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  • Le vin de glace / Eiswein / Icewine

    Le 27 décembre 2017,

    Cher(e)s ami(e)s œnophiles,

    En cette fin d’année 2017, je ne peux hélas que vous confirmer la tendance lourde à la raréfaction de la production des Vins de Glaces/Eisweine/Icewines. En Europe centro-orientale et en Allemagne, aucun froid notable jusqu’à ce jour et les tendances jusqu’au premier jour de janvier 2018 sont à la grande douceur. Par conséquent, il n’y aura pas de millésime 2017. Le 2012 restera chez Bruno Landauer l’ultime Vin de Glace de qualité optimale.
    Soyez, par conséquent, très méfiants, si vous voyez des propositions sur les cinq derniers millésimes, ce ne sont pas, à coup sûr, des vins honnêtes…
    Je répète une fois de plus qu’une température minimale de -8 / -9 °C est nécessaire à une bonne cryoextraction naturelle.
    Nous vivons actuellement sur nos stocks des millésimes 2009 et 2012, mais ça ne durera pas éternellement…

     

    Le 18 février 2014,

    Cher(e)s ami(e)s œnophiles,

    J’ai commencé à m’intéresser très sérieusement aux vins de glace en 1990 avec mon ami Bruno Landauer. Lui-même a produit son premier eiswein en 1986. Le résultat avait été particulièrement concluant, mais il n’en reste que le souvenir…

    Nous avons connu des années fastes dans la fin des années 80 et dans les années 90. Les conditions climatiques de l’Europe centrale étaient alors beaucoup plus continentales et nous pouvions espérer un bon coup de froid au moment de la pleine lune de novembre ou au pire à celle de décembre. Il faut dire clairement qu’après, c’est trop tard ! Je garde un souvenir ému des 1988, 1989, 1990, 1992, etc…

    Pour le début de la décade 2000, les deux eiswein qui ont pu être produits dans des conditions optimales ont été  les millésimes 2001 et 2003.
    Il  a fallu attendre ensuite 2008 pour  produire à nouveau un véritable eiswein, les conditions climatiques ayant été beaucoup trop chaudes durant 5 ans.
    Le coût est  lourd, car les raisins que nous avions « abandonnés » à cet effet en 2004, 2005, 2006 et 2007  ont été perdus. Ceci représente entre 3 et 4 tonnes de raisins par essai compromis soit entre 12 et 16 tonnes de raisins en tout, que nous aurions pu utiliser pour un autre usage (Auslese ou Beerenauslese le cas échéant).
    En 2009, les conditions ont été une nouvelle fois favorables avec la production d’un très beau nectar qui sera embouteillé en principe en février 2011.

    Tout ceci est rassurant, car il serait regrettable de devoir abandonner la production de ces extraordinaires nectars à nos amis canadiens…

    Face à l’avalanche d’informations médiatiques qui tendent à égarer quelque peu l’œnophile, même curieux et avisé, je vous propose que nous fassions un petit point sur la question.

    I – ORIGINES DE L’EISWEIN :

    La méthode a été vraisemblablement découverte de manière empirique quelque part en Europe Centrale il y a fort longtemps. Toutefois, le premier document attestant son existence de manière certaine, remonte à 1792. Le premier Eiswein a été élaboré à Piesport dans la vallée de la Moselle, très probablement à partir du cépage Riesling.

    II – ZONES DE PRODUCTION DE L’EISWEIN :

    En Allemagne, dans la vallée du Rhin, de la Moselle et en Franconie : la production a pris un caractère commercial depuis 1961. Le réchauffement climatique a été très rigoureux dans la Moselle et la vallée du Rhin, juste un peu moins en Franconie.

    En Autriche, dans le Burgenland : cette région offre à mon avis les produits les plus intéressants, du point de vue rapport qualité/prix. (mais comme nous l’avons vu plus haut, pourrons-nous encore en produire de temps en temps ?)

    En Slovénie : la tradition est ancienne, la qualité peut être excellente, mais le prix n’est pas très attractif. Le problème du réchauffement climatique est crucial également.

    En Alsace : des tentatives sont faites depuis le milieu des années 80 avec des fortunes diverses. Le climat est malheureusement actuellement carrément défavorable.

    Le Canada : Des « Icewines » sont produits de manière systématique dans l’Ontario depuis 25 ans grâce aux conditions climatiques du pays. Ce sont des produits « marketing type« , sans véritable tradition historique, mais certains peuvent être toutefois très bons.

    III – VENDANGE DE L’EISWEIN :

    L’élaboration d’un Eiswein est un jeu très risqué, car il nécessite des conditions climatiques spécifiques qui sont loin de se reproduire toutes les années (voir ci-dessus) :

    Tout d’abord, le vignoble doit être protégé des oiseaux par des filets installés vers la fin du mois de Septembre.
    Quelques vignerons amis de Rust ont fait quelquefois la cuisante expérience d’un vol de quelques milliers d’oiseaux s’abattant sans répit sur la vigne jalousement préservée et la « nettoyant » en moins de quelques heures…
    Des vents violents ainsi que de fortes pluies peuvent avoir un effet fragilisant, voire dévastateur pour les raisins. Une chute de neige lourde peut être du pire effet et précipiter la récolte au sol. Il faut savoir que le raisin doit demeurer le plus sain possible.

    Cela signifie qu’il est quasiment impossible de conjuguer la vinification de l’Eiswein et la sélection de Grains Nobles (botrytis cinéréa) au cours de la même récolte.
    C’est une véritable surmaturation sur pied qui s’opère durant une période de 2 à 3 mois. Le passerillage sur souche fait partie intégrante du processus d’élaboration.

    Il nécessite un courant d’air modéré et régulier, de petits phénomènes de gel et de dégel et comme nous l’avons dit plus haut, l’absence de botrytis. Il faut savoir que ce dernier ne se développe pas en dessous de 10°C.

    Si toutes ces conditions sont réunies, il faut encore compter avec une importante perte de raisins tombés au sol (30 % en moyenne).
    Pour ce qui touche aux raisins demeurant sur souche, un air très sec et modérément froid pourra entrainer une déshydratation de l’ordre de 60 % du volume restant. Plus la vendange sera tardive, liée à l’arrivée d’un grand froid, plus la perte de volume sera grande (et meilleure sera la qualité, bien entendu).
    L’acidité totale du raisin tendra aussi à diminuer avec l’évolution de la surmaturité.

    La température minimum pour vendanger doit être de – 7° C. Elle est optimale à -12°C. C’est vers 4 heures du matin, à la lueur de projecteurs montés sur un tracteur, que la cueillette commence, sans instruments tranchants le plus souvent, car les grappes se détachent aisément d’elles-même.
    Le pressurage s’effectue à l’extérieur afin de maintenir les mêmes conditions de températures.


    IV – THÉORIE DE L’EXTRACTION :

    Deux phénomènes vont s’additionner au moment du pressurage :

    Tout d’abord, la cryoextraction naturelle : les baies les moins riches en sucre seront congelées, la glace demeurant dans le pressoir, alors que les baies les plus riches resteront normales et libéreront un jus très concentré.
    La cryoextraction, engendre de plus un effet de supra-extraction, c’est-à-dire qu’elle permet d’extraire plus de sucre que le pressurage direct d’un raisin non gelé.
    La perte de rendement est considérable. On obtient environ 0,15 litre de jus par Kg de raisin gelé, c’est-à-dire 6 à 8 fois moins qu’un rendement en jus normal.
    Le mode de pressurage est également capital. La montée en pression doit être lente avec de fréquents desserrages.
    Un cycle de 2 Tonnes de raisin durera environ 3 heures pour aboutir à une quantité de 300 à 600 litres de moût.
    La fermentation de ces derniers est une étape également longue et délicate.
    Elle s’effectue en cuve inox ou en barrique. Sa durée est de l’ordre de 3 semaines. Le moût ne possédant plus que très peu, voire plus du tout de levures indigènes, doit être ensemencé par un choix de souches de levures appropriées. Après quelques mois d’élevage, le vin est prêt à l’embouteillage.

    Je suis personnellement partisan d’élevages assez courts en cuve inox.


    V – CARACTÉRISTIQUES ORGANOLEPTIQUES DE L’EISWEIN
    ET APTITUDE A LA GARDE :

    Elles peuvent être extrêmement différentes, car elles reposent en fait sur trois paramètres :

    – La nature du cépage.
    Ils peuvent être très variés, quelquefois assemblés. Pour l’Allemagne, il faut opter pour le riesling, hélas très coûteux et en tout état de cause, éviter les cépages « hybrides », gros accumulateurs de sucre au détriment de la finesse. (Les Bouvier et autres Ortega sont à fuir !)

    – La souche de levure de fermentation.
    Il s’agit d’un problème œnologique pur et dur sur lequel je ne m’étendrai pas.

    – Les arômes spécifiques issus du froid.
    Ils vont du fruit exotique aux arômes épicés (gingembre, poivre etc…) en passant par le sous-bois. Ceci est particulièrement net dans les Eiswein du Burgenland autrichien.

    Pour ce qui touche au potentiel de garde des Eiswein, on peut l’estimer à une trentaine d’années sans grand risque d’erreur.

    Ci-dessous, vous trouverez les photos que nous avons faites au cours de la vendange de notre eiswein le 25 décembre 2003 à Rust dans le Burgenland (Autriche de l’extrême est).

    Nous avons bénéficié d’une température optimale de -12°C, ce qui est rare.

    Vendange de l’EISWEIN (vin de glace) à Rust le 25 décembre 2003 par une température de -12°c !

    Vendange et pressurage de l’EISWEIN les 29 et 30 décembre 2008.

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  • Le Ruster Ausbruch (Burgenland – Autriche)

    Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinéréa.

    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au cœur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee.

    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1,5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    D’ailleurs, les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 400 Km plus à l’Est).

    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.

    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du philoxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère comme une « usine à sucre » !

    Les vignobles couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Comme vous le savez bien à la lecture de la liste des vins de Dionis, nous avons une remarquable collection de vins de cette région et offrons à l’amateur gourmand quelques joyaux œnologiques remontants jusqu’à la fin des années 80.
    Les grands vins liquoreux de pourriture noble de Rust se répartissent en fonction de leur richesse naturelle en sucre au moment de la vendange, de la manière suivante :

    • Auslese : entre 21 KMW et 25 KMW (entre 21 % et 25 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Beerenauslese : entre 25 KMW et 27 KMW (entre 25 % et 27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Ausbruch : à partir de 27 KMW (27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Trockenbeerenauslese : A partir de 30 KMW (30 % de sucres par litre de moût en masse volumique.

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie légale en France d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.

    Les quatre saisons à Rust
    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)
    De gauche à droite : Tibor Kovacs, Michel et Robert Wenzel, enfin Jean-François Ragot, en octobre 1995 à Rust.
    Pressurage d’une cuvée de Ruster Ausbruch

    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.
    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 100 à 180 gr de sucres résiduels.

    C’est à mon sens un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est dans le Tokaji.
    Ce sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    Jean-François RAGOT


  • Hallgartener Jungfer Riesling Auslese 2015 (0.75L) Winzer Hallgarten (vin de vendanges tardives, moelleux)

    Je suis particulièrement content de ce splendide Riesling moelleux de vendanges tardives. Ce type de vin devient de plus en plus rare avec le réchauffement climatique, les raisins étant moins sensibles à la pénétration du botrytis cinéréa ou pourriture noble.
    En 2015, nous avons fait « des pieds et des mains » pour que le domaine attende la production d’un potentiel vin moelleux. La quantité produite, vendangée le 4 novembre 2015 a été très faible, de l’ordre de 450 litres.

    Nous avons fait notre ce vin qui a été embouteillé spécifiquement pour nous pour un quantité de 600 grandes bouteilles de 0,75L. Ce n’est certes pas beaucoup, mais quelle magnifique qualité !
    Depuis 2005, c’est le cinquième vin produit de ce type, soit une fois tous les trois ans.

    Cette belle vendange tardive de Riesling provient de l’excellent cru Jungfer (Jungfer est un diminutif de Jungfrau, signifiant la Madone).

    Ce cru est situé en plein cœur du Rheingau (voir carte ci-dessous).

    Le vin présente une robe jaune citron très brillante, du volume en bouche avec un délicat fruité laissant déjà percer la minéralité. Jolie finale sur les agrumes frais.

    Évolution prévisible favorable sur une dizaine d’années.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 11 %/vol
    Sucres résiduels :60,7 g/L
    Acidité totale : 8,2 ‰

    Le vignoble du cru Jungfer à Hallgarten (Rheingau/Allemagne), le 2 novembre 2015. Vue des raisins Riesling destinés à élaborer une vendange tardive de niveau Auslese, deux jours avant la vendange.
    Le vignoble du cru Jungfer à Hallgarten (Rheingau/Allemagne), le 2 novembre 2015. Vue des raisins Riesling destinés à élaborer une vendange tardive de niveau Auslese, deux jours avant la vendange.
    Le vignoble du cru Jungfer à Hallgarten (Rheingau/Allemagne), le 2 novembre 2015. Vue des raisins Riesling destinés à élaborer une vendange tardive de niveau Auslese, deux jours avant la vendange.
    Le vignoble du cru Jungfer à Hallgarten (Rheingau/Allemagne), le 2 novembre 2015. Vue des raisins Riesling destinés à élaborer une vendange tardive de niveau Auslese, deux jours avant la vendange.

  • Ruster Beerenauslese Zweigelt/Pinot Noir/Merlot 2015 Très rare cuvée de « grains nobles » issus de raisins rouges – Domaine Landauer (0,50 L)

    Ce sont des circonstances climatiques rares qui nous ont permis à nouveau l’élaboration de ce grand liquoreux atypique, à la robe rosé corail et aux délicieux arômes de fruits rouges (fraises, framboises, groseilles…). Belle acidité qui équilibre remarquablement la douceur naturelle du vin.
    Il accompagnera remarquablement  vos desserts aux fruits rouges et noirs, ainsi que le foie gras frais.

    Le précédent millésime vinifié de ce type de vin remonte à 2010. Il est complètement épuisé.

    Ce vin extrêmement original, provient d’une « sélection de grains nobles » des raisins  Zweigelt (pour plus de 90%), le reste se partageant entre le Merlot et le Pinot Noir.
    Ces raisins ont été vendangés le 8 novembre 2015. (80% issus de la pourriture noble ou botrytis cinerea et 20% issus de la surmaturité)

    La richesse du mout à la vendange, a atteint 28,5 Kmw (28,5% de sucre en masse volumique).

    Éléments analytiques :
    Alcool : 12,6 % Vol
    Sucres résiduels : 113 g/L
    Acidité totale : 6 ‰

    Mise en bouteille : juin 2016.
    Quantité produite : 3500 bouteilles


  • Vendanges 2015 à Tokaj (région Tokajhegyalja – Hongrie) – 2eme partie

    Orliénas, le 24 novembre 2015,

    Dans ma news du 29 septembre dernier, j’ai évoqué les conditions climatiques dans lesquelles s’inscrit la vendange 2015 à Tokaji jusqu’à la fin du mois de septembre.
    Je me suis rendu à nouveau dans la Tokajhegyalja (région de Tokaj) du 8 au 13 novembre. Je rappelle que les vendanges ont commencé début Septembre pour les premiers vins blancs secs et se sont terminées vers le 13 novembre.
    Pour ce qui touche aux vins liquoreux de Tokaj, qui tendent hélas à devenir bien plus rares, on peut observer pour 2015 deux catégories :

    – Les premiers tris du mois de septembre, qui se sont déroulées par un temps beau, chaud et sec ont permis de récolter des grains aszu passerillés de première classe de haute qualité.

    – Les tris suivants se sont déroulés vers la fin octobre après les pluies, qui ont déclenché l’arrivée du botrytis cinéréa ou pourriture noble. Les grains obtenus sont alors de deuxième et troisième classe. Ils n’ont pas l’aptitude à produire des vins d’Aszu de très haute qualité, mais en revanche, ils peuvent être utilisés pour la production d’excellents Szamorodni.

    Le principal opérateur de la région, Tokajkereskedőház (qui a remplacé le défunt Combinat de Tokaj après les privatisations commencées en 1990) a pour son compte joué la carte des vins blancs secs et acheté que des quantités extrêmement faible de grains aszu. Il regroupe pratiquement tous les petits producteurs qui ne poussent pas, eux non plus à prendre le moindre risque…

    Pour ce qui concerne Dionis, nous nous inscrivons dans la tradition historique de la production de vins liquoreux remontant à plus de quatre siècles, estimant fort peu le niveau qualitatif des vins blancs secs issus du cépage Furmint. Ce dernier est incomparable pour l’élaboration des grands vins liquoreux, mais médiocre pour ce qui touche aux vins blancs secs. Je le dis bien fort depuis des lustres, mais le marché des vins liquoreux étant un marché élitiste, donc réduit, certaines organisations professionnelles locales essaient de nous faire prendre « des vessies pour des lanternes » en tentant de faire croire au monde européen du vin, avec la complicité des medias, que l’on peut produire de grands vins blancs secs dans cette région, en les « travaillant » à la barrique…c’est une imposture !

    Si on cherche de grands vins blancs secs en Europe Centrale, il faut aller les chercher plus sûrement en Autriche ou en Allemagne.

    Je vous laisse regarder quelques photos de la semaine du 9 au 15 novembre 2015.

    Cuve de grains aszu dans l'attente d'être vinifiés. Ce sont typiquement des grains passerillés de première classe vendangés au mois de septembre 2015. Ils sont aptes à produire des Tokaji Aszu de haute qualité. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l’attente d’être vinifiés. Ce sont typiquement des grains passerillés de première classe vendangés au mois de septembre 2015. Ils sont aptes à produire des Tokaji Aszu de haute qualité. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l'attente d'être vinifiés. Ce sont typiquement des grains botrytisés de deuxième classe vendangés dans la deuxième moitié du mois d'octobre 2015. Ils ne sont pas aptes à produire les Tokaji Aszu les plus fins. Photo du 10 novembre 2015.
    Cuve de grains aszu dans l’attente d’être vinifiés. Ce sont typiquement des grains botrytisés de deuxième classe vendangés dans la deuxième moitié du mois d’octobre 2015. Ils ne sont pas aptes à produire les Tokaji Aszu les plus fins. Photo du 10 novembre 2015.
    Pure essence de Tokaji (Eszencia) issue de grains passerillés vendangés au mois de septembre 2015. Sa concentration est de l'ordre de 800g de sucre/ litre. Son acidité marque le pas des années chaudes (entre 10‰ et 11‰). Photo du 10 novembre 2015.
    Pure essence de Tokaji (Eszencia) issue de grains passerillés vendangés au mois de septembre 2015. Sa concentration est de l’ordre de 800g de sucre/ litre. Son acidité marque le pas des années chaudes (entre 10‰ et 11‰). Photo du 10 novembre 2015.
    Grains aszu de l'extrême fin fin des vendanges (à gauche) et des grappes pleinement botrytisées destinées à la production de Szamorodni doux (à droite). Photo du 10 novembre 2015.
    Grains aszu de l’extrême fin fin des vendanges (à gauche) et des grappes pleinement botrytisées destinées à la production de Szamorodni doux (à droite).
    Photo du 10 novembre 2015.
    Gros plan des grains aszu présentés dans la précédente photo. Ils nous montrent à la fois des grains passerillés et des grains botrytisés. Ils ont été vendangés le 10 novembre 2015, date de la photo.
    Gros plan des grains aszu présentés dans la précédente photo. Ils nous montrent à la fois des grains passerillés et des grains botrytisés. Ils ont été vendangés le 10 novembre 2015, date de la photo.
    Grappe de Furmint très botrytisée de niveau Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Grappe de Furmint très botrytisée de niveau Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Photo très caractéristique de grappes de Furmint bien botrytisées. Elles seront vendangées le jour même pour élaborer des Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.
    Photo très caractéristique de grappes de Furmint bien botrytisées. Elles seront vendangées le jour même pour élaborer des Szamorodni doux. Photo du 10 novembre 2015.


  • News : 17 novembre 2015 : coup d’œil sur les vendanges en Europe Centrale – automne 2015 (Allemagne – Autriche)

    Orliénas, le 17 novembre 2015,

    L’été et l’automne 2015 resteront probablement dans la mémoire collective des années chaudes, même si nous sommes très loin de la terrible année 2003. Le point positif concerne les vendanges, qui se sont déroulées globalement d’est en ouest de l’Europe, dans d’excellentes conditions. La maturité est bien présente en cet automne 2015.
    J’ai voulu me rendre compte de la situation moi-même et je me suis rendu tout particulièrement auprès de mes partenaires allemands, autrichiens et hongrois bien entendu.

    Le dossier concernant les Tokay de Hongrie 2015 (Tokaji) fera l’objet d’un autre article.

    Je sais que moins le discours est copieux, mieux il est reçu. C’est pourquoi je vous propose quelques belles images illustrées de commentaires.

    Dans la Moselle allemande, les vendanges sont terminées. Très bon niveau de maturité sur les Rieslings, laissant présager d'excellents vins blancs secs. Très peu de vin moelleux de vendange tardive. Cette photo illustre les crus de la Moselle des Terrasses, à une dizaine de km au sud de Coblence, le 1er novembre 2015.
    Dans la Moselle allemande, les vendanges sont terminées. Très bon niveau de maturité sur les Rieslings, laissant présager d’excellents vins blancs secs. Très peu de vin moelleux de vendange tardive.
    Cette photo illustre les crus de la Moselle des Terrasses, à une dizaine de km au sud de Koblenz, le 1er novembre 2015.
    Vue des vignobles mosellans des terrasses, dans le cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015.
    Vue des vignobles mosellans des terrasses, dans le cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015.
    Autre vue du cru Winninger Brückstück, dans la Moselle des Terrasses, le 1er novembre 2015.
    Autre vue du cru Winninger Brückstück, dans la Moselle des Terrasses, le 1er novembre 2015.
    Vue plongeante sur la Moselle à mi-hauteur du cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015.
    Vue plongeante sur la Moselle à mi-hauteur du cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015.
    Grappes de Riesling en état de surmaturation, parfois atteintes par la pourriture noble ou botrytis cinéréa. Ces raisins appartiennent au domaine de Martin Hautt. Elles sont destinées à la production de notre futur Winninger Brückstück Auslese 2015. Photo du 1er novembre 2015. Cette ultime vendange sera effectuée dans la première quinzaine de novembre.
    Grappes de Riesling en état de surmaturation, parfois atteintes par la pourriture noble ou botrytis cinéréa. Ces raisins appartiennent au domaine de Martin Hautt. Elles sont destinées à la production de notre futur Winninger Brückstück Auslese 2015. Photo du 1er novembre 2015. Cette ultime vendange sera effectuée dans la première quinzaine de novembre.
    Aspect des grappes de Riesling dans le cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015. Nous constatons nettement l'état de surmaturité et un début de botrytisation.
    Aspect des grappes de Riesling dans le cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015. Nous constatons nettement l’état de surmaturité et un début de botrytisation.
    Autre aspect des raisins Riesling dans le cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015.
    Autre aspect des raisins Riesling dans le cru Winninger Brückstück, le 1er novembre 2015.
    Le magnifique cru Winninger Brückstück de la Moselle des Terrasses, le 1er novembre 2015.
    Le magnifique cru Winninger Brückstück de la Moselle des Terrasses, le 1er novembre 2015.
    Nous essayons également avec nos partenaires de Hallgarten (Rheingau) de produire cette année une vendange tardive de niveau Auslese. Aspect des raisins Riesling, le 2 novembre 2015.
    Nous essayons également avec nos partenaires de Hallgarten (Rheingau) de produire cette année une vendange tardive de niveau Auslese. Aspect des raisins Riesling, le 2 novembre 2015.
    Aspect caractéristique d'une grappe de Riesling presque complètement au niveau de raisins secs. Elle est destinée à la production d'une vendange tardive de niveau Auslese. Hallgarten (Rheingau), le 2 novembre 2015.
    Aspect caractéristique d’une grappe de Riesling presque complètement réduite au niveau de raisins secs. Elle est destinée à la production d’une vendange tardive de niveau Auslese.
    Hallgarten (Rheingau), le 2 novembre 2015.
    Rust (Burgenland/Autriche), le 14 novembre 2015. Bruno Landauer explique à Jean-François Ragot les paramètres analytiques du fameux Gewürztraminer Spätlese / vendanges tardives 2015. il a été vendangé le 3 octobre 2015.
    Rust (Burgenland/Autriche), le 14 novembre 2015. Bruno Landauer explique à Jean-François Ragot les paramètres analytiques du fameux Gewürztraminer Spätlese / vendanges tardives 2015. Il a été vendangé le 3 octobre 2015. Absolument délicieux déjà, il sera mis sur le marché le 1er mars 2016.
    Aspect visuel du Gewürztraminer Spätlese / vendanges tardives 2015 produit par Bruno Landauer à Rust (Autriche / Burgenland).
    Aspect visuel du Gewürztraminer Spätlese / vendanges tardives 2015 produit par Bruno Landauer à Rust (Autriche / Burgenland). Photo du 14 novembre 2015.
    Aspect visuel du moût du futur Ruster Auslese 2015 dont la fermentation n'a pas encore commencé. Les raisins ont été vendangés le 12 novembre 2015. C'est un assemblage de Furmint (majoritaire) et de Pinot Blanc. Une grande bouteille en devenir. Photo du 14 novembre 2015 chez Bruno Landauer à Rust (Burgenland/Autriche).
    Aspect visuel du moût du futur Ruster Auslese 2015. La fermentation n’a pas encore commencé. Les raisins ont été vendangés le 12 novembre 2015. C’est un assemblage de Furmint (majoritaire) et de Pinot Blanc. Une grande bouteille en devenir. Photo du 14 novembre 2015 chez Bruno Landauer à Rust (Burgenland/Autriche).

    Cordialement,
    Jean-François


  • Tokaji Aszu 6 Puttonyos Château de Sárospatak 2003

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    tkj6putt2003C’est avec plaisir que nous vous proposons cette toute petite cuvée de grand Tokaji Aszu que nous avions décidé de ressortir pour cette grande occasion (les trente ans de Dionis en juin 2015).

    Comme partout en Europe, et dans une moindre mesure dans la Tokajhegyalja (région de production des Tokaji), nous avons enregistré des températures élevées au cours de cet été 2003, qui ont ainsi amené les raisins à une maturité très précoce, jamais observée: vers mi-août pour le cépage Zéta et  fin août-début septembre pour le furmint.
    Le développement du botrytis sur le cépage Zéta a été favorisé par des pluies fin août. Dès le 28 août, les premiers grains aszú , riches et parfaitement passerillés, sont récoltés.

    Le premier tri des grains sur le furmint commence à partir du 17septembre. La qualité est au rendez-vous, mais  la quantité reste faible. Les journées du 18 et 19 septembre sont consacrées à la récolte de vieilles vignes de furmint, à partir des raisins sains et très mûrs servant à l’élaboration des vins de base destinés aux aszú.
    Jusqu’à la fin du mois de septembre, les tris se succèdent sur l’ensemble des parcelles de furmint dont la qualité du botrytis et du passerillage sont celles des grandes années.
    L’arrivée des pluies début octobre interrompt les vendanges pendant une dizaine de jours mais permettent l’arrivée du botrytis cineréa intense.
    Les tris reprennent à partir du 13 octobre. Nous obtenons des grains aszú bien botrytisés, mais bien entendu, moins secs que pendant les cueillettes de septembre.
    A partir du 23 octobre, le temps se refroidit, et nous subissons une neige et un gel tout à fait inattendu (-6 C la nuit du 24 octobre). La dernière semaine du mois d’octobre nous redonne du beau temps, à la fois sec et ensoleillé. Les raisins changent d’apparence, et très vite, se concentrent.

    Ces vendanges 2003 ont été comme souvent, longues, mais ont offert une belle diversité de grains aszú : les tris de septembre sont de nature passerillées alors que ceux du mois d’octobre montrent davantage un caractère botrytisé. Les grains passerillés ont été macérés avec du mout en fermentation, alors que les grains plus marqués par le botrytis cineréa ont été macérés dans du vin nouveau.
    Cet assemblage a donné des vins fins et complexes, qui réunissent la puissance des grains passerillés aux arômes délicats du botrytis.

    Douze années après sa vendange, ce Château Sarospatak 6 puttonyos 2003 arrive lentement à sa phase de maturité, qui va se prolonger durant une bonne vingtaine d’années.
    Il présente une robe brillante à reflets orangés, un nez intense, avec des arômes de fruits secs et de figue, le tout dans une complexité étourdissante.
    Il est concentré,  puissant et gras en bouche avec une longue persistance aromatique où l’on distingue l’abricot sec, l’amande grillée et l’écorce d’agrumes.

    Grande bouteille d’un millésime confidentiel.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 11,76 %/ vol
    Sucres résiduels : 166  g/litre
    Extraits secs : 56,48 g/l
    Acidité totale : 10 ‰
    pH : 3,29


  • News : 21 mai 2015 : Retour d’Afrique du Sud

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    C’est avec plaisir que je vous livre quelques photos de mon dernier voyage en Afrique du sud (du 9 au 19 mai). Il m’a permis de prendre de nouveaux contacts très fructueux et d’en ré-activer d’anciens.

    Il se passe pas mal de choses dans l’appellation Constantia, avec une incroyable inflation des prix au domaine de Klein Constantia… J’en ai personnellement à peine cru mes yeux au cours de ma rapide visite du 15 mai 2015. Pour information, le prix du Vin de Constance 2009 à la propriété est de 55 €. Le prix des vieux millésimes disponibles atteint des sommets stratosphériques avec 750 € la bouteille pour le millésime 1996 !!!

    Heureusement, il y a l’alternative des délicieux Constantia historiques « 1769 » 2013 du domaine Buitenverwachting et du vin de « Grand Constance » du domaine Groot Constantia, qui peuvent revendiquer  tous les deux la continuité historique du cru depuis la fin du XVIIème siècle.

    Le manoir (Cape Dutch) fin XVIIIème de Buitenverwachting, le 11 mai 2015. Vous observerez en fond, les traces sinistres du grand incendie d'origine criminelle de la mi-février 2015. Le feu s'est approché jusqu'à 200m du manoir et Lars, le propriétaire, a bien cru durant quelques minutes qu'il allait tout perdre. Il y a eu 5000 hectares de forêt, 4 hectares de vignes et une quinzaine de maisons détruites.
    Le manoir (Cape Dutch) fin XVIIIème de Buitenverwachting, le 11 mai 2015.
    Vous observerez en fond, les traces sinistres du grand incendie d’origine criminelle de la mi-février 2015. Le feu s’est approché jusqu’à 200m du manoir et Lars, le propriétaire, a bien cru durant quelques minutes qu’il allait tout perdre. Il y a eu 5000 hectares de forêt, 4 hectares de vignes et une quinzaine de maisons détruites.
    Lars Mack, propriétaire du domaine historique de Buitenverwachting (la porte à côté de Klein Constantia) et Jean-François Ragot, le 11 mai 2015. La bonne nouvelle est la reprise de la relation après quelques soucis œnologiques sur les millésimes 2011 et 2012. Le brillant Constantia moelleux "1769" 2013 sera disponible en principe à partir de nos Portes Ouvertes d'été de juin 2015 (11, 12 et 13).
    Lars Mack, propriétaire du domaine historique de Buitenverwachting (la porte à côté de Klein Constantia) et Jean-François Ragot, le 11 mai 2015.
    La bonne nouvelle est la reprise de la relation après quelques soucis œnologiques sur les millésimes 2011 et 2012.
    Le brillant Constantia moelleux « 1769 » 2013 sera disponible en principe à partir de nos Portes Ouvertes d’été de juin 2015 (11, 12 et 13).
    Vin de Constantia moelleux "1769" du domaine Buitenverwachting, millésime 2013. Les raisins ont été vendangés à la fin du mois de mars 2013. Analyse : Alcool : 13,06 %/vol Sucres résiduels : 133,6 g/L Extraits secs : 43,5 g/L Acidité fixe : 5,3 g/L pH : 3,61
    Vin de Constantia moelleux « 1769 » du domaine Buitenverwachting, millésime 2013. Les raisins ont été vendangés à la fin du mois de mars 2013.
    Analyse :
    Alcool : 13,06 %/vol
    Sucres résiduels : 133,6 g/L
    Extraits secs : 43,5 g/L
    Acidité fixe : 5,3 g/L
    pH : 3,61

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le magnifique chais historique de 1790 du domaine de Groot Constantia, le 11 mai 2015. Il ne fait plus office de chais pour les vins du domaine et a été transformé depuis des lustres en musée.
    Le magnifique chais historique de 1790 du domaine de Groot Constantia, le 11 mai 2015.
    Il ne fait plus office de chais pour les vins du domaine et a été transformé depuis des lustres en musée.
    Jean-François Ragot et Jean Naudé, directeur général du domaine historique de Groot Constantia, le 11 mai 2015, en pleine négociation pour la distribution du vin de "Grand Constance".
    Jean-François Ragot et Jean Naudé, directeur général du domaine historique de Groot Constantia, le 11 mai 2015, en pleine négociation pour la distribution du vin de « Grand Constance ».
    Élément historique sur le vin de "Grand Constance" Relancé en 2005 par le domaine, il représente avec le Constantia moelleux "1769" de Buitenverwachting, relancé en 2007 et le "Vin de Constance" du domaine Klein Constantia en 1986, les trois icônes de ce nectar mythique et légendaire, pouvant légitimement revendiquer la continuité historique du cru.
    Élément historique sur le vin de « Grand Constance »
    Relancé en 2005 par le domaine, il représente avec le Constantia moelleux « 1769 » de Buitenverwachting, relancé en 2007 et le « Vin de Constance » du domaine Klein Constantia en 1986, les trois icônes de ce nectar mythique et légendaire, pouvant légitimement revendiquer la continuité historique du cru.
    Superbe présentation du vin historique mythique et légendaire "Grand Constance". Le millésime 2005 a marqué son retour. Les quantités produites sont toujours extrêmement limitées et l'année en cours est 2012. Ce vin est élaboré pour 2/3 avec du Muscat blanc à petits grains ou Muscat de Frontignan et pour 1/3 d'une variété mutante rouge de Muscat.
    Superbe présentation du vin historique mythique et légendaire « Grand Constance ». Le millésime 2005 a marqué son retour. Les quantités produites sont toujours extrêmement limitées et l’année en cours est 2012.
    Ce vin est élaboré pour 2/3 avec du Muscat blanc à petits grains ou Muscat de Frontignan et pour 1/3 d’une variété mutante rouge de Muscat.
    Le personnel du  Jonkerhuis, restaurant historique du domaine Groot Constantia, le 15 mai 2015.
    Le personnel du Jonkerhuis, restaurant historique du domaine Groot Constantia, le 15 mai 2015.
    Marguerite Abergel et Jean-François Ragot en dégustation chez le partenaire historique de Dionis, Hamilton Russell, le 12 mai 2015. Nous avons dégusté une intéressante verticale de Pinot Noir, 2011, 2012, 2013 et 2014 ainsi que les Chardonnay 2011 et 2014. Ce dernier qui est le millésime en cours se présente avec un nez aérien, floral et plus sur le fruit que sur l'élevage. C'est une intéressante évolution commencée depuis déjà plusieurs années et qui met en valeur plus nettement la finesse du vin, sa minéralité, signe d'un grand terroir.
    Marguerite Abergel et Jean-François Ragot en dégustation chez le partenaire historique de Dionis, Hamilton Russell, le 12 mai 2015.
    Nous avons dégusté une intéressante verticale de Pinot Noir, 2011, 2012, 2013 et 2014 ainsi que les Chardonnay 2011 et 2014. Ce dernier qui est le millésime en cours se présente avec un nez aérien, floral et plus sur le fruit que sur l’élevage. C’est une intéressante évolution commencée depuis déjà plusieurs années et qui met en valeur plus nettement la finesse du vin, sa minéralité, signe d’un grand terroir.
    Marguerite Abergel et Adam Mason, l'exceptionnel "winemaker" du domaine de Klein Constantia jusqu'en 2011, le 13 mai 2015. Il a révolutionné la vinification des vins moelleux de Constantia en utilisant une méthode proche de celle de l'élaboration des Tokaj Aszu. La vente du domaine de Klein Constantia en 2011 a entrainé le départ de pratiquement toute l'équipe. Il est maintenant responsable de la vinification des vins du domaine Mulderbosch (Stellenbosch).
    Marguerite Abergel et Adam Mason, l’exceptionnel « winemaker » du domaine de Klein Constantia jusqu’en 2011, le 13 mai 2015.
    Il a révolutionné la vinification des vins moelleux de Constantia en utilisant une méthode proche de celle de l’élaboration des Tokaj Aszu. La vente du domaine de Klein Constantia en 2011 a entrainé le départ de pratiquement toute l’équipe.
    Il est maintenant responsable de la vinification des vins du domaine Mulderbosch (Stellenbosch).
    Jean-François Ragot, Nora Sperling et Holder, le "winemaker" de Delheim, le 13 mai 2015. Dégustation au chais du millésime 2014.
    Jean-François Ragot, Nora Sperling et Reg Holder, le « winemaker » de Delheim, le 13 mai 2015. Dégustation au chais du millésime 2014. Delheim est un ancien partenaire avec qui nous avons travaillé du début des années 90 jusqu’à la fin de la décade. Nous reprenons la collaboration avec un brillant vin blanc issu du Chardonnay non boisé en millésime 2013 et un somptueux liquoreux de Grains Nobles, l’Edelspatz, issu à 100% du cépage Riesling. C’est un des plus beaux exemples que je connaisse en l’espèce.
    Domaine Delheim (stellenbosch), le 13 mai 2015. Vue d'une grappe de Riesling en état de passerillage plus un peu de botrytis cinéréa. Ces raisins demeurés très tardivement sur pieds sont destinés à élaborer l'extraordinaire Grain Noble de pur Riesling, appelé "Edelspatz".
    Domaine Delheim (Stellenbosch), le 13 mai 2015. Vue d’une grappe de Riesling en état de passerillage plus un peu de botrytis cinéréa. Ces raisins demeurés très tardivement sur pieds cette année, sont destinés à élaborer l’extraordinaire Grain Noble de pur Riesling, appelé « Edelspatz ».
    De droite à gauche, Maureen, Jean-François Ragot et Tumi du domaine Simonsig, le 15 mai 2015. Nous avons dégusté quelques vins remarquables dont une cuvée royale effervescente Kaapse Vonkel 100% Chardonnay, qui pourrait "tordre le bras" à beaucoup de Champagnes... A noter aussi, un excellent Gewürztraminer Special Late Harvest 2015 et un Vin de Paille (straw wine) issu à 100% du Muscat Ottonel. Simonsig est un partenaire historique de Dionis (depuis 1991). nous recommandons particulièrement leur Chenin Blanc sec et leur cuvée prestige de rouge Tiara.
    De droite à gauche, Maureen, Jean-François Ragot et Tumi du domaine Simonsig, le 15 mai 2015.
    Nous avons dégusté quelques vins remarquables dont une cuvée royale effervescente Kaapse Vonkel 100% Chardonnay, qui pourrait « tordre le bras » à beaucoup de Champagnes…
    A noter aussi, un excellent Gewürztraminer Special Late Harvest 2015 et un Vin de Paille (straw wine) issu à 100% du Muscat Ottonel.
    Simonsig est un partenaire historique de Dionis (depuis 1991). nous recommandons particulièrement leur Chenin Blanc sec et leur cuvée prestige de rouge Tiara.
    Trois vins hors normes au domaine Blaauwklippen (Stellenbosch), le 16 mai 2015. Il s'agit de deux vins rouges, Malbec et Zinfandel vinifiés en grains nobles naturellement doux. Absolue rareté ! Le troisième est un Viognier vinifié en grains nobles, hélas manquant quelque peu d'équilibre.
    Trois vins hors normes au domaine Blaauwklippen (Stellenbosch), le 16 mai 2015.
    Il s’agit de deux vins rouges, Malbec et Zinfandel Noble Late Harvest (vinifiés en grains nobles naturellement doux). Absolue rareté !
    Le troisième est un Viognier Noble Late Harvest (vinifié en grains nobles), hélas manquant quelque peu d’équilibre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ce sera tout pour ce soir,
    Cordialement,
    Jean-François Ragot

     


  • News : 25 novembre 2014 : premier bilan vendanges 2014 en Europe Centrale et centro-orientale.

    Orliénas, le 25 novembre 2014,

    Mon dernier voyage en novembre, m’a permis de faire le point sur le millésime 2014 en Europe Centrale, dont les dernières vendanges se sont déroulées jusqu’à la fin du mois d’octobre.
    Mais pour commencer petit flash-back concernant le vignoble de Cotnari (Roumanie / Moldavie).
    J’avais écrit à la fin du mois de juillet 2014 que la situation sanitaire du vignoble n’était pas excellente malheureusement. De nombreuses parcelles étaient affectées par l’oïdium, le mildiou, mais également par des arachnides. On estimait alors que la moitié de la production était touchée par ces maladies.
    La situation est allée hélas de mal en pis et il n’a pas été possible d’obtenir des raisins Grasa et Tamiioasa romaneasca en état sanitaire convenable.
    Bien entendu, nous n’entendions pour ce premier essai de vinification de vin de Cotnari, n’acheter que des raisins en surmaturité de haute qualité. Face à une situation défavorable, nous avons décidé d’annuler notre projet pour 2014 et ceci dès la fin du mois d’août.

    Si les conditions le permettent nous tenterons bien sûr l’expérience en 2015.
    Nous vous tiendrons informés de l’évolution de ce dossier qui nous tient à coeur.

    IMG_0188_1
    Trittenheim (Moselle centrale), le 6 novembre 2014
    IMG_0191
    Moselle Centrale, le 6 novembre 2014.
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    Oestrich (Rheingau) avec en fond à gauche, le château Johannisberg, le 7 novembre 2014.
    IMG_0438
    jean-François Ragot et Bruno Landauer à Rust (Burgenland/Autriche), le 17 novembre 2014.
    IMG_0439
    Vignobles de Spitz dans la Wachau (Vallée du Danube/Autriche), le 18 novembre 2014.

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    Mais revenons-en à ce que nous avons observé ce mois de novembre 2014 en Europe Centrale.
    Globalement, les conditions sanitaires des vignobles ont été rendues périlleuses par suite de précipitations importantes qui se sont déroulées dans la plupart des régions durant tout l’été.
    Ceci est valable pour la région de Tokaj où il a fallu procéder à des tris extrêmement sévères, entrainant une élimination de plus de la moitié des raisins.
    Cette situation a toutefois été favorable aux bons vignerons, car la pourriture noble s’est répandue de manière assez égale sur l’ensemble du territoire de l’appellation.
    L’aspect crucial du tri des raisins consiste à ne pas mélanger des raisins atteint de pourriture noble, avec d’autres atteint de pourriture grise et autre pourriture aigre.
    Je peux dire qu’il devrait y avoir quelques vins de haute qualité, voire de qualité exceptionnelle, mais en quantité très limitée. Ces vins seront dotés d’une vigoureuse acidité.
    Le même phénomène ou presque a été observé à Rust (Burgenland/ Autriche). Les pluies de fin d’été et début d’automne ont eu un impact négatif sur la vendange des vins moelleux.
    Bruno Landauer est assez désespéré par cette vendange représentant moins de la moitié d’une année normale.
    Si les vins blancs secs issus des cépages welschriesling, weissburgunder et chardonnay qui ont été vendangés tôt sont tout à fait correct, ils sont en tout état de cause plus légers qu’habituellement. Leur acidité naturelle est plus élevée que d’habitude.
    Le cépage qui a le plus souffert à notre plus grand regret est le gewurztraminer. Bruno a vendangé 1400 litres au lieu des 6000 litres habituellement…
    Pour l’instant nous n’en parlerons pas plus et vous tiendrons informé de l’évolution du vin.
    Tout comme à Tokaj, un botrytis cinéréa intense lui a permis d’élaborer quelques cuvées de liquoreux avec des acidités incroyables. Du jamais vu pour lui depuis qu’il est à la tête du domaine familial.

    Dans la vallée du Danube, à Vienne et dans le Weinviertel, la vendange se présentait très bien jusqu’à la mi-septembre, mais des précipitations intenses et régulières l’ont particulièrement dégradée et ont entraîné une baisse des rendements considérable. Dans la Wachau, notre ami Gritsch a procédé à des tris drastiques sur les grüner vetliner et les rieslings. On peut s’attendre à quelques jolis vins.
    Notre parcours dans la vallée de la Moselle et dans le Rheingau nous a permis de faire globalement (je ne rentre pas dans les détails) les mêmes constatations. Toujours ce problème des précipitations de début et de milieu d’automne qui ont détruit les espoirs de grands vins de type Auslese par exemple. Notre ami Martin Hautt de Winningen (Moselle des Terrasses) a été obligé de renoncer aux vins d’auslese qui nous attendons désespérément depuis le millésime 2010…

    Après ces nouvelles un peu déprimantes, passons aux bonnes nouvelles !
    La dégustation du millésime 2013 donne globalement toute satisfaction en Europe Centrale.
    Les vins blancs secs 2013 de la Vallée du Rhin, de la Moselle et du Palatinat central sont remarquables chez les bons producteurs.
    Il en est de même dans la plupart des régions en Autriche et en Hongrie. C’est une grande satisfaction pour nous.
    Certains vins du millésime 2013 sont déjà hélas presque épuisés. C’est le cas du gewurztraminer vendanges tardives de Bruno Landauer.


  • News 3 Décembre 2012 : coup d’œil en images de mon tour d’Europe de l’automne 2012.

    Orliénas, le 3 décembre 2012,

    Je m’y suis rendu comme chaque année la première quinzaine de novembre.
    Dans la Moselle allemande, les conditions du millésime 2012 sont plutôt bonnes et les vendanges battaient leur plein dans toute la Moselle, du nord au Sud le 31 octobre.
    Les conditions climatiques sèches et chaudes de l’été ont permis en Autriche une excellente récolte 2012 pour les vins blancs secs et les vins rouges. A noter, que le domaine Landauer a commencé à vendanger le 1er septembre. Le gros des vendanges s’est terminé début octobre. A la date de la rédaction de cette lettre (début décembre) on ne peut toujours pas se prononcer pour les vins moelleux.
    Bruno Landauer a conservé une bonne quantité de raisins, Pinot blanc et Furmint pour un possible Ausbruch ou Beerenauslese et du Blaufränkisch pour tenter de produire à nouveau cette année un
    eiswein ou vin de glace. Le dernier est du millésime 2009.
    Il est à signaler et j’en parlais avec Bruno le 11 novembre dernier, non seulement, il devient plus difficile de produire des vins de glace à cause du réchauffement climatique, mais il y a également beaucoup moins de botrytis cinerea permettant de produire des liquoreux de type Beerenauslese, Ausbruch et Trockenbeerenauslese. Les décades des années 80 et 90 ont permis peu ou prou de vendanger de l’Ausbruch sur presque tous les millésimes. La décade 2000 a été beaucoup plus modeste en ce domaine et il semble en être de même encore maintenant.

    Cette situation serait liée également directement au réchauffement climatique qui anticipe la maturité des raisins de deux à trois semaines. Les peaux sont par conséquent beaucoup plus épaisses qu’elles ne l’étaient auparavant et forment une sorte d’obstacle à la pénétration du champignon magique botrytis cinerea, producteur du divin nectar.
    En Hongrie, dans la région de Tokaj, ce sont les mêmes types de conditions climatiques qui ont régné cet été 2012. J’avais goûté des raisins déjà très mûrs à la fin du mois d’août et la situation de chaleur sèche s’étant pérennisée durant le mois de septembre, avec toutefois de petites pluies, les vendanges ont été très précoces pour la grande majorité de la zone avec assez peu de grains aszu. Le mois d’octobre ayant été beaucoup plus humide, trop même, il a fallu attendre que les conditions changent pour reprendre et continuer la vendange.
    Quelques producteurs ont conservé des raisins qui ont été récoltés jusqu’à la mi novembre. La dégustation de l’Eszencia 2012 ce mois de novembre permet traditionnellement de se faire une idée du millésime à venir. Il devrait être assez
    aromatique avec une acidité réduite, mais sans avoir la concentration et l’équilibre de 2011. Il sera modeste en quantité mais il y aura cependant quelques très bons vins, j’en suis certain. Nous en reparlerons au printemps 2013.

    Un petit mot supplémentaire, lié au réchauffement climatique et ses conséquences sur les vignobles allemands :
    Une région traditionnellement continentale et froide comme Bamberg dans l’est de la Franconie connait maintenant quelques plantations de vignobles sur les coteaux bien exposés qui dominent cette petite ville historique.

    Deux nouvelles références de Tokaji sont disponibles pour cette fin d’année 2012 :

    Vous trouverez ci-dessous une galerie de photos illustrant ce voyage œnophile.