devenu traditionnel en France depuis une quinzaine d’années, nous allons sacrifier également à notre manière au rituel des Foires d’Automne.

    Tout d’abord, quelques nouvelles d’Europe centrale où j’ai passé une partie de l’été.
    Vous avez certainement pris connaissance dans les médias des conditions météorologiques très difficiles en Europe orientale, particulièrement en Roumanie et en République de Moldavie.
    Dans les Carpates du sud et surtout dans la zone de Dealu-mare, jusqu’à 80% de la récolte a été perdue. En Moldavie roumaine, on peut estimer à Cotnari des pertes allant de 25% pour les vignobles les mieux soignés, à 70% pour les autres. Un temps sec s’est établit pour une quinzaine de jours à partir de fin août, mais dès la mi-septembre il faut déplorer de nouvelles précipitations malencontreuses. Nous vous tiendrons informés en novembre de la qualité probable du millésime 2005.
    Pour ce qui concerne la zone de Tokaj, les mois de juillet et août ont été relativement humides, avec des précipitations régulières et un taux moyen d’hygrométrie élevé. Ceci a entraîné le développement de foyers de pourriture grise. Heureusement un temps sec et assez chaud s’est mis en place à partir du 29 août. Trois semaines après, les conditions sont devenues très bonnes pour les vignobles où les rendements sont modérés.
    Si ces conditions favorables se poursuivent comme on peut l’espérer sur la deuxième quinzaine de septembre et le mois d’octobre, un bon, voire un grand millésime n’est plus à exclure.

    Foire d’automne 2005

    Pour cette foire d’automne 2005 nous espérons vous faire plaisir en vous proposant une promotion sur une sélection de nouveautés et de grands vins de la Collection des Vins mythiques et légendaires de Dionis , des valeurs sûres à déguster immédiatement ou à garder en cave en vue de moments privilégiés.

     

    Nouveautés… Nouveautés… Nouveautés…

    VESEVO TAURASI DOCG 2000
    Campanie- Italie

    Après l’excellent millésime 1998 rapidement épuisé, nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement du millésime 2000.

    Nous vous rappelons que le Taurasi est une appellation DOCG de Campanie, produite sur des sols volcaniques à une centaine de kilomètres à l’est de Naples.

    Vignoble de vieilles vignes de 30 ans de la « Terra di Venticano ».

    Cépage : Aglianico 100%

    Elevage : une année en barrique de chêne français et une année en foudre de chêne de Slavonie.

    Très proche du millésime 1998, c’est un grand vin à la robe pourpre sans évolution, au bouquet intense de fruits rouges et d’épices.

    La bouche est ample, riche, sur des notes de café, cacao et fruits rouges macérés.

    Les tannins sont bien présents mais très mûrs.

    Vin de grand plaisir promis à une bonne garde d’une dizaine d’années .

     

     

     

    GOLSER SANKT LAURENT 2004
    Georg Lunzer – Burgenland –Autriche

    Provenant peut-être d’une mutation du Pinot noir (cépage génétiquement instable), le Sankt Laurent a été identifié autrefois en Alsace. Il n’est de nos jours, plus cultivé qu’en basse Autriche et dans le Burgenland.

    Cette cuvée de 2004 de Sankt Laurent présente une robe pourpre très sombre.

    La bouche est concentrée, marquée par les petits fruits rouges. C’est aromatique, original, typé.

    Ce vin présente un taux d’alcool naturel de 14%, gage d’une excellente maturité du raisin. Proche du Pinot noir, il est à boire dans les trois ans sur son fruit .

    Les valeurs sûres … Les valeurs sûres …

     

     

    MIDDELVLEI SHIRAZ 2001
    ( W.O Stellenbosch)

    Rappel lettre de Mars 2004

    Grand Domaine de 130 ha appartenant à la famille Momberg, sa production de Shiraz (Syrah) est particulièrement estimable. Le millésime 2001 a permis d’élaborer un vin puissant mais pas trop alcoolisé (13,1%).

    D’une belle robe grenat, il offre une palette d’arômes de fruits noirs et d’épices particulièrement savoureuse, avec un boisé d’élevage bien intégré.

    Il plaira tout particulièrement aux amateurs de Côtes du Rhône nord qui retrouveront une expression originale de leur cépage favori.

     

     

     

     

     

     

     

     

    KLEIN CONSTANTIA CHARDONNAY 2003
    (w.o Constantia – Afrique du sud)

    Rappel lettre de Décembre 2004

    Provenant des même terroirs que le Rhineriesling à une altitude de 250 mètres au dessus du niveau de la mer, le millésime 2003 a bénéficié de conditions climatiques optimales, qui ont permis d’obtenir une lente maturation des raisins .

    Fermenté pour partie en cuve inox et pour le reste dans le bois, le vin a été élevé pendant huit mois en barriques françaises (60% neuves).

    La robe or clair est limpide et brillante.

    Le nez présente des arômes typés des grands vins blancs bourguignons (beurré et grillé).

    La bouche est ample et équilibrée avec une finale fraîche et minérale. Bonne garde prévisible.

    QUINTA DOS ROQUES ENCRUZADO 2001
    APPELLATION DAÕ- PORTUGAL

     

    Un blanc typé du cépage Encruzado 100% (cépage indigène du nord du Portugal).

    Il présente une jolie puissance aromatique sur les fruits blancs très mûrs et légèrement citronnés. La finale sur une acidité toute en finesse, apporte équilibre et fraîcheur.

    DINSTLGUT LOIBEN
    RIESLING SANKT QUIRIN 2004

     

    Rappel lettre de juin 2005

    Sur 1350 hectares de vignes plantées sur les coteaux agrestes dominant le Danube, la Wachau offre très certainement un des plus charmants paysages viticoles d’Autriche et même d’Europe.
    Grâce à des conditions climatiques nettement plus fraîches que celles qui règnent dans la région pannonienne dont fait partie le Burgenland, la Wachau produit certainement les vins blancs secs les plus fins et les plus fruités d’Autriche. Ses terroirs sont caractérisés par des formations rocheuses primitives, composées de Gneiss ferrugineux, de granit et de schistes.

    Vin très fruité, marqué par une bonne acidité revigorante, faisant ressortir la minéralité due au terroir.

    A boire le soir à l’apéritif ou sur un poisson blanc de lac ou de rivière.

    GOLSER STROHWEIN 2003
    CABERNET SAUVIGNON « VIN DE PAILLE »

     

    1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).

    Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW(35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 11.7 %vol
    Sucres résiduels : 211.8 gr/litre
    Acidité fixe : 8.7% 0.

    La robe est rubis-corail . Ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges est remarquablement équilibré. La persistance aromatique est excellente.

    Produit sans équivalent dont nous ne pouvons garantir la pérennité de production dans les années à venir. Les risques liés à la vinification de ce type de vins sont considérables.

    TOKAJI ASZU 6 PUTTONYOS 1999
    Château Sarospatak

     

    160 g/l. de sucre résiduels et 12% d’alcool vol.

    Robe or vert profond, limpide et brillante.
    Nez d’une belle intensité marqué par des arômes de passerillage, de fruits blancs et exotiques frais.
    Bouche explosive avec un exceptionnel équilibre entre les sucres résiduels et une splendide acidité.
    Immense persistance aromatique. Probablement le plus grand millésime de la nouvelle génération des Tokaji. Un vin d’anthologie.

    NECTAR DE SAMOS 2000
    Vin naturellement doux

     

    Nous tenons là le « prototype » même du Vin Mythologique du bassin méditerranéen, obéissant à une tradition antique qui consistait à exposer au soleil les grappes fraîchement vendangées à pleine maturité, afin d’en concentrer les sucres et les extraits.

    L’aire d’appellation couvre environ 150 hectares. Les meilleures vignes sont cultivées en terrasse sur des coteaux abrupts à une altitude pouvant atteindre 800 mètres.

    Le Nectar est quant à lui issu des meilleurs terroirs en terrasse à une altitude élevée, favorisant une lente et régulière maturation, préservant la conservation des arômes et de l’acidité, qui sont à la base de l’équilibre d’un grand liquoreux. Les vendanges peuvent se produire pour certains sites jusqu’à la fin du mois d’octobre. Les grappes, provenant exclusivement du Muscat à petits grains, sont exposés au soleil sur des nattes pendant au moins 8 jours, ce qui accélère fortement leur déshydratation ou passerillage. Les raisins sont ensuite pressurés dans des pressoirs pneumatiques. Le moût est mis à fermenter dans des cuves inox à températures contrôlées d’environ 17°C. Lorsque les fermentations commencent à faiblir, le vin est refroidi, légèrement sulfité et transféré dans des barriques d’élevage de chêne.

    Alcool : 14 %Vol, acidité : 5,2 pour mille, 150 grammes par litre de sucres résiduels .

    La robe est or clair, soutenu, limpide, dense, brillante.
    Le nez est riche, fin, complexe, élégant.
    Le côté variétal, exotique du Muscat à petits grains est peu marqué, gommé en quelque sorte par la noblesse du terroir et la complexité des arômes issus d’un élevage très soigné. On est sur la figue, la noisette, le raisin de Corinthe, avec une touche de miel et de tabac blond.

     

    Bonnes dégustations et sincères salutations oenophiles
    Jean-François RAGOT

     

     

    Communication de l’offre spéciale « Foire d’automne »
    valable jusqu’au 10 Octobre 2005 sur simple demande.


  • News 10 Mai 2004

    Posté dans par admin

    Orliénas le 10 Mai 2004

    Cher(e) ami (e) œnophile,

    Je profite d’une légère accalmie dans mes préparatifs de voyage en Afrique australe pour vous adresser quelques nouvelles de nos activités.
    Cet hiver a été marqué par la morosité ambiante.

     

    Vous avez dit Crise ?

    Dans la foulée du ralentissement général de l’après 11 septembre 2001, le mot «Crise» est sur toutes les lèvres de la filière vin.

    La douche est particulièrement «froide» dans le petit monde du vin français.

    Après avoir cru dans le dogme intangible, selon lequel le vin français est le meilleur du monde, les vignerons hexagonaux se réveillent avec une méchante gueule de bois. L’érosion des ventes sur le marché intérieur, due à une forte diminution de la consommation (effet Sarkozy et loi Evin) est particulièrement brutale. On observe une chute de la consommation du vin dans la restauration de l’ordre de 20%. La situation des ventes de vins français sur le marché international, est encore plus préoccupante. En 2003, la baisse est de 9% sur les AOC. Nous ne disposons pas encore des chiffres pour les 4 premiers mois de 2004, mais c’est une tendance lourde qui s’accentue…

    Le constat est sans appel : on a fait «pisser la vigne» sans vergogne, les rendements excessifs ayant pour corollaire la sinistre chaptalisation, sans modération aucune, celle là…

    Il est de notoriété également, que les commissions d’agrément des AOC, ne sont souvent que des «pantalonnades» où se traitent les agréments de copinages, sans oublier l’agrément social : «Ah le pauvre ! il a quatre enfants, vous ne pouvez pas lui déclasser sa récolte…»

    Bref, les faits sont têtus et les résultats sont là : 20% des AOC sont à la limite de l’imbuvable, et 30 % à la limite de la grande médiocrité. C’est beaucoup pour un pays qui s’honore de produire les plus grands vins du monde.

    Toutefois, au moment où j’écris ces lignes, une lueur d’espoir apparaît :

    Une grande réforme des AOC est en discussion. Monsieur René Renou, Président du comité vins de l’INAO pense qu’il faut réécrire les décrets, jugés «trop souvent incomplets et peu lisibles»…

    L’INAO veut instaurer une plus grande transparence sur «les pratiques œnologiques, l’encépagement, les règles de présentation et d’étiquetage, les rendements (des vignes), les pratiques environnementales…».

    Bref, on envisagerait de créer de nouvelles catégories d’AOC, les AOCE (Appellations d’Origine Contrôlée d’Excellence), un peu comme en Italie : les DOCG (appellation garantie) par rapport aux simples appellations DOC.

    M. Renou se dit «prêt à débattre de tout !» .

    C’est bien ! mais c’est toute une mentalité profonde qui est à reconsidérer, avec des révisions déchirantes à la clef…

    La crise touche également nos voisins européens et la morosité n’a pas manqué de planer sur le salon international VINITALY de Vérone des 1, 2, 3, 4 et 5 avril dernier.

    Dans le même temps, les pays du nouveau monde et particulièrement l’Australie, le Chili et l’Argentine continuent à conquérir des parts de marché…

    Restons en là avec les motifs d’inquiétude et de morosité et parions résolument sur l’avenir en poursuivant avec ardeur notre quête de l’esthétique œnologique avec des vignerons respectueux de nos attentes.

     

    Nos récentes découvertes

    Mon voyage de Mars-Avril 2004 en Europe Centrale et Italie du Nord laisse augurer de nouvelles spécialités remarquables chez nos partenaires autrichiens de toujours et chez quelques nouveaux partenaires italiens.

    J’ai fréquenté l’Italie régulièrement depuis ma plus tendre jeunesse, ainsi, les noms de Bardolino, Valpolicella, et autres Soave, m’ont toujours été familiers. Toutefois, le niveau qualitatif de ces vins m’est longtemps apparu insuffisant. La majeure partie de la production était entre les mains de quelques très grandes caves qui ont toujours favorisé la quantité à la qualité. Nous constatons depuis une dizaine d’années l’émergence de petits et moyens Domaines qui ont un souci affirmé du rapport qualité/prix.

     

    Parmi eux, j’aimerais attirer votre oenophile attention sur le Domaine Guerrieri Rizzardi, admirablement situé à Bardolino, près du Lac de Garde.

    Fondé à la fin du XVIII ème siècle, ce domaine de 80 hectares, appartient à la famille des Comtes Rizzardi.

    L’encépagement, presque entièrement composé de variétés indigènes, apporte aux vins une originalité remarquable.

     

    AMARONE DE LA VALPOLICELLA

    Le secret de ce vin hors normes réside dans le passerillage (séchage sur lits de paille ou claies) des raisins autochtones de la région : Corvinone, Rondinella, auxquels s’ajoutent un peu de Sangiovese et de Barbera.

    La grappe parfaitement saine et mûre à la récolte ne doit souffrir d’aucun défaut. La moindre détérioration au cours du passerillage entraîne son élimination. La durée du processus est d’au moins trois mois avec une perte de volume de 50% à 75%. Il est à noter que des Amarone à « petits prix » sont élaborés grâce à un séchage des raisins en 3 jours dans des étuves munies de ventilateurs…(No comment !)

    Au cours du processus de passerillage, on obtient une concentration des extraits secs, du sucre et de l’acidité.

    La différence entre un vin de paille classique (Recioto) et un Amarone est la poursuite de la fermentation après le pressurage jusqu’à l’obtention d’un vin complètement sec.

    Le vin peut atteindre parfois 16% vol d’alcool !

    La durée d’élevage est de deux à trois ans en foudre.

    Il s’agit d’un rouge d’exception, doté d’une grande longévité et réservé aux grandes occasions : à consommer toutefois avec modération.

     

    AMARONE DOC CLASSICO 1997 : GUERRIERI RIZZARDI

    Date de la vendange : 25 septembre 1997.

    Cépages : Corvinone, Rondinella, Sangiovese et Barbera.

    Durée de séchage des raisins : quatre mois dans des caissettes de bois fruitiers à claire-voie.

    Fermentation des moûts : en foudres de 50 hectos.

    Elevage de trois années en barriques de chêne slovène et français de 25 et 18 hectos.

    Quantité produite : 11800 bouteilles.

    Durée de conservation : 25 ans minimum.

    La robe du vin est magnifique, grenat avec traces d’évolution. Le bouquet est très complexe, floral, épicé, balsamique. La bouche se révèle redoutablement puissante, extrêmement typée, structurée et de grande longueur.

    Un des plus grands vins rouges du monde dans sa catégorie.

     

    BARDOLINO DOC CLASSICO 2003 : CRU TACCHETTO

    Surface du cru : 3,5 hectares à l’ouest de Vérone près du Lac de Garde.

    Cépages : Corvina, Rondinella et Sangiovese.

    Date de vendange : du 19 au 25 septembre 2003.

    Fermentation et élevage en cuve inox.

    Degré d’alcool : 12%vol

    Robe rubis, brillante. Bouquet caractéristique de cerises et d’épices doux.

    Bien que présentant une certaine structure, la bouche est coulante et très fruitée. Idéal vin d’été.

     

    VALPOLICCELLA DOC CLASSICO : SUPERIORE 2002

    Origine : commune de Negrar au nord ouest de Verone.

    Cépages : Corvina gentile, Corvinone, Molinara, Rondinella, Negrara, Barbera.

    Degré d’alcool : 12.5% vol.

    Elevage en foudres de chêne slovène et français.

    Robe rubis intense. Vin aromatique, fruité, équilibré et de bonne longueur.

    Il était considéré au XIX ème siècle comme le meilleur vin d’Italie.

     

    SOAVE DOC CLASSICO 2003 : GUERRIERI RIZZARDI

    La zone d’appellation Soave est située à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Verone.

    Les vignes sont plantées sur des collines volcaniques exposées au midi.

    L’encépagement du vignoble se partage entre le Garganega et le Trebbiano di Soave, plus un peu de Chardonnay.

    Le Garganega est un cépage original et intéressant qui donne le meilleur de lui-même sur le terroir volcanique de Soave, lorsqu’il est bien vinifié.

    Le millésime 2003 qui vient d’être mis en bouteille est élaboré à 95% à partir du Garganega.

    La robe est pâle. Le vin très fruité est doté d’une bonne consistance et d’une finale rafraîchissante.

    Bon vin d’été.

     

    GOLSER STROHWEIN « VIN DE PAILLE » :
    CABERNET SAUVIGNON 2003 G. LUNZER

    Faisant route vers la Hongrie, je suis passé lundi matin 22 mars chez Georg Lunzer à Gols, afin de voir où en était le « bébé ».
    L’examen est très satisfaisant !

    Pour résumer :
    • 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).
    • Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).
    • Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW (35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 11.7 %vol
    Sucres résiduels : 211.8 gr/litre
    Acidité fixe : 8.7%0.

    • La robe est superbe (rubis-corail). Le vin fermente encore un peu mais il sera filtré demain et ainsi stabilisé. Il se révèle très riche à la dégustation, probablement supérieur encore à l’excellent millésime 2002. L’acidité est très satisfaisante et équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.

    • Le vin sera livrable autour du 15 juin 2004.

    La quantité totale de ce précieux nectar ne devrait pas dépasser 600 bouteilles. Comme pour les millésimes précédents les plus prompts à réagir seront servis.

     

    Domaine "cape point vineyard" (Constantia) Mai 2004
    Le vignoble de l'Avenir STELLENBOSCH Afrique du Sud
    Journée d'automne à Constantia
    Ultime vendange du vin de Constance en Mai 2004 (Constantia - Afrique du Sud)

     

     

     

    Orliénas le 10/05/04

    Cher(e) ami (e) oenophile,
    Je profite d’une légère accalmie dans mes préparatifs de voyage en Afrique australe pour vous adresser quelques nouvelles de nos activités.
    Cet hiver a été marqué par la morosité ambiante.

    Vous avez dit Crise ?

    Dans la foulée du ralentissement général de l’après 11 septembre 2001, le mot « Crise » est sur toutes les lèvres de la filière vin.
    La douche est particulièrement « froide » dans le petit monde du vin français.
    Après avoir cru dans le dogme intangible, selon lequel le vin français est le meilleur du monde, les vignerons hexagonaux se réveillent avec une méchante gueule de bois. L’érosion des ventes sur le marché intérieur, due à une forte diminution de la consommation (effet Sarkozy et loi Evin) est particulièrement brutale. On observe une chute de la consommation du vin dans la restauration de l’ordre de 20%. La situation des ventes de vins français sur le marché international, est encore plus préoccupante. En 2003, la baisse est de 9% sur les AOC. Nous ne disposons pas encore des chiffres pour les 4 premiers mois de 2004, mais c’est une tendance lourde qui s’accentue…
    Le constat est sans appel : on a fait « pisser la vigne » sans vergogne, les rendements excessifs ayant pour corollaire la sinistre chaptalisation, sans modération aucune, celle là…
    Il est de notoriété également, que les commissions d’agrément des AOC, ne sont souvent que des « pantalonnades » où se traitent les agréments de copinages, sans oublier l’agrément social : « Ah le pauvre ! il a quatre enfants, vous ne pouvez pas lui déclasser sa récolte… »
    Bref, les faits sont têtus et les résultats sont là : 20% des AOC sont à la limite de l’imbuvable, et 30 % à la limite de la grande médiocrité. C’est beaucoup pour un pays qui s’honore de produire les plus grands vins du monde.
    Toutefois, au moment où j’écris ces lignes, une lueur d’espoir apparaît :
    Une grande réforme des AOC est en discussion. Monsieur René Renou, Président du comité vins de l’INAO pense qu’il faut réécrire les décrets, jugés « trop souvent incomplets et peu lisibles »…
    L’INAO veut instaurer une plus grande transparence sur « les pratiques œnologiques, l’encépagement, les règles de présentation et d’étiquetage, les rendements (des vignes), les pratiques environnementales… ».
    Bref, on envisagerait de créer de nouvelles catégories d’AOC, les AOCE (Appellations d’Origine Contrôlée d’Excellence), un peu comme en Italie : les DOCG (appellation garantie) par rapport aux simples appellations DOC.
    M. Renou se dit « prêt à débattre de tout ! » .
    C’est bien ! mais c’est toute une mentalité profonde qui est à reconsidérer, avec des révisions déchirantes à la clef…
    La crise touche également nos voisins européens et la morosité n’a pas manqué de planer sur le salon international VINITALY de Vérone des 1, 2, 3, 4 et 5 avril dernier.
    Dans le même temps, les pays du nouveau monde et particulièrement l’Australie, le Chili et l’Argentine continuent à conquérir des parts de marché…

    Restons en là avec les motifs d’inquiétude et de morosité et parions résolument sur l’avenir en poursuivant avec ardeur notre quête de l’esthétique œnologique avec des vignerons respectueux de nos attentes.

    NOS RECENTES DECOUVERTES
    Mon voyage de Mars-Avril 2004 en Europe Centrale et Italie du Nord laisse augurer de nouvelles spécialités remarquables chez nos partenaires autrichiens de toujours et chez quelques nouveaux partenaires italiens.
    J’ai fréquenté l’Italie régulièrement depuis ma plus tendre jeunesse, ainsi, les noms de Bardolino, Valpolicella, et autres Soave, m’ont toujours été familiers. Toutefois, le niveau qualitatif de ces vins m’est longtemps apparu insuffisant. La majeure partie de la production était entre les mains de quelques très grandes caves qui ont toujours favorisé la quantité à la qualité. Nous constatons depuis une dizaine d’années l’émergence de petits et moyens Domaines qui ont un souci affirmé du rapport qualité/prix.

    Parmi eux, j’aimerais attirer votre oenophile attention sur le Domaine Guerrieri Rizzardi, admirablement situé à Bardolino, près du Lac de Garde.
    Fondé à la fin du XVIII ème siècle, ce domaine de 80 hectares, appartient à la famille des Comtes Rizzardi.
    L’encépagement, presque entièrement composé de variétés indigènes, apporte aux vins une originalité remarquable.

    AMARONE DE LA VALPOLICELLA

    Le secret de ce vin hors normes réside dans le passerillage (séchage sur lits de paille ou claies) des raisins autochtones de la région : Corvinone, Rondinella, auxquels s’ajoutent un peu de Sangiovese et de Barbera.
    La grappe parfaitement saine et mûre à la récolte ne doit souffrir d’aucun défaut. La moindre détérioration au cours du passerillage entraîne son élimination. La durée du processus est d’au moins trois mois avec une perte de volume de 50% à 75%. Il est à noter que des Amarone à « petits prix » sont élaborés grâce à un séchage des raisins en 3 jours dans des étuves munies de ventilateurs…(No comment !)
    Au cours du processus de passerillage, on obtient une concentration des extraits secs, du sucre et de l’acidité.
    La différence entre un vin de paille classique (Recioto) et un Amarone est la poursuite de la fermentation après le pressurage jusqu’à l’obtention d’un vin complètement sec.
    Le vin peut atteindre parfois 16% vol d’alcool !
    La durée d’élevage est de deux à trois ans en foudre.
    Il s’agit d’un rouge d’exception, doté d’une grande longévité et réservé aux grandes occasions : à consommer toutefois avec modération.

     

    AMARONE DOC CLASSICO 1997 : GUERRIERI RIZZARDI
    Date de la vendange : 25 septembre 1997.
    Cépages : Corvinone, Rondinella, Sangiovese et Barbera.
    Durée de séchage des raisins : quatre mois dans des caissettes de bois fruitiers à claire-voie.
    Fermentation des moûts : en foudres de 50 hectos.
    Elevage de trois années en barriques de chêne slovène et français de 25 et 18 hectos.
    Quantité produite : 11800 bouteilles.
    Durée de conservation : 25 ans minimum.
    La robe du vin est magnifique, grenat avec traces d’évolution. Le bouquet est très complexe, floral, épicé, balsamique. La bouche se révèle redoutablement puissante, extrêmement typée, structurée et de grande longueur.
    Un des plus grands vins rouges du monde dans sa catégorie.

     

    BARDOLINO DOC CLASSICO 2003 : CRU TACCHETTO

    Surface du cru : 3,5 hectares à l’ouest de Vérone près du Lac de Garde.
    Cépages : Corvina, Rondinella et Sangiovese.
    Date de vendange : du 19 au 25 septembre 2003.
    Fermentation et élevage en cuve inox.
    Degré d’alcool : 12%vol
    Robe rubis, brillante. Bouquet caractéristique de cerises et d’épices doux.
    Bien que présentant une certaine structure, la bouche est coulante et très fruitée. Idéal vin d’été.

     

    VALPOLICCELLA DOC CLASSICO : SUPERIORE 2002

    Origine : commune de Negrar au nord ouest de Verone.
    Cépages : Corvina gentile, Corvinone, Molinara, Rondinella, Negrara, Barbera.
    Degré d’alcool : 12.5% vol.
    Elevage en foudres de chêne slovène et français.
    Robe rubis intense. Vin aromatique, fruité, équilibré et de bonne longueur.
    Il était considéré au XIX ème siècle comme le meilleur vin d’Italie.

     

    SOAVE DOC CLASSICO 2003 : GUERRIERI RIZZARDI
    La zone d’appellation Soave est située à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Verone.
    Les vignes sont plantées sur des collines volcaniques exposées au midi.
    L’encépagement du vignoble se partage entre le Garganega et le Trebbiano di Soave, plus un peu de Chardonnay.
    Le Garganega est un cépage original et intéressant qui donne le meilleur de lui-même sur le terroir volcanique de Soave, lorsqu’il est bien vinifié.
    Le millésime 2003 qui vient d’être mis en bouteille est élaboré à 95% à partir du Garganega.
    La robe est pâle. Le vin très fruité est doté d’une bonne consistance et d’une finale rafraîchissante.
    Bon vin d’été.

     

    GOLSER STROHWEIN « VIN DE PAILLE » :

    CABERNET SAUVIGNON 2003 G-LUNZER

    Faisant route vers la Hongrie, je suis passé lundi matin 22 mars chez Georg Lunzer à Gols, afin de voir où en était le « bébé ».
    L’examen est très satisfaisant !
    Pour résumer :

    • 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).
    • Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).
    • Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW(35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).
    Alcool : 11.7 %vol ; sucres résiduels : 211.8 gr/litre ; acidité fixe : 8.7%0.
    • La robe est superbe(rubis-corail). Le vin fermente encore un peu mais il sera filtré demain et ainsi stabilisé. Il se révèle très riche à la dégustation, probablement supérieur encore à l’excellent millésime 2002. L’acidité est très satisfaisante et équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.
    • Le vin sera livrable autour du 15 juin 2004.

    La quantité totale de ce précieux nectar ne devrait pas dépasser 600 bouteilles. Comme pour les millésimes précédents les plus prompts à réagir seront servis.

    Orliénas le 10/05/04

     

    Cher(e) ami (e) oenophile,

    Je profite d’une légère accalmie dans mes préparatifs de voyage en Afrique australe pour vous adresser quelques nouvelles de nos activités.

    Cet hiver a été marqué par la morosité ambiante.

     

    Vous avez dit Crise ?

     

    Dans la foulée du ralentissement général de l’après 11 septembre 2001, le mot « Crise » est sur toutes les lèvres de la filière vin.

    La douche est particulièrement « froide » dans le petit monde du vin français.

    Après avoir cru dans le dogme intangible, selon lequel le vin français est le meilleur du monde, les vignerons hexagonaux se réveillent avec une méchante gueule de bois. L’érosion des ventes sur le marché intérieur, due à une forte diminution de la consommation (effet Sarkozy et loi Evin) est particulièrement brutale. On observe une chute de la consommation du vin dans la restauration de l’ordre de 20%. La situation des ventes de vins français sur le marché international, est encore plus préoccupante. En 2003, la baisse est de 9% sur les AOC. Nous ne disposons pas encore des chiffres pour les 4 premiers mois de 2004, mais c’est une tendance lourde qui s’accentue…

    Le constat est sans appel : on a fait « pisser la vigne » sans vergogne, les rendements excessifs ayant pour corollaire la sinistre chaptalisation, sans modération aucune, celle là…

    Il est de notoriété également, que les commissions d’agrément des AOC, ne sont souvent que des « pantalonnades » où se traitent les agréments de copinages, sans oublier l’agrément social : « Ah le pauvre ! il a quatre enfants, vous ne pouvez pas lui déclasser sa récolte… »

    Bref, les faits sont têtus et les résultats sont là : 20% des AOC sont à la limite de l’imbuvable, et 30 % à la limite de la grande médiocrité. C’est beaucoup pour un pays qui s’honore de produire les plus grands vins du monde.

    Toutefois, au moment où j’écris ces lignes, une lueur d’espoir apparaît :

    Une grande réforme des AOC est en discussion. Monsieur René Renou, Président du comité vins de l’INAO pense qu’il faut réécrire les décrets, jugés « trop souvent incomplets et peu lisibles »…

    L’INAO veut instaurer une plus grande transparence sur « les pratiques œnologiques, l’encépagement, les règles de présentation et d’étiquetage, les rendements (des vignes), les pratiques environnementales… ».

    Bref, on envisagerait de créer de nouvelles catégories d’AOC, les AOCE (Appellations d’Origine Contrôlée d’Excellence), un peu comme en Italie : les DOCG (appellation garantie) par rapport aux simples appellations DOC.

    M. Renou se dit « prêt à débattre de tout ! » .

    C’est bien ! mais c’est toute une mentalité profonde qui est à reconsidérer, avec des révisions déchirantes à la clef…

    La crise touche également nos voisins européens et la morosité n’a pas manqué de planer sur le salon international VINITALY de Vérone des 1, 2, 3, 4 et 5 avril dernier.

    Dans le même temps, les pays du nouveau monde et particulièrement l’Australie, le Chili et l’Argentine continuent à conquérir des parts de marché…

     

    Restons en là avec les motifs d’inquiétude et de morosité et parions résolument sur l’avenir en poursuivant avec ardeur notre quête de l’esthétique œnologique avec des vignerons respectueux de nos attentes.

     

     

     

    NOS RECENTES DECOUVERTES

     

     

    Mon voyage de Mars-Avril 2004 en Europe Centrale et Italie du Nord laisse augurer de nouvelles spécialités remarquables chez nos partenaires autrichiens de toujours et chez quelques nouveaux partenaires italiens.

    J’ai fréquenté l’Italie régulièrement depuis ma plus tendre jeunesse, ainsi, les noms de Bardolino, Valpolicella, et autres Soave, m’ont toujours été familiers. Toutefois, le niveau qualitatif de ces vins m’est longtemps apparu insuffisant. La majeure partie de la production était entre les mains de quelques très grandes caves qui ont toujours favorisé la quantité à la qualité. Nous constatons depuis une dizaine d’années l’émergence de petits et moyens Domaines qui ont un souci affirmé du rapport qualité/prix.

     

    Parmi eux, j’aimerais attirer votre oenophile attention sur le Domaine Guerrieri Rizzardi, admirablement situé à Bardolino, près du Lac de Garde.

    Fondé à la fin du XVIII ème siècle, ce domaine de 80 hectares, appartient à la famille des Comtes Rizzardi.

    L’encépagement, presque entièrement composé de variétés indigènes, apporte aux vins une originalité remarquable.

     

     

     

    AMARONE DE LA VALPOLICELLA

     

     

    Le secret de ce vin hors normes réside dans le passerillage (séchage sur lits de paille ou claies) des raisins autochtones de la région : Corvinone, Rondinella, auxquels s’ajoutent un peu de Sangiovese et de Barbera.

    La grappe parfaitement saine et mûre à la récolte ne doit souffrir d’aucun défaut. La moindre détérioration au cours du passerillage entraîne son élimination. La durée du processus est d’au moins trois mois avec une perte de volume de 50% à 75%. Il est à noter que des Amarone à « petits prix » sont élaborés grâce à un séchage des raisins en 3 jours dans des étuves munies de ventilateurs…(No comment !)

    Au cours du processus de passerillage, on obtient une concentration des extraits secs, du sucre et de l’acidité.

    La différence entre un vin de paille classique (Recioto) et un Amarone est la poursuite de la fermentation après le pressurage jusqu’à l’obtention d’un vin complètement sec.

    Le vin peut atteindre parfois 16% vol d’alcool !

    La durée d’élevage est de deux à trois ans en foudre.

    Il s’agit d’un rouge d’exception, doté d’une grande longévité et réservé aux grandes occasions : à consommer toutefois avec modération.

     

     

     

    AMARONE DOC CLASSICO 1997 : GUERRIERI RIZZARDI

     

     

    Date de la vendange : 25 septembre 1997.

    Cépages : Corvinone, Rondinella, Sangiovese et Barbera.

    Durée de séchage des raisins : quatre mois dans des caissettes de bois fruitiers à claire-voie.

    Fermentation des moûts : en foudres de 50 hectos.

    Elevage de trois années en barriques de chêne slovène et français de 25 et 18 hectos.

    Quantité produite : 11800 bouteilles.

    Durée de conservation : 25 ans minimum.

    La robe du vin est magnifique, grenat avec traces d’évolution. Le bouquet est très complexe, floral, épicé, balsamique. La bouche se révèle redoutablement puissante, extrêmement typée, structurée et de grande longueur.

    Un des plus grands vins rouges du monde dans sa catégorie.

     

     

     

    BARDOLINO DOC CLASSICO 2003 : CRU TACCHETTO

     

     

    Surface du cru : 3,5 hectares à l’ouest de Vérone près du Lac de Garde.

    Cépages : Corvina, Rondinella et Sangiovese.

    Date de vendange : du 19 au 25 septembre 2003.

    Fermentation et élevage en cuve inox.

    Degré d’alcool : 12%vol

    Robe rubis, brillante. Bouquet caractéristique de cerises et d’épices doux.

    Bien que présentant une certaine structure, la bouche est coulante et très fruitée. Idéal vin d’été.

     

     

     

    VALPOLICCELLA DOC CLASSICO : SUPERIORE 2002

     

     

    Origine : commune de Negrar au nord ouest de Verone.

    Cépages : Corvina gentile, Corvinone, Molinara, Rondinella, Negrara, Barbera.

    Degré d’alcool : 12.5% vol.

    Elevage en foudres de chêne slovène et français.

    Robe rubis intense. Vin aromatique, fruité, équilibré et de bonne longueur.

    Il était considéré au XIX ème siècle comme le meilleur vin d’Italie.

     

     

     

    SOAVE DOC CLASSICO 2003 : GUERRIERI RIZZARDI

     

     

     

    La zone d’appellation Soave est située à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Verone.

    Les vignes sont plantées sur des collines volcaniques exposées au midi.

    L’encépagement du vignoble se partage entre le Garganega et le Trebbiano di Soave, plus un peu de Chardonnay.

    Le Garganega est un cépage original et intéressant qui donne le meilleur de lui-même sur le terroir volcanique de Soave, lorsqu’il est bien vinifié.

    Le millésime 2003 qui vient d’être mis en bouteille est élaboré à 95% à partir du Garganega.

    La robe est pâle. Le vin très fruité est doté d’une bonne consistance et d’une finale rafraîchissante.

    Bon vin d’été.

     

     

     

    GOLSER STROHWEIN « VIN DE PAILLE » :

     

    CABERNET SAUVIGNON 2003 G-LUNZER

     

     

    Faisant route vers la Hongrie, je suis passé lundi matin 22 mars chez Georg Lunzer à Gols, afin de voir où en était le « bébé ».

    L’examen est très satisfaisant !

    Pour résumer :

     

    • 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).

    • Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).

    • Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW(35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 11.7 %vol ; sucres résiduels : 211.8 gr/litre ; acidité fixe : 8.7%0.

    • La robe est superbe(rubis-corail). Le vin fermente encore un peu mais il sera filtré demain et ainsi stabilisé. Il se révèle très riche à la dégustation, probablement supérieur encore à l’excellent millésime 2002. L’acidité est très satisfaisante et équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.

    • Le vin sera livrable autour du 15 juin 2004.

     

    La quantité totale de ce précieux nectar ne devrait pas dépasser 600 bouteilles. Comme pour les millésimes précédents les plus prompts à réagir seront servis.