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  • La perle de Moldavie : le Cotnari

    Orliénas, le 22 Juillet 2014,

    Quelques informations sur Cotnari : la situation sanitaire du vignoble en ce mois de juillet 2014 n’est pas excellente malheureusement. De nombreuses parcelles sont affectées par l’oïdium, le mildiou, mais également par des arachnides. On peut estimer actuellement que la moitié de la production est touchée par ces maladies.
    Il est par conséquent encore difficile d’évaluer ce que sera la vendange. Ceci dépendra en grande partie des conditions météorologiques de prochaines semaines.

    Bien entendu, nous n’entendons acheter que des raisins en surmaturité de haute qualité. Si les conditions ne le permettent pas cette année, nous devrons attendre avec regrets 2015.

    Nous vous tiendrons informés de l’évolution de notre dossier.

    État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
    État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
    État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
    État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
    État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
    État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.

     

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    Orliénas, le 18 novembre 2013,

    Nous revenons sur le vignoble de Cotnari (voir nos news du 23 octobre 2013).
    Nous vous invitons à visionner les interviews du 30 octobre 2013 de Titi Babusanu en compagnie du petit producteur Mihail Varzari. Elles vous apporteront un éclairage peu connu de ce vignoble historique et mythique tombé dans l’oubli depuis globalement le XIXème siècle et la crise du phylloxera.
    La surface du vignoble de Cotnari s’élève à ce jour à environ 1 400 ha.

     

    Nous sommes décidés à tenter de relancer une petite production de ce vin par le biais de la fourniture principalement de raisins Grasa et Tamiioasa Romaneasca de haute qualité, achetés aux petits producteurs qui voudront bien s’associer à cette opération. Je confirme que le grand viticulteur ami de Rust (Autriche / Burgenland) Bruno Landauer est très intéressé par ce projet et prêt à le rejoindre.

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    Orliénas, le 13 novembre 2013,

    Dans la news du 23 octobre, j’ai évoqué la situation calamiteuse qui règne dans la région de Cotnari, le marché étant dominé par l’ex-monopole qui contrôle au moins 95% de la production de raisins.
    Je suis arrivé aux portes de la zone viticole de Cotnari le mercredi 30 octobre 2013 à 9h, après 2 400 km de voyage. J’ai retrouvé là notre « interface locale », l’excellent et sympathique œnologue Titi Babusanu. Comme je l’ai expliqué déjà dans ma newsletter du 23 octobre, la problématique dans cette zone est de tenter de créer une nouvelle dynamique à partir de petits producteurs,  pour échapper à la « rationalisation par le bas« , qui est la politique dominante mise en œuvre par les dirigeants de l’ex-ferme d’état.

    Pour être franc, nous repartons de très loin… Que ce soit Dionis ou Titi Babusanu, nous sommes considérés par eux comme persona non-grata… Nos demandes de rendez-vous ont été déclinées de manière très désagréable. Plus grave, notre excellent ami, Ioan Bilius,  avec qui nous avons fait un travail formidable de 1990 à 2002 a probablement subi des pressions de la part du « monopole » et a piteusement prétexté un déplacement dans la région pour ne pas nous recevoir… C’est dire l’ambiance qui règne dans cette région, où l’ex-monopole qui fournit du travail à toute la zone, a laissé cette dernière dans un état apparent voisin du fameux « socialisme réel » des années 80…
    Contrairement, à l’ensemble de la Transylvanie, de la Valaquie et d’une grande partie de la Moldavie, il n’y a, par exemple, aucune possibilité de dormir où même de manger à Cotnari. L’esprit d’initiative est totalement annihilé aujourd’hui encore en 2013, par des pratiques d’une autre époque, aux relents mafieux. il faut rajouter à cela le côté un peu fataliste et indolent de la population demeurée imprégnée par l’influence ottomane jusqu’à la fin du XIXème siècle.

    Nous avons rencontré deux petits producteurs : Mihai Varzari (le plus gros des petits producteurs avec 50 ha) et Ioan Târgovatu.
    La dégustation chez le premier nous a permis de faire le tour d’une production très « artisanale », avec des moyens techniques limités (absence de capacité de refroidissement entre autres et stockage rudimentaire). Nous avons dégusté des Chardonnay, Sauvignon, Feteasca Alba, Frincusa et Grasa. Il est clair que ces vins souffrent d’un manque total de netteté, due à une hygiène sommaire et à un excès de sulfitage (So2).
    Nous avons eu la surprise de retrouver chez Mihai Varzari une ancienne connaissance de 2002 de Cotnari SC SA (l’ex-monopole) Eugen Cojocariu, prétendument œnologue de ce petit domaine et très certainement envoyé « en sous-marin » par la direction du monopole… Ah l’esprit de la « Securitate » n’est jamais bien loin encore…
    Nous avons évoqué avec Mihai Varzari la possibilité de mettre en œuvre une sélection parcellaire de Grasa pour la vendange 2014, avec pour but de vinifier de 10 à 20 Hl de Grasa moelleux et peut-être de Tamiioasa avec des moyens modernes dont le froid et la filtration stérile. Cette possibilité nous est offerte par Titi Babusanu qui possède une unité de micro-vinification dans la ville de Iasi, à 60 km de Cotnari.

    La visite et la dégustation chez le deuxième petit producteur, Ioan Târgovatu a été beaucoup plus proche de nos critères. Sa petite cave extrêmement propre nous a très favorablement impressionnés. N’ayant pas comme Mihai Varzari la technologie adéquate pour vinifier des vendanges tardives de Cotnari Grasa ou de Tamiioasa, il s’est orienté vers une toute petite production de vins blancs secs Feteasca Alba, Feteasca Regala, Frincusa, Grasa et Tamiioasa Romaneasca. Tous ces vins du millésime 2013 étaient nets, purs et plutôt bien vinifiés. Une mention particulière pour son 2013 Feteasca Regala.
    Ioan Târgovatu est d’accord pour identifier des parcelles de Grasa et Tamiioasa chez ses collègues de la région avec une orientation « vendanges tardives ». Il pourrait être très efficace pour l’achat et la collecte des raisins conformes à nos critères.

    Voila, nous avons lancé le ballon et il faut attendre maintenant qu’il retombe. Affaire à suivre !

    Je rajouterai in fine que notre ami et partenaire autrichien Bruno Landauer serait intéressé pour être de la partie.

    Le vignoble de Cotnari, le 30 octobre 2013.
    Le vignoble de Cotnari, le 30 octobre 2013.
    De gauche à droite : Titi Babusanu et Ioan Târgovatu, le 30 octobre 2013.
    De gauche à droite : Titi Babusanu et Ioan Târgovatu, le 30 octobre 2013.
    La cave de Ioan Târgovatu,  le 30 octobre 2013.
    La cave de Ioan Târgovatu, le 30 octobre 2013.
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    Orlienas, le 12 novembre 2008,
    Cher(e) ami(e) œnophile,Je suis de retour depuis hier soir, après un voyage de près de 6500 km à travers 8 pays d’Europe centrale. Je ramène bien entendu une grosse masse d’informations qui vous sera délivrée au fur et à mesure à la fois sur le site et sur notre blog.
    La partie la plus complexe concerne la Roumanie, dont la viticulture dans sa très grande majorité est encore très éloignée de nos normes européennes. Je me suis rendu à Cotnari (extrême nord-est de la Roumanie), dans l’ancienne principauté de Moldavie. (A ne pas confondre avec la République indépendante de Moldavie, appelée aussi Moldova ou Bessarabie)
    La dégustation des vins m’a permis d’extraire deux lots dans l’excellent millésime 2008, qui a été vendangé la première quinzaine d’octobre. Le but d’internet étant la diffusion d’images, je vous renvoie à la vidéo que j’ai réalisée sur place dans la cave de la société Vinia à Cotnari même le lundi matin 3 novembre 2008.
    J’espère que nous allons pouvoir faire embouteiller au moins une des deux cuvées sélectionnées : le Grasa CIB et le Tamiioasa Romaneasca. Ça pourrait se faire vers la fin du mois de janvier 2009, mais vous voyez que je suis très prudent, ayant été déjà échaudé…http://www.youtube.com/watch?v=etbfEm3ncdIL’équilibre du Grasa 2008 dégusté est de plus de 80g de sucre résiduel, environ 12% d’alcool et 9.1‰ d’acidité. Ce sont des paramètres analytiques excellents.
    Le Tamaiioasa quant à lui, présente des caractéristiques proches en matière de sucre résiduel et d’alcool acquis, avec une acidité de 7.6‰.
    Mon dernier voyage à Cotnari remontait à novembre 2004 et m’avait permis alors de sélectionner notre cuvée Château Cotnari, Grasa CIB 2003. Tout a une fin, et il nous reste moins de 300 bouteilles de ce joli vin. J’espère avoir trouvé son remplaçant. Les vins de 2008, à mon avis, seront aptes à une garde d’un vingtaine d’années dans une bonne cave.Dans la suite de la dégustation, nous avons pu apprécier un bon Pinot Gris moelleux 2008 de Cotnari, vif et même un peu acidulé. Un Feteasca Alba 2008 moelleux présentait une palette aromatique intéressante, hélas « cassé » par un taux de SO2 (souffre) beaucoup trop élevé. C’est un des grands problème encore en Roumanie où l’on a tendance à utiliser très souvent, par précaution, les doses maximales autorisées par la législation européenne.
    Une surprise avec un cépage Muscat rosé traditionnel de la Moldavie le Busiioaca de Bohotin 2008. C’est un vin moelleux complètement original avec 12.3% d’alcool, 51g de sucre et une acidité revigorante de 7.9‰. Il est très fruité, avec un côté moelleux subtil, une touche végétale et une certaine élégance dans l’ensemble.Dans cette vaste dégustation d’une vingtaine de vins, nous avons eu le plaisir de re-déguster des vieux vins de Cotnari : un Tamiioasa Romaneasca CIB 1995, très bien évolué avec de beaux arômes de cire d’abeille et d’encens, ainsi qu’un Cotnari Grasa 1987 admirablement bien conservé et évolué avec son inimitable touche mentholée. Nous avons vendu par le passé ces deux références et si d’aventure il vous restait quelques bouteilles dans votre cave (je m’adresse bien entendu aux anciens clients de Dionis) n’hésitez pas à déboucher !

    Campagne traditionnelle moldave. Cotnari le lundi matin 3 novembre 2008.
    Campagne traditionnelle moldave. Cotnari le lundi matin 3 novembre 2008.
    Les vignobles de Cotnari avec en fond le "Château Cotnari" le lundi matin 3 novembre 2008.
    Les vignobles de Cotnari avec en fond le « Château Cotnari » le lundi matin 3 novembre 2008.
    Dégustation du millésime 2008 le lundi matin 3 novembre 2008. De droite à gauche : Mihai (le maître de chais), Titi Babusanu (Responsable commercial et marketing de Vinia), et votre serviteur…
    Cuvée 2008 de Cotnari Grasa CIB le 3 novembre 2008.

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    Petit Dossier historique sur Cotnari

    Un nectar oublié, redécouvert et offert aux amateurs de vins rares par DIONIS.
    Perle de la couronne, cousin éloigné du Sauternes, rejeté au delà de l’arc des Carpates aux confins de la Roumanie et de l’Ukraine, dans l’ancienne Principauté roumaine de Moldavie, le COTNARI, m’a rapidement convaincu que son ancestrale réputation pouvait être encore tout à fait justifiée. Adulé aux XVIIIème et XIXème siècles, alors que sa superficie n’excédait guère 350 hectares, (le cœur du cru produisant aujourd’hui encore les meilleurs vins), le vignoble de Cotnari couvrirait actuellement, si l’on se fie aux statistiques locales, plus de 2000 hectares.

    Historiquement, la première mention avérée de ce vin doré à reflets verts, nous la trouvons dans un ouvrage paru à Venise en 1441 et l’on signale déjà son prix particulièrement élevé. Julien n’hésite pas à écrire que les vins de Cotnari « figurent parmi les meilleurs du globe ».
    Dans un ouvrage paru à Londres en 1900, intitulé Rumania, l’auteur G.Benger est tout aussi dithyrambique : « bien soigné, le puissant vin doré de Cotnari devient en effet un vin noble semblable au TOKAJI, mais plus généreux et plus sec. Le Cotnari vieilli est tout à fait sain, extrêmement impétueux avec beaucoup d’arômes et ressemblant au vin de Malaga d’Espagne ». Il était traditionnellement exporté vers la Russie, la Pologne et l’Autriche, sans oublier les beaux établissements parisiens sous le Second Empire, où il était connu sous le nom de « Perle de Moldavie ».
    Après le douloureux intermède du phylloxéra à l’aube du XXème siècle, les vignobles seront vite reconstitués et les vins distingués par des grands prix à Bruxelles en 1934, Paris en 1935 et New York en 1937.

    Le plus important de tous, pour la qualité des vins qui en sont issus, le GRASA (35 % de la zone viticole) n’est pas sans rappeler le FURMINT hongrois. C’est le seul apte à produire de grands vins liquoreux de pourriture noble. Il ne gagne pas à être assemblé aux autres cépages et son potentiel de conservation dépasse largement trente ans pour les meilleures années. Le cépage aromatique TAMAIIOASA ROMANEASCA ou BUSUIOACA DE MOLDOVA couvre 10 % du vignoble. Il est proche du Muscat à petits grains et est généralement vendangé tardivement, passerillé mais non botrytisé.Viennent ensuite le FETEASCA-ALBA, pour 35% de la surface, moins intéressant à mon sens, car manquant souvent de « feu » et d’acidité. Les 20% restants sont consacrés à un autre cépage indigène, le FRINCUSA, donnant des blancs secs de soif, vifs et peu alcoolisés.
    Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996
    Jean-François Ragot à Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996.
    Jean-François Ragot à Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996.
    Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
    Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
    La vie rurale dans les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
    La vie rurale dans les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
    Le château Cotnari et ses vignobles et octobre 2002.
    Le château Cotnari et ses vignobles et octobre 2002.

     

    cotn05
    Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.

     

    Les structures économiques viti-vinicoles ont relativement peu évolué depuis la disparition du système collectiviste. Contrairement à Tokaji où se sont créés de nombreux domaines, issus du démantèlement des coopératives et de la Ferme d’ État, la presque totalité du vin est produit à Cotnari par l’ancienne Ferme d’ État. Officiellement, elle a été « privatisée » en 1998, en fait, partagée entre les salariés…

    Ce curieux système n’a hélas pas permis l’apport de capitaux et de technologie occidentale.
    Il y a cinq ans environs, j’avais évoqué dans une Lettre de Dionis les très importantes destructions que le vignoble avait subi consécutivement au froid polaire de l’hiver 1997. Une partie du vignoble a été replantée avec des moyens archaïques et les rendements restent très irréguliers.Pour conclure, nous nous sommes livrés à une rétrospective des millésimes que nous avons eu le plaisir de vous faire découvrir depuis 1990 , première année où nous avons importé ces vins.
    Le 2000 est le onzième millésime de Grasã vsoc-cib (sélection de grains nobles).
    Il a été précédé chez Dionis des millésimes 1966; 1969; 1977; 1978; 1982; 1987; 1988; 1989; 1991; 1993 en Grasã et 1990; 1993; 1995 en Tamaiioasa Romanesca. Ceux parmi vous qui disposeraient d’une verticale de ces brillants millésimes sont bien plus riches que nous…

    La saga du Cotnari-Grasa vsoc cib 2003…

    Pour ceux d’entre vous qui lisent «  La Lettre de Dionis » attentivement (ils sont nombreux, je le sais !) vous avez pu suivre la saga que constitue la collaboration avec cette région viticole très éloignée de tout, depuis le départ à la retraite en janvier 2003, de mon ami et très ancien partenaire, Ioan Bilius .
    Lors de ma visite à la propriété du 1 er Novembre 2004, j’avais « identifié » une petite et excellente cuvée de Grasa vsoc cib 2004.En roumain, «  cib » signifie : «  Cules la innobilarea boabelor » soit la traduction exacte en français de : «  sélection de grains nobles ». . Je l’avais alors réservée pour une mise en bouteille vers la fin du printemps 2005. Quelle ne fût pas ma surprise de constater que l’échantillon expédié alors, ne correspondait plus du tout à celui dégusté à la propriété ! Devant mes interrogations véhémentes et persistantes, j’ai fini par découvrir le « pot aux roses » ! « Notre » vin avait servi de « vin médecin » pour renforcer une moyenne qualitative de production, un peu faible…
    Se mettre en colère est une chose, tout recommencer pour identifier une nouvelle cuvée en est une autre…Je suis donc remonté sur mon cheval, avec pour objectif cette fois ci, le millésime 2003
    Cette nouvelle cuvée, enfin identifiée, a été embouteillée, les bouteilles étiquetées et les cartons palettisés. Les vins sont maintenant prêts et devraient être disponibles dans notre entrepôt avant la fin Janvier.

    Éléments analytiques du Cotnari-Grasa vsoc cib 2003
    •  Alcool : 12% vol
    •  Sucres résiduels : 55 gr/l
    •  Acidité fixe : 6.3‰

    Nous retrouvons dans ce vin plus moelleux que liquoreux, de la finesse, des arômes complexes de rose et de fruit blanc, avec cette nuance mentholée caractéristique du cépage Grasa. C’est un excellent vin pour l’apéritif présentant dans sa catégorie un bon rapport qualité-prix.


  • News 9 octobre 2012 : 1er mois de vendanges 2012 dans la Tokajhegyalja (région de Tokaj / Hongrie)

    En ce début du mois d’octobre, j’ai le plaisir de mettre en ligne des images du premier mois de vendanges dans la région de Tokaj.

    En Hongrie, dans la région de Tokaj, ce sont des conditions climatiques estivales, chaudes et sèches qui ont dominé en cette année 2012. J’ai goûté des raisins déjà très mûrs à la fin du mois d’août. Eu égard à la sécheresse et à la chaleur qui se sont maintenus tout le mois de septembre, le processus de botrytisation et de passerillage s’est enclenche particulièrement lentement. Une pluie salvatrice en deuxième quinzaine de septembre a permis une accélération du phénomène.
    Je livre à votre curiosité un important diaporama de 46 photos qui fait le point sur la partie sud de la Tokajhegyalja entre le 28 août et le 1er octobre 2012. Vous remarquerez les belles grappes de Muscat à petits grains qui vont servir à élaborer la cuvée Tokaji Muskotaly Vendanges tardives Château Sarospatak 2012.
    La vendange se poursuit dans de bonnes conditions sans désemparer en ce mois d’octobre 2012. Elle devrait durer jusqu’aux environs de la mi-novembre.

    • Botrytis, 9th Sept
      Passerillage, 9th Sept
      The first day of the harvest for Dry Furmint, 10th Sept
    • Muscat aszu grapes, 11th Sept
      Sampling Muscat aszu grapes, 11th Sept
      Furmint aszu grapes, 11th Sept
    • Passerillage, 13th Sept
      Start of botrytisation, 13th Sept
      Furmint Aszu grapes, 13th Sept
    • Aszu grape selection, 13th Sept
      Aszu grape picking, 13th Sept
      Aszu grape picking, 13th Sept
    • Aszu grape picking, 13th Sept
      Perfect botrytisation, 17th August
      Start of botrytisation, 17th Sept
    • Good start for the botrytis, 17th Sept
      Botrytisation, 17th Sept
      Aszu grapes, 17th Sept
    • vend2012-tokaj_0609
      vend2012-tokaj_0623
      Botrytisation develops, 27th Sept
    • Furmint on 27th Sept
      Aszu picking on young Furmint vines, 27th Sept
      Passerillage, Muscat 27th Sept
    • Passerillage, Muscat 27th Sept
      Furmint, on 1st October
      Botrytis on Furmint, 1st Oct
    • Aszu picking, 1st Oct
      Aszu picking, 1st Oct
      Aszu picking, 1st Oct
    • Furmint aszu grapes, 1st Oct
      Furmint aszu grapes, 1st Oct
      Furmint grapes on 28th August
    • Furmint on 28th August
      Hárslevelű on 28th August
      Zéta on 28th August
    • Sárgamuskotály on 28th August
      Zéta on 28th August
      The first botrytis on 4th Sept
    • Furmint vine on 4th Sept
      Very slow and fine botrytisation, 7th Sept
      Passerillage, 9th Sept
    • The first real aszu grapes on Furmint, 9th Sept
      Beginning of the botrytisation, 9th Sept
      Fine and slow botrytisation, 9th Sept
    • Furmint grape, 9th Sept

    Pour ce qui concerne Rust dans le Burgenland (Autriche de l’Est), Bruno Landauer qui avait commencé ses vendanges le samedi 1er septembre, les a terminées le 29 du même mois. La qualité est globalement excellente pour ce qui concerne  les blancs secs, les cépages rouges et  le gewürztraminer moelleux vendanges tardives qui est devenu le grand must de Dionis depuis 2002.
    Nous avons décidé avec Bruno de garder des raisins dans les vignes pour un éventuel eiswein (vin de glace). Si les conditions climatiques le permettent (30% de probabilités), ils pourraient être vendangés entre la pleine lune de novembre (28/11) et le tout début de janvier 2013. A suivre…


  • Le Ruster Ausbruch (Burgenland – Autriche)

    Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinéréa.

    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au cœur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee .

    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1.5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    D’ailleurs, les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 450 Km plus à l’Est).

    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.

    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du philoxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère comme une « usine à sucre » !

    Les vignobles couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Comme vous le savez bien à la lecture de la liste des vins de Dionis, nous avons une remarquable collection de vins de cette région et offrons à l’amateur gourmand quelques joyaux œnologiques remontants jusqu’à la fin des années 80.
    Les grands vins liquoreux de pourriture noble de Rust se répartissent en fonction de leur richesse naturelle en sucre au moment de la vendange, de la manière suivante :

    • Auslese : entre 21 KMW et 25 KMW (entre 21 % et 25 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Beerenauslese : entre 25 KMW et 27 KMW (entre 25 % et 27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Ausbruch : à partir de 27 KMW (27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Trockenbeerenauslese : A partir de 30 KMW (30 % de sucres par litre de moût en masse volumique.

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie juridique en France d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.

    Les quatre saisons à Rust
    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)
    De gauche à droite : Tibor Kovacs, Michel et Robert Wenzel, enfin Jean-François Ragot, en octobre 1995 à Rust.
    Pressurage d’une cuvée de Ruster Ausbruch

    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.
    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 100 à 180 gr de sucres résiduels.

    C’est à mon sens un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est dans le Tokaji.
    Ce sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique .

    Jean-François RAGOT


  • Villiera Rhine Riesling Noble Late Harvest 2005 (W.O. Stellenbosch) (0.50L)

    VILLIERA Rhine Riesling Noble Late Harvest 2005Vin exceptionnel réalisé une seule fois au domaine, en 2005.
    Il s’agit d’une sélection de grains nobles 100% Riesling issue de la pourriture noble ou botrytis cinerea. Les conditions pour réaliser ce type de vin dans la région du Cap sont plutôt rares.

    Le domaine a produit 20 hl de ce nectar à la délicate robe brillante à reflets vieil or. Le bouquet est caractéristique des grands rieslings liquoreux et je pense, entre autres, aux rieslings allemands du Rheingau, qui sont un archétype en la matière.
    Au nez, on trouve des nuances d’agrumes et d’épices douces.
    En bouche, c’est le fruité et l’équilibre qui séduisent immédiatement. La minéralité commence à apparaitre sur ce vin qui devrait évoluer favorablement sur de longues années.

    L’acidité est remarquable, bien que nous soyons dans une région au caractère méditerranéen marqué.
    Avec les changements climatiques qui affectent particulièrement l’Europe continentale, l’Afrique du Sud a très probablement une carte à jouer dans ses meilleurs terroirs les plus méridionaux (donc les plus frais) pour la production de ce type de vins.
    En conclusion, grand vin à mettre en cave absolument.

    Éléments analytiques :
    Sucres résiduels : 104g/l
    Alcool : 13.2%
    Acidité : 8.8‰
    pH : 3.6


  • EPUISE – Noble One 2004 Sémillon* Domaine de Bortoli (Nlles Galles du sud) (0.75L)

    * LeNOBLE ONE Sémillon Botrytis 2004 plus grand liquoreux botrytisé d’Australie appelé « L’Yquem d’Australie »

    Conditions d’élaboration de la vendange du millésime 2004.

    Un début janvier très chaud a été suivi jusqu’à la mi-février par des températures plus modérées. Ensuite, ce furent deux semaine torrides avec des maximum au dessus de 35°C et des minimum nocturnes avoisinants les 25°C.
    Cette situation provoqua bien entendu un blocage de maturité qui ralenti fortement le mûrissement des raisins.
    Le temps demeura sec jusqu’au début du mois d’avril, interrompu seulement par un peu de pluie à la fin du mois février.
    Le début de l’automne austral fût marqué par d’intenses brouillards, conditions idéales pour le développement du Botrytis. Il n’a pas replu jusqu’à la fin du mois de mai : un peu de rosée et de petits coups de froid apportèrent au raisin les conditions suffisantes au complet développement de la pourriture noble.

    60 à 70% de la vendange fût affecté par le Botrytis noble. Elle débuta le 18 mai et se termina le 2 juin.
    (Ramenée à l’automne de l’hémisphère Nord, ce serait approximativement entre le 18 novembre et le 2 décembre.)

    Une évaluation de la maturité de chaque parcelle a été mise en œuvre pour déterminer le moment optimal de la vendange, fonction du degré maximum de botrytisation recherché.
    Chaque parcelle a été vendangée, vinifiée et élevée séparément, afin de pouvoir optimiser l’assemblage final, qui formera la cuvée définitive. Les fermentations durèrent, selon les cuvées, de 3 semaines à 3 mois.

    Élevage :
    46% du lot final a été élevé en barriques françaises neuves.
    17% en barriques d’une année.
    16% en barriques de deux ans.
    21% en cuve inox.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 10,5% /vol
    Acidité totale : 10 ‰
    pH : 3,42
    Sucres résiduels : 190 g/L

    Le vin présente une robe dorée éclatante. Le bouquet, déjà ample, nous conduit de l’abricot et de la nectarine bien mûre, aux délicates fragrances d’agrumes, mêlées à de subtiles nuances d’amandes et de vanille.

    La bouche offre une gamme complexe d’arômes liés à la pourriture noble : pêche, nectarine et cédrat. On retrouve, tout comme au nez, les nuances de fruits secs et un vanillé délicat.
    Particulièrement opulent, avec une grande persistance aromatique, soutenue par une excellente acidité, celle-ci l’exempte de toute lourdeur.

    Évolution prévisible favorable de ce vin : 10 à 15 ans.


  • ÉPUISÉ – Ruster Beerenauslese (rouge liquoreux de grains nobles) 2005 Domaine Landauer (0.50L)

    (Très rare cuvée de Pinot Noir et de Zweigelt, issue de la pourriture noble)

    RUSTER BEERENAUSLESE 2005

    Ce sont des circonstances climatiques fortuites (se reproduisant tous les 10 à 15 ans) qui ont permis l’élaboration de ce grand liquoreux atypique, à la robe rubis grenat et au délicieux arômes de fruits rouges (fraises, framboises, groseilles…)
    Il accompagnera remarquablement tous vos desserts d’été aux fruits rouges et noirs.

    Ce vin extrêmement original, provient d’une « sélection de grains nobles » des raisins Pinot noir (25%) et Zweigelt (75%).
    Ces raisins ont été vendangés , « botrytisés » noblement à 70 % les 20 et 21 octobre 2005.
    La richesse du mout à la vendange était de 26.5 Kmw (26.5% de sucre en masse volumique)
    Éléments analytiques :
    Alcool : 11.9 % Vol
    Sucres résiduels : 81g/L
    Acidité totale : 9.5‰
    Quantité produite : 20 Hectolitres
    Mise en bouteille : juin 2006.

    RUSTER BEERENAUSLESE 2005 dos


  • Vin du mois : Spécial Ruster Ausbruch de collection

    Vin du mois : Mars 2009

    Suite des « joyaux de la Couronne »
    Spécial Ruster Ausbruch de collection

    Cher(e)s ami(e)s oenophiles,

    Notre vin du mois « spécial Vin de Paille » du mois de janvier a été un vrai succès. Il semble que votre implication dans notre gamme soit particulièrement orientée vers ce qui touche à ces vins moelleux mythiques, véritable cœur de chauffe de notre action en faveur des vins rares. Dans cet esprit, j’ai souhaité vous proposer pour ce mois de mars une autre partie de ces joyaux, que sont les Ruster Ausbruch.
    Ce sont de véritables trésors œnologiques que nous vous offrons : uniquement de grands millésimes anciens, arrivés aujourd’hui au sommet de leur maturité, mais qui pourront évoluer encore sur de longues années.

     Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinerea.
    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette bien loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au coeur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee .
    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1.5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    Ce n’est peut-être pas un hasard, car les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Carte historique des vignobles de Rust.

     

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 450 Km plus à l’Est).
    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.
    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du phylloxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère personnellement comme une « usine à sucre » !

    Rust et le lac de Neusiedl en hiver.

    Les vignobles de Rust couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Tibor Kovacs, Michel, Robert Wenzel et Jean-François Ragot

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est hélas encore autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie juridique d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Pressurage d'une cuvée de Ruster Ausbruch

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.
    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût nature, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.

    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 80 à 180 gr de sucres résiduels.

    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)

    Jusqu’ à la dernière guerre mondiale, on n’imaginait même pas tenter d’élaborer ce type de vin hors de cette zone de grands crus de Rust. Les choses ont beaucoup changé ensuite et la rive orientale du lac de Neusiedl s’est rapidement couverte de vignes, sur des terres qui n’étaient encore considérées alors que juste bonnes à produire des céréales… (communes d’Illmitz, Apetlon, Podersdorf…etc)
    Grace à un matraquage marketing très élaboré, quelques habiles vignerons ont réussit à s’imposer et à faire croire au monde des gogos que c’était eux qui produisaient les plus grands vins…
    Pratiquant les Ruster depuis 1985 et ayant goûté des millésimes jusqu’au début des années 60, j’affirme haut et fort qu’ ils sont inégalables dans tout le Burgenland.

    Le Ruster Ausbruch est à mon avis un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est peut-être dans le Tokaji Impérial de Hongrie.
    Ils sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    RUSTER AUSBRUCH WEISSBURGUNDER 1991

    Robe vieil or soutenu.
    Nez fin, aromatique, fruits secs, amandes, raisins de Corinthe.
    Généreux en bouche, rond à gras, avec une acidité bien présente. Belle longueur avec une finale acide très harmonieuse.

    125 grammes de sucres résiduels par litre,
    10,5 ‰ d’acidité,
    13% Alc/Vol.
    Cépage: Weissburgunder (Pinot Blanc) 100%.

    Le millésime 1991 a été considéré à son époque comme une très grande année, grâce à une belle qualité de botrytis intervenu très rapidement sur des grappes sur-mûries. Un taux d’acidité élevé a donné des vins à évolution lente et qui devraient nous régaler encore de nombreuses années.

     

     

     

     

    RUSTER AUSBRUCH NEUBURGER 1991

    Belle robe jaune paille soutenu.
    Nez aromatique, floral, acacias, pommier, agrumes.
    Bonne acidité, léger à généreux, rond, très bon équilibre. Grande garde.

    Ce vin issu du cépage autrichien Neuburger offre aujourd’hui une palette aromatique particulièrement complexe. D’une acidité moins tranchante que celle du Pinot Blanc (alias Weissburgunder) il offre aujourd’hui les charmes d’un grand liquoreux proche de son apogée.

    117 grammes de sucres résiduels par litre,
    8,9 ‰ d’acidité,
    12,5% Alc/Vol.

     

     

     

     

    RUSTER AUSBRUCH GRAUER BURGUNDER 1989

    Le Grauer Burgunder est comme le Rulander une autre dénomination du Pinot Gris. Ce rarissime Ausbruch de la grande année 1989 est un passionnant témoignage d’un des meilleurs millésime des années 80.

    Vin de méditation à déguster devant la cheminée…

    Cette magnifique bouteille reposant dans nos entrepôts depuis 18 ans, il nous a été impossible de retrouver les éléments analytiques d’origine.
    Ne soyons ni plus royalistes que le roi ni intégristes, ils n’empêcheront en aucune manière la dégustation de cette bouteille mythique.

    RUSTER AUSBRUCH WELSCHRIESLING 1993

    Robe jaune or soutenu.
    Très fin, aromatique, fruits confits, poire, abricot, mirabelle, agrumes, ananas.
    En bouche très bel équilibre, vif, gras, généreux. Remarquable persistance aromatique. Grande garde.

     Alcool : 12,1%/vol
    Acidité fixe : 7,5‰
    Sucres résiduels : 90g/L


  • EPUISE – Klein Constantia Sauvignon Noble Late Harvest 2005 (0.75L) Grains nobles

    KLEIN CONSTANTIA SAUVIGNON NOBLE LATE HARVEST 2005Comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire de nombreuses fois, ce vin n’est produit que rarement sur le domaine. Sa vendange demande en effet l’intervention de la pourriture noble ou Botrytis Cinerea. Elle nécessite en arrière saison (mars) de l’humidité et de la chaleur. Ce fût le cas en 2005.
    Depuis la résurrection du domaine au début des années 80 le Noble Late Harvest n’a été produit de manière satisfaisante qu’en 1987, 1992, 1998 et 2002. Heureux les possesseurs de ces flacons de vieux millésimes…

    Le millésime 2005 a renoué avec la tradition du grand équilibre dont est capable ce type de vin. Le domaine à notre demande, a modéré la durée d’élevage en barriques afin de conserver au vin toute sa fraîcheur.
    La robe couleur vieil or est séduisante. Nous retrouvons d’abord au nez, puis en bouche, toutes les caractéristiques qui font le charme de ce rare vin liquoreux issu de la pourriture noble. Le côté « salade de fruits exotiques » (mangue, ananas, fruits de la passion) est bien marqué, mêlé dans la complexité aux arômes d’agrumes frais.
    Le vin se termine en « queue de paon » par une longue finale. L’identité de ce grand liquoreux est vraiment unique, ne ressemblant à aucun des vins de sa « famille » (les liquoreux de pourriture noble).

    Il n’est pas à comparer au vin de Constance, d’un style diamétralement opposé. Il met en lumière les immenses possibilités de ce vignoble historique et mythique, en mesure de réussir magistralement dans presque tous les types de vin.
    Le nouveau « winemaker » (vinificateur) Adam Mason semble très bien parti pour magnifier le potentiel de ce superbe domaine.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 14.02% vol
    Sucres résiduels : 86 g/L
    Acidité totale : 9.3g ‰