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  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • News : 18 juillet 2017

    Orliénas, le 18 juillet 2017,

    C’est avec un peu de retard que j’ai le plaisir de vous présenter quelques vues des vignobles qui dominent notre village de Tolcsva (2000 habitants).
    Tolcsva est un village Hongrois situé au cœur même de la Tokajhegyalja à peu près à égale distance de sa partie nord et de sa partie sud. Tolcsva fait partie des 28 « villes » et villages historiques qui ont droit à la prestigieuse appellation Tokaji.

    En cette année 2017, vous constaterez que le développement végétatif est plutôt en avance. Tout comme en avril 2016, nous avons eu la chance dans cette région d’échapper aux gelées de printemps de la fin du mois d’avril 2017. Ils ont fait de gros dégâts ces deux dernières années un peu partout en Europe (Autriche, Allemagne, France, Italie du Nord en avril 2017, etc…).

    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) et sur le massif des Zempleni le 23 avril 2017.

  • Vendanges 2015 à Tokaj (région Tokajhegyalja – Hongrie) – 2eme partie

    Orliénas, le 24 novembre 2015,

    Dans ma news du 29 septembre dernier, j’ai évoqué les conditions climatiques dans lesquelles s’inscrit la vendange 2015 à Tokaji jusqu’à la fin du mois de septembre.
    Je me suis rendu à nouveau dans la Tokajhegyalja (région de Tokaj) du 8 au 13 novembre. Je rappelle que les vendanges ont commencé début Septembre pour les premiers vins blancs secs et se sont terminées vers le 13 novembre.
    Pour ce qui touche aux vins liquoreux de Tokaj, qui tendent hélas à devenir bien plus rares, on peut observer pour 2015 deux catégories :

    – Les premiers tris du mois de septembre, qui se sont déroulées par un temps beau, chaud et sec ont permis de récolter des grains aszu passerillés de première classe de haute qualité.

    – Les tris suivants se sont déroulés vers la fin octobre après les pluies, qui ont déclenché l’arrivée du botrytis cinéréa ou pourriture noble. Les grains obtenus sont alors de deuxième et troisième classe. Ils n’ont pas l’aptitude à produire des vins d’Aszu de très haute qualité, mais en revanche, ils peuvent être utilisés pour la production d’excellents Szamorodni.

    Le principal opérateur de la région, Tokajkereskedőház (qui a remplacé le défunt Combinat de Tokaj après les privatisations commencées en 1990) a pour son compte joué la carte des vins blancs secs et acheté que des quantités extrêmement faible de grains aszu. Il regroupe pratiquement tous les petits producteurs qui ne poussent pas, eux non plus à prendre le moindre risque…

    Pour ce qui concerne Dionis, nous nous inscrivons dans la tradition historique de la production de vins liquoreux remontant à plus de quatre siècles, estimant fort peu le niveau qualitatif des vins blancs secs issus du cépage Furmint. Ce dernier est incomparable pour l’élaboration des grands vins liquoreux, mais médiocre pour ce qui touche aux vins blancs secs. Je le dis bien fort depuis des lustres, mais le marché des vins liquoreux étant un marché élitiste, donc réduit, certaines organisations professionnelles locales essaient de nous faire prendre « des vessies pour des lanternes » en tentant de faire croire au monde européen du vin, avec la complicité des medias, que l’on peut produire de grands vins blancs secs dans cette région, en les « travaillant » à la barrique…c’est une imposture !

    Si on cherche de grands vins blancs secs en Europe Centrale, il faut aller les chercher plus sûrement en Autriche ou en Allemagne.

    Je vous laisse regarder quelques photos de la semaine du 9 au 15 novembre 2015.

    Cuve de grains aszu dans l'attente d'être vinifiés. Ce sont typiquement des grains passerillés de première classe vendangés au mois de septembre 2015. Ils sont aptes à produire des Tokaji Aszu de haute qualité. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l’attente d’être vinifiés. Ce sont typiquement des grains passerillés de première classe vendangés au mois de septembre 2015. Ils sont aptes à produire des Tokaji Aszu de haute qualité. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l'attente d'être vinifiés. Ce sont typiquement des grains botrytisés de deuxième classe vendangés dans la deuxième moitié du mois d'octobre 2015. Ils ne sont pas aptes à produire les Tokaji Aszu les plus fins. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l’attente d’être vinifiés. Ce sont typiquement des grains botrytisés de deuxième classe vendangés dans la deuxième moitié du mois d’octobre 2015. Ils ne sont pas aptes à produire les Tokaji Aszu les plus fins. Photo du 10 novembre 2015.
    Pure essence de Tokaji (Eszencia) issue de grains passerillés vendangés au mois de septembre 2015. Sa concentration est de l'ordre de 800g de sucre/ litre. Son acidité marque le pas des années chaudes (entre 10‰ et 11‰). Photo du 10 novembre 2015.
    Pure essence de Tokaji (Eszencia) issue de grains passerillés vendangés au mois de septembre 2015. Sa concentration est de l’ordre de 800g de sucre/ litre. Son acidité marque le pas des années chaudes (entre 10‰ et 11‰). Photo du 10 novembre 2015.
    Grains aszu de l'extrême fin fin des vendanges (à gauche) et des grappes pleinement botrytisées destinées à la production de Szamorodni doux (à droite). Photo du 10 novembre 2015.
    Grains aszu de l’extrême fin fin des vendanges (à gauche) et des grappes pleinement botrytisées destinées à la production de Szamorodni doux (à droite).
    Photo du 10 novembre 2015.
    Gros plan des grains aszu présentés dans la précédente photo. Ils nous montrent à la fois des grains passerillés et des grains botrytisés. Ils ont été vendangés le 10 novembre 2015, date de la photo.
    Gros plan des grains aszu présentés dans la précédente photo. Ils nous montrent à la fois des grains passerillés et des grains botrytisés. Ils ont été vendangés le 10 novembre 2015, date de la photo.
    Grappe de Furmint très botrytisée de niveau Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Grappe de Furmint très botrytisée de niveau Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Photo très caractéristique de grappes de Furmint bien botrytisées. Elles seront vendangées le jour même pour élaborer des Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Photo très caractéristique de grappes de Furmint bien botrytisées. Elles seront vendangées le jour même pour élaborer des Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.


  • Vendanges 2015 à Tokaj (région Tokajhegyalja – Hongrie) – 1ère partie

    Orliénas, le 29 septembre 2015,

    Traditionnellement, si nous nous référons à l’histoire de la région, les vendanges ne commençaient jamais au XIXème siècle avant le 20 octobre. Les choses ont bien changé depuis et le processus de maturité de plus en plus précoce de raisins ne fait que s’accélérer. Sur cette année 2015, nous retrouvons les caractéristiques d’années très chaudes comme 2000, 2003, 2007 ou 2009. Ce type de millésime, rarissime dans les 70 dernières années, est en train de devenir la norme.
    Pour les amateurs de météorologie, je préciserai que le réchauffement climatique, continu depuis 1859, a  marqué une pause entre 1946 et la fin des années 70, pour reprendre de plus belle à partir de 1983.
    Cette année, les raisins étaient déjà délicieux à déguster vers le 20 août. Les premières vendanges destinées au vin blanc sec ont débuté dans la région au tout début du mois de septembre.
    Pour donner un élément de comparaison, la situation est à peu près identique à l’extrême ouest de la Hongrie (frontalier avec le Burgenland autrichien). Bruno Landauer a débuté ses vendanges le 6 septembre. A Rust, comme dans la Tokajhegyalja (350 km les séparent) l’état sanitaire des raisins est parfait. Tout comme à l’ouest de l’Europe, la sécheresse a été implacable dans l’est de la Hongrie. Il reste à souhaiter quelques pluies pour accélérer le phénomène de botrytisation entrainant la multiplication des fameux grains aszu. Pour l’instant, ils demeurent très limités, mais de belle qualité.
    La partie Nord et la partie centrale de la région viticole (Sarospatak et son fameux château, Tolcsva et Satoraljaujhely) naturellement un peu plus fraîches  que la zone sud de l’appellation, devraient fournir des vendanges bien équilibrées.

    Bien entendu, les premières analyses nous donnent des raisins au taux de sucre élevé, mais avec une acidité plus basse.
    Je vous livre quelques photos de la première partie de cette vendanges 2015 dans la région de Tokaj.


  • News : 22 juin 2015 : Tour de Sicile œnologique

    Orliénas, le 22 juin 2015,

    Je rentre d’un éprouvant voyage oeno d’une semaine en Sicile, qui m’a permis de ré-actualiser mes connaissances de cette île méditerranéenne extraordinaire, entre Europe et Afrique… C’est mon quatrième voyage dans cette île mythique.

    Sicile2015
    En rouge, le tracé du parcours œnologique entre Palermo et Catania du 15 au 20 juin 2015.

    Je vous livre quelques extraits de ce voyage, sous la forme de photos et commentaires.

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    Journée dégustation du 16 juin 2015 au palais baroque « Villa Niscemi » (Palermo) en présence d’une cinquantaine de producteurs.
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    Au domaine Centopassi Libera Terra Mediterraneo. Ce magnifique domaine de la région de Corleone a été replanté dans les années 2000 sur un immense territoire confisqué à la mafia dans les années 80. Grâce à des vignes situées à 600m d’altitude, le domaine produit des vins rouges issus du Nero d’Avola particulièrement aromatiques et vivants.
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    Après la visite de l’intéressant domaine De Gregorio (à Schiacca), nous nous sommes dirigés vers la cité d’Agrigento. Vous voyez dans la photo ci-dessus un vignoble situé exactement au pied de la fameuse Valle dei Tempi (Vallée des Temples). Le 17 juin 2015.
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    Ce chais est une belle adaptation de la modernité au cadre historique d’une ancienne latifundia à Vittoria dans le sud-est de la Sicile. Il s’agit du remarquable domaine Maggiovini. J’ai pu déguster d’excellents et très originaux rouges, issus entre autres, du cépage indigène Frappato, dont un Cerasuolo di Vittoria DOCG2012. Le 18 juin2015.
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    La journée du 18 juin se termine dans le merveilleux domaine Pupillo à Siracusa. Vous voyez le château Solacium, une des résidences siciliennes de l’Empereur Frédéric II (1272-1337, petit-fils du célèbre Empereur Frédéric Barberousse). La réception que nous a fait mon vieil ami Antonino Pupillo, en compagnie de sa fille Carmella et de son fils Sebastiano, a été remarquable. C’est un cadre tout à fait exceptionnel avec un véritable jardin paradisiaque où se pressent des dizaines d’arbres à agrumes divers, sans oublier un énorme ficus magnolia vieux de 250 ans. Belle dégustation de vins rouges issus du Nero d’Avola, mais aussi du Cabernet-Sauvignon. Remarquables vins blancs issus du Muscat à Petits Grains, secs, moelleux (le Pollio) et liquoreux avec le Solacium 2012 et en avant-première le 2014 qui sera mis sur le marché à la fin de l’année.

    D’autres informations sur le Solacium Moscato di Siracusa sont disponibles sur nos pages Solacium 2009, Solacium 2005 et sur le domaine Pupillo ainsi que sur le Pollio Moscato di Siracusa.

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    Deux vieux complices du monde du vin : à droite Antonino Pupillo et Jean-François Ragot, le 18 juin 2015 au Solacium à Siracusa.

  • News : 29 avril 2014 : Retour Vinitaly (suite)

    Orliénas, le 29 avril 2014,

    Les journées sur le salon du Vinitaly se sont déroulées du lundi 7 avril au mercredi 9 inclus de 9h30 du matin à 17h. Journées épuisantes mais productives !

    Pipoli_Bianco_Greco_Fianofarnese-cerasuoloVesevo Aglianico Beneventano IGT 2010Les dégustations des vins du groupe Farnese ont permis d’identifier pour le domaine Pipoli (région Basilicate) un excellent vin blanc 2013 élaboré à partir des cépages Greco et Fiano, à la bouche tendue et marquée par des arômes floraux et végétaux tout à fait originaux. C’est bon !

    Pour les Abruzzes, j’ai noté comme très souvent, un délicieux Cerasuolo d’Abruzzo 2013 (vin rosé). La couleur est splendide, sortant du lot de ce que nous connaissons en matière de vins rosés. La bouche présente une belle matière et une grande fraîcheur aromatique, affichant seulement 12,5 % d’alcool.

    Pour les rouges du groupe Farnese, une mention pour le domaine Vesevo et son Aglianico Beneventano IGT 2010.

     

     

     

     

     

     

    11filariConcernant San Marzano dans les Pouilles, j’ai dégusté un certain nombre de vins et notamment des cuvées spéciales comme la collection Cinquanta (les cinquante ans de la cave) élaborée avec de très vieilles vignes du millésime 2010. Je n’ai, je dois le dire, pas été convaincu, le vin présentant à mon sens un niveau de boisé beaucoup trop élevé, détruisant l’harmonie du fruit.

    En revanche, la cuvée de Negroamaro « F » 2010, issue des plus vieilles vignes de la cave, est d’un équilibre général impressionnant.

    J’ai pu déguster le Primitivo di Manduria Dolce Naturale 11 Filari 2011. C’est un vin vraiment séducteur, offrant des tanins veloutés et une fraîcheur aromatique convaincante en dépit de 70g de sucres résiduels.

     

     

     

     

     

    barbaresco-ovelloUn passage chez les Produttori del Barbaresco (Piemont DOCG) permet de déguster le Barbaresco 2010, issu de l’assemblage de l’ensemble des crus. Je dois dire que je ne suis pas enthousiaste. Par une bouche certes puissante, mais à la limite de l’alcooleux, ainsi qu’un certain manque de chair.
    En revanche, belle surprise avec un Barbaresco Riserva cru Ovello 2009 à la texture délicate presque féminine tout en étant très savoureuse et tannique et finissant en queue de paon. Belle bouteille.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une petite visite en Sicile chez notre vieil ami « Don Rosario » de chez Rudini, nous permet de déguster en avant-première les deux cuvées de Moscato di Noto 2013

    Moscato di Noto Vendemmia Tardiva Baroque 2013, éclatant de fruit et d’une élégance à couper le souffle (140g de sucres résiduels)
    Moscato Passito di Noto Scaramazzo 2013. En dépit de 170g de sucres résiduels, il n’y a aucune lourdeur dans ce liquoreux naturellement doux de haut vol. Bravo !

    Don Rosario di Pietro à Verona, le 8 avril 2014 exhibant fièrement son diplôme.
    Don Rosario di Pietro à Verona, le 8 avril 2014 exhibant fièrement son diplôme.
    De gauche à droite : Jean-François Ragot et Don Rosario di Pietro,  8 avril 2014 à Verona.
    De gauche à droite : Jean-François Ragot et Don Rosario di Pietro, le 8 avril 2014 à Verona.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ce sera tout pour aujourd’hui. Suite du compte-rendu Vinitaly 2014 : mardi 6 mai 2014.

    JF


  • News : 23 avril 2014 : Retour Vinitaly

    Orliénas, le 23 avril 2014,

    Le samedi 5 avril, c’était le départ pour un tour d’Europe de 17 jours. Le premier point fort est bien entendu le traditionnel salon international du vin VINITALY qui se tient à Vérone cette année du 6 au 9 avril 2014. Les chiffres 2014 n’ayant pas été encore communiqués, ceux de 2013 vous donneront une idée de l’importance de cette exceptionnelle manifestation consacrée dans sa presque quasi totalité aux vins italiens.

    Chiffres 2013
    89 000 m2 de surface totale nette occupée (quasiment 9 Ha)
    4 101 exposants
    148 038 visiteurs (dont 52 979 étrangers en provenance de 120 Pays) et 2 671 journalistes.

    Durant 4 jours, règne à Vérone une effervescence extraordinaire, tout tournant autour du vin.
    Eu égard aux zones viticoles italiennes réparties sur une distance considérable, c’est une opportunité de rencontrer en un tir groupé tous nos fournisseurs.

    Un endroit particulièrement significatif de la ville dans ces moments est la Bottega del Vino (la « Boutique du Vin »), véritable temple dédié à Bacchus et à la gastronomie véronaise. J’ai voulu pour débuter ce petit compte rendu, vous offrir quelques images de cet établissement fréquenté durant ces 4 jours par tout le gratin mondial du commerce du vin.

    Bottega del Vino -2014

    La suite du compte-rendu, mardi 29 avril.


  • Vendanges 2008 à Tokaj.

    Je voudrais revenir avec un peu de recul sur le grand millésime 2008 dans la région de Tokaj. Ce sont des documents particulièrement intéressants que nous mettons à la disposition de nos amis oenophiles.
    Au cours du tour d’Europe que nous avions effectué, Marguerite Abergel et moi-même, en octobre/novembre 2008, nous avions passé quelques jours dans la Tokajhegyalja où les vendanges battaient leur plein. En 2008, elles avaient débuté classiquement à la mi-septembre pour se terminer à la mi-novembre. Le moral était très bas dans la région, au commencement de la vendange des vins blancs secs vers le 15 septembre. Le temps était froid et pluvieux. Le miracle, assez classique dans cette région, s’est finalement produit à la mi-octobre, les conditions climatiques ayant radicalement changé avec un chaud soleil d’automne et des températures au dessus de 20°C. Elles se sont poursuivies jusqu’à la fin de la vendange, vers le 15 novembre.
    A travers ce dossier, je voudrais retracer grâce à des photos et un dossier vidéo exceptionnel, ce que sont les conditions optimales de production de ce grand vin liquoreux historique et mythique  qu’est le Tokay Impérial.

    J’ai demandé leur avis aux principaux opérateurs de la région, alors que la vendange des grains aszu battait encore son plein.

    Je vous invite à consulter la galerie de photos ci-dessous, puis les six vidéos suivantes.

    • vend2008_tokaj-3262
      vend2008_tokaj-3266
      vend2008_tokaj-3269
    • vend2008_tokaj-3271
      vend2008_tokaj-3279
      vend2008_tokaj-3287
    • vend2008_tokaj-3294
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      vend2008_tokaj-3323
      vend2008_tokaj-3327
    • vend2008_tokaj-3331
      vend2008_tokaj-3337


    * Interview d’un petit producteur de « haut de gamme » français Samuel Tinon le 6 novembre 2008.


    * Interview de Nicolas Godebski œnologue consultant le 6 novembre 2008.


    * Interview de Meszaros Laszlo directeur du domaine Disznoko le 6 novembre 2008.


    * Interview de Kalocsai Laszlo directeur du domaine Dereszla le 7 novembre 2008.


    * Interview de Kovacs Tibor directeur du domaine Hetszolo le 8 novembre 2008.


    * La meilleure trieuse de grains aszu de la Tokajhegyalja en plein travail le 8 novembre 2008 (elle peut aller jusqu’à 40 Kg de grains Aszu/jour)

     

    Aujourd’hui, fin 2013, nous pouvons constater que le millésime a tenu parole. Bien entendu, « la maison de commerce de Tokaj » (ex-combinat de la ferme d’état) n’a pas produit comme à son habitude beaucoup de vins de qualité très élevée, mais une moyenne convenable. Comme c’est elle qui vend la très grande majorité des Tokaji dans le commerce hongrois, l’image du millésime ne sera pas dévalorisée.
    Sous notre marque Château Sarospatak, a été produite une petite quantité de Tokay Impérial 6 Puttonyos d’un niveau suprême. Le vin est hélas épuisé. Toutefois, il nous reste pour découvrir ce grand millésime, un peu de Tokaji Muskotaly vendanges tardives hors-normes (le meilleur produit à ce jour) et un excellent Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2008 à l’équilibre remarquable.

    Jean-François Ragot


  • News 26 décembre 2012 : vendange Ruster Eiswein – vin de glace

    Orliénas, le 26 décembre 2012,

    Une excellente nouvelle : notre ami Bruno Landauer de Rust (Burgenland/Autriche) a vendangé le 13 décembre  un Eiswein – vin de glace par une température de -10,5°C. La « fenêtre de tir » a été très courte et il n’a pas fallu perdre de temps et risquer ainsi de louper cette belle opportunité. Au moins les trois quarts des raisins étaient demeurés en excellent état, sans botrytis, ce qui est un atout pour produire un Eiswein de haute qualité. La richesse de moût à la vendange est de 32 KMW (32% de sucres en masse volumique). On peut évaluer la quantité produite à environ 550 litres.
    Comme je vous l’avais indiqué dans ma news du 3 décembre, ce sont les raisins blaufränkisch qui ont été utilisés pour l’élaboration de ce nouveau joyau.
    Actuellement, le moût fermente paisiblement dans les caves de Bruno. Nous reparlerons de ce vin au cours du printemps.

    Ci-dessous, trois photos caractéristiques de cet évènement du 13 décembre 2012.

    LandauerEisweinlese2012_1
    Une petite grappe de Blaufränkisch gelée, à Rust le 13 décembre 2012.
    LandauerEisweinlese2012_2
    Des grappes de Blaufränkisch gelées,à Rust le 13 décembre 2012.
    LandauerEisweinlese2012_3
    Vendange de l’Eiswein – vin de glace à Rust chez Bruno Landauer le 13 décembre 2012.

    Il reste très peu de jours pour finir l’année 2012. Je vous souhaite un agréable réveillon de la Saint Sylvestre et une excellente année 2013 !


  • News 3 Décembre 2012 : coup d’œil en images de mon tour d’Europe de l’automne 2012.

    Orliénas, le 3 décembre 2012,

    Je m’y suis rendu comme chaque année la première quinzaine de novembre.
    Dans la Moselle allemande, les conditions du millésime 2012 sont plutôt bonnes et les vendanges battaient leur plein dans toute la Moselle, du nord au Sud le 31 octobre.
    Les conditions climatiques sèches et chaudes de l’été ont permis en Autriche une excellente récolte 2012 pour les vins blancs secs et les vins rouges. A noter, que le domaine Landauer a commencé à vendanger le 1er septembre. Le gros des vendanges s’est terminé début octobre. A la date de la rédaction de cette lettre (début décembre) on ne peut toujours pas se prononcer pour les vins moelleux.
    Bruno Landauer a conservé une bonne quantité de raisins, Pinot blanc et Furmint pour un possible Ausbruch ou Beerenauslese et du Blaufränkisch pour tenter de produire à nouveau cette année un
    eiswein ou vin de glace. Le dernier est du millésime 2009.
    Il est à signaler et j’en parlais avec Bruno le 11 novembre dernier, non seulement, il devient plus difficile de produire des vins de glace à cause du réchauffement climatique, mais il y a également beaucoup moins de botrytis cinerea permettant de produire des liquoreux de type Beerenauslese, Ausbruch et Trockenbeerenauslese. Les décades des années 80 et 90 ont permis peu ou prou de vendanger de l’Ausbruch sur presque tous les millésimes. La décade 2000 a été beaucoup plus modeste en ce domaine et il semble en être de même encore maintenant.

    Cette situation serait liée également directement au réchauffement climatique qui anticipe la maturité des raisins de deux à trois semaines. Les peaux sont par conséquent beaucoup plus épaisses qu’elles ne l’étaient auparavant et forment une sorte d’obstacle à la pénétration du champignon magique botrytis cinerea, producteur du divin nectar.
    En Hongrie, dans la région de Tokaj, ce sont les mêmes types de conditions climatiques qui ont régné cet été 2012. J’avais goûté des raisins déjà très mûrs à la fin du mois d’août et la situation de chaleur sèche s’étant pérennisée durant le mois de septembre, avec toutefois de petites pluies, les vendanges ont été très précoces pour la grande majorité de la zone avec assez peu de grains aszu. Le mois d’octobre ayant été beaucoup plus humide, trop même, il a fallu attendre que les conditions changent pour reprendre et continuer la vendange.
    Quelques producteurs ont conservé des raisins qui ont été récoltés jusqu’à la mi novembre. La dégustation de l’Eszencia 2012 ce mois de novembre permet traditionnellement de se faire une idée du millésime à venir. Il devrait être assez
    aromatique avec une acidité réduite, mais sans avoir la concentration et l’équilibre de 2011. Il sera modeste en quantité mais il y aura cependant quelques très bons vins, j’en suis certain. Nous en reparlerons au printemps 2013.

    Un petit mot supplémentaire, lié au réchauffement climatique et ses conséquences sur les vignobles allemands :
    Une région traditionnellement continentale et froide comme Bamberg dans l’est de la Franconie connait maintenant quelques plantations de vignobles sur les coteaux bien exposés qui dominent cette petite ville historique.

    Deux nouvelles références de Tokaji sont disponibles pour cette fin d’année 2012 :

    Vous trouverez ci-dessous une galerie de photos illustrant ce voyage œnophile.


  • News 9 octobre 2012 : 1er mois de vendanges 2012 dans la Tokajhegyalja (région de Tokaj / Hongrie)

    En ce début du mois d’octobre, j’ai le plaisir de mettre en ligne des images du premier mois de vendanges dans la région de Tokaj.

    En Hongrie, dans la région de Tokaj, ce sont des conditions climatiques estivales, chaudes et sèches qui ont dominé en cette année 2012. J’ai goûté des raisins déjà très mûrs à la fin du mois d’août. Eu égard à la sécheresse et à la chaleur qui se sont maintenus tout le mois de septembre, le processus de botrytisation et de passerillage s’est enclenche particulièrement lentement. Une pluie salvatrice en deuxième quinzaine de septembre a permis une accélération du phénomène.
    Je livre à votre curiosité un important diaporama de 46 photos qui fait le point sur la partie sud de la Tokajhegyalja entre le 28 août et le 1er octobre 2012. Vous remarquerez les belles grappes de Muscat à petits grains qui vont servir à élaborer la cuvée Tokaji Muskotaly Vendanges tardives Château Sarospatak 2012.
    La vendange se poursuit dans de bonnes conditions sans désemparer en ce mois d’octobre 2012. Elle devrait durer jusqu’aux environs de la mi-novembre.

    • Botrytis, 9th Sept
      Passerillage, 9th Sept
      The first day of the harvest for Dry Furmint, 10th Sept
    • Muscat aszu grapes, 11th Sept
      Sampling Muscat aszu grapes, 11th Sept
      Furmint aszu grapes, 11th Sept
    • Passerillage, 13th Sept
      Start of botrytisation, 13th Sept
      Furmint Aszu grapes, 13th Sept
    • Aszu grape selection, 13th Sept
      Aszu grape picking, 13th Sept
      Aszu grape picking, 13th Sept
    • Aszu grape picking, 13th Sept
      Perfect botrytisation, 17th August
      Start of botrytisation, 17th Sept
    • Good start for the botrytis, 17th Sept
      Botrytisation, 17th Sept
      Aszu grapes, 17th Sept
    • vend2012-tokaj_0609
      vend2012-tokaj_0623
      Botrytisation develops, 27th Sept
    • Furmint on 27th Sept
      Aszu picking on young Furmint vines, 27th Sept
      Passerillage, Muscat 27th Sept
    • Passerillage, Muscat 27th Sept
      Furmint, on 1st October
      Botrytis on Furmint, 1st Oct
    • Aszu picking, 1st Oct
      Aszu picking, 1st Oct
      Aszu picking, 1st Oct
    • Furmint aszu grapes, 1st Oct
      Furmint aszu grapes, 1st Oct
      Furmint grapes on 28th August
    • Furmint on 28th August
      Hárslevelű on 28th August
      Zéta on 28th August
    • Sárgamuskotály on 28th August
      Zéta on 28th August
      The first botrytis on 4th Sept
    • Furmint vine on 4th Sept
      Very slow and fine botrytisation, 7th Sept
      Passerillage, 9th Sept
    • The first real aszu grapes on Furmint, 9th Sept
      Beginning of the botrytisation, 9th Sept
      Fine and slow botrytisation, 9th Sept
    • Furmint grape, 9th Sept

    Pour ce qui concerne Rust dans le Burgenland (Autriche de l’Est), Bruno Landauer qui avait commencé ses vendanges le samedi 1er septembre, les a terminées le 29 du même mois. La qualité est globalement excellente pour ce qui concerne  les blancs secs, les cépages rouges et  le gewürztraminer moelleux vendanges tardives qui est devenu le grand must de Dionis depuis 2002.
    Nous avons décidé avec Bruno de garder des raisins dans les vignes pour un éventuel eiswein (vin de glace). Si les conditions climatiques le permettent (30% de probabilités), ils pourraient être vendangés entre la pleine lune de novembre (28/11) et le tout début de janvier 2013. A suivre…


  • News 06 septembre 2011

    C’est la rentrée pour tout le monde et Dionis a repris ses activités le 29 août. Personnellement, j’ai recommencé le 5 septembre, mettant à profit la semaine suivante pour finaliser des sélections de produits à Rust (Burgenland – Autriche) et dans la vallée du Danube (Wachau – Autriche).
    Le millésime 2010 se révèle splendide sur les terrasses qui dominent le Danube dans la Wachau, avec de la maturité, de la  concentration et une superbe acidité revigorante. Les Rieslings et les Grüner-veltliner seront à coup sur des vins de garde.
    Quant au millésime 2011 en devenir, tout comme à l’ouest de l’Europe, les vendanges seront en avance de deux à trois semaines par rapport à la moyenne. Un certain nombre de raisins sont déjà délicieux à manger dans la Wachau.

    Dans la région de Tokaji où j’ai passé deux semaines du mois d’août, il en est de même et tout comme en 2003 et même deux jours plus tôt, la première récolte de grains Aszu (environ 300 Kg) a été vendangée le 25 août. Ce n’est que le début des vendanges qui pourraient bien se prolonger jusqu’à la mi-novembre…

    Quelques images de cette vendanges ultra précoce en provenance du sud de la zone viticole.

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      aszu2011_09
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    A très bientôt,
    Jean-François


  • News 21 Avril 2011

    Orliénas, le 21 avril 2011,

    Après plusieurs mois sans quitter l’hexagone, je suis parti une première fois la dernière semaine de février en Italie du sud, dans le Salento (Puglia) en point fixe à côté de Brindisi.
    Ce fût l’occasion de sélectionner de nouveaux produits qui ont été validés au cours de mon dernier déplacement du 6 au 18 avril dernier.
    Du 7 au 11 avril, c’est le Salon International VINITALY à Verona. Il permet de revoir les différents partenaires avec qui nous travaillons, pour certains, depuis plus de vingt ans.

    A noter pour l’anecdote, que nous avons bénéficié de conditions climatiques absolument hors-normes pour un  début avril dans cette région de l’Europe. La température est montée à l’ombre jusqu’à 32°C ! Je crois que c’est sans précédent et assez inquiétant…
    De nouveaux vins vont faire leur apparition sur notre listing.

    • Domaine Rudini (Pachino – Sicile) : Saro Eloro Pachino 2008 DOC Nero d’Avola.
      Vin présentant une robe grenat assez profond et complexe. La bouche est élégante et précise, sur le fruit noir et une bonne longueur aromatique.  L’élevage est bien réussi et préserve la fraicheur du fruit.
    • Domaine Rudini (Pachino – Sicile) : Chardonnay 2010 « Espressione ».
      Produit dans la région de Pachino, Noto et Rossolini, ce vin porte très bien son nom. Il démontre que le cépage Chardonnay est fort bien adapté au climat sicilien.
      C’est une véritable surprise que la dégustation de ce blanc structuré, tendu, délicat et très fruité, inattendu dans cette région de l’extrême sud de l’Europe. Le vignoble est situé à guère plus de 2 km de la mer.
      Vin découverte par excellence.
    • Domaine Rudini (Pachino – Sicile) : Moscato di Noto 2010 naturellement doux.
      Zone de production : Rosolini (province de Syracuse), près de Pachino.
      Cépage : Muscat à Petits Grains 100%
      Les raisins ont été vendangés fin septembre 2010 à une maturité optimale leur permettant de conserver une bonne acidité.
      Les raisins ont ensuite subi une macération péliculaire d’environ huit heures, puis ont été pressurés et ont fermenté à une température d’environ 16°C en cuve inox. La fermentation a été interrompue naturellement par un passage au froid et un léger sulfitage lorsque l’on a atteint environ 9,5 % d’alcool /vol, ceci afin de conserver une quantité de sucres résiduels suffisante.
      Le vin a poursuivi son élevage en cuve et a été mis en bouteilles au mois d’avril 2011.
      Éléments analytiques :
      Alcool : 9.5% /vol
      Acidité totale : 6.5‰
      Sucres résiduels : 130g/L
      Ce vin présente une robe or clair dense et brillante.
      Le bouquet frappe immédiatement par une grande fraicheur aromatique où domine des arômes d’écorce d’oranges, de pistache, de rose, de nèfle, de confiture d’agrumes et d’abricots secs.
      En bouche, on est surpris par l’équilibre entre l’acidité et la douceur naturelle du vin. On ne ressent en aucun cas une saturation apportée par sa richesse naturelle en sucres. La finale est longue sur des arômes d’agrumes frais et de fleur d’orange.

      Vraiment formidable dans son style !
    • Domaine Rudini (Pachino – Sicile) : Moscato Passito di Noto 2010 naturellement doux.
      Le même que le Moscato di Noto en quelques sortes, si ce n’est qu’il a subi un passerillage complémentaire d’une huitaine de jours.
      En bouche, avec le même taux d’alcool de 9,5%/vol,  il présente une densité plus importante que le précédent, due à un taux de sucres résiduels atteignant 170g/L.
      Le passerillage complémentaire se révèle apporter une complexité aromatique inattendue à ce vin.
      Un usage de vin de dessert ou de méditation.
    • Domaine Pupillo (Siracusa – Sicile) :
      J’ai profité de l’occasion pour déguster les deux nouvelles références de Moscato di Siracusa naturellement doux 2009 :   

      – Solacium 2009 Moscato di Siracusa. Récolté mi- septembre 2009. La vinification se révèle de plus en plus précise. Avec 14% d’alcool et 100g de sucres résiduels, le vin nous offre un équilibre, un fruit et un moelleux de haute volée. 6 000 bouteilles seulement ont été produites. – Pollio 2009 Moscato di Siracusa. Récolté fin août 2009. Robe or vert clair. Nez sur la finesse et la complexité. Avec 14% d’alcool et 45g de sucres résiduels, c’est un équilibre complètement différent du Solacium. C’est délicieux avec une longue finale et une touche iodée, qui rappelle  que nous sommes extrêmement proches de la mer.

    Suite du reportage, la semaine prochaine. En attendant, vous pouvez déjà profiter de la galerie-photo.


  • Baroque Moscato di Noto 2015 DOC (0.50L) – Sicile (vin naturellement doux)

    Située à l’extrême sud de la Sicile en dessous de Syracuse, l’appellation MOSCATO DI NOTO couvre les zones de Noto, Avola et Pachino.

    Une très belle grappe de Muscat à Petits Grains

    D’origine ancestrale, la culture du Muscat à Petits Grains donne ici d’excellents résultats. La DOC (Appellation d’origine contrôlée) a été créée en 1974. Durant une vingtaine d’années,elle a gardé un caractère quasi confidentiel avec une vingtaine d’hectares cultivés par la Cave Expérimentale de Noto.
    Depuis quelques années, quelques producteurs conscients du potentiel exceptionnel de cette appellation ont replanté le territoire, mais on ne dépasse toujours pas quelques dizaines d’hectares. Le succès aidant, on peut s’attendre à une certaine extension de cette appellation.

    Le vin peut être produit en Muscat naturellement doux, allant du demi-sec au très liquoreux, fonction du millésime et de la date de la vendange, en passant par le « Spumante » (effervescent) jusqu’au « Liquoroso » qui lui est fortifié et peut atteindre 16 ou 17% d’alcool.
    A notre avis et ce ne sera pas une surprise pour vous, le plus intéressant est le Naturellement doux liquoreux, qui exprime au mieux l’âme du terroir et du cépage.

    Ce terroir est principalement composé d’argile, de sable et de sédiments apportant un caractère particulier au vin.

    BAROQUE MOSCATO DI NOTO DOC 2015 (0,50L)
    ITALIE – Sicile
    Vin naturellement doux
    – Domaine Rudini

    BAROQUE MOSCATO DI NOTO 2008 DOC

    Zone de production : Rosolini (province de Syracuse), près de Pachino.

    Cépage : Muscat à Petits Grains 100%

    Les raisins ont été vendangés deuxième quinzaine de septembre 2015 à une maturité optimale leur permettant de conserver une bonne acidité.
    Les raisins ont ensuite subi une macération péliculaire d’environ huit heures, puis ont été pressurés et ont fermenté à une température d’environ 16°C en cuve inox. La fermentation a été interrompue naturellement par un passage au froid et un léger sulfitage lorsque l’on a atteint environ 9,5 % d’alcool /vol, ceci afin de conserver une quantité de sucres résiduels suffisante.
    Le vin a poursuivi son élevage en cuve et a été mis en bouteilles au mois de janvier 2016.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 9,5% /vol
    Acidité totale : 6,5‰
    Sucres résiduels : 130g/L

    Ce vin présente une robe or clair dense et brillante.
    Le bouquet frappe immédiatement par une superbe fraicheur aromatique où domine des arômes d’écorce d’oranges, de pistache, de rose, de nèfle, de confiture d’agrumes et d’abricots secs.
    En bouche, on est surpris par l’équilibre entre l’acidité et la douceur naturelle du vin. On ne ressent en aucun cas une saturation apportée par sa richesse naturelle en sucres. La finale est longue sur des arômes d’agrumes frais et de fleur d’orange.

    Vraiment formidable dans son style !

    Don Rosario di Pietro et Jean-François en Mars 2012.
    Don Rosario di Pietro, président de Feudo Rudini et Jean-François Ragot en Mars 2012.

    Pour finir, quelques photos de la splendide ville baroque de Noto classée au Patrimoine de l’humanité.

    Vue d’ensemble du centre historique baroque de Noto.
    Cathédrale baroque de Noto.
    Détail d’un balcon d’un des multiples palais baroques de la ville de Noto.

  • Archives : Ruster Gewürztraminer Spätlese 2007 (vendanges tardives) Domaine Bruno Landauer (Burgenland – Autriche)

    Grappes de Gewürztraminer

    Pour nos amis Français, l’évocation du Gewürztraminer fait immédiatement penser à l’Alsace. Ils sont toujours étonnés d’apprendre que l’origine du cépage Traminer se situe dans le Tyrol du sud (ancienne province autrichienne annexée par l’Italie à l’issue de la première guerre mondiale en 1918).
    En effet, la première mention que l’on trouve du cépage Traminer se situe vers l’an mille dans le petit village de Tramin. Ce cépage s’est très rapidement répandu dans l’ Europe germanique, particulièrement dans le Palatinat puis dans le reste de l’Europe continentale. C’est au XXème siècle qu’il a commencé à franchir les mers et aujourd’hui, il est plus ou moins répandu sur tous les continents viticoles.

     

    Grappe du cépage Gewürztraminer

    Il faut noter l’existence d’un certain nombre de variétés, le Gewürztraminer proprement dit, présentant des baies de couleur rosée et une puissante intensité aromatique. Gewürzt signifie « épicé » en allemand. Bien que le Gewürztraminer soit parfois appelé seulement Traminer, il s’agit de la même variété. Toutefois, les ampélographes ont depuis des lustres identifié une variété de Traminer à baies blanches, non aromatique, que l’on retrouve entre autres dans le Jura, sous le nom de Savagnin. Le Gewürztraminer est d’ailleurs également appelé Savagnin rosé.
    Selon les terroirs et le type de vinification, le vin issu de ce cépage peut présenter un parfum quelque peu exubérant et sa robe offrir des nuances d’un or évolué dues à la forte pigmentation du cépage.

     

    Bruno Landauer dans ses vignes en compagnie de Marguerite

    Ruster Gewürztraminer Spätlese (vendanges tardives) 2007
    Domaine Bruno Landauer

    Bruno Landauer, vinificateur très avisé, s’est fait une véritable spécialité des vendanges tardives de Gewürztraminer. Ses vins ne sont jamais lourds mais toujours délicats. Il n’a pas son pareil pour vendanger à l’équilibre optimum et saisir la quintessence et la noblesse du fruité de ce cépage.

    – Richesse du moult à la vendange : 22 °KMW
    (22% de sucres en masse volumique)
    – Alcool : 10.8 %
    – Sucres résiduels : 69.8 g/L
    – Acidité fixe : 5.7 ‰

    2007 a connu un été très chaud en Europe centrale, mais des pluies bienvenues ont permis l’obtention de vins moelleux très aromatiques et particulièrement équilibrés.
    Vendangé début octobre 2007, avec une qualité de raisins en surmaturité peut-être encore supérieure à celle de 2006, ce vin nous offre une expression rare du cépage Gewürztraminer récolté en vendanges tardives.

    Ce vin remarquable, a acquis une belle notoriété depuis le début des années 2000. Le millésime 2007 offre en bouche, une belle consistance. Il sort complètement du côté parfois « lourdingue » que l’on rencontre souvent dans les vendanges tardives issues de ce cépage.
    On retrouve ici une palette de fruits exotiques frais avec finesse et surtout équilibre, grâce à une acidité suffisante. Aujourd’hui, on parlerait dans le jargon œnologique de la dégustation de tension !
    C’est tout à fait délicieux avec une application particulière pour l’apéritif.
    Très bon rapport Qualité / Prix.

    Les vignobles de Rust au dessus du lac de Neusiedeln en automne.