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  • News Septembre 2005

    Cher(e) ami(e) œnophile, cher(e) client(e),

    En cette reprise d’activité après une coupure estivale bien méritée, nous revenons vers vous pour vous remercier du grand intérêt que vous nous avez témoigner au mois de juin à l’occasion des vingt ans de Dionis.
    Certains parmi vous, nous ont gentiment reprocher de célébrer cette anniversaire juste avant les vacances, mais on ne choisit pas toujours sa date de naissance… Qu’ils se rassurent, nous avons l’intention d’organiser d’autres manifestations œnologiques au cours des mois à venir.
    Comme c’est devenu traditionnel en France depuis une quinzaine d’années, nous allons sacrifier également à notre manière au rituel des Foires d’Automne.

    Tout d’abord, quelques nouvelles d’Europe centrale où j’ai passé une partie de l’été.
    Vous avez certainement pris connaissance dans les médias des conditions météorologiques très difficiles en Europe orientale, particulièrement en Roumanie et en République de Moldavie.
    Dans les Carpates du sud et surtout dans la zone de Dealu-mare, jusqu’à 80% de la récolte a été perdue. En Moldavie roumaine, on peut estimer à Cotnari des pertes allant de 25% pour les vignobles les mieux soignés, à 70% pour les autres. Un temps sec s’est établit pour une quinzaine de jours à partir de fin août, mais dès la mi-septembre il faut déplorer de nouvelles précipitations malencontreuses. Nous vous tiendrons informés en novembre de la qualité probable du millésime 2005.
    Pour ce qui concerne la zone de Tokaj, les mois de juillet et août ont été relativement humides, avec des précipitations régulières et un taux moyen d’hygrométrie élevé. Ceci a entraîné le développement de foyers de pourriture grise. Heureusement un temps sec et assez chaud s’est mis en place à partir du 29 août. Trois semaines après, les conditions sont devenues très bonnes pour les vignobles où les rendements sont modérés.
    Si ces conditions favorables se poursuivent comme on peut l’espérer sur la deuxième quinzaine de septembre et le mois d’octobre, un bon, voire un grand millésime n’est plus à exclure.

    Foire d’automne 2005

    Pour cette foire d’automne 2005 nous espérons vous faire plaisir en vous proposant une promotion sur une sélection de nouveautés et de grands vins de la Collection des Vins mythiques et légendaires de Dionis , des valeurs sûres à déguster immédiatement ou à garder en cave en vue de moments privilégiés.

     

    Nouveautés… Nouveautés… Nouveautés…

    VESEVO TAURASI DOCG 2000
    Campanie- Italie

    Après l’excellent millésime 1998 rapidement épuisé, nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement du millésime 2000.

    Nous vous rappelons que le Taurasi est une appellation DOCG de Campanie, produite sur des sols volcaniques à une centaine de kilomètres à l’est de Naples.

    Vignoble de vieilles vignes de 30 ans de la « Terra di Venticano ».

    Cépage : Aglianico 100%

    Elevage : une année en barrique de chêne français et une année en foudre de chêne de Slavonie.

    Très proche du millésime 1998, c’est un grand vin à la robe pourpre sans évolution, au bouquet intense de fruits rouges et d’épices.

    La bouche est ample, riche, sur des notes de café, cacao et fruits rouges macérés.

    Les tannins sont bien présents mais très mûrs.

    Vin de grand plaisir promis à une bonne garde d’une dizaine d’années .

     

     

     

    GOLSER SANKT LAURENT 2004
    Georg Lunzer – Burgenland –Autriche

    Provenant peut-être d’une mutation du Pinot noir (cépage génétiquement instable), le Sankt Laurent a été identifié autrefois en Alsace. Il n’est de nos jours, plus cultivé qu’en basse Autriche et dans le Burgenland.

    Cette cuvée de 2004 de Sankt Laurent présente une robe pourpre très sombre.

    La bouche est concentrée, marquée par les petits fruits rouges. C’est aromatique, original, typé.

    Ce vin présente un taux d’alcool naturel de 14%, gage d’une excellente maturité du raisin. Proche du Pinot noir, il est à boire dans les trois ans sur son fruit .

    Les valeurs sûres … Les valeurs sûres …

     

     

    MIDDELVLEI SHIRAZ 2001
    ( W.O Stellenbosch)

    Rappel lettre de Mars 2004

    Grand Domaine de 130 ha appartenant à la famille Momberg, sa production de Shiraz (Syrah) est particulièrement estimable. Le millésime 2001 a permis d’élaborer un vin puissant mais pas trop alcoolisé (13,1%).

    D’une belle robe grenat, il offre une palette d’arômes de fruits noirs et d’épices particulièrement savoureuse, avec un boisé d’élevage bien intégré.

    Il plaira tout particulièrement aux amateurs de Côtes du Rhône nord qui retrouveront une expression originale de leur cépage favori.

     

     

     

     

     

     

     

     

    KLEIN CONSTANTIA CHARDONNAY 2003
    (w.o Constantia – Afrique du sud)

    Rappel lettre de Décembre 2004

    Provenant des même terroirs que le Rhineriesling à une altitude de 250 mètres au dessus du niveau de la mer, le millésime 2003 a bénéficié de conditions climatiques optimales, qui ont permis d’obtenir une lente maturation des raisins .

    Fermenté pour partie en cuve inox et pour le reste dans le bois, le vin a été élevé pendant huit mois en barriques françaises (60% neuves).

    La robe or clair est limpide et brillante.

    Le nez présente des arômes typés des grands vins blancs bourguignons (beurré et grillé).

    La bouche est ample et équilibrée avec une finale fraîche et minérale. Bonne garde prévisible.

    QUINTA DOS ROQUES ENCRUZADO 2001
    APPELLATION DAÕ- PORTUGAL

     

    Un blanc typé du cépage Encruzado 100% (cépage indigène du nord du Portugal).

    Il présente une jolie puissance aromatique sur les fruits blancs très mûrs et légèrement citronnés. La finale sur une acidité toute en finesse, apporte équilibre et fraîcheur.

    DINSTLGUT LOIBEN
    RIESLING SANKT QUIRIN 2004

     

    Rappel lettre de juin 2005

    Sur 1350 hectares de vignes plantées sur les coteaux agrestes dominant le Danube, la Wachau offre très certainement un des plus charmants paysages viticoles d’Autriche et même d’Europe.
    Grâce à des conditions climatiques nettement plus fraîches que celles qui règnent dans la région pannonienne dont fait partie le Burgenland, la Wachau produit certainement les vins blancs secs les plus fins et les plus fruités d’Autriche. Ses terroirs sont caractérisés par des formations rocheuses primitives, composées de Gneiss ferrugineux, de granit et de schistes.

    Vin très fruité, marqué par une bonne acidité revigorante, faisant ressortir la minéralité due au terroir.

    A boire le soir à l’apéritif ou sur un poisson blanc de lac ou de rivière.

    GOLSER STROHWEIN 2003
    CABERNET SAUVIGNON « VIN DE PAILLE »

     

    1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).

    Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW(35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

    Alcool : 11.7 %vol
    Sucres résiduels : 211.8 gr/litre
    Acidité fixe : 8.7% 0.

    La robe est rubis-corail . Ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges est remarquablement équilibré. La persistance aromatique est excellente.

    Produit sans équivalent dont nous ne pouvons garantir la pérennité de production dans les années à venir. Les risques liés à la vinification de ce type de vins sont considérables.

    TOKAJI ASZU 6 PUTTONYOS 1999
    Château Sarospatak

     

    160 g/l. de sucre résiduels et 12% d’alcool vol.

    Robe or vert profond, limpide et brillante.
    Nez d’une belle intensité marqué par des arômes de passerillage, de fruits blancs et exotiques frais.
    Bouche explosive avec un exceptionnel équilibre entre les sucres résiduels et une splendide acidité.
    Immense persistance aromatique. Probablement le plus grand millésime de la nouvelle génération des Tokaji. Un vin d’anthologie.

    NECTAR DE SAMOS 2000
    Vin naturellement doux

     

    Nous tenons là le « prototype » même du Vin Mythologique du bassin méditerranéen, obéissant à une tradition antique qui consistait à exposer au soleil les grappes fraîchement vendangées à pleine maturité, afin d’en concentrer les sucres et les extraits.

    L’aire d’appellation couvre environ 150 hectares. Les meilleures vignes sont cultivées en terrasse sur des coteaux abrupts à une altitude pouvant atteindre 800 mètres.

    Le Nectar est quant à lui issu des meilleurs terroirs en terrasse à une altitude élevée, favorisant une lente et régulière maturation, préservant la conservation des arômes et de l’acidité, qui sont à la base de l’équilibre d’un grand liquoreux. Les vendanges peuvent se produire pour certains sites jusqu’à la fin du mois d’octobre. Les grappes, provenant exclusivement du Muscat à petits grains, sont exposés au soleil sur des nattes pendant au moins 8 jours, ce qui accélère fortement leur déshydratation ou passerillage. Les raisins sont ensuite pressurés dans des pressoirs pneumatiques. Le moût est mis à fermenter dans des cuves inox à températures contrôlées d’environ 17°C. Lorsque les fermentations commencent à faiblir, le vin est refroidi, légèrement sulfité et transféré dans des barriques d’élevage de chêne.

    Alcool : 14 %Vol, acidité : 5,2 pour mille, 150 grammes par litre de sucres résiduels .

    La robe est or clair, soutenu, limpide, dense, brillante.
    Le nez est riche, fin, complexe, élégant.
    Le côté variétal, exotique du Muscat à petits grains est peu marqué, gommé en quelque sorte par la noblesse du terroir et la complexité des arômes issus d’un élevage très soigné. On est sur la figue, la noisette, le raisin de Corinthe, avec une touche de miel et de tabac blond.

     

    Bonnes dégustations et sincères salutations oenophiles
    Jean-François RAGOT

     

     

    Communication de l’offre spéciale « Foire d’automne »
    valable jusqu’au 10 Octobre 2005 sur simple demande.


  • News Juin 2005

    LES 20 ANS DE DIONIS


    Vingt ans, c’est pour l’homme le sommet de sa jeunesse avec le désir de croquer la vie à pleines dents, accompagné d’une indicible sensation d’éternité…

    Qui ne s’en souvient avec un doigt de nostalgie…

     

    Qu’en est-il des vingt ans d’une entreprise et plus particulièrement de la notre , DIONIS ?

     

    Dionis a été crée, au mois d’Avril 1985 par votre serviteur, âgé alors de 35 ans. L’entreprise s’est installée à Orliénas, à 20km au sud-ouest de Lyon et y est demeurée.

    Dionis a été conçue pour être une entreprise artisanale orientée vers une recherche esthétique du vin , sans aucune limite, au service de clients œnophiles curieux et passionnés.

    A ce sujet, j’ai toujours été très étonné par la facilité avec laquelle certains se laissent manipuler par les « étiquettes », souvent prêts à payer deux ou trois fois le juste prix d’un produit , sous prétexte qu’il a été pris en charge par un « leader d’opinion », journaliste « spécialisé » ou autre « meilleur sommelier de France, d’Europe ou d’ailleurs… »

     

    Mais, quelle garantie peut bien vous apporter une petite Maison comme Dionis ?

    Sommes-nous vraiment plus crédibles que les autres ? Peut-être ! peut-être pas …

     

    En tout état de cause, nous vous laissons juges. Permettez moi juste de vous rappeler les principes qui ont régie notre action au cours de ces vingt dernières années.

     

    Tous nos vins ont été sélectionnés sur place , dans les diverses propriétés d’Europe et du Nouveau Monde.

    Comme les bons cavistes ou sommeliers vont directement à la propriété en France, pour acheter leurs vins, nous faisons de même, mais dans le monde entier ! C’est un travail considérable et coûteux, mais passionnant et irremplaçable. Je veux bien parier que nous sommes les seuls à le faire sur notre marché , alors que tant de vins sont actuellement achetés en deuxième ou troisième main par les relais de la Grande Bretagne ou de la Belgique.

     

    Dans un univers mondialisé qui tend vers la concentration des opérateurs et le développement de produits marketing à petits prix, parés d’étiquettes flatteuses, il devient difficile mais tellement gratifiant de maintenir notre caractère artisanal et notre liberté de choix.

     

    Cet amour du vin et du voyage nous a permis de pérenniser notre activité sans céder aux sirènes du marketing démagogique et d’atteindre avec enthousiasme et fraîcheur nos vingt printemps, soutenus par la fidèle complicité de nos clients et amis œnophiles.

     

    Merci de votre confiance

     

    Jean François RAGOT

    Voyage en Sicile

    C’est avec joie et émotion que j’ai repris pied en Sicile le 19 Mai dernier après 27 années d’absence…

    En 1978, je n’étais pas encore dans le monde du vin, mais très intéressé déjà. Je n’ai pas de souvenirs bien passionnants des vins siciliens d’alors, si ce n’est une impression de consternante médiocrité, que ce soit pour les rouges et pis encore pour les Blancs. Il faut se rappeler, qu’avec 140 000 Ha, la Sicile produit 25% de l’ensemble des vins italiens, soit 9 millions d’hectolitres en moyenne…

    Les conditions climatiques sont idéales pour la production de vins de qualité et rappellent celles de l’Afrique du Sud. Les sols maigres sont excellents, les expositions parfaites et il est très facile de « prendre un peu de hauteur » (700 à 800 m d’altitude).

    Toutefois, la léthargie sera bien longue et il faudra attendre les années 90 pour voir remis en valeur le remarquable patrimoine ampélographique présent ici depuis l’antiquité. Terrain privilégié des grands domaines (latifundia), le renouveau n’est pas passé par la mise en valeur de petites propriétés comme dans le nord. D’énormes investissements ont été conduits, en partie avec l’aide des Fonds Européens et le résultat semble à la hauteur des attentes.

    Ce premier coup d’œil a été consacré à la région de Palermo, Trapani et Marsala. Ce n’est qu’un coup de « périscope » sur le monde du vin sicilien, mais il m’engage à poursuivre mes investigations de ce côté-ci de l’Europe.

    J’ai eu le plaisir de visiter plusieurs domaines intéressants et de goûter de nombreux vins issus de cépages indigènes, blancs, rouges et liquoreux (vins doux naturels et surtout vins naturellement doux).

    La dégustation des vins blancs secs a mis en relief l’excellence des cépages Grillo, Catarratto à la base des excellents vins de Marsala. J’aurai l’occasion de revenir dans une prochaine lettre de Dionis sur le renouveau de ces derniers. Le temps du « Marsala à l’œuf » est heureusement bien fini. Il reste toutefois beaucoup de travail en matière d’image, pour restaurer leur réputation entachée par des produits indignes. J’ai personnellement dégusté une grande sélection de Marsala secs et liquoreux qui m’a fait belle impression.

    Un dernier cépage blanc intéressant, est l’ Inzolia . Ce dernier conserve en dépit du climat une très bonne acidité lorsqu’il n’est pas vendangé trop tard.

    Pour ce qui concerne les vins rouges, la vedette incontestée des cépages est le fameux Nero d’Avola appelé aussi parfois Calabrese . Je le comparerais volontiers, quant à ses qualités, à l’ Aglianico de Campanie. Il donne, à rendements modérés, des vins denses et riches en couleur, très aromatiques, sans aucune dureté. Un assemblage avec du Cabernet-Sauvignon ou de la Syrah confère aux meilleurs vins une belle complexité. Je voudrai citer tout particulièrement les vins du domaine Tarucco (le sympathique Stefano Geraci). Son Nero d’Avola 100% présente une belle robe grenat à reflets violacés. Sa cuvée d’assemblage (Nero d’Avola 40%, 30% Syrah et Cabernet-sauvignon 30%) est en tous points remarquables. Ces deux vins semblent aptes à une certaine garde.

    Le cépage Frappato di Vittoria m’a semblé assez intéressant également avec des vins riches en arômes de fruits rouges, mais sans peut être la complexité du précédent.

    Bien entendu, ce qui a retenu immédiatement mon oenophile attention avant tout autre chose, c’est le remarquable potentiel des Iles Lipari et Pantelleria pour la production de vins liquoreux. Les plus remarquables sont et ce n’est pas un hasard, les vins naturellement doux provenant de vendanges de raisins séchés au soleil. Comme vous ne l’ignorez plus, il ne faut pas confondre cette catégorie de vins qui couvre les vins de pourriture noble, les « vins de glace » et autres vins de paille, avec les vins doux naturels , qui eux proviennent d’un moût en fermentation « muté » par adjonction d’alcool (Beaume de Venise, Muscat de Frontignan….)

     

    MALVASIA DELLE LIPARI PASSITO DOC

    Petites îles situées au nord de la Sicile où rien ne semble (à première vue seulement) avoir changé depuis l’antiquité…les Iles Lipari ou Eoliennes sont au nombre de sept :

    Stromboli (avec son fameux volcan qui crache bombes et lave sans répit depuis des millénaires), Panaréa, Vulcano (et ses vapeurs sulfureuses), Alicudi, Filicudi et enfin Salina et Lipari où sont produits des vins naturellement doux depuis la plus haute antiquité .

     

    Un petit mot tout d’abord sur le fameux cépage Malvoisie ( Malvasia).

    C’est certainement avec le Muscat un de nos plus anciens cépages, probablement originaire d’Asie mineure. La Malvoisie tire son nom d’un ancien port du sud de la Grèce, Monenvasia . Cet excellent cépage s’est répandu rapidement dans toute l’Europe. Il est présent, sous sa variété originelle, mais aussi sous celles qui en descendent , en Espagne et au Portugal ( Malvasia fina ), en Allemagne et en Autriche ( Fruehroter Veltliner ) et un peu partout en Italie. La Malvoisie a migré bien entendu également dans le Nouveau Monde. Elle existe principalement dans les Pouilles en Italie, sous sa forme Malvasia bianca , mais également Malvasia Nera , très aromatique.

    C’est un cépage riche en extraits secs, qui produit dans sa meilleure version des vins capiteux, aromatiques et concentrés. Il affectionne les collines et les flancs de coteaux, sous des climats de type méditerranéen assez chauds et surtout secs.

    Ce n’est pas un hasard si la variété cultivée dans les îles éoliennes est certainement la plus proche du modèle grec d’origine. Elle peut être éblouissante dans sa version « historique liquoreuse » issue de raisins séchés au soleil.

    La Malvoisie des îles Lipari avait complètement disparu après la crise du phylloxéra à la fin du 19eme siècle. Il faudra attendre les années trente avec Nino Lo Schiavo pour sa timide réapparition et surtout les années soixante dix avec l’implication de la forte personnalité de Carlo Hauner.

    En principe, le vin peut être produit dans les sept îles de l’archipel. Pratiquement, c’est surtout l’île de Salina qui est concernée, ainsi que de manière très secondaire, Lipari et Panaréa. (une cinquantaine d’hectares pour l’ensemble de l’appellation)

    Sur une soixantaine de viticulteurs inscrits, une douzaine seulement mettent leur vin en bouteille sous leur propre nom. La production totale avoisine les 250 000 bouteilles (vins blancs sec et liquoreux compris), ce qui n’est pas ridicule comparé aux 100 000 cols produits à Château d’Yquem et aux 20 000 cols de Vin de Constance…

    D’après le règlement de la DOC (appellation), le vin « passito » (raisins séchés) est produit à partir de 95% de Malvasia di Lipari et 5% de Corinto Nero .

    Le principe consiste à vendanger les raisins à pleine maturité et à les étendre sur des nattes au soleil, les laisser ainsi lentement se déshydrater (de sept à vingt jours maximum). L’écueil à éviter est surtout l’oxydation, voire la caramélisation du raisin . C’est tout un art d’obtenir alors un raisin qui saura conserver et optimiser tous ses arômes d’origine.

    Une méthode moderne consiste à procéder ensuite à une macération à froid, avant égrappage et pressurage des raisins. La fermentation s’effectue en cuve inox et le vin est mis en bouteille vers le mois de Juin de l’année suivante, afin de préserver au mieux la somptueuse palette aromatique de ce nectar de légende.

     

     

    MALVASIA DELLE LIPARI PASSITO DOC FRANCESCO FENECH 2003 (050L)

    (Vin naturellement doux)

     

    D’un premier abord un peu « bougon », Francesco Fenech gagne à être connu, mais il faut savoir mériter sa confiance pour qu’il accepte enfin de nous livrer quelques uns des secrets de sa Malvasia …

    Mieux vaux également parler l’italien ou le dialecte sicilien…

    Homme d’affaires avisé, il exerce parallèlement à son activité de vigneron, ( 4,5 hectares de vignes ) celle très honorable de loueur de chambres d’hôtes. Celles-ci dominent la mer dans le superbe cadre du village de Malfa (Salina).

     

    Le Malvasia Passito 2003 est une vraie révélation : les raisins vendangés le 20 Septembre, ont été exposés avec précautions 16 jours au soleil avant d’être pressurés et fermentés. Le vin a été mis en bouteille après un élevage de neuf mois en foudre de chêne.

    Il présente un taux d’alcool de 13.5% vol et une quantité de sucres résiduels d’environ 70 gr/l.

    La robe est claire avec quelques reflets topaze. On est immédiatement séduits au nez par des arômes de fruits secs d’une grande finesse, comme l’abricot et la figue, mais aussi de fruits frais comme l’ananas. C’est très complexe. On devine parfois également une palette d’herbes aromatiques et de fleurs de genêts. En bouche, c’est la confirmation du nez, avec une palette subtile, aucune lourdeur et une grande longueur.

    Un véritable « feux d’artifice » de saveurs pour un vin produit si près des volcans…

    A déguster immédiatement ou à garder précieusement une dizaine d’années.

    QUOI DE NEUF CHEZ NOS AMIS FARNESE VINI ? (ITALIE CENTRALE)

     

    Pour ceux d’entre vous qui se sont déjà régalés des Don-Camillo, Montepulciano d’Abruzzo, Primitivo et autres Taurasi, j’ai une bonne surprise !

    Cette Maison achète et vinifie depuis 1994 les meilleurs raisins produits dans les régions Abruzzo , Campania et Puglia . Planant à un très haut niveau qualitatif et toujours avec une longueur d’avance sur leurs homologues de ces régions, que ce soit dans la réhabilitation des anciens cépages ou dans la présentation, ils nous proposent cette fois ci deux vins sortant totalement des « sentiers battus », par leur originalité, leur qualité « ébouriffante » et le choix « hors normes » d’imposantes bouteilles de type bordelaises extra lourdes.

    EDIZIONE 2002 (Vino da Tavola)

    Ce vin est une véritable «  construction œnologique et intellectuelle » de notre œnologue préféré Filippo Baccalaro, qui a décidé de « marier » le centre de la péninsule au grand sud. Les deux grands cépages de l’Italie Centrale, le Sangiovese et le Montepulciano ont été « associés » à trois grands cépages indigènes du Sud, le Primitivo , le Negroamaro et la Malvasia Rossa.

     

    Les meilleurs raisins provenant de vignobles à petits rendements des communes de Colonnella et Ortona pour le Centre ont été vinifiés séparément et assemblés à leurs homologues du sud en provenance des communes de Sava et San Marzano, récoltés et vinifiés avec des exigences qualitatives identiques.

     

    L’assemblage final présente la répartition suivante : Montepulciano : 33%, Primitivo : 30%, Sangiovese : 25%, Negroamaro :7% et enfin Malvasia Rossa : 5%.

     

    C’est un vin de très grande couleur, à la robe grenat foncée, presque noire. Ce qui frappe au premier abord, c’est la complexité aromatique de ce vin inhabituel, où dominent des fragrances de cerise noire très mure, de prune, de groseille, mais aussi de tabac du Transvaal.

     

    La bouche est d’une structure imposante, avec des tanins qui restent fins et veloutés. Elle est très persistante avec une longue finale toastée et chocolatée.

     

    « Vin de Méditation » dans sa version rouge. Quantité produite : 24 000 bouteilles.

    PRIMITIVO DI MANDURIA DOC 2001 « SESSANTANNI »

    Autre « blockbuster » (« superproduction ») ce Primitivo provient de très vieilles vignes âgées d’au moins soixante ans ( Sessantani ).

    Les raisins ont été sélectionnés dans la zone d’appellation Primitivo di Manduria, uniquement dans la commune de San Marzano (vignobles Neviera et Casa Rossa).

    Cette petite appellation, d’une superficie d’environ 800 hectares, est réputée pour la production de vins rouges concentrés et même de vins liquoreux, naturellement doux ou mutés.

     

    La robe, grenat pourpre est d’une grande profondeur.

    Le nez est ample et complexe, très fruité, marqué par des arômes de confiture de prune et de cerise, de tabac blond légèrement épicé.

    Tout comme « Edizione », la bouche est de grand corps, présentant une note balsamique, dotée de tannins fins et soyeux. La finale s’exprime sur des épices très doux, et des saveurs de cacao, café et vanille.

     

     

     

     

     

    UN TOUR EN TOSCANE…

    Un petit mot tout d’abord sur le Chianti, vin universellement connu et tellement galvaudé…

    La zone d’appellation Chianti est considérable, la production atteint en moyenne un million d’hectolitres par an pour 16800 hectares en production. (à titre de comparaison, la surface totale du Beaujolais est de 22 000 ha pour une production de 1.2 millions d’hectolitres).

    La zone d’appellation Chianti se situe au cœur de la Toscane, au sud et à l’est de Florence. L’aire DOCG se divise en huit zones géographiques distinctes, qui peuvent accoler leur nom au vin :

     

     

    CHIANTI RUFINA DOCG 2003 FATTORIA DI BASCIANO

     

    • Chianti Classico (qui possède son propre statut DOCG, délimité à partir de 1716)
    • Chianti Montalbano ,
    • Chianti Rufina, (rien à voir avec Rufino, qui est une marque commerciale)
    • Chianti Colli Fiorentini,
    • Chianti Montespertoli,
    • Chianti Colli Senesi
    • Chianti,Colli Aretini
    • Chianti Colline PisaneCertains Chiantis peuvent également être étiquetés sans autre information particulière, mais il vaut mieux être prudent…Sous la dénomination Chianti, se dissimulent une variété considérable de terroirs, de cépages et par conséquent de vins, qui vont de l’exceptionnel au véritablement infâme…Ayant toujours beaucoup fréquenté l’Italie et ceci depuis mon enfance, j’ai le souvenir de « fiascos » de deux litres laissant au malheureux buveur un souvenir impérissable… ce temps est heureusement révolu .Le principal cépage est l’excellent Sangiovese , que l’on retrouve un peu partout dans toute l’Italie Centrale. Il peut être utilisé seul, mais le plus souvent en association avec le Canaiolo nero, le Trebbiano toscano et la Malvasia nera pour ne citer que les principaux. De plus, on peut adjoindre jusqu’à 15% de Merlot ou de Cabernet-sauvignon à l’assemblage final.La zone des Chianti Rufina quant à elle, a une tradition de qualité très ancienne et le niveau peut être excellent. Elle s’étend sur des collines à l’Est de Florence. Les vignes peuvent être assez élevées, plantées sur un terroir formé de remarquables marnes calcaires.

      Grâce à une bonne acidité, les vins conservent longtemps fraîcheur et finesse.

    La Fattoria di Basciano , propriété de la famille Masi s’étend sur 70Ha, dont 30 Ha de vignobles. D’importants investissements dans les caves et la vigne ont été consentis ces 15 dernières années pour assurer un niveau qualitatif optimal.

    J’ai sélectionné ce vin grâce à l’aide du « Consorzio » des Chianti Rufina, qui a mis à ma disposition des échantillons de plus de 40 domaines. Ce « chemin de croix » m’a permis de sortir du lot trois propriétés, dont celle-ci. Le vin répondait à mes attentes pour sa typicité et présentait un rapport qualité-prix intéressant dans un millésime d’exception .

     

    En effet, le Chianti Rufina DOCG 2003 Fattoria di Basciano est particulièrement bien réussi. Il a bénéficié des conditions climatiques hors normes du millésime dans toute l’Europe.

    Composée de 93% de Sangiovese , 5% de Canaiolo et de 2% de Colorino , la vendange a macérée environ 15 jours en cuves ouvertes. Affinage pour une partie des vins, en barrique durant six mois.

     

    Robe rubis, très profonde et dense,presque grenat. Le nez est puissant, un peu sauvage,avec une belle fraîcheur où l’on distingue les fruits rouges et noirs,ainsi que la violette. En bouche, le vin est structuré, tannique, aromatique et harmonieux. C’est à mon sens un vin qui devrait atteindre sa pleine maturité d’ici deux à trois ans et se conserver une bonne dizaine d’années.

    Ce n’est pas un vin marketing comme tant de Chiantis « bordeaulisés » au Cabernet-sauvignon et au Merlot à la mode Parker…

    C’est un produit qui respecte la culture originelle de sa région de production.

     

    SAVEURS ESTIVALES DU DANUBE

    Je voudrais terminer cette Lettre de Dionis printanière très influencée par l’Italie, en vous invitant à une promenade de fraîcheur sur les bords du Danube, dans la très belle région viticole de la Wachau, à Loiben .

    C’est ici, il y a exactement deux siècles, en 1805, que s’est déroulée une bataille farouche qui opposa plus particulièrement l’armée napoléonienne aux Russes du Maréchal Koutousov. Indécise et très meurtrière, nous laisserons au jugement de l’histoire, la désignation du vainqueur.

    Sur 1350 hectares de vignes plantées sur les coteaux agrestes dominant le Danube, la Wachau offre très certainement un des plus charmants paysages viticoles d’Autriche et même d’Europe.

    Grâce à des conditions climatiques nettement plus fraîches que celles qui règnent dans la région pannonienne dont fait partie le Burgenland, la Wachau produit certainement les vins blancs secs les plus fins et les plus fruités d’Autriche. Ses terroirs sont caractérisés par des formations rocheuses primitives, composées de Gneiss ferrugineux, de granit et de schistes.

    Traditionnelle « chasse gardée » du Riesling la Wachau produit également d’excellents Grüner Veltliner, remarquable cépage indigène de cette partie de l’Europe. Ses vins sont amples, fruités, équilibrés avec souvent une surprenante note épicée.

    Après un millésime 2003 marqué également par la canicule, 2004 revient vers des normes plus traditionnelles et présente une acidité beaucoup plus rafraîchissante.

    Ce sont trois parfaits vins d’été que nous vous proposons, à boire le soir à l’apéritif ou sur un poisson blanc de lac ou de rivière.

    DINSTLGUT LOIBEN – GRÜNER VELTLINER LOIBNER SCHÜTT 2004

    Vins très coulant, équilibré, fruité, de bonne fraîcheur aromatique avec une petite pointe épicée.

     

    DINSTLGUT LOIBEN – RIESLING SANKT QUIRIN 2004

    Vin plus ambitieux, très fruité, marqué par une bonne acidité revigorante, faisant ressortir la minéralité due au terroir.

     

    DINSTLGUT LOIBEN – WEISSBURGUNDER 2004

    Un Pinot blanc original, sur un terroir inhabituel pour ce cépage. Assez concentré, avec une touche de sucre résiduel qui lui apporte la souplesse. Vin très fruité.

     

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