• Archives pour l'Étiquette Autriche
  • Ruster Beerenauslese « assemblage » Welschriesling/Pinot Blanc 2015 Domaine Landauer (0,50L)

    Le lac Neusiedl avec sa vaste étendue d’eau a une forte influence sur le climat et la viticulture à Rust. Dès que les grappes sont bien mûres, le taux important d’humidité permet le développement de la pourriture noble, qui pénètre la peau des baies. Le soleil des derniers jours assèche les raisins si bien que les vins moelleux atteignent une concentration de sucre merveilleuse, leur acidité et leurs arômes.
    Les raisins de Welschriesling et Pinot Blanc choisis et vendangés à la main, donnent un magnifique vin de dessert.

    Ce vin présente l’équilibre caractéristique des grands Ruster, avec un fruité éclatant, beaucoup de richesse, de la complexité et un excellent équilibre sucre-acidité.
    Des arômes exotiques d’ananas combinés avec des notes de melon et de miel.
    Vin impressionnant.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 12 % vol


  • Ruster Beerenauslese « assemblage » Welschriesling/Pinot Blanc 2015 Domaine Landauer (0,50L)

    Tout comme à Tokaj, le millésime 1999 a produit à Rust des liquoreux marqués par un grand équilibre acidité-sucre.
    D’un niveau de richesse « Ausbruch » à la vendange, cette cuvée conservée pour la bonne bouche en cuve inox, a été mise en bouteille au mois d’août 2004.
    Elaboré à partir des cépages Welschriesling et Pinot Blanc, ce vin présente l’équilibre caractéristique des grands Ruster, avec un fruité éclatant, beaucoup de richesse, de la complexité et une excellente acidité.

    Éléments analytiques :
    29 KMW (29% de sucre par litre en masse volumique) à la vendange.
    Sucres résiduels : 104 gr/l.
    Acidité totale : 9.8‰
    Alcool : 12,3 % vol


  • Ruster Lan 1 Selection 2015 Domaine Landauer (0,75L)

    RusterLAN1selection2011La famille Landauer, partenaire de Dionis depuis 25 ans, nous gratifie de splendides vins moelleux et depuis une dizaine d’années de grands vins rouges. Lorsque je parle de grands vins rouges, je pense  à des produits qui sont à la fois l’expression d’un terroir, d’un climat, d’un savoir-faire pointu et de l’adaptation des cépages à cet ensemble. Pour ce qui touche les vins rouges, Bruno Landauer a longtemps pratiqué les vins de mono-cépage : Zweigelt, Blaufränkisch, Cabernet-Sauvignon, Merlot et Pinot noir.
    Le premier grand vin rouge issu d’assemblage de différents cépages, exceptionnel par ses qualités organoleptiques et ses capacités de conservation, a été la fameuse cuvée Urbarial dont le premier millésime fût le 2003.
    Avec le millésime 2011, grandissime pour les vins rouges, la famille Landauer nous avait proposé une nouvelle cuvée baptisée tout simplement LAN 1 Selection. Ils renouvellent cette cuvée avec l’excellent millésime 2015.

    C’est une toute petite cuvée de 3 000 bouteilles issue de 50% de Blaufränkisch, 40% de Cabernet-Sauvignon et 10% de Pinot Noir.

    La robe est d’un grenat profond brillant, sans aucune évolution. Ça commence très bien… Le nez du vin nous entraine dans un univers complexe de baies noires et de délicats arômes légèrement épicés. En bouche, nous avons affaire à un vin multidimensionnel à la matière concentrée, mais sur la finesse avec des tannins de grande qualité. La longueur est remarquable. Ce vin est déjà délicieux à boire maintenant mais il est apte à évoluer, à notre avis, sur une quinzaine d’années.


  • Ruster Spätlese Gewürztraminer 2017 « Vendange tardive » Domaine Landauer (0.75L)

    La vendange s’est déroulée en septembre avec des raisins en sur-maturité de parfaite qualité.
    La régularité qualitative que nous offre Bruno, année après année, est tout à fait remarquable et ce 2017 confirme la règle depuis une vingtaine d’années.

    Le vin présente une belle attaque sur le fruit exotique et la fraîcheur aromatique. On retrouve ici finesse et équilibre.

    C’est tout à fait délicieux avec une application particulière pour l’apéritif.
    Très bon rapport Qualité / Prix.


  • Riesling Federspiel cru Setzberg 2017 Domaine Gritsch (0,75L)

    Ce Riesling Federspiel 2017 cru Setzberg provient des excellents vignobles de la Wachau dans la vallée du Danube où sont généralement produits les vins blancs secs parmi les plus remarquables des vignobles autrichiens (environ 1500 Ha pour les vignobles de la Wachau).
    Les vins sont classés en fonction de la richesse de moût à la vendange en trois catégories :
    Steinfeder pour les plus légers d’entre eux (environ 11%/vol d’alcool)
    Federspiel (environ 12,5%/vol d’alcool)
    Smaragd (à partir de 13%/vol d’alcool)

    Les vins appartenant à ces trois catégories sont bien entendu garantis natures, sans aucune chaptalisation.

    Ce Riesling Federspiel  2017 présente un taux d’alcool de 12%/vol, une robe or vert, un nez intense , d’une grande droiture. La bouche est minérale, marquée par des arômes de fruits à noyaux (abricot) et une remarquable acidité qui lui donne beaucoup de longueur.

    Les vignobles de Spitz dans la Wachau (Vallée du Danube)

  • Riesling Smaragd cru Tausendeimerberg 2017 Domaine Gritsch (0,75L)

    Ce Riesling Smaragd 2017 provient des excellents vignobles de la Wachau dans la vallée du Danube et du très réputé cru « Tausendeimerberg » (la montagne des mille Eimer).
    C’est dans la Wachau (environ 1500 Ha) que sont généralement produits les vins blancs secs parmi les plus remarquables du vignoble autrichien .
    Les vins sont classés en fonction de la richesse de moût à la vendange en trois catégories :

    Steinfeder pour les plus légers d’entre eux (environ 11%/vol d’alcool)
    Federspiel (environ 12,5%/vol d’alcool)
    Smaragd (à partir de 13%/vol d’alcool)

    Les vins appartenant à ces trois catégories sont bien entendu garantis natures, sans aucune chaptalisation.

     

    Les grandes années se succèdent dans ces magnifiques vignobles de la Basse Autriche. Les vins atteignent presque chaque année depuis une quinzaine d’années des maturités remarquables, que l’on ne trouvait autrefois qu’une fois tous les quinze ans seulement.

    Ce Riesling Smaragd  Tausendeimerberg 2017 présente un taux d’alcool naturel de 13,5 %/vol et une belle robe or clair.
    Le nez particulièrement minéral avec une touche d’agrumes laisse deviner une bouche de grande ampleur parfaitement équilibrée, longue et persistante.
    Grande matière magnifiée par une acidité fine et de délicats arômes de pommes et de poires.
    Indiscutablement, un très grand vin blanc assuré d’un long avenir.

    Les vignobles de Spitz dans la Wachau (Vallée du Danube)

     


  • news : 13 janvier 2018 : le souffle du printemps

    Orliénas, le 13 mars 2018,

    Comme vous ne l’ignorez pas, le printemps météorologique a bel et bien débuté le 1er mars. Certes, cela ne se sent pas encore beaucoup en cette mi-mars 2018. Nous pouvons déjà présager 2018 comme un futur millésime assez tardif. Mais, en ces périodes de réchauffement climatique, ce n’est pas un défaut; je pense particulièrement à l’année 2013 au long développement végétatif, qui a donné d’excellents vins en Europe.
    Qui dit printemps, annonce pour moi le retour des voyages de sélection dans les vignobles. Au mois d’avril, principalement en Italie, Autriche et Hongrie. Au mois de mai, ce sera un grand tour dans les vignobles d’Afrique du Sud. Il est temps d’y aller, je n’y suis pas retourné depuis mai 2015.
    A bientôt, des news concrètes.

    J.F.


  • Le vin de glace / Eiswein / Icewine

    Le 27 décembre 2017,

    Cher(e)s ami(e)s œnophiles,

    En cette fin d’année 2017, je ne peux hélas que vous confirmer la tendance lourde à la raréfaction de la production des Vins de Glaces/Eisweine/Icewines. En Europe centro-orientale et en Allemagne, aucun froid notable jusqu’à ce jour et les tendances jusqu’au premier jour de janvier 2018 sont à la grande douceur. Par conséquent, il n’y aura pas de millésime 2017. Le 2012 restera chez Bruno Landauer l’ultime Vin de Glace de qualité optimale.
    Soyez, par conséquent, très méfiants, si vous voyez des propositions sur les cinq derniers millésimes, ce ne sont pas, à coup sûr, des vins honnêtes…
    Je répète une fois de plus qu’une température minimale de -8 / -9 °C est nécessaire à une bonne cryoextraction naturelle.
    Nous vivons actuellement sur nos stocks des millésimes 2009 et 2012, mais ça ne durera pas éternellement…

     

    Le 18 février 2014,

    Cher(e)s ami(e)s œnophiles,

    J’ai commencé à m’intéresser très sérieusement aux vins de glace en 1990 avec mon ami Bruno Landauer. Lui-même a produit son premier eiswein en 1986. Le résultat avait été particulièrement concluant, mais il n’en reste que le souvenir…

    Nous avons connu des années fastes dans la fin des années 80 et dans les années 90. Les conditions climatiques de l’Europe centrale étaient alors beaucoup plus continentales et nous pouvions espérer un bon coup de froid au moment de la pleine lune de novembre ou au pire à celle de décembre. Il faut dire clairement qu’après, c’est trop tard ! Je garde un souvenir ému des 1988, 1989, 1990, 1992, etc…

    Pour le début de la décade 2000, les deux eiswein qui ont pu être produits dans des conditions optimales ont été  les millésimes 2001 et 2003.
    Il  a fallu attendre ensuite 2008 pour  produire à nouveau un véritable eiswein, les conditions climatiques ayant été beaucoup trop chaudes durant 5 ans.
    Le coût est  lourd, car les raisins que nous avions « abandonnés » à cet effet en 2004, 2005, 2006 et 2007  ont été perdus. Ceci représente entre 3 et 4 tonnes de raisins par essai compromis soit entre 12 et 16 tonnes de raisins en tout, que nous aurions pu utiliser pour un autre usage (Auslese ou Beerenauslese le cas échéant).
    En 2009, les conditions ont été une nouvelle fois favorables avec la production d’un très beau nectar qui sera embouteillé en principe en février 2011.

    Tout ceci est rassurant, car il serait regrettable de devoir abandonner la production de ces extraordinaires nectars à nos amis canadiens…

    Face à l’avalanche d’informations médiatiques qui tendent à égarer quelque peu l’œnophile, même curieux et avisé, je vous propose que nous fassions un petit point sur la question.

    I – ORIGINES DE L’EISWEIN :

    La méthode a été vraisemblablement découverte de manière empirique quelque part en Europe Centrale il y a fort longtemps. Toutefois, le premier document attestant son existence de manière certaine, remonte à 1792. Le premier Eiswein a été élaboré à Piesport dans la vallée de la Moselle, très probablement à partir du cépage Riesling.

    II – ZONES DE PRODUCTION DE L’EISWEIN :

    En Allemagne, dans la vallée du Rhin, de la Moselle et en Franconie : la production a pris un caractère commercial depuis 1961. Le réchauffement climatique a été très rigoureux dans la Moselle et la vallée du Rhin, juste un peu moins en Franconie.

    En Autriche, dans le Burgenland : cette région offre à mon avis les produits les plus intéressants, du point de vue rapport qualité/prix. (mais comme nous l’avons vu plus haut, pourrons-nous encore en produire de temps en temps ?)

    En Slovénie : la tradition est ancienne, la qualité peut être excellente, mais le prix n’est pas très attractif. Le problème du réchauffement climatique est crucial également.

    En Alsace : des tentatives sont faites depuis le milieu des années 80 avec des fortunes diverses. Le climat est malheureusement actuellement carrément défavorable.

    Le Canada : Des « Icewines » sont produits de manière systématique dans l’Ontario depuis 25 ans grâce aux conditions climatiques du pays. Ce sont des produits « marketing type« , sans véritable tradition historique, mais certains peuvent être toutefois très bons.

    III – VENDANGE DE L’EISWEIN :

    L’élaboration d’un Eiswein est un jeu très risqué, car il nécessite des conditions climatiques spécifiques qui sont loin de se reproduire toutes les années (voir ci-dessus) :

    Tout d’abord, le vignoble doit être protégé des oiseaux par des filets installés vers la fin du mois de Septembre.
    Quelques vignerons amis de Rust ont fait quelquefois la cuisante expérience d’un vol de quelques milliers d’oiseaux s’abattant sans répit sur la vigne jalousement préservée et la « nettoyant » en moins de quelques heures…
    Des vents violents ainsi que de fortes pluies peuvent avoir un effet fragilisant, voire dévastateur pour les raisins. Une chute de neige lourde peut être du pire effet et précipiter la récolte au sol. Il faut savoir que le raisin doit demeurer le plus sain possible.

    Cela signifie qu’il est quasiment impossible de conjuguer la vinification de l’Eiswein et la sélection de Grains Nobles (botrytis cinéréa) au cours de la même récolte.
    C’est une véritable surmaturation sur pied qui s’opère durant une période de 2 à 3 mois. Le passerillage sur souche fait partie intégrante du processus d’élaboration.

    Il nécessite un courant d’air modéré et régulier, de petits phénomènes de gel et de dégel et comme nous l’avons dit plus haut, l’absence de botrytis. Il faut savoir que ce dernier ne se développe pas en dessous de 10°C.

    Si toutes ces conditions sont réunies, il faut encore compter avec une importante perte de raisins tombés au sol (30 % en moyenne).
    Pour ce qui touche aux raisins demeurant sur souche, un air très sec et modérément froid pourra entrainer une déshydratation de l’ordre de 60 % du volume restant. Plus la vendange sera tardive, liée à l’arrivée d’un grand froid, plus la perte de volume sera grande (et meilleure sera la qualité, bien entendu).
    L’acidité totale du raisin tendra aussi à diminuer avec l’évolution de la surmaturité.

    La température minimum pour vendanger doit être de – 7° C. Elle est optimale à -12°C. C’est vers 4 heures du matin, à la lueur de projecteurs montés sur un tracteur, que la cueillette commence, sans instruments tranchants le plus souvent, car les grappes se détachent aisément d’elles-même.
    Le pressurage s’effectue à l’extérieur afin de maintenir les mêmes conditions de températures.


    IV – THÉORIE DE L’EXTRACTION :

    Deux phénomènes vont s’additionner au moment du pressurage :

    Tout d’abord, la cryoextraction naturelle : les baies les moins riches en sucre seront congelées, la glace demeurant dans le pressoir, alors que les baies les plus riches resteront normales et libéreront un jus très concentré.
    La cryoextraction, engendre de plus un effet de supra-extraction, c’est-à-dire qu’elle permet d’extraire plus de sucre que le pressurage direct d’un raisin non gelé.
    La perte de rendement est considérable. On obtient environ 0,15 litre de jus par Kg de raisin gelé, c’est-à-dire 6 à 8 fois moins qu’un rendement en jus normal.
    Le mode de pressurage est également capital. La montée en pression doit être lente avec de fréquents desserrages.
    Un cycle de 2 Tonnes de raisin durera environ 3 heures pour aboutir à une quantité de 300 à 600 litres de moût.
    La fermentation de ces derniers est une étape également longue et délicate.
    Elle s’effectue en cuve inox ou en barrique. Sa durée est de l’ordre de 3 semaines. Le moût ne possédant plus que très peu, voire plus du tout de levures indigènes, doit être ensemencé par un choix de souches de levures appropriées. Après quelques mois d’élevage, le vin est prêt à l’embouteillage.

    Je suis personnellement partisan d’élevages assez courts en cuve inox.


    V – CARACTÉRISTIQUES ORGANOLEPTIQUES DE L’EISWEIN
    ET APTITUDE A LA GARDE :

    Elles peuvent être extrêmement différentes, car elles reposent en fait sur trois paramètres :

    – La nature du cépage.
    Ils peuvent être très variés, quelquefois assemblés. Pour l’Allemagne, il faut opter pour le riesling, hélas très coûteux et en tout état de cause, éviter les cépages « hybrides », gros accumulateurs de sucre au détriment de la finesse. (Les Bouvier et autres Ortega sont à fuir !)

    – La souche de levure de fermentation.
    Il s’agit d’un problème œnologique pur et dur sur lequel je ne m’étendrai pas.

    – Les arômes spécifiques issus du froid.
    Ils vont du fruit exotique aux arômes épicés (gingembre, poivre etc…) en passant par le sous-bois. Ceci est particulièrement net dans les Eiswein du Burgenland autrichien.

    Pour ce qui touche au potentiel de garde des Eiswein, on peut l’estimer à une trentaine d’années sans grand risque d’erreur.

    Ci-dessous, vous trouverez les photos que nous avons faites au cours de la vendange de notre eiswein le 25 décembre 2003 à Rust dans le Burgenland (Autriche de l’extrême est).

    Nous avons bénéficié d’une température optimale de -12°C, ce qui est rare.

    Vendange de l’EISWEIN (vin de glace) à Rust le 25 décembre 2003 par une température de -12°c !

    Vendange et pressurage de l’EISWEIN les 29 et 30 décembre 2008.

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  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • Le Ruster Ausbruch (Burgenland – Autriche)

    Peu d’œnophiles, mêmes éclairés savent que c’est à Rust dans le Burgenland autrichien qu’est produit un des plus grands, peut-être le plus grand vin liquoreux au monde , issu de la pourriture noble ou botrytis cinéréa.

    La petite ville de RUST est située à 60 kilomètres au sud-est de Vienne, sur les confins austro-hongrois, dans un paysage qui rejette loin tous les clichés que l’on peut rapporter un jour d’un voyage dans l’ouest de l’Autriche.
    Nous sommes ici au cœur de l’Europe Centrale, à l’orée de la grande plaine, au bord d’un lac « invraisemblable » : le Neusiedlersee.

    Imaginez quelques instants une espèce peu courante : un lac de steppe de 300 km2 de 7 à 15 Km de large, de 36 Km de longueur, mais d’une profondeur n’excédant pas 1 à 1,5 mètres.

    Vue de Rust depuis les collines surplombant le lac le 7 avril 2008.

    Ces conditions géographiques si particulières (nous sommes ici au point le plus chaud de toute l’Europe Centrale : l’ensoleillement dépasse 2000 heures par an et les précipitations sont en moyenne de 700 mm) sont génératrices d’ un fabuleux micro-climat permettant d’obtenir de la pourriture noble peu ou prou jusqu’à 7 à 8 fois par décade… Un record du monde !
    D’ailleurs, les meilleurs vignobles de RUST se lovent jusqu’à l’extrême bordure du lac baignant les derniers ceps de vigne…

    Il est surprenant de constater le très lent développement des vins liquoreux botrytisés en France (guère avant 1850) alors qu’au contraire à Rust et à Tokaj on avait bien compris dès le XVIème siècle l’importance des brumes automnales pour la production de ce type de vin.

    Les RUSTER AUSBRUCH sont probablement avec les Tokaji les plus anciens liquoreux issus de raisins passerillés sur pied de l’histoire européenne du vin.
    La première mention connue est de 1525, soit une cinquantaine d’années avant Tokaj (à 400 Km plus à l’Est).

    Les RUSTER étaient dès le XVIIème siècle reconnus comme si exceptionnels, que l’Empereur lui-même donna à RUST en 1684 le statut de ville libre d’Empire, dispensée de taxes et de droits féodaux.
    C’est à partir de cette époque que les tonneaux des vignerons purent arborer fièrement la lettre  » R  » (comme Rust) marquée au feu.

    Ici, tout évoque la tradition et l’histoire. Les familles de vignerons sont installées pour la plupart depuis le milieu du XVIIème siècle. Elle furent hongroises jusqu’à l’éclatement de l’Empire en 1919 (Hongrie allemande de l’Ouest) puis devinrent autrichiennes.

    Ruster et Tokaji connurent un destin presque commun, mais eu égard à la modestie des surfaces du vignoble de Rust, ce dernier fut peu à peu éclipsé par la formidable ascension du Tokaji et vers la fin du XIXème siècle avec la crise du philoxera, il avait pratiquement disparu.

    Complanté initialement du cépage hongrois Furmint, (appelé autrefois ici Zapfner) le vignoble renaîtra de ses cendres après la première guerre mondiale avec un choix très vaste de cépages, à la fois indigènes et internationaux.
    Pour tout ce qui touche aux vins liquoreux proprement dit, on utilise aujourd’hui plus spécifiquement les cépages : Chardonnay, Muscat à petits grains, Muscat Ottonel, Sauvignon, Pinot Gris (alias Rülander), Pinot Blanc (alias Weissburgunder), Gewürtztraminer, Riesling, Müller-Thurgau, mais aussi les excellents cépages indigènes Welshriesling, Neuburger et depuis peu à nouveau, le Furmint.
    Le Bouvier quant à lui est à éviter … Je le considère comme une « usine à sucre » !

    Les vignobles couvrent environ 500 hectares dont 40% seulement sont consacrés aux vins blancs. Sur ces 200 hectares restants pour les potentiels vins liquoreux, environ une petite centaine sont aptes à produire les plus fins nectars. La forte demande internationale de vins rouges tend à réduire encore la production de ce type de vin.

    Les meilleurs d’entre eux, les crus Greiner, Satz, Unterer Vogelsang , etc… sont situés à l’est de la route des bords du lac et rejoignent ce dernier en pente douce.
    Au temps de la monarchie, c’est à Rust que les vendanges étaient les plus tardives de tout l’Empire. Elles ne débutaient jamais avant le 28 octobre et pouvaient s’étaler sur 6 semaines.
    De nos jours on peut avoir la chance d’apercevoir des vendangeurs jusqu’à Noël, lorsque le vigneron cherche à obtenir le fameux « Eiswein » (vin obtenu à partir du pressurage de raisins gelés).

    Comme vous le savez bien à la lecture de la liste des vins de Dionis, nous avons une remarquable collection de vins de cette région et offrons à l’amateur gourmand quelques joyaux œnologiques remontants jusqu’à la fin des années 80.
    Les grands vins liquoreux de pourriture noble de Rust se répartissent en fonction de leur richesse naturelle en sucre au moment de la vendange, de la manière suivante :

    • Auslese : entre 21 KMW et 25 KMW (entre 21 % et 25 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Beerenauslese : entre 25 KMW et 27 KMW (entre 25 % et 27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Ausbruch : à partir de 27 KMW (27 % de sucres par litre de moût en masse volumique)
    • Trockenbeerenauslese : A partir de 30 KMW (30 % de sucres par litre de moût en masse volumique.

    La vendange du raisin permettant d’obtenir le niveau qualitatif requis pour l’Ausbruch, nécessite un moût dont la richesse naturelle en sucre est au minimum de 138° Oechsle ou 27 KMW (environ 320g par litre).

    Un « Trockenbeerenauslese » (TBA) que rien ne différencie d’un Ausbruch, si ce n’est une richesse en sucre naturel encore plus élevée, doit présenter à la vendange un moût d’une richesse minimale de 30 KMW (environ 360g de sucre par litre).

    L’Ausbruch et le TBA doivent provenir exclusivement de raisins confits par la pourriture noble. Toute chaptalisation est prohibée. En France, la chaptalisation est autorisée à raison de 2%/vol, même pour les vins liquoreux. Seule la mention  » Vendanges Tardives  » ou  » Sélection de grains nobles  » est la garantie légale en France d’une vendange non enrichie.
    Les rendements moyens sont pour les Ausbruch de 400 à 750 litres par hectare.

    Ce qui fait la spécificité du Ruster-Ausbruch c’est son mode de vinification reposant sur une tradition éprouvée, multiséculaire .
    Bien qu’il y ait un « air de famille » indiscutable entre ce dernier et le Tokaji, la différence réside dans le fait qu’à Rust, ce sont des grappes de raisins « frais » non botrytisées , qui sont ajoutées et assemblées aux grappes complètement confites par la pourriture noble, ceci afin de faciliter le démarrage de la fermentation.

    Les quatre saisons à Rust
    Macération de grains botrytisés (pourriture noble)
    De gauche à droite : Tibor Kovacs, Michel et Robert Wenzel, enfin Jean-François Ragot, en octobre 1995 à Rust.
    Pressurage d’une cuvée de Ruster Ausbruch

    A Tokaj, ce sont des grains confits par la pourriture noble et le passerillage, vendangés un à un, qui sont mis à macérer, soit dans du moût, soit dans du moût en fermentation, soit dans un vin blanc de base.
    A partir de là, la vinification et l’élevage de ces deux vins sont proches.
    Il y a une trentaine d’années, on élevait les Ruster-Ausbruch un peu comme les Tokaji, par de longs séjours dans le bois. De nos jours, on recherche des vins beaucoup plus proches du fruit, grâce à des durées d’élevage courtes.
    Un Ausbruch équilibré doit présenter un taux d’alcool assez élevé (pratiquement entre 12.5% et 14% vol ) avec de 100 à 180 gr de sucres résiduels.

    C’est à mon sens un véritable archétype de la sélection de grains nobles , avec une puissance, un « rôti » dû au botrytis , une longueur et surtout une fraîcheur en bouche due à une splendide acidité , que je n’ai quasiment jamais rencontrée dans aucun autre vin de cette catégorie, si ce n’est dans le Tokaji.
    Ce sont des vins de très longue garde et la variété des cépages utilisés fait de chacun d’entre eux une authentique rareté et donc un véritable joyau œnologique.

    Jean-François RAGOT


  • News : 09 octobre 2017 : bref coup d’œil sur l’été 2017 et le début des vendanges

    Orliénas, le 9 octobre 2017,

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’été 2017 restera dans les annales météorologiques comme un des plus chauds des cent dernières années. Si l’Europe du Sud a été plus particulièrement marquée, l’Europe Centrale a été souvent caniculaire, mais les nuits ont été notablement plus fraîches qu’à l’ouest de l’Europe.
    La sécheresse a été de mise dans une très grande partie de l’Europe.

    Dans l’Est de la Hongrie, particulièrement dans la région de Tokaj (Tokajhegyalja) on pouvait déjà déguster des raisins doux à la mi-août. Les vendanges ont commencé doucement vers le 10 septembre pour les vins blancs secs et se poursuivront comme d’habitude, jusqu’à la première décade de novembre pour les vins moelleux. Heureusement, de petites pluies ont favorisé une bonne évolution de la maturité du raisin.

    Je suis passé dans le Burgenland autrichien le 28 septembre. Chez Bruno Landauer qui a commencé ses vendanges à la fin du mois d’août, l’optimisme régnait (voir photo !) La vendange est très favorable pour les raisins rouges, avec des maturités élevées. On devrait assister à un millésime du type 2011. Bruno m’a fait déguster son Gemischter Satz 2017, vendangé au début du mois de septembre, encore plein de levures et trouble, mais déjà délicieux

    Dans la Wachau, les vendanges étaient à leur tout début le 28 septembre, avec des raisins magnifiques et superbement aromatiques. Je parle bien entendu, particulièrement des Grüner-Veltliner et des Riesling. Roman Gritsch, notre partenaire dans la Wachau, avait le sourire. Les vendanges devraient battre leur plein à partir du 8 octobre.

    Bruno Landauer, dans la cour de son domaine, le 28 septembre 2017.

  • Gemischter Satz Freistadt Rust 2016 (Vin Blanc sec) (0,75 L) Bruno Landauer – Burgenland/AUTRICHE

    Ce remarquable vin blanc sec « Gemischter Satz » véritable témoin de la culture pannonienne classique (Autriche Hongrie) est issu d’un tout petit « vignoble-jardin », dans lequel Bruno a regroupé les cépages blancs les plus caractéristiques de la culture pannonienne.
    Il est issu d’un assemblage des cépages Furmint, Harslevelu, Ezerjo, Leanyka, auxquels s’ajoutent un soupçon de Muskateler et de Gewürztraminer.

    Les raisins ont été vendangés ensemble à la mi-septembre, pressurés ensemble et vinifiés ensemble, d’où le nom de Gemischter Satz qui signifie à peu près « assemblage de cépages ».

    Le millésime 2016 nous offre une très bonne synthèse de belle maturité et d’une excellente acidité.
    Il est à noter que Rust comme beaucoup de régions de l’Europe centrale (mais pas la région de Tokaj) ont été frappées par des gels de fin de printemps (fin du mois d’avril) qui ont considérablement réduit la production (-40%) mais en revanche potentialisé encore un peu plus la qualité.

    C’est un vin délicieux, complexe, typé, très sec (2,4 g de sucres résiduels par litre) et une splendide acidité de 8,5‰, au taux d’alcool de 12%.

    J’ai eu le plaisir de rapporter moi-même à Bruno, de la région de Tokaj, les 200 pieds de vigne Harslevelu, en avril 2011.


  • Ruster Beerenauslese Zweigelt/Pinot Noir/Merlot 2015 Très rare cuvée de « grains nobles » issus de raisins rouges – Domaine Landauer (0,50 L)

    Ce sont des circonstances climatiques rares qui nous ont permis à nouveau l’élaboration de ce grand liquoreux atypique, à la robe rosé corail et aux délicieux arômes de fruits rouges (fraises, framboises, groseilles…). Belle acidité qui équilibre remarquablement la douceur naturelle du vin.
    Il accompagnera remarquablement  vos desserts aux fruits rouges et noirs, ainsi que le foie gras frais.

    Le précédent millésime vinifié de ce type de vin remonte à 2010. Il est complètement épuisé.

    Ce vin extrêmement original, provient d’une « sélection de grains nobles » des raisins  Zweigelt (pour plus de 90%), le reste se partageant entre le Merlot et le Pinot Noir.
    Ces raisins ont été vendangés le 8 novembre 2015. (80% issus de la pourriture noble ou botrytis cinerea et 20% issus de la surmaturité)

    La richesse du mout à la vendange, a atteint 28,5 Kmw (28,5% de sucre en masse volumique).

    Éléments analytiques :
    Alcool : 12,6 % Vol
    Sucres résiduels : 113 g/L
    Acidité totale : 6 ‰

    Mise en bouteille : juin 2016.
    Quantité produite : 3500 bouteilles


  • Grüner Veltliner Federspiel cru Setzberg 2017 Domaine Gritsch (0,75L)


    Les vignobles de Spitz dans la Wachau (Vallée du Danube)

     Ce Grüner Veltliner 2017 Federspiel cru Setzberg provient des excellents vignobles de la Wachau dans la vallée du Danube où sont généralement produits les vins blancs secs parmi les plus remarquables des vignobles autrichiens (environ 1500 Ha pour les vignobles de la Wachau).
    Les vins sont classés en fonction de la richesse de moût à la vendange en trois catégories :

    Steinfeder pour les plus légers d’entre eux (environ 11%/vol d’alcool)
    Federspiel (environ 12,5%/vol d’alcool)
    Smaragd (à partir de 13%/vol d’alcool)

    Les vins appartenant à ces trois catégories sont bien entendu garantis natures, sans aucune chaptalisation.

    Ce Grüner Veltliner Federspiel Setzberg 2017 présente un taux d’alcool de 12,7%/vol, une robe claire et brillante, un nez floral et minéral. Bonne matière en bouche, superbe acidité. Arômes de fleurs blanches et de fruits blancs (pêches, poires, litchis).


  • News : 3 octobre 2016 : rapide coup d’oeil sur la vendange 2016 en Europe centrale et orientale.

    L’été 2016 a été globalement plus chaud que la moyenne en Europe centrale et orientale avec des précipitations orageuses. Dans la Tokajhegyalja, les vendanges ont débuté vers le 8 septembre et elles se poursuivront durant deux mois environ. On peut espérer une petite quantité de vins liquoreux de très bonne qualité.
    Les vins blancs secs issus principalement du Furmint mais aussi de l’Harslevelu seront bien entendu assez abondants. C’est le principal problème de la région, qui tente de faire croire aux consommateurs naïfs que l’on peut produire de grands vins blancs secs dans cette région. C’est en grande partie une imposture, le raisin Furmint étant admirablement prédisposé à la production de grands liquoreux, mais donnant des vins blancs secs peu aromatiques et de conservation très limitée.

    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Petit tour dans le sud des vignobles de la Tokajhegyalja, le 8 septembre 2016 pour évaluer le degré de maturité des raisins Furmint.
    Premier tri de grains aszu dansle sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Premier tri de grains aszu dans le sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Détail d'un grain aszu du cépage Furmint, le 15 septembre 2016.
    Détail d’un grain aszu du cépage Furmint, le 15 septembre 2016.
    Vendangeuse procédant au tri traditionnel des grains aszu sur pied, dans le sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Vendangeuse procédant au tri traditionnel des grains aszu sur pied, dans le sud de la Tokajhegyalja, le 15 septembre 2016.
    Visite le 17 septembre 2016 au domaine Nagygombos Borászat (ancien domaine Grof Grassalkovich). Ce domaine viticole est situé dans la région des Mátra entre Budapest et la Tokajhegyalja. Mon excellent ami oenologue Nicolas Godebski (à droite sur la photo) me fait déguster un "paradis" (moût non intégralement encore fermenté) de Gamay. C'est une véritable curiosité que ce Gamay rosé élaboré bien loin de sa lointaine patrie du Beaujolais. C'est à ma connaissance le seul de sa catégorie. C'est un vin particulièrement délicat et fruité. Une authentique curiosité.
    Visite le 17 septembre 2016 au domaine Nagygombos Borászat (ancien domaine Grof Grassalkovich). Ce domaine viticole est situé dans la région des Mátra entre Budapest et la Tokajhegyalja. Mon excellent ami oenologue Nicolas Godebski (à droite sur la photo) me fait déguster un « paradis » (moût non intégralement encore fermenté) de Gamay.
    C’est une véritable curiosité que ce Gamay rosé élaboré bien loin de sa lointaine patrie du Beaujolais. C’est à ma connaissance le seul de sa catégorie. C’est un vin particulièrement délicat et fruité. Une authentique curiosité.

    Bruno a commencé les vendanges le 7 septembre et essaie de rester zen… En effet, au cours du coup de froid de la fin avril (27, 28 avril) il a perdu à peu près 40% de la vendange 2016 à venir. Mais, ce n’était pas terminé, puisque Rust a été gratifiée de deux orages de grêle, le 4 juillet et le 4 septembre.
    Après une année 2014 catastrophique et une année 2015 exceptionnelle, nous verrons, dans les semaines qui viennent, ce que nous réserve 2016.

    Chez Bruno Landauer à Rust (Burgenland / Autriche), le 17 septembre 2016. Grande dégustation d'une vingtaine de vins, tous plus délicieux les uns que les autres...
    Chez Bruno Landauer à Rust (Burgenland / Autriche), le 17 septembre 2016. Grande dégustation d’une vingtaine de vins, tous plus délicieux les uns que les autres…