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  • news : 13 janvier 2018 : le souffle du printemps

    Orliénas, le 13 mars 2018,

    Comme vous ne l’ignorez pas, le printemps météorologique a bel et bien débuté le 1er mars. Certes, cela ne se sent pas encore beaucoup en cette mi-mars 2018. Nous pouvons déjà présager 2018 comme un futur millésime assez tardif. Mais, en ces périodes de réchauffement climatique, ce n’est pas un défaut; je pense particulièrement à l’année 2013 au long développement végétatif, qui a donné d’excellents vins en Europe.
    Qui dit printemps, annonce pour moi le retour des voyages de sélection dans les vignobles. Au mois d’avril, principalement en Italie, Autriche et Hongrie. Au mois de mai, ce sera un grand tour dans les vignobles d’Afrique du Sud. Il est temps d’y aller, je n’y suis pas retourné depuis mai 2015.
    A bientôt, des news concrètes.

    J.F.


  • News : 09 octobre 2017 : bref coup d’œil sur l’été 2017 et le début des vendanges

    Orliénas, le 9 octobre 2017,

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’été 2017 restera dans les annales météorologiques comme un des plus chauds des cent dernières années. Si l’Europe du Sud a été plus particulièrement marquée, l’Europe Centrale a été souvent caniculaire, mais les nuits ont été notablement plus fraîches qu’à l’ouest de l’Europe.
    La sécheresse a été de mise dans une très grande partie de l’Europe.

    Dans l’Est de la Hongrie, particulièrement dans la région de Tokaj (Tokajhegyalja) on pouvait déjà déguster des raisins doux à la mi-août. Les vendanges ont commencé doucement vers le 10 septembre pour les vins blancs secs et se poursuivront comme d’habitude, jusqu’à la première décade de novembre pour les vins moelleux. Heureusement, de petites pluies ont favorisé une bonne évolution de la maturité du raisin.

    Je suis passé dans le Burgenland autrichien le 28 septembre. Chez Bruno Landauer qui a commencé ses vendanges à la fin du mois d’août, l’optimisme régnait (voir photo !) La vendange est très favorable pour les raisins rouges, avec des maturités élevées. On devrait assister à un millésime du type 2011. Bruno m’a fait déguster son Gemischter Satz 2017, vendangé au début du mois de septembre, encore plein de levures et trouble, mais déjà délicieux

    Dans la Wachau, les vendanges étaient à leur tout début le 28 septembre, avec des raisins magnifiques et superbement aromatiques. Je parle bien entendu, particulièrement des Grüner-Veltliner et des Riesling. Roman Gritsch, notre partenaire dans la Wachau, avait le sourire. Les vendanges devraient battre leur plein à partir du 8 octobre.

    Bruno Landauer, dans la cour de son domaine, le 28 septembre 2017.

  • News : 18 juillet 2017

    Orliénas, le 18 juillet 2017,

    C’est avec un peu de retard que j’ai le plaisir de vous présenter quelques vues des vignobles qui dominent notre village de Tolcsva (2000 habitants).
    Tolcsva est un village Hongrois situé au cœur même de la Tokajhegyalja à peu près à égale distance de sa partie nord et de sa partie sud. Tolcsva fait partie des 28 « villes » et villages historiques qui ont droit à la prestigieuse appellation Tokaji.

    En cette année 2017, vous constaterez que le développement végétatif est plutôt en avance. Tout comme en avril 2016, nous avons eu la chance dans cette région d’échapper aux gelées de printemps de la fin du mois d’avril 2017. Ils ont fait de gros dégâts ces deux dernières années un peu partout en Europe (Autriche, Allemagne, France, Italie du Nord en avril 2017, etc…).

    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) la première décade de mai 2017.
    Coup d’oeil sur les vignobles de Tolcsva (Tokajhegyalja / Hongrie) et sur le massif des Zempleni le 23 avril 2017.

  • Tokaji Sarga Muskotaly 2013 Château de Sárospatak (0.75L)

    (Exceptionnelle vendange tardive de Muscat à petits grains)

    tokajisargamuskotaly2012Nous sommes maintenant au dixième millésime de cette micro cuvée élaborée à partir d’un petit vignoble du sud de l’appellation, dans les environs de Tarcal.
    Le «Sarga Muskotaly» est tout simplement le muscat à petits grains, qui compte pour environ 5% de la zone d’appellation Tokaji. Il peut être vinifié en vin sec, peu intéressant et plus rarement en vin liquoreux lorsque les conditions le permettent. Si on sait choisir son moment, on peut peu ou prou en élaborer un peu chaque année. C’est le miracle de la région de Tokaj, pour ce type de vin. Toutefois, sauf dans certains millésimes prolifiques, il ne s’agit que de quantités « artisanales »…

    Cette cuvée a été vinifiée pour partie comme un «Aszu» et pour partie comme un Szamorodni doux .
    Deux «tris» de raisins ont été effectués, le premier la deuxième quinzaine d’octobre 2013  avec un exceptionnel choix de grains secs (Aszu de pur muscat), ramassés grains par grains. Il est à noter que 2013 a été partout en Europe un millésime tardif.
    Le second tri a été effectué à la mi-novembre, avec une sélection de grappes entières de muscat toujours, très « botrytisées », presque complètement «aszutées».

    Le premier tri de grains aszu a fait l’objet d’une macération traditionnelle dans du moût en fermentation composé de Muscat puis pressuré immédiatement après.
    Le second tri a été pressuré avec un petit pressoir, puis assemblé au moût du premier tri.
    L’assemblage ainsi constitué a continué paisiblement ses fermentations et a poursuivi son élevage en cuve inox durant huit mois.
    Le vin a été mis en bouteille début juillet 2014.

    La robe du vin est claire, couleur paille avec reflets verdâtres. Le nez est tout en finesse. L’attaque du vin montre une belle fraîcheur et beaucoup de subtilité. Belle longueur savoureuse. Excellente intégration des sucres résiduels grâce à une bonne acidité.
    Ce vin atteindra son optimum à quatre ans d’âge.

    Éléments analytiques :
    Quantité produite : _ L
    Alcool : _ %/vol
    Sucres résiduels : _  g/L
    Acidité totale : _ ‰
    Extraits secs réduits : _ g/L
    pH : _

     


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos 2002 (0,50L)

    hon_tkj6putt02Les premières cuvées du millésime 2002 ont été mises sur le marché au cours de l’été 2008 et ont été vendues jusqu’à épuisement. Nous avions gardé un petit lot que nous avons décidé de remettre en vente en 2016.

    Il présente une robe ambrée et brillante, un nez intense, empyromatique, avec des nuances d’encens et de figue.
    Il est puissant et gras en bouche avec une longue persistance aromatique où l’on distingue l’abricot sec, l’amande grillée et  plus encore l’écorce d’agrumes confits.
    La minéralité est maintenant bien présente quatorze ans après la vendange.
    C’est le meilleur millésime depuis 1999. Nous le pensons apte à une très longue maturité dans de bonnes conditions de conservation.

    Il fait partie des incontournables, avec 1993, 1997, 1999, 2005, 2008 et 2011.

    Éléments analytiques :
    Sucres résiduels : 176 g/L
    Alcool : 12.49% / vol.
    Acidité : 11 ‰


  • News : 3 octobre 2016 : rapide coup d’oeil sur la vendange 2016 en Europe centrale et orientale.

    L’été 2016 a été globalement plus chaud que la moyenne en Europe centrale et orientale avec des précipitations orageuses. Dans la Tokajhegyalja, les vendanges ont débuté vers le 8 septembre et elles se poursuivront durant deux mois environ. On peut espérer une petite quantité de vins liquoreux de très bonne qualité.
    Les vins blancs secs issus principalement du Furmint mais aussi de l’Harslevelu seront bien entendu assez abondants. C’est le principal problème de la région, qui tente de faire croire aux consommateurs naïfs que l’on peut produire de grands vins blancs secs dans cette région. C’est en grande partie une imposture, le raisin Furmint étant admirablement prédisposé à la production de grands liquoreux, mais donnant des vins blancs secs peu aromatiques et de conservation très limitée.

    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Premier tri de grains aszu dansle sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Premier tri de grains aszu dans le sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Détail d'un grain aszu du cépage Furmint, le 15 septembre 2016.
    Détail d’un grain aszu du cépage Furmint, le 15 septembre 2016.
    Vendangeuse procédant au tri traditionnel des grains aszu sur pied, dans le sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Vendangeuse procédant au tri traditionnel des grains aszu sur pied, dans le sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Visite le 17 septembre 2016 au domaine Nagygombos Borászat (ancien domaine Grof Grassalkovich). Ce domaine viticole est situé dans la région des Mátra entre Budapest et la Tokajhegyalja. Mon excellent ami oenologue Nicolas Godebski (à droite sur la photo) me fait déguster un "paradis" (moût non intégralement encore fermenté) de Gamay. C'est une véritable curiosité que ce Gamay rosé élaboré bien loin de sa lointaine patrie du Beaujolais. C'est à ma connaissance le seul de sa catégorie. C'est un vin particulièrement délicat et fruité. Une authentique curiosité.
    Visite le 17 septembre 2016 au domaine Nagygombos Borászat (ancien domaine Grof Grassalkovich). Ce domaine viticole est situé dans la région des Mátra entre Budapest et la Tokajhegyalja. Mon excellent ami oenologue Nicolas Godebski (à droite sur la photo) me fait déguster un « paradis » (moût non intégralement encore fermenté) de Gamay.
    C’est une véritable curiosité que ce Gamay rosé élaboré bien loin de sa lointaine patrie du Beaujolais. C’est à ma connaissance le seul de sa catégorie. C’est un vin particulièrement délicat et fruité. Une authentique curiosité.

    Bruno a commencé les vendanges le 7 septembre et essaie de rester zen… En effet, au cours du coup de froid de la fin avril (27, 28 avril) il a perdu à peu près 40% de la vendange 2016 à venir. Mais, ce n’était pas terminé, puisque Rust a été gratifiée de deux orages de grêle, le 4 juillet et le 4 septembre.
    Après une année 2014 catastrophique et une année 2015 exceptionnelle, nous verrons, dans les semaines qui viennent, ce que nous réserve 2016.

    Chez Bruno Landauer à Rust (Burgenland / Autriche), le 17 septembre 2016. Grande dégustation d'une vingtaine de vins, tous plus délicieux les uns que les autres...
    Chez Bruno Landauer à Rust (Burgenland / Autriche), le 17 septembre 2016. Grande dégustation d’une vingtaine de vins, tous plus délicieux les uns que les autres…

  • News : 12 mai 2016 : voyage d’avril en images

    Posté dans par admin

    Orliénas, le 12 mai 2016,

    Du 9 avril au 1er mai, j’ai effectué mon premier tour d’Europe de l’année, incluant l’Italie, l’Autriche et la Hongrie.
    Le point fort de la première partie a été bien entendu le salon international Vinitaly qui se tenait à Verona du 10 au 13 avril. avec 4 200 exposants et plus de 150 000 visiteurs, c’est la première manifestation mondiale liée au vin.

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    L’incontournable Bottega del Vino de Vérone, le 9 avril 2016. Tout le gratin du monde du vin s’y presse au coude à coude afin de déguster les nectars du monde entier.
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    Nouveau millésime 2015 pour le domaine Vesevo (Campanie) avec les trois crus : Beneventano Falanghina, Fiano di Avellino et Greco di Tufo. Les trois vins sont présentés dans les nouvelles bouteilles IMPERO.
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    Nouveauté de chez Zabu (Sicile, région d’Agrigento). Un Il Passo, dénommé Verde 2015. Ce vin issu de l’agriculture biologique a été élaboré avec 100% du cépage Nero d’Avola. Ce vin rouge à la robe grenat très sombre nous offre une superbe palette aromatique et une grande intensité.
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    Tufarello IGP Puglia : nouveauté de chez Farnese : splendide rouge de la partie nord de la Puglia issu du cépage autochtone Nero di Troia. A découvrir absolument !
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    Je ne peux pas manquer de présenter à ceux d’entre vous qui ne le connaissent pas, le sympathique président de la cave San Marzano, Francesco Cavallo. Je dois dire, rien qu’à le voir, qu’il était né pour être président…
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    Mon vieux partenaire et complice depuis 1993 : Gianluca Viberti, producteur émérite de Barolo en compagnie de Jean-François Ragot. J’ai le plaisir de vous annoncer qu’après quelques années en stand-by, nous pouvons reprendre enfin notre collaboration dès ce mois de juin 2016 avec un somptueux Barolo 2011 cru Bricco delle Viole. Photo du 11 avril 2016.
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    Notre partenaire de la région Veneto, Graziano Maule de Montecrocetta, en dégustation avec Jean-François Ragot le 12 avril 2016. En 2015, il a produit un magnifique Gambellara Classico, blanc sec, disponible dès ce mois de mai 2016.
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    Une des dernières production de notre ami Graziano Maule, le Roncaiolo Appassite 2013. Remarquable vin rouge (75% Cabernet franc et 25% Cabernet Sauvignon) vinifié après un séchage de quatre semaines. Ce vin est dans l’esprit d’un « Ripasso » de la Valpolicella. Disponible dès ce mois de mai 2016.
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    La charmante Federica Zeni, du domaine Zeni, élaborant de splendides vins de la Valpolicella et de Bardolino. Photo du 12 avril 2016.
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    Etna Rosso, Terre dell’ Etna. Bel exemple de vins rouge extremement typé provenant de vignobles établis sur les flancs du volcan Etna à 800m d’altitude. Le vin est issu de 90% de cépage Nerello Mascalse et 10% Nerello Capuccio.

    Le voyage s’est poursuivi vers l’Autriche avec une visite au très intéressant domaine Deutsch à Hagenbrunn  (Weinviertel) où j’ai pu déguster de splendides Weinviertel DAC (vins blancs d’appellation, issus du cépage Grüner veltliner).

    Bien sûr, je suis allé également déguster la production 2015 des vins de Bruno Landauer à Rust dans le Burgenland.

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    Tout est bon en 2015 : à noter l’original et remarquable vin blanc sec « Gemischter Satz » véritable témoin de la culture pannonienne classique. Il est issu d’un assemblage des cépages Furmint, Harslevelu, Ezerjo, Leanyka, auxquels s’ajoutent un peu de Muskateler et de Gewürztraminer. Les raisins ont été vendangés ensemble à la mi-septembre, pressurés ensemble et vinifiés ensemble. C’est un vin délicieux, complexe et typé, au taux d’alcool de seulement 12%. J’ai eu le plaisir de rapporter moi-même à Bruno, de la région de Tokaj, les 200 pieds de vigne Harslevelu, en avril 2011. Photo du 16 avril 2016.

    Bien entendu, nous avons dégusté toute une gamme de vins blancs secs, les plus notables étant les Pinot blanc et les Chardonnay sans oublier un Neuburger de vignes de plus de cinquante ans.
    Nous avons laissé pour l’instant de côté les vins rouges que nous dégusterons l’été prochain ou à l’automne.

    Dans les vins moelleux, Bruno a fait un feu d’artifice de vendanges tardives issues des raisins rouges Zweigelt, Blaufränkisch et Merlot (Spätlese 2015 issu du Merlot, Beerenauslese issu du Zweigelt et du Merlot, Trockenbeerenaulese issu du Zweigelt et surtout du Blaufränkisch). A noter que les derniers raisins destinés à ces nectars ont été vendangés le 3 décembre 2015.
    Enfin, Bruno a vendangé un vin incroyablement concentré (plus de 40 KMW) c’est-à-dire 40% de sucres en masse volumique, à partir du Pinot Blanc (Weissburgunder) et d’un peu de Furmint et de Welschriesling. Ce vin est une véritable eszencia, qui fermente depuis déjà de long mois.

    J’ai poursuivi ma route vers la Hongrie en direction de Tokaji.
    Durant mon séjour dans la Tokajhegyalja (Hongrie) j’ai eu le plaisir de participer à la quatrième vente aux enchères des grands vins de Tokaji le samedi 23 avril 2016. Organisée par notre confrérie des vins de Tokaj, elle s’est tenue cette année dans l’ex-synagogue de la ville.
    Au préalable, nous avons procédé à des intronisations, dont celle de notre ami Manuel Peyrondet, ex-sommelier de la grande restauration parisienne, meilleur sommelier de France 2008 et dirigeant actuel de la société Chais d’oeuvre.

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    De gauche à droite : Samuel Tinon, viticulteur à Olaszliska (région de Tokaj), en compagnie de sa femme Mathilde Hulot (journaliste du vin) de Jean-François Ragot et de Manuel Peyrondet. Photo du 23 avril 2016.
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    Intronisation à la confrérie des vins de Tokaj, le samedi 23 avril 2016.
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    Manuel Peyrondet signe le grand livre, après son intronisation comme membre de la Confrérie des Vins de Tokaji, le 23 avril 2016.

    Bien entendu, je ne vous relaterai pas toutes mes activités au service du vin de Tokaj. Je rajouterai seulement que j’avance dans mon projet de replantation du vignoble situé dans un cru historique classé de la Tokajhegyalja : le cru Melegoldal.  C’est une histoire très longue et très compliquée, liée à la très longue période de transition économique qu’a connue la Hongrie après 1989. Cette opération débutée en 1997 a finalement connu un « Happy end » en juin 2015 avec la récupération de la pleine propriété du sol par ma fille Céline Ragot et moi-même.
    Il reste maintenant à faire fructifier ces 18 années de patience…

    Oenophilement votre,
    Jean-François


  • Vendanges 2015 à Tokaj (région Tokajhegyalja – Hongrie) – 2eme partie

    Orliénas, le 24 novembre 2015,

    Dans ma news du 29 septembre dernier, j’ai évoqué les conditions climatiques dans lesquelles s’inscrit la vendange 2015 à Tokaji jusqu’à la fin du mois de septembre.
    Je me suis rendu à nouveau dans la Tokajhegyalja (région de Tokaj) du 8 au 13 novembre. Je rappelle que les vendanges ont commencé début Septembre pour les premiers vins blancs secs et se sont terminées vers le 13 novembre.
    Pour ce qui touche aux vins liquoreux de Tokaj, qui tendent hélas à devenir bien plus rares, on peut observer pour 2015 deux catégories :

    – Les premiers tris du mois de septembre, qui se sont déroulées par un temps beau, chaud et sec ont permis de récolter des grains aszu passerillés de première classe de haute qualité.

    – Les tris suivants se sont déroulés vers la fin octobre après les pluies, qui ont déclenché l’arrivée du botrytis cinéréa ou pourriture noble. Les grains obtenus sont alors de deuxième et troisième classe. Ils n’ont pas l’aptitude à produire des vins d’Aszu de très haute qualité, mais en revanche, ils peuvent être utilisés pour la production d’excellents Szamorodni.

    Le principal opérateur de la région, Tokajkereskedőház (qui a remplacé le défunt Combinat de Tokaj après les privatisations commencées en 1990) a pour son compte joué la carte des vins blancs secs et acheté que des quantités extrêmement faible de grains aszu. Il regroupe pratiquement tous les petits producteurs qui ne poussent pas, eux non plus à prendre le moindre risque…

    Pour ce qui concerne Dionis, nous nous inscrivons dans la tradition historique de la production de vins liquoreux remontant à plus de quatre siècles, estimant fort peu le niveau qualitatif des vins blancs secs issus du cépage Furmint. Ce dernier est incomparable pour l’élaboration des grands vins liquoreux, mais médiocre pour ce qui touche aux vins blancs secs. Je le dis bien fort depuis des lustres, mais le marché des vins liquoreux étant un marché élitiste, donc réduit, certaines organisations professionnelles locales essaient de nous faire prendre « des vessies pour des lanternes » en tentant de faire croire au monde européen du vin, avec la complicité des medias, que l’on peut produire de grands vins blancs secs dans cette région, en les « travaillant » à la barrique…c’est une imposture !

    Si on cherche de grands vins blancs secs en Europe Centrale, il faut aller les chercher plus sûrement en Autriche ou en Allemagne.

    Je vous laisse regarder quelques photos de la semaine du 9 au 15 novembre 2015.

    Cuve de grains aszu dans l'attente d'être vinifiés. Ce sont typiquement des grains passerillés de première classe vendangés au mois de septembre 2015. Ils sont aptes à produire des Tokaji Aszu de haute qualité. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l’attente d’être vinifiés. Ce sont typiquement des grains passerillés de première classe vendangés au mois de septembre 2015. Ils sont aptes à produire des Tokaji Aszu de haute qualité. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l'attente d'être vinifiés. Ce sont typiquement des grains botrytisés de deuxième classe vendangés dans la deuxième moitié du mois d'octobre 2015. Ils ne sont pas aptes à produire les Tokaji Aszu les plus fins. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l’attente d’être vinifiés. Ce sont typiquement des grains botrytisés de deuxième classe vendangés dans la deuxième moitié du mois d’octobre 2015. Ils ne sont pas aptes à produire les Tokaji Aszu les plus fins. Photo du 10 novembre 2015.
    Pure essence de Tokaji (Eszencia) issue de grains passerillés vendangés au mois de septembre 2015. Sa concentration est de l'ordre de 800g de sucre/ litre. Son acidité marque le pas des années chaudes (entre 10‰ et 11‰). Photo du 10 novembre 2015.
    Pure essence de Tokaji (Eszencia) issue de grains passerillés vendangés au mois de septembre 2015. Sa concentration est de l’ordre de 800g de sucre/ litre. Son acidité marque le pas des années chaudes (entre 10‰ et 11‰). Photo du 10 novembre 2015.
    Grains aszu de l'extrême fin fin des vendanges (à gauche) et des grappes pleinement botrytisées destinées à la production de Szamorodni doux (à droite). Photo du 10 novembre 2015.
    Grains aszu de l’extrême fin fin des vendanges (à gauche) et des grappes pleinement botrytisées destinées à la production de Szamorodni doux (à droite).
    Photo du 10 novembre 2015.
    Gros plan des grains aszu présentés dans la précédente photo. Ils nous montrent à la fois des grains passerillés et des grains botrytisés. Ils ont été vendangés le 10 novembre 2015, date de la photo.
    Gros plan des grains aszu présentés dans la précédente photo. Ils nous montrent à la fois des grains passerillés et des grains botrytisés. Ils ont été vendangés le 10 novembre 2015, date de la photo.
    Grappe de Furmint très botrytisée de niveau Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Grappe de Furmint très botrytisée de niveau Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Photo très caractéristique de grappes de Furmint bien botrytisées. Elles seront vendangées le jour même pour élaborer des Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Photo très caractéristique de grappes de Furmint bien botrytisées. Elles seront vendangées le jour même pour élaborer des Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.


  • Vendanges 2015 à Tokaj (région Tokajhegyalja – Hongrie) – 1ère partie

    Orliénas, le 29 septembre 2015,

    Traditionnellement, si nous nous référons à l’histoire de la région, les vendanges ne commençaient jamais au XIXème siècle avant le 20 octobre. Les choses ont bien changé depuis et le processus de maturité de plus en plus précoce de raisins ne fait que s’accélérer. Sur cette année 2015, nous retrouvons les caractéristiques d’années très chaudes comme 2000, 2003, 2007 ou 2009. Ce type de millésime, rarissime dans les 70 dernières années, est en train de devenir la norme.
    Pour les amateurs de météorologie, je préciserai que le réchauffement climatique, continu depuis 1859, a  marqué une pause entre 1946 et la fin des années 70, pour reprendre de plus belle à partir de 1983.
    Cette année, les raisins étaient déjà délicieux à déguster vers le 20 août. Les premières vendanges destinées au vin blanc sec ont débuté dans la région au tout début du mois de septembre.
    Pour donner un élément de comparaison, la situation est à peu près identique à l’extrême ouest de la Hongrie (frontalier avec le Burgenland autrichien). Bruno Landauer a débuté ses vendanges le 6 septembre. A Rust, comme dans la Tokajhegyalja (350 km les séparent) l’état sanitaire des raisins est parfait. Tout comme à l’ouest de l’Europe, la sécheresse a été implacable dans l’est de la Hongrie. Il reste à souhaiter quelques pluies pour accélérer le phénomène de botrytisation entrainant la multiplication des fameux grains aszu. Pour l’instant, ils demeurent très limités, mais de belle qualité.
    La partie Nord et la partie centrale de la région viticole (Sarospatak et son fameux château, Tolcsva et Satoraljaujhely) naturellement un peu plus fraîches  que la zone sud de l’appellation, devraient fournir des vendanges bien équilibrées.

    Bien entendu, les premières analyses nous donnent des raisins au taux de sucre élevé, mais avec une acidité plus basse.
    Je vous livre quelques photos de la première partie de cette vendanges 2015 dans la région de Tokaj.


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos Château de Sárospatak 2003

    Posté dans par admin

    tkj6putt2003C’est avec plaisir que nous vous proposons cette toute petite cuvée de grand Tokaji Aszu que nous avions décidé de ressortir pour cette grande occasion (les trente ans de Dionis en juin 2015).

    Comme partout en Europe, et dans une moindre mesure dans la Tokajhegyalja (région de production des Tokaji), nous avons enregistré des températures élevées au cours de cet été 2003, qui ont ainsi amené les raisins à une maturité très précoce, jamais observée: vers mi-août pour le cépage Zéta et  fin août-début septembre pour le furmint.
    Le développement du botrytis sur le cépage Zéta a été favorisé par des pluies fin août. Dès le 28 août, les premiers grains aszú , riches et parfaitement passerillés, sont récoltés.

    Le premier tri des grains sur le furmint commence à partir du 17septembre. La qualité est au rendez-vous, mais  la quantité reste faible. Les journées du 18 et 19 septembre sont consacrées à la récolte de vieilles vignes de furmint, à partir des raisins sains et très mûrs servant à l’élaboration des vins de base destinés aux aszú.
    Jusqu’à la fin du mois de septembre, les tris se succèdent sur l’ensemble des parcelles de furmint dont la qualité du botrytis et du passerillage sont celles des grandes années.
    L’arrivée des pluies début octobre interrompt les vendanges pendant une dizaine de jours mais permettent l’arrivée du botrytis cineréa intense.
    Les tris reprennent à partir du 13 octobre. Nous obtenons des grains aszú bien botrytisés, mais bien entendu, moins secs que pendant les cueillettes de septembre.
    A partir du 23 octobre, le temps se refroidit, et nous subissons une neige et un gel tout à fait inattendu (-6 C la nuit du 24 octobre). La dernière semaine du mois d’octobre nous redonne du beau temps, à la fois sec et ensoleillé. Les raisins changent d’apparence, et très vite, se concentrent.

    Ces vendanges 2003 ont été comme souvent, longues, mais ont offert une belle diversité de grains aszú : les tris de septembre sont de nature passerillées alors que ceux du mois d’octobre montrent davantage un caractère botrytisé. Les grains passerillés ont été macérés avec du mout en fermentation, alors que les grains plus marqués par le botrytis cineréa ont été macérés dans du vin nouveau.
    Cet assemblage a donné des vins fins et complexes, qui réunissent la puissance des grains passerillés aux arômes délicats du botrytis.

    Douze années après sa vendange, ce Château Sarospatak 6 puttonyos 2003 arrive lentement à sa phase de maturité, qui va se prolonger durant une bonne vingtaine d’années.
    Il présente une robe brillante à reflets orangés, un nez intense, avec des arômes de fruits secs et de figue, le tout dans une complexité étourdissante.
    Il est concentré,  puissant et gras en bouche avec une longue persistance aromatique où l’on distingue l’abricot sec, l’amande grillée et l’écorce d’agrumes.

    Grande bouteille d’un millésime confidentiel.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 11,76 %/ vol
    Sucres résiduels : 166  g/litre
    Extraits secs : 56,48 g/l
    Acidité totale : 10 ‰
    pH : 3,29


  • Tokaji Sarga Muskotaly 2012 Château de Sárospatak (0.75L)

    (Exceptionnelle vendange tardive de Muscat à petits grains)

    tokajisargamuskotaly2012Nous sommes maintenant au neuvième millésime de cette micro cuvée élaborée à partir d’un petit vignoble du sud de l’appellation, dans les environs de Tarcal.
    Le «Sarga Muskotaly» est tout simplement le muscat à petits grains, qui compte pour environ 5% de la zone d’appellation Tokaji. Il peut être vinifié en vin sec, peu intéressant et plus rarement en vin liquoreux lorsque les conditions le permettent. Si on sait choisir son moment, on peut peu ou prou en élaborer un peu chaque année. C’est le miracle de la région de Tokaj, pour ce type de vin. Toutefois, sauf dans certains millésimes prolifiques, il ne s’agit que de quantités « artisanales »…

    Cette cuvée a été vinifiée pour partie comme un «Aszu» et pour partie comme un Szamorodni doux .
    Deux «tris» de raisins ont été effectués, le premier la première quinzaine d’octobre 2012  avec un exceptionnel choix de grains secs (Aszu de pur muscat), ramassés grains par grains et le second début novembre, avec une sélection de grappes entières de muscat toujours, très « botrytisées », presque complètement «aszutées».

    Le premier tri de grains aszu a fait l’objet d’une macération traditionnelle dans du moût en fermentation composé de Muscat, Furmint et Harslevelu, puis pressuré immédiatement après.
    Le second tri a été pressuré avec un petit pressoir, puis assemblé au moût du premier tri.
    L’assemblage ainsi constitué a continué paisiblement ses fermentations et a poursuivi son élevage en cuve inox durant huit mois.
    Le vin a été mis en bouteille fin juin 2013.

    La robe du vin est claire, couleur paille avec reflets verdâtres. Le nez est tout en finesse. L’attaque du vin montre une belle fraîcheur et beaucoup de subtilité. Belle longueur savoureuse. Excellente intégration des sucres résiduels grâce à une bonne acidité.
    Ce vin atteindra son optimum à quatre ans d’âge.

    Éléments analytiques :
    Quantité produite : 392 L
    Alcool : 12,52 %/vol
    Sucres résiduels : 103,2  g/L
    Acidité totale : 5,9 ‰
    Extraits secs réduits : 36 g/L
    pH : 3,70

     


  • News : 17 mars 2015 : voyages de printemps

    Orliénas, le 17 mars 2015,

    Je constate avec plaisir que nous sommes sortis de l’hiver. Le printemps signifie pour moi le retour des voyages pour la sélection de nos vins.
    Je commencerai par un tour d’Europe à travers l’Italie, l’Autriche et la Hongrie à partir du 21 mars. Ce sera comme chaque année l’opportunité de participer à la plus grande manifestation sur le vin italien, le salon Vinitaly, qui se tient cette année du 22 au 25 mars à Vérone. Ma première participation à cet évènement mémorable remonte à 1986… L’eau a coulé depuis sous les ponts de l’Adige…

    Ce mois d’avril 2015, Dionis aura 30 ans d’existence

    Au mois de mai prochain, je retournerai en Afrique du sud, faire un point de collaboration avec mes partenaires historiques et probablement initier de nouveaux contacts.

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    Dennis Verdecchia, Jean-François Ragot, Filippo Baccalaro et Marguerite Abergel le 8 avril 2013 à Verona.

    A très bientôt.

    Jean-François Ragot


  • Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2011 Château de Sárospatak (0.50L)

    tokajiaszu3putt2011Le millésime 2011 marque le retour aux grandes années traditionnelles où la maturité se fait lentement et permet une belle production des fameux grains aszu.
    Après les remarquables 2005 et 2008, 2011 a permis à nouveau une production éclectique de grands liquoreux aux équilibres acidité/sucres si spécifiques, à l’origine de la réputation historique de ces vins.

    Il est à signaler, qu’avec le changement de législation de la région de la Tokajhegyalja, il ne sera plus possible de produire des vins aszu d’un niveau de richesse correspondant aux 3 et 4 puttonyos de l’ancienne législation.
    Les motifs de cette évolution reposent principalement sur une production incontrôlée de vins aszu de très bas de gamme qui ont inondé spécifiquement le marché polonais au cours des dix dernières années. Face à cette situation entrainant une dégradation de l’image des Tokaji aszu, le monde viticole de la Tokajhegyalja a décidé de réagir.
    La richesse minimum pour élaborer un Tokaji aszu est maintenant, à partir du millésime 2013, de 19% d’alcool potentiel. Cela correspond à 323 g de sucre par litre de moût.
    Pour simplifier, environ 12% d’alcool acquis et 120 g de sucres résiduels.

    Cela signifie concrètement qu’il ne sera économiquement plus du tout intéressant pour un domaine de produire un 3 ou 4 puttonyos avec les nouvelles normes exigées d’un minimum de 19% d’alcool potentiel.

    De facto, il ne devrait plus y avoir à l’avenir sur le marché que des Tokaji aszu 5 et 6 puttonyos. Je trouve toutefois cela un peu regrettable car un véritable Tokaji Aszu de niveau 3 ou 4 puttonyos, bien réussi, du niveau qualitatif de ceux que nous offrons au marché depuis une trentaine d’années, présentait un équilibre intéressant, qui en faisait un vin beaucoup plus facile à boire.

    Par conséquent, ce Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2011 est certainement notre dernier 3 puttonyos offert au marché. Nous avons distribué nos premiers Tokaji Aszu 3 puttonyos avec le millésime 1975. C’était en 1986, à nos débuts… ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que nous vous présentons cet ultime rejeton.

    J’attire votre attention sur le fait qu’on peut le considérer comme un « super 3 puttonyos » de la législation précédente, ses caractéristiques analytiques et organoleptiques étant celles d’un Tokaji Aszu 4 Puttonyos de bon niveau.

    Ce vin a été produit à partir des cépages suivants : 65% Furmint, 25% Zeta et 10% Harslevelu. Il a été vinifié en novembre 2011,  pour une part avec une macération de grains aszu dans un vin de base et pour l’autre part en « forditas » (première repasse de moût frais ou de vin nouveau sur un marc de grains aszu)

    Élevé en barriques hongroises de 3, 4 et 5 ans durant 24 mois, ce Tokaji présente une robe claire et brillante, sans traces d’oxydation. Le nez et la bouche sont particulièrement harmonieux avec une subtilité aromatique et un équilibre qui sont ceux des grandes années.

    Éléments analytiques :
    Alcool :  12,98 %/ vol
    Sucres résiduels : 97,7  g/litre
    Acidité totale  : 8  ‰
    pH : 3,52


  • News : 25 novembre 2014 : premier bilan vendanges 2014 en Europe Centrale et centro-orientale.

    Orliénas, le 25 novembre 2014,

    Mon dernier voyage en novembre, m’a permis de faire le point sur le millésime 2014 en Europe Centrale, dont les dernières vendanges se sont déroulées jusqu’à la fin du mois d’octobre.
    Mais pour commencer petit flash-back concernant le vignoble de Cotnari (Roumanie / Moldavie).
    J’avais écrit à la fin du mois de juillet 2014 que la situation sanitaire du vignoble n’était pas excellente malheureusement. De nombreuses parcelles étaient affectées par l’oïdium, le mildiou, mais également par des arachnides. On estimait alors que la moitié de la production était touchée par ces maladies.
    La situation est allée hélas de mal en pis et il n’a pas été possible d’obtenir des raisins Grasa et Tamiioasa romaneasca en état sanitaire convenable.
    Bien entendu, nous n’entendions pour ce premier essai de vinification de vin de Cotnari, n’acheter que des raisins en surmaturité de haute qualité. Face à une situation défavorable, nous avons décidé d’annuler notre projet pour 2014 et ceci dès la fin du mois d’août.

    Si les conditions le permettent nous tenterons bien sûr l’expérience en 2015.
    Nous vous tiendrons informés de l’évolution de ce dossier qui nous tient à coeur.

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    Trittenheim (Moselle centrale), le 6 novembre 2014
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    Moselle Centrale, le 6 novembre 2014.
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    Oestrich (Rheingau) avec en fond à gauche, le château Johannisberg, le 7 novembre 2014.
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    jean-François Ragot et Bruno Landauer à Rust (Burgenland/Autriche), le 17 novembre 2014.
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    Vignobles de Spitz dans la Wachau (Vallée du Danube/Autriche), le 18 novembre 2014.

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    Mais revenons-en à ce que nous avons observé ce mois de novembre 2014 en Europe Centrale.
    Globalement, les conditions sanitaires des vignobles ont été rendues périlleuses par suite de précipitations importantes qui se sont déroulées dans la plupart des régions durant tout l’été.
    Ceci est valable pour la région de Tokaj où il a fallu procéder à des tris extrêmement sévères, entrainant une élimination de plus de la moitié des raisins.
    Cette situation a toutefois été favorable aux bons vignerons, car la pourriture noble s’est répandue de manière assez égale sur l’ensemble du territoire de l’appellation.
    L’aspect crucial du tri des raisins consiste à ne pas mélanger des raisins atteint de pourriture noble, avec d’autres atteint de pourriture grise et autre pourriture aigre.
    Je peux dire qu’il devrait y avoir quelques vins de haute qualité, voire de qualité exceptionnelle, mais en quantité très limitée. Ces vins seront dotés d’une vigoureuse acidité.
    Le même phénomène ou presque a été observé à Rust (Burgenland/ Autriche). Les pluies de fin d’été et début d’automne ont eu un impact négatif sur la vendange des vins moelleux.
    Bruno Landauer est assez désespéré par cette vendange représentant moins de la moitié d’une année normale.
    Si les vins blancs secs issus des cépages welschriesling, weissburgunder et chardonnay qui ont été vendangés tôt sont tout à fait correct, ils sont en tout état de cause plus légers qu’habituellement. Leur acidité naturelle est plus élevée que d’habitude.
    Le cépage qui a le plus souffert à notre plus grand regret est le gewurztraminer. Bruno a vendangé 1400 litres au lieu des 6000 litres habituellement…
    Pour l’instant nous n’en parlerons pas plus et vous tiendrons informé de l’évolution du vin.
    Tout comme à Tokaj, un botrytis cinéréa intense lui a permis d’élaborer quelques cuvées de liquoreux avec des acidités incroyables. Du jamais vu pour lui depuis qu’il est à la tête du domaine familial.

    Dans la vallée du Danube, à Vienne et dans le Weinviertel, la vendange se présentait très bien jusqu’à la mi-septembre, mais des précipitations intenses et régulières l’ont particulièrement dégradée et ont entraîné une baisse des rendements considérable. Dans la Wachau, notre ami Gritsch a procédé à des tris drastiques sur les grüner vetliner et les rieslings. On peut s’attendre à quelques jolis vins.
    Notre parcours dans la vallée de la Moselle et dans le Rheingau nous a permis de faire globalement (je ne rentre pas dans les détails) les mêmes constatations. Toujours ce problème des précipitations de début et de milieu d’automne qui ont détruit les espoirs de grands vins de type Auslese par exemple. Notre ami Martin Hautt de Winningen (Moselle des Terrasses) a été obligé de renoncer aux vins d’auslese qui nous attendons désespérément depuis le millésime 2010…

    Après ces nouvelles un peu déprimantes, passons aux bonnes nouvelles !
    La dégustation du millésime 2013 donne globalement toute satisfaction en Europe Centrale.
    Les vins blancs secs 2013 de la Vallée du Rhin, de la Moselle et du Palatinat central sont remarquables chez les bons producteurs.
    Il en est de même dans la plupart des régions en Autriche et en Hongrie. C’est une grande satisfaction pour nous.
    Certains vins du millésime 2013 sont déjà hélas presque épuisés. C’est le cas du gewurztraminer vendanges tardives de Bruno Landauer.


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos 2011 Château de Sárospatak (0,50L)

    tok6putt-2011C’est le premier millésime où il est possible de produire un 6 Puttonyos « de concours » depuis 2008.
    A noter que 2009 a donné quelques belles bouteilles, manquant toutefois assez nettement d’acidité. Je rappelle que 2009 a été une année vraiment chaude dans toute l’Europe ou presque.
    2010 a donné des quantités de vin aszu minimes, mais avec des équilibres extraordinaires pour les meilleures.
    Je vous renvoie à ce sujet à notre Tokaji Aszu 5 Puttonyos Château de Sárospatak 2010.

    Le millésime 2011 marque le retour aux grandes années traditionnelles où la maturité se fait lentement et permet une belle production des fameux grains aszu.
    A noter que nous avons décidé pour ce vin d’utiliser uniquement les productions issues du cépage Furmint. C’est donc un aszu 100% Furmint, ce qui est assez rare.

    Comme je l’ai déjà signalé par le passé pour la région de Rust (Burgenland – Autriche), le réchauffement climatique entraîne souvent également dans cette région une maturité du raisin hyper précoce, favorable à la production de vins blancs secs mais rendant beaucoup plus difficile l’élaboration des liquoreux traditionnels. Je citerais dans ces années précoces 2000 – 2003 – 2007 et 2009 et dans les années traditionnelles 2002 – 2005 – 2006 – 2008 et 2011.

    Nous sommes par conséquent avec 2011 dans les années traditionnelles comme nous les aimons.

    Splendide robe or clair, limpide et brillante.
    Le nez est fruité et particulièrement délicat.
    La bouche est d’une grande richesse aromatique, sans aucune lourdeur malgré ses 159 g de sucre résiduels.
    Tout y est : une palette d’agrumes frais, une petite touche d’abricot sec et d’épices. La minéralité se laisse déjà deviner mais il va falloir attendre…
    La persistance aromatique est celle d’une grande année, avec cette belle acidité rafraîchissante qui nous enchante toujours avec les grands Tokaji.

    Ce vin est à entrer impérativement en cave et à laisser mûrir quelques années.

    Éléments analytiques :
    Sucres résiduels : 155 g/L
    Alcool : 12,5 % / vol.
    Acidité : 9,2 ‰