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  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • Malvasia Delle Lipari DOC Passito 2011 Azienda Fenech (0,50L) – Ile de Salina – Sicile

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    Les conditions de la vendange ont été excellentes et se déroulées vers le 25 Septembre 2011.

    Les raisins d’un état sanitaire parfait ont été exposés au soleil de ce début d’automne durant deux semaines. A l’issue de ce processus de concentration, les raisins ont subi une cryo-macération (macération à froid) de 24 heures, afin d’extraire encore plus d’arômes.

    Afin de ne pas en altérer la pureté, le moût une fois pressuré, a fermenté en cuve inox et a été élevé durant quelques mois, pour partie en foudre de chêne, le reste en cuve inox. Les deux cuvées sont assemblées au final pour la mise en bouteille. Ce fût un choix délibéré, car l’élevage aurait très bien pu s’effectuer en barriques de chêne pour une durée de deux années, comme le font certains producteurs. Les arômes auraient pris alors un tour beaucoup plus « oxydatifs », ce qui aurait signifié un style très différent, gommant un peu, à notre avis, la grande délicatesse de la Malvoisie.

    La quantité totale produite a été de 35,20 hectolitres.

    Les éléments analytiques sont les suivants :
    •  Alcool acquis : 13,39 %/vol
    •  Sucres résiduels : 112,4 g/l
    •  Extraits Secs : 42,5 g/L
    •  Acidité totale :7,4 ‰

    Le vin présente une robe claire à reflets verts, brillante, particulièrement engageante…
    Le nez est floral, complexe, avec beaucoup de fraîcheur. En bouche, l’ensemble est savoureux, très fruité, avec dominante de fruits exotiques.
    C’est la confirmation du nez, sans aucune évolution, avec une très belle acidité, qui étonne pour une région aussi méridionale. Remarquable équilibre acidité/alcool/sucres résiduels. Ce vin est entièrement construit sur la subtilité de ses arômes et la finesse de sa structure. Grande persistance en bouche.
    Vin vraiment magnifique, grand vin de méditation.

    Ce vin progresse doucement vers la maturité, qu’il atteindra vers 2016. Il évoluera ensuite positivement sur une quinzaine années et procurera de grandes satisfactions à l’œnophile patient.


  • News : 6 mai 2014 : Retour Vinitaly (suite et fin)

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    Orliénas, le 6 mai 2014,

    Francesco Fenech et Jean-François Ragot, le 8 avril 2014.
    Jean-François Ragot et Francesco Fenech , le 8 avril 2014.

    Il n’est pas de Vinitaly sans une visite à notre ami Francesco Fenech de Salina dans les iles Lipari (Nord de la Sicile).
    Il produit un certain nombre de vins par achat de raisins sur le continent, mais sa production la plus exceptionnelle est bien entendu sa Malvasia delle Lipari Passito.
    Je vous engage à cliquer sur le lien suivant : Malvasia delle Lipari, qui vous ouvrira un dossier sur le sujet.
    J’ai dégusté le dernier millésime disponible, un 2011, à la robe dorée et au nez particulièrement intense. La bouche est délicieuse, aromatique, d’une incroyable finesse et de grande longueur.
    C’est un superbe moelleux naturellement doux présentant un taux d’alcool de 13%/vol et 115 g de sucres résiduels par litre.

     

    Une visite dans le Piémont m’a permis de rencontrer mes deux partenaires historiques : Gianluca Viberti (Barolo) et Gianfranco Torelli (Moscato d’Asti).
    Gianluca me présente son premier millésime vinifié depuis qu’il s’est séparé du domaine familial : le Barolo Bricco delle Viole 2010. Ce vin à la robe rubis intense avec évolution nous offre un nez complexe; la bouche est savoureuse, aux tanins vigoureux et marquée par des arômes typiques de goudron et de violette. Très beau vin qui s’exprimera superbement dans sa maturité prévisible vers 2018-2020.

    Chez Gianfranco Torrelli, dont le domaine en agriculture bio est une référence dans la région, c’est l’occasion de découvrir son dernier Barbera I Mandorli 2012. Bon vin particulièrement puissant à la robe violette foncée, intense et au fruit presque sauvage.
    Gianfranco me présente également une cuvée 2009 100% Merlot « Monferrato Rosso DOC Novo Rubens« . Le vin est assez impressionnant avec une robe profonde, grenat, très peu évoluée, une bouche concentrée aux fruits bien mûrs. L’élevage de 24 mois en barriques et demi muy usagés de deux à cinq ans, a été conduit de main de maître.

    Gianfranco m’a présenté un de ses amis producteur en agriculture bio, Enrico Rovero. Ce dernier produit entre autres le fameux Brachetto effervescent à la robe rubis clair. Ce vin est vinifié exactement de la même manière que le Moscato d’Asti. Il est marqué par d’intéressants arômes de fruits rouges, une bouche délicate et bien construite. (alcool : 6,5% et 120 g de sucres résiduels).

    JeanFrançois Ragot entouré par Gianluca Viberti (à gauche) et Gianfranco Torrelli, le 8 avril 2014.
    Jean-François Ragot entouré par Gianluca Viberti (à gauche) et Gianfranco Torelli, le 8 avril 2014.

    J’ai, bien entendu, visité beaucoup d’autres domaines également et il est hors de question de les citer tous. Toutefois, je voudrais revenir sur un domaine de l’appellation Collio (extrême partie nord-est de l’Italie) sur la frontière de Slovénie. Il s’agit du domaine Draga. Le sympathique Mitja Miklus m’a fait déguster avec compétence et enthousiasme quelques vins qui ont retenu mon œnophile attention. Je voudrais citer particulièrement les vins vins blancs secs et moelleux issus de cépages autochtones :

    La Ribolla Gialla 2013, à la bouche vigoureuse, presque tannique et aux délicats arômes de fruits à pépins.
    Le Friulano 2013, vin blanc sérieux, très proche du raisin et de bonne complexité.

    Enfin, la « merveille des merveilles » de cette région, le célèbre et rarissime vin blanc liquoreux le Picolit, dans le millésime 2011. Ce dernier vin présente avec avantage toutes les qualités que l’on recherche dans un vin liquoreux naturellement doux passerillé. Il exprime sans fards la typicité de ce cépage avec un fruité de grande franchise et une belle longueur savoureuse.

    Suite et fin du compte-rendu de mon voyage qui s’est poursuivi  en Europe centro-orientale, la semaine prochaine.


  • Malvasia Delle Lipari

    Petites îles situées au nord de la Sicile où rien ne semble (à première vue seulement) avoir changé depuis l’antiquité…les Iles Lipari ou Éoliennes sont au nombre de sept :

    Stromboli (avec son fameux volcan qui crache bombes et lave sans répit depuis des millénaires), Panaréa, Vulcano (et ses vapeurs sulfureuses), Alicudi, Filicudi et enfin Salina et Lipari où sont produits des vins naturellement doux depuis la plus haute antiquité .

    Un petit mot tout d’abord sur le fameux cépage Malvoisie (Malvasia).

    C’est certainement avec le Muscat un de nos plus anciens cépages, probablement originaire d’Asie mineure. La Malvoisie tire son nom d’un ancien port du sud de la Grèce, Monenvasia . Cet excellent cépage s’est répandu rapidement dans toute l’Europe. Il est présent, sous sa variété originelle, mais aussi sous celles qui en descendent , en Espagne et au Portugal ( Malvasia fina ), en Allemagne et en Autriche ( Fruehroter Veltliner ) et un peu partout en Italie. La Malvoisie a migré bien entendu également dans le Nouveau Monde. Elle existe principalement dans les Pouilles en Italie, sous sa forme Malvasia bianca , mais également Malvasia Nera , très aromatique.

    C’est un cépage riche en extraits secs, qui produit dans sa meilleure version des vins capiteux, aromatiques et concentrés. Il affectionne les collines et les flancs de coteaux, sous des climats de type méditerranéen assez chauds et surtout secs.

    Une grappe de Malvoisie très caractéristique.

    Ce n’est pas un hasard si la variété cultivée dans les îles éoliennes est certainement la plus proche du modèle grec d’origine. Elle peut être éblouissante dans sa version « historique liquoreuse » issue de raisins séchés au soleil.

    La Malvoisie des îles Lipari avait complètement disparu après la crise du phylloxéra à la fin du 19eme siècle. Il faudra attendre les années trente avec Nino Lo Schiavo pour sa timide réapparition et surtout les années soixante dix avec l’implication de la forte personnalité de Carlo Hauner.

    En principe, le vin peut être produit dans les sept îles de l’archipel. Pratiquement, c’est surtout l’île de Salina qui est concernée, pour les deux tiers,  un quart pour Lipari, les 10% restants se répartissant entre Stromboli et Panaréa. (90 hectares pour l’ensemble de l’appellation)

    Sur une soixantaine de viticulteurs inscrits, une douzaine seulement mettent leur vin en bouteille sous leur propre nom. La production totale avoisine les 250 000 bouteilles (vins blancs sec et liquoreux compris), ce qui n’est pas ridicule comparé aux 100 000 cols produits à Château d’Yquem et aux 20 000 cols de Vin de Constance…

    D’après le règlement de la DOC (appellation), le vin « passito » (raisins séchés) est produit à partir de 95% de Malvasia di Lipari et 5% de Corinto Nero .

    Le principe consiste à vendanger les raisins à pleine maturité et à les étendre sur des nattes au soleil, les laisser ainsi lentement se déshydrater (de sept à vingt jours maximum). L’écueil à éviter est surtout l’oxydation, voire la caramélisation du raisin . C’est tout un art d’obtenir alors un raisin qui saura conserver et optimiser tous ses arômes d’origine.

    Passerillage des raisins de la récolte 2004 au soleil.

    Une méthode moderne consiste à procéder ensuite à une macération à froid, avant égrappage et pressurage des raisins. La fermentation s’effectue en cuve inox et le vin est mis en bouteille vers le mois de Juin de l’année suivante, afin de préserver au mieux la somptueuse palette aromatique de ce nectar de légende.

    Passerillage des raisins de la récolte 2004 au soleil.
    Vieille chapelle dans le vignoble de Francesco Fenech

  • EPUISE – Malvasia Delle Lipari DOC Passito 2004 Azienda Fenech (0,50L) – Ile de Salina – Sicile

    MALVASIA DELLE LIPARI PASSITO DOC 2004

    Ceux d’entre vous (et ils sont nombreux) qui ont acheté le vin du millésime 2003 ont découvert un vin naturellement doux extraordinaire et d’une formidable identité.
    Que dire du 2004? qu’il est encore supérieur ? A ce niveau, c’est une pure question de goût.
    Je dirai simplement, que son équilibre est un peu différent, orienté peut être vers encore plus de fraîcheur aromatique que le 2003.

    Les conditions de la vendange ont été excellentes et se déroulées vers la fin Septembre 2004.
    Les raisins d’un état sanitaire parfait ont été exposés au soleil de fin d’été durant deux semaines. A l’issue de ce processus de concentration, les raisins ont subi une cryo-macération (macération à froid) de 24 heures, afin d’extraire encore plus d’arômes.

    Afin de ne pas en altérer la pureté, le moût une fois pressuré, a fermenté en cuve inox et a été élevé durant quelques mois, pour partie en foudre de chêne, le reste en cuve inox. Les deux cuvées sont assemblées au final pour la mise en bouteille. Ce fût un choix délibéré, car l’élevage aurait très bien pu s’effectuer en barriques de chêne pour une durée de deux années, comme le font certains producteurs. Les arômes auraient pris alors un tour beaucoup plus « oxydatifs », ce qui aurait signifié un style très différent, gommant un peu, à notre avis, la grande délicatesse de la Malvoisie.
    La quantité totale produite a été de 42.3 hectolitres.

    Les éléments analytiques sont les suivants :
    •  Alcool acquis : 12.38% vol
    •  Sucres résiduels : 114.4 g/l
    •  Extraits secs : 48.1 g/l
    •  Acidité totale : 5.3‰ (P.H : 3.9)

    Le vin présente une robe claire à reflets verts, brillante, particulièrement engageante…
    Le nez est floral, complexe, avec beaucoup de fraîcheur. On trouve aussi une note de fruits exotiques, mais pas les arômes de fruits secs, comme avec le 2003. En bouche, l’ensemble est savoureux, très fruité, avec dominante de fruits exotiques. C’est la confirmation du nez, avec très peu d’évolution et un remarquable équilibre acidité/sucres résiduels pour un liquoreux du sud de l’Europe. Ce vin est entièrement construit sur la subtilité de ses arômes et la finesse de sa structure. Grande persistance en bouche.

    Ce vin est en tout début de cycle. Il devrait donner pour de longues années de grandes émotions œnologiques aux amateurs patients.

    MALVASIA DELLE LIPARI PASSITO DOC 2004 (dos)


  • Malvasia Delle Lipari DOC Passito 2005 Azienda Fenech (0,50L) – Ile de Salina – Sicile

    Les conditions de la vendange ont été excellentes et se déroulées vers la fin Septembre 2005.

    Les raisins d’un état sanitaire parfait ont été exposés au soleil de fin d’été durant deux semaines. A l’issue de ce processus de concentration, les raisins ont subi une cryo-macération (macération à froid) de 24 heures, afin d’extraire encore plus d’arômes.

    Afin de ne pas en altérer la pureté, le moût une fois pressuré, a fermenté en cuve inox et a été élevé durant quelques mois, pour partie en foudre de chêne, le reste en cuve inox. Les deux cuvées sont assemblées au final pour la mise en bouteille. Ce fût un choix délibéré, car l’élevage aurait très bien pu s’effectuer en barriques de chêne pour une durée de deux années, comme le font certains producteurs. Les arômes auraient pris alors un tour beaucoup plus « oxydatifs », ce qui aurait signifié un style très différent, gommant un peu, à notre avis, la grande délicatesse de la Malvoisie.
    La quantité totale produite a été d’une quarantaine d’hectolitres.

    Les éléments analytiques sont les suivants :
    •  Alcool acquis : 12.5% vol
    •  Sucres résiduels : 120 g/l
    •  Acidité totale : 5.3‰

    Le vin présente une robe claire à reflets verts, brillante, particulièrement engageante…
    Le nez est floral, complexe, avec beaucoup de fraîcheur. En bouche, l’ensemble est savoureux, très fruité, avec dominante de fruits exotiques. C’est la confirmation du nez, avec encore assez peu d’évolution et un remarquable équilibre acidité/sucres résiduels pour un liquoreux du sud de l’Europe. Ce vin est entièrement construit sur la subtilité de ses arômes et la finesse de sa structure. Grande persistance en bouche.

    Ce vin qui arrive doucement à sa maturité en 2012 évoluera encore positivement quelques années. Il devrait donner de grandes émotions œnologiques aux amateurs patients.


  • EPUISE – Malvasia delle Lipari DOC Passito 2003 Azienda Fenech (0,50L) – Ile de Salina – Sicile

    Vin naturellement doux de raisins séchés au soleil.

    MALVASIA DELLE LIPARI DOC PASSITO 2003D’un premier abord un peu « bougon », Francesco Fenech gagne à être connu, mais il faut savoir mériter sa confiance pour qu’il accepte enfin de nous livrer quelques uns des secrets de sa Malvasia

    Mieux vaux également parler l’italien ou le dialecte sicilien…

    Homme d’affaires avisé, il exerce parallèlement à son activité de vigneron, ( 4,5 hectares de vignes ) celle très honorable de loueur de chambres d’hôtes. Celles-ci dominent la mer dans le superbe cadre du village de Malfa (Salina).

    Le Malvasia Passito 2003 est une vraie révélation : les raisins vendangés le 20 Septembre, ont été exposés avec précautions 16 jours au soleil avant d’être pressurés et fermentés. Le vin a été mis en bouteille après un élevage de neuf mois en foudre de chêne.

    Il présente un taux d’alcool de 13.5% vol et une quantité de sucres résiduels d’environ 70 gr/l.

    La robe est claire avec quelques reflets topaze. On est immédiatement séduits au nez par des arômes de fruits secs d’une grande finesse, comme l’abricot et la figue, mais aussi de fruits frais comme l’ananas. C’est très complexe. On devine parfois également une palette d’herbes aromatiques et de fleurs de genêts. En bouche, c’est la confirmation du nez, avec une palette subtile, aucune lourdeur et une grande longueur.

    Un véritable « feux d’artifice » de saveurs pour un vin produit si près des volcans…

    A déguster immédiatement ou à garder précieusement une dizaine d’années.


  • News 27 Décembre 2007

    Orlienas, le 27 décembre 2007,

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    C’est la dernière mise-à-jour de l’année 2007. Nous avons le plaisir de vous proposer quelques très belles images de l’ile de Salina (Iles éoliennes – Sicile) et notamment un petit reportage sur la Malvoisie dans lequel figure notre ami et partenaire Francesco Fenech, qui élabore entre autres le fameux vin liquoreux Malvoisie Passito di Lipari. L’interview est en italien, mais les images sont « universelles » !

    Télécharger la vidéo ( .wmv – 50 Mo)


  • News 8 Mars 2006

    Posté dans par admin

    Orliénas, le 08 mars 2006

    Cher(e) ami(e) œnophile,

    Nous sommes en train de sortir doucement de ce long hiver, que nous ne regretterons pas, si ce n’est qu’il facilite la consommation (avec modération bien entendu !) de vins corsés et de plats roboratifs…

    Chez Dionis, les choses «vont et viennent» : départ en retraite de notre ancien et fidèle collaborateur Raymond Fitoussi , arrivée de ma fille Céline dans l’entreprise, nouveaux projets, dont je vous entretiendrai ultérieurement, etc.

    Bien que ce ne soit pas l’euphorie dans la grande famille du vin en ce début d’année 2006, il faut toutefois « positiver » et accomplir son ouvrage sans faiblesse, au service de la qualité et de l’esthétique. Continuez à nous faire confiance, nous ferons l’impossible pour la mériter.

    Château Sárospatak
    TOKAJI Sarga-Muskotaly vendanges tardives 2004

    C’est un vin vraiment confidentiel que je souhaite proposer maintenant à votre sagacité gourmande…
    Il s’agit d’une micro cuvée de 400 litres élaborée à partir d’un petit vignoble du sud de l’appellation, dans les environs de Tarcal.
    Le «Sarga Muskotaly» est tout simplement le muscat à petits grains, qui compte pour environ 5% de la zone d’appellation Tokaji. Il peut être vinifié en vin sec et plus rarement en vin liquoreux lorsque les conditions le permettent.
    La cuvée que nous vous proposons a été vinifiée pour partie comme un «Aszu» et pour partie comme un Szamorodni doux .
    Deux «tris» de raisins ont été effectués, le premier fin Octobre 2004 avec un très beau choix de grains secs (Aszu de pur muscat), ramassés grains par grains et le second dans la deuxième quinzaine de Novembre, avec une sélection de grappes entières de muscat toujours, très « botrytisées », presque complètement «aszutées».
    Le premier tri de grains aszu a fait l’objet d’une macération traditionnelle dans du moût en fermentation composé de Furmint et de Harslevelu, puis pressuré immédiatement après.
    Le second tri a été pressuré avec une petite presse, puis assemblé au moût du premier tri.
    L’assemblage ainsi constitué a continué paisiblement ses fermentations et a poursuivi son élevage en cuve inox durant une année.
    Le vin a été mis en bouteille au mois de Décembre 2005.

    Ses caractéristiques analytiques sont les suivantes :
    •  Alcool : 12.46%
    •  Sucres résiduels : 120 gr/Litre
    •  Acidité totale : 9.9‰

    D’une robe très claire, ce vin sort complètement des sentiers battus au niveau aromatique et se différencie totalement des Aszu classiques issus du cépage Furmint. Toutefois, le côté « macération » de l’aszu est bien présent et donne beaucoup de consistance au vin. La palette aromatique due au cépage Muscat cultivé en dans cette région d’Europe est particulièrement intéressante et complexe, avec cette acidité tranchante qui donne tout son équilibre au vin.
    Il est amusant d’essayer de comparer ce Muscat Aszu d’ Europe centrale issu du passerillage sur pied et de la pourriture noble avec un Muscat naturellement doux séché au soleil de l’ile de Samos…
    Le même cépage, mais deux univers différents !
    Ce vin qui commence à arriver doucement à son équilibre devrait évoluer favorablement sur une bonne dizaine d’années.

    Il sera disponible au mois de Mai. Une offre spéciale « en primeur » vous sera communiquée sur simple demande. info-contact@dionis-vins.fr

    MALVASIA DELLE LIPARI DOC PASSITO 2004

    Quel plaisir de déguster ce merveilleux breuvage entré dans nos entrepôts le 28 Février !
    Ceux d’entre vous (et ils sont nombreux) qui ont acheté le vin du millésime 2003 ont découvert un vin naturellement doux extraordinaire et d’une formidable identité.
    Que dire du 2004 ? qu’il est encore supérieur ? A ce niveau, c’est une pure question de goût.
    Je dirai simplement, que son équilibre est un peu différent, orienté peut être vers encore plus de fraîcheur aromatique et d’équilibre que le 2003.
    Les conditions de la vendange ont été excellentes et se sont déroulées vers la fin Septembre 2004.
    Les raisins d’un état sanitaire parfait ont été exposés au soleil de fin d’été durant deux semaines. A l’issue de ce processus de concentration, les raisins ont subi une cryo macération (macération à froid) de 24 heures,afin d’extraire encore plus d’arômes.
    Afin de ne pas en altérer la pureté, le moût une fois pressuré, a fermenté en cuve inox et a été élevé durant quelques mois seulement en foudre de chêne. Ce fût un choix délibéré, car l’élevage aurait très bien pu s’effectuer en barriques pour une durée de deux années, comme le font certains. Les arômes auraient alors pris un tour beaucoup plus « oxydatifs », ce qui aurait signifié un style très différent, gommant un peu, à notre avis, la grande délicatesse de la Malvoisie. La quantité totale produite a été de 42.3 hectolitres.

    Les éléments analytiques sont les suivants :
    •  Alcool acquis : 12.38% vol
    •  Sucres résiduels : 114.4 g/l
    •  Extraits secs : 48.1 g/l
    •  Acidité totale : 5.3‰ (P.H : 3.9)

    Le vin présente une robe claire à reflets verts, brillante, particulièrement engageante…
    Le nez est floral, complexe, avec beaucoup de fraîcheur. On trouve aussi une note de fruits exotiques, mais pas les arômes de fruits secs, comme avec le 2003. En bouche, l’ensemble est savoureux, très fruité, avec dominante de fruits exotiques. C’est la confirmation du nez, avec très peu d’évolution et un remarquable équilibre acidité/sucres résiduels pour un liquoreux du sud de l’Europe. Ce vin est entièrement construit sur la subtilité de ses arômes et la finesse de sa structure. Grande persistance en bouche.
    Ce vin est en tout début de cycle. Il devrait donner pour de longues années de grandes émotions œnologiques aux amateurs patients.

    Pour en terminer avec les vins moelleux, je voudrais attirer votre attention sur un délicieux vin de paille de Toscane, appelé là-bas Vinsanto fraîchement entré dans nos entrepôts :

    DOMAINE IL POGGIONE VINSANTO S.ANTIMO 1998 DOC (0.50L)

    Le premier Vinsanto du domaine Il Poggione que nous avons eu le plaisir de sélectionner fût le millésime 1987 et c’était à la fin de l’année 1994.
    De millésime en millésimes, nous n’avons jamais été déçus par ce vin de paille chaque fois très différent, qui peut aller d’un moelleux presque « sec » au côté liquoreux le plus marqué. Ceci est fonction des levures et du niveau de passerillage du raisin avant le pressurage.
    J’ai souvent mis en garde nos amis oenophiles contre les Vinsanto de bas de gamme qui sont produits en séchant les raisins durant trois jours dans des chambres chaudes agrémentées d’un ventilateur.
    Ce n’est bien entendu pas le cas du Vinsanto San Antimo dont les raisins passerillent tranquillement jusqu’au mois de Janvier dans un très grand grenier ouvert aux quatre vents.

    D’une robe or vert lumineuse le Vinsanto San Antimo 1998 est un produit extrêmement typé et puissant présentant une palette aromatique complexe de raisin de Corinthe et de noisette grillée.
    La richesse aromatique de ce joyaux œnologique exceptionnel comblera l’amateur de vins rares et originaux.

    Éléments analytiques :
    – 66 grammes de sucres résiduels,
    – 16.62% d’alcool /Vol,
    – 7,15‰ d’acidité totale (en tartrique).

    Pour plus d’informations et des photos cliquez ici.

    ROUMANIE – Grand vin rouge

    CASTEL BOLOVANU CABERNET SAUVIGNON 2001

    Appellation Samburesti-Dealu Bolovanu

    Le Castel Bolovanu Cabernet Sauvignon 2001 est disponible depuis une quinzaine de jours

    Domaine situé sur les collines de l’Oltenie au sud ouest de l’arc des Carpates, latitude 44° et altitude de 260 mètres. Les sols sont d’origine alluviale, particulièrement propices à l’élaboration de vins rouges très fins.
    Le millésime 2001 Castel Bolovanu a été élevé 6 mois en barriques françaises de 225 litres. Alcool : 13%Vol.
    Complètement différent des vins de Villa Zorilor, il offre une robe grenat. Le nez est fin et rappelle par son côté classique d’excellentes cuvées bordelaises. La bouche est gourmande, équilibrée,avec une fine note d’amertume.

    Il ravira les amateurs de vins rouges « classiques ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ESPAGNE

    TERRAS GAUDA ABADIA SAN CAMPIO ALBARINO 2005
    (Appellation Rias Baixas)

    Crée en 1989, le domaine est situé dans l’extrême sud-ouest de la Galice à A Guarda, au dessus de la rivière Miño.
    Spécialisé dans les grands vins blancs secs, il est reconnu aujourd’hui comme l’un des deux meilleurs, si ce n’est le meilleur de l’appellation.

    Son Albariño 2005 : Abadia de San Campio a été vendangé les 29 et 30 septembre 2005, fermenté en cuve inox et mis en bouteille au tout début du mois de décembre.


    Robe très pâle, brillante et dense.
    Le nez est riche avec des arômes d’agrumes frais, melon, pomme verte, fleurs blanches.
    La bouche est très aromatique avec un remarquable équilibre acidité-gras qui confère fraîcheur et vivacité. Excellente persistance aromatique.
    Ce vin est à boire sur son fruit pendant deux ans environ si l’on veut profiter au maximum de sa fraîcheur aromatique. Il est apte à se conserver cinq ou six années, mais il prendra alors des arômes d’évolution intéressants.
    Excellent à l’apéritif, il accompagnera également poissons et fruits de mer, ainsi que les fromages de chèvre secs.

    Pour plus d’informations, cliquez ici.


  • News Juin 2005

    LES 20 ANS DE DIONIS


    Vingt ans, c’est pour l’homme le sommet de sa jeunesse avec le désir de croquer la vie à pleines dents, accompagné d’une indicible sensation d’éternité…

    Qui ne s’en souvient avec un doigt de nostalgie…

     

    Qu’en est-il des vingt ans d’une entreprise et plus particulièrement de la notre , DIONIS ?

     

    Dionis a été crée, au mois d’Avril 1985 par votre serviteur, âgé alors de 35 ans. L’entreprise s’est installée à Orliénas, à 20km au sud-ouest de Lyon et y est demeurée.

    Dionis a été conçue pour être une entreprise artisanale orientée vers une recherche esthétique du vin , sans aucune limite, au service de clients œnophiles curieux et passionnés.

    A ce sujet, j’ai toujours été très étonné par la facilité avec laquelle certains se laissent manipuler par les « étiquettes », souvent prêts à payer deux ou trois fois le juste prix d’un produit , sous prétexte qu’il a été pris en charge par un « leader d’opinion », journaliste « spécialisé » ou autre « meilleur sommelier de France, d’Europe ou d’ailleurs… »

     

    Mais, quelle garantie peut bien vous apporter une petite Maison comme Dionis ?

    Sommes-nous vraiment plus crédibles que les autres ? Peut-être ! peut-être pas …

     

    En tout état de cause, nous vous laissons juges. Permettez moi juste de vous rappeler les principes qui ont régie notre action au cours de ces vingt dernières années.

     

    Tous nos vins ont été sélectionnés sur place , dans les diverses propriétés d’Europe et du Nouveau Monde.

    Comme les bons cavistes ou sommeliers vont directement à la propriété en France, pour acheter leurs vins, nous faisons de même, mais dans le monde entier ! C’est un travail considérable et coûteux, mais passionnant et irremplaçable. Je veux bien parier que nous sommes les seuls à le faire sur notre marché , alors que tant de vins sont actuellement achetés en deuxième ou troisième main par les relais de la Grande Bretagne ou de la Belgique.

     

    Dans un univers mondialisé qui tend vers la concentration des opérateurs et le développement de produits marketing à petits prix, parés d’étiquettes flatteuses, il devient difficile mais tellement gratifiant de maintenir notre caractère artisanal et notre liberté de choix.

     

    Cet amour du vin et du voyage nous a permis de pérenniser notre activité sans céder aux sirènes du marketing démagogique et d’atteindre avec enthousiasme et fraîcheur nos vingt printemps, soutenus par la fidèle complicité de nos clients et amis œnophiles.

     

    Merci de votre confiance

     

    Jean François RAGOT

    Voyage en Sicile

    C’est avec joie et émotion que j’ai repris pied en Sicile le 19 Mai dernier après 27 années d’absence…

    En 1978, je n’étais pas encore dans le monde du vin, mais très intéressé déjà. Je n’ai pas de souvenirs bien passionnants des vins siciliens d’alors, si ce n’est une impression de consternante médiocrité, que ce soit pour les rouges et pis encore pour les Blancs. Il faut se rappeler, qu’avec 140 000 Ha, la Sicile produit 25% de l’ensemble des vins italiens, soit 9 millions d’hectolitres en moyenne…

    Les conditions climatiques sont idéales pour la production de vins de qualité et rappellent celles de l’Afrique du Sud. Les sols maigres sont excellents, les expositions parfaites et il est très facile de « prendre un peu de hauteur » (700 à 800 m d’altitude).

    Toutefois, la léthargie sera bien longue et il faudra attendre les années 90 pour voir remis en valeur le remarquable patrimoine ampélographique présent ici depuis l’antiquité. Terrain privilégié des grands domaines (latifundia), le renouveau n’est pas passé par la mise en valeur de petites propriétés comme dans le nord. D’énormes investissements ont été conduits, en partie avec l’aide des Fonds Européens et le résultat semble à la hauteur des attentes.

    Ce premier coup d’œil a été consacré à la région de Palermo, Trapani et Marsala. Ce n’est qu’un coup de « périscope » sur le monde du vin sicilien, mais il m’engage à poursuivre mes investigations de ce côté-ci de l’Europe.

    J’ai eu le plaisir de visiter plusieurs domaines intéressants et de goûter de nombreux vins issus de cépages indigènes, blancs, rouges et liquoreux (vins doux naturels et surtout vins naturellement doux).

    La dégustation des vins blancs secs a mis en relief l’excellence des cépages Grillo, Catarratto à la base des excellents vins de Marsala. J’aurai l’occasion de revenir dans une prochaine lettre de Dionis sur le renouveau de ces derniers. Le temps du « Marsala à l’œuf » est heureusement bien fini. Il reste toutefois beaucoup de travail en matière d’image, pour restaurer leur réputation entachée par des produits indignes. J’ai personnellement dégusté une grande sélection de Marsala secs et liquoreux qui m’a fait belle impression.

    Un dernier cépage blanc intéressant, est l’ Inzolia . Ce dernier conserve en dépit du climat une très bonne acidité lorsqu’il n’est pas vendangé trop tard.

    Pour ce qui concerne les vins rouges, la vedette incontestée des cépages est le fameux Nero d’Avola appelé aussi parfois Calabrese . Je le comparerais volontiers, quant à ses qualités, à l’ Aglianico de Campanie. Il donne, à rendements modérés, des vins denses et riches en couleur, très aromatiques, sans aucune dureté. Un assemblage avec du Cabernet-Sauvignon ou de la Syrah confère aux meilleurs vins une belle complexité. Je voudrai citer tout particulièrement les vins du domaine Tarucco (le sympathique Stefano Geraci). Son Nero d’Avola 100% présente une belle robe grenat à reflets violacés. Sa cuvée d’assemblage (Nero d’Avola 40%, 30% Syrah et Cabernet-sauvignon 30%) est en tous points remarquables. Ces deux vins semblent aptes à une certaine garde.

    Le cépage Frappato di Vittoria m’a semblé assez intéressant également avec des vins riches en arômes de fruits rouges, mais sans peut être la complexité du précédent.

    Bien entendu, ce qui a retenu immédiatement mon oenophile attention avant tout autre chose, c’est le remarquable potentiel des Iles Lipari et Pantelleria pour la production de vins liquoreux. Les plus remarquables sont et ce n’est pas un hasard, les vins naturellement doux provenant de vendanges de raisins séchés au soleil. Comme vous ne l’ignorez plus, il ne faut pas confondre cette catégorie de vins qui couvre les vins de pourriture noble, les « vins de glace » et autres vins de paille, avec les vins doux naturels , qui eux proviennent d’un moût en fermentation « muté » par adjonction d’alcool (Beaume de Venise, Muscat de Frontignan….)

     

    MALVASIA DELLE LIPARI PASSITO DOC

    Petites îles situées au nord de la Sicile où rien ne semble (à première vue seulement) avoir changé depuis l’antiquité…les Iles Lipari ou Eoliennes sont au nombre de sept :

    Stromboli (avec son fameux volcan qui crache bombes et lave sans répit depuis des millénaires), Panaréa, Vulcano (et ses vapeurs sulfureuses), Alicudi, Filicudi et enfin Salina et Lipari où sont produits des vins naturellement doux depuis la plus haute antiquité .

     

    Un petit mot tout d’abord sur le fameux cépage Malvoisie ( Malvasia).

    C’est certainement avec le Muscat un de nos plus anciens cépages, probablement originaire d’Asie mineure. La Malvoisie tire son nom d’un ancien port du sud de la Grèce, Monenvasia . Cet excellent cépage s’est répandu rapidement dans toute l’Europe. Il est présent, sous sa variété originelle, mais aussi sous celles qui en descendent , en Espagne et au Portugal ( Malvasia fina ), en Allemagne et en Autriche ( Fruehroter Veltliner ) et un peu partout en Italie. La Malvoisie a migré bien entendu également dans le Nouveau Monde. Elle existe principalement dans les Pouilles en Italie, sous sa forme Malvasia bianca , mais également Malvasia Nera , très aromatique.

    C’est un cépage riche en extraits secs, qui produit dans sa meilleure version des vins capiteux, aromatiques et concentrés. Il affectionne les collines et les flancs de coteaux, sous des climats de type méditerranéen assez chauds et surtout secs.

    Ce n’est pas un hasard si la variété cultivée dans les îles éoliennes est certainement la plus proche du modèle grec d’origine. Elle peut être éblouissante dans sa version « historique liquoreuse » issue de raisins séchés au soleil.

    La Malvoisie des îles Lipari avait complètement disparu après la crise du phylloxéra à la fin du 19eme siècle. Il faudra attendre les années trente avec Nino Lo Schiavo pour sa timide réapparition et surtout les années soixante dix avec l’implication de la forte personnalité de Carlo Hauner.

    En principe, le vin peut être produit dans les sept îles de l’archipel. Pratiquement, c’est surtout l’île de Salina qui est concernée, ainsi que de manière très secondaire, Lipari et Panaréa. (une cinquantaine d’hectares pour l’ensemble de l’appellation)

    Sur une soixantaine de viticulteurs inscrits, une douzaine seulement mettent leur vin en bouteille sous leur propre nom. La production totale avoisine les 250 000 bouteilles (vins blancs sec et liquoreux compris), ce qui n’est pas ridicule comparé aux 100 000 cols produits à Château d’Yquem et aux 20 000 cols de Vin de Constance…

    D’après le règlement de la DOC (appellation), le vin « passito » (raisins séchés) est produit à partir de 95% de Malvasia di Lipari et 5% de Corinto Nero .

    Le principe consiste à vendanger les raisins à pleine maturité et à les étendre sur des nattes au soleil, les laisser ainsi lentement se déshydrater (de sept à vingt jours maximum). L’écueil à éviter est surtout l’oxydation, voire la caramélisation du raisin . C’est tout un art d’obtenir alors un raisin qui saura conserver et optimiser tous ses arômes d’origine.

    Une méthode moderne consiste à procéder ensuite à une macération à froid, avant égrappage et pressurage des raisins. La fermentation s’effectue en cuve inox et le vin est mis en bouteille vers le mois de Juin de l’année suivante, afin de préserver au mieux la somptueuse palette aromatique de ce nectar de légende.

     

     

    MALVASIA DELLE LIPARI PASSITO DOC FRANCESCO FENECH 2003 (050L)

    (Vin naturellement doux)

     

    D’un premier abord un peu « bougon », Francesco Fenech gagne à être connu, mais il faut savoir mériter sa confiance pour qu’il accepte enfin de nous livrer quelques uns des secrets de sa Malvasia …

    Mieux vaux également parler l’italien ou le dialecte sicilien…

    Homme d’affaires avisé, il exerce parallèlement à son activité de vigneron, ( 4,5 hectares de vignes ) celle très honorable de loueur de chambres d’hôtes. Celles-ci dominent la mer dans le superbe cadre du village de Malfa (Salina).

     

    Le Malvasia Passito 2003 est une vraie révélation : les raisins vendangés le 20 Septembre, ont été exposés avec précautions 16 jours au soleil avant d’être pressurés et fermentés. Le vin a été mis en bouteille après un élevage de neuf mois en foudre de chêne.

    Il présente un taux d’alcool de 13.5% vol et une quantité de sucres résiduels d’environ 70 gr/l.

    La robe est claire avec quelques reflets topaze. On est immédiatement séduits au nez par des arômes de fruits secs d’une grande finesse, comme l’abricot et la figue, mais aussi de fruits frais comme l’ananas. C’est très complexe. On devine parfois également une palette d’herbes aromatiques et de fleurs de genêts. En bouche, c’est la confirmation du nez, avec une palette subtile, aucune lourdeur et une grande longueur.

    Un véritable « feux d’artifice » de saveurs pour un vin produit si près des volcans…

    A déguster immédiatement ou à garder précieusement une dizaine d’années.

    QUOI DE NEUF CHEZ NOS AMIS FARNESE VINI ? (ITALIE CENTRALE)

     

    Pour ceux d’entre vous qui se sont déjà régalés des Don-Camillo, Montepulciano d’Abruzzo, Primitivo et autres Taurasi, j’ai une bonne surprise !

    Cette Maison achète et vinifie depuis 1994 les meilleurs raisins produits dans les régions Abruzzo , Campania et Puglia . Planant à un très haut niveau qualitatif et toujours avec une longueur d’avance sur leurs homologues de ces régions, que ce soit dans la réhabilitation des anciens cépages ou dans la présentation, ils nous proposent cette fois ci deux vins sortant totalement des « sentiers battus », par leur originalité, leur qualité « ébouriffante » et le choix « hors normes » d’imposantes bouteilles de type bordelaises extra lourdes.

    EDIZIONE 2002 (Vino da Tavola)

    Ce vin est une véritable «  construction œnologique et intellectuelle » de notre œnologue préféré Filippo Baccalaro, qui a décidé de « marier » le centre de la péninsule au grand sud. Les deux grands cépages de l’Italie Centrale, le Sangiovese et le Montepulciano ont été « associés » à trois grands cépages indigènes du Sud, le Primitivo , le Negroamaro et la Malvasia Rossa.

     

    Les meilleurs raisins provenant de vignobles à petits rendements des communes de Colonnella et Ortona pour le Centre ont été vinifiés séparément et assemblés à leurs homologues du sud en provenance des communes de Sava et San Marzano, récoltés et vinifiés avec des exigences qualitatives identiques.

     

    L’assemblage final présente la répartition suivante : Montepulciano : 33%, Primitivo : 30%, Sangiovese : 25%, Negroamaro :7% et enfin Malvasia Rossa : 5%.

     

    C’est un vin de très grande couleur, à la robe grenat foncée, presque noire. Ce qui frappe au premier abord, c’est la complexité aromatique de ce vin inhabituel, où dominent des fragrances de cerise noire très mure, de prune, de groseille, mais aussi de tabac du Transvaal.

     

    La bouche est d’une structure imposante, avec des tanins qui restent fins et veloutés. Elle est très persistante avec une longue finale toastée et chocolatée.

     

    « Vin de Méditation » dans sa version rouge. Quantité produite : 24 000 bouteilles.

    PRIMITIVO DI MANDURIA DOC 2001 « SESSANTANNI »

    Autre « blockbuster » (« superproduction ») ce Primitivo provient de très vieilles vignes âgées d’au moins soixante ans ( Sessantani ).

    Les raisins ont été sélectionnés dans la zone d’appellation Primitivo di Manduria, uniquement dans la commune de San Marzano (vignobles Neviera et Casa Rossa).

    Cette petite appellation, d’une superficie d’environ 800 hectares, est réputée pour la production de vins rouges concentrés et même de vins liquoreux, naturellement doux ou mutés.

     

    La robe, grenat pourpre est d’une grande profondeur.

    Le nez est ample et complexe, très fruité, marqué par des arômes de confiture de prune et de cerise, de tabac blond légèrement épicé.

    Tout comme « Edizione », la bouche est de grand corps, présentant une note balsamique, dotée de tannins fins et soyeux. La finale s’exprime sur des épices très doux, et des saveurs de cacao, café et vanille.

     

     

     

     

     

    UN TOUR EN TOSCANE…

    Un petit mot tout d’abord sur le Chianti, vin universellement connu et tellement galvaudé…

    La zone d’appellation Chianti est considérable, la production atteint en moyenne un million d’hectolitres par an pour 16800 hectares en production. (à titre de comparaison, la surface totale du Beaujolais est de 22 000 ha pour une production de 1.2 millions d’hectolitres).

    La zone d’appellation Chianti se situe au cœur de la Toscane, au sud et à l’est de Florence. L’aire DOCG se divise en huit zones géographiques distinctes, qui peuvent accoler leur nom au vin :

     

     

    CHIANTI RUFINA DOCG 2003 FATTORIA DI BASCIANO

     

    • Chianti Classico (qui possède son propre statut DOCG, délimité à partir de 1716)
    • Chianti Montalbano ,
    • Chianti Rufina, (rien à voir avec Rufino, qui est une marque commerciale)
    • Chianti Colli Fiorentini,
    • Chianti Montespertoli,
    • Chianti Colli Senesi
    • Chianti,Colli Aretini
    • Chianti Colline PisaneCertains Chiantis peuvent également être étiquetés sans autre information particulière, mais il vaut mieux être prudent…Sous la dénomination Chianti, se dissimulent une variété considérable de terroirs, de cépages et par conséquent de vins, qui vont de l’exceptionnel au véritablement infâme…Ayant toujours beaucoup fréquenté l’Italie et ceci depuis mon enfance, j’ai le souvenir de « fiascos » de deux litres laissant au malheureux buveur un souvenir impérissable… ce temps est heureusement révolu .Le principal cépage est l’excellent Sangiovese , que l’on retrouve un peu partout dans toute l’Italie Centrale. Il peut être utilisé seul, mais le plus souvent en association avec le Canaiolo nero, le Trebbiano toscano et la Malvasia nera pour ne citer que les principaux. De plus, on peut adjoindre jusqu’à 15% de Merlot ou de Cabernet-sauvignon à l’assemblage final.La zone des Chianti Rufina quant à elle, a une tradition de qualité très ancienne et le niveau peut être excellent. Elle s’étend sur des collines à l’Est de Florence. Les vignes peuvent être assez élevées, plantées sur un terroir formé de remarquables marnes calcaires.

      Grâce à une bonne acidité, les vins conservent longtemps fraîcheur et finesse.

    La Fattoria di Basciano , propriété de la famille Masi s’étend sur 70Ha, dont 30 Ha de vignobles. D’importants investissements dans les caves et la vigne ont été consentis ces 15 dernières années pour assurer un niveau qualitatif optimal.

    J’ai sélectionné ce vin grâce à l’aide du « Consorzio » des Chianti Rufina, qui a mis à ma disposition des échantillons de plus de 40 domaines. Ce « chemin de croix » m’a permis de sortir du lot trois propriétés, dont celle-ci. Le vin répondait à mes attentes pour sa typicité et présentait un rapport qualité-prix intéressant dans un millésime d’exception .

     

    En effet, le Chianti Rufina DOCG 2003 Fattoria di Basciano est particulièrement bien réussi. Il a bénéficié des conditions climatiques hors normes du millésime dans toute l’Europe.

    Composée de 93% de Sangiovese , 5% de Canaiolo et de 2% de Colorino , la vendange a macérée environ 15 jours en cuves ouvertes. Affinage pour une partie des vins, en barrique durant six mois.

     

    Robe rubis, très profonde et dense,presque grenat. Le nez est puissant, un peu sauvage,avec une belle fraîcheur où l’on distingue les fruits rouges et noirs,ainsi que la violette. En bouche, le vin est structuré, tannique, aromatique et harmonieux. C’est à mon sens un vin qui devrait atteindre sa pleine maturité d’ici deux à trois ans et se conserver une bonne dizaine d’années.

    Ce n’est pas un vin marketing comme tant de Chiantis « bordeaulisés » au Cabernet-sauvignon et au Merlot à la mode Parker…

    C’est un produit qui respecte la culture originelle de sa région de production.

     

    SAVEURS ESTIVALES DU DANUBE

    Je voudrais terminer cette Lettre de Dionis printanière très influencée par l’Italie, en vous invitant à une promenade de fraîcheur sur les bords du Danube, dans la très belle région viticole de la Wachau, à Loiben .

    C’est ici, il y a exactement deux siècles, en 1805, que s’est déroulée une bataille farouche qui opposa plus particulièrement l’armée napoléonienne aux Russes du Maréchal Koutousov. Indécise et très meurtrière, nous laisserons au jugement de l’histoire, la désignation du vainqueur.

    Sur 1350 hectares de vignes plantées sur les coteaux agrestes dominant le Danube, la Wachau offre très certainement un des plus charmants paysages viticoles d’Autriche et même d’Europe.

    Grâce à des conditions climatiques nettement plus fraîches que celles qui règnent dans la région pannonienne dont fait partie le Burgenland, la Wachau produit certainement les vins blancs secs les plus fins et les plus fruités d’Autriche. Ses terroirs sont caractérisés par des formations rocheuses primitives, composées de Gneiss ferrugineux, de granit et de schistes.

    Traditionnelle « chasse gardée » du Riesling la Wachau produit également d’excellents Grüner Veltliner, remarquable cépage indigène de cette partie de l’Europe. Ses vins sont amples, fruités, équilibrés avec souvent une surprenante note épicée.

    Après un millésime 2003 marqué également par la canicule, 2004 revient vers des normes plus traditionnelles et présente une acidité beaucoup plus rafraîchissante.

    Ce sont trois parfaits vins d’été que nous vous proposons, à boire le soir à l’apéritif ou sur un poisson blanc de lac ou de rivière.

    DINSTLGUT LOIBEN – GRÜNER VELTLINER LOIBNER SCHÜTT 2004

    Vins très coulant, équilibré, fruité, de bonne fraîcheur aromatique avec une petite pointe épicée.

     

    DINSTLGUT LOIBEN – RIESLING SANKT QUIRIN 2004

    Vin plus ambitieux, très fruité, marqué par une bonne acidité revigorante, faisant ressortir la minéralité due au terroir.

     

    DINSTLGUT LOIBEN – WEISSBURGUNDER 2004

    Un Pinot blanc original, sur un terroir inhabituel pour ce cépage. Assez concentré, avec une touche de sucre résiduel qui lui apporte la souplesse. Vin très fruité.

     

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