• Archives pour l'Étiquette Afrique du Sud
  • News : 26 juin 2018 : voyage dans les vignobles d’Afrique du Sud au mois de mai 2018.

    Le chais de 1791 de GROOT CONSTANTIA, le 18 mai 2018.
    Jean Naudé (directeur du domaine GROOT CONSTANTIA) et Jean-François Ragot, le 18 mai 2018.
    Un des rarissimes et très bon Zinfandel de la région du Cap.
    Domaine BLAAUWKLIPPEN (Stellenbosch), le 21 mai 2018.
    Domaine HAMILTON-RUSSELL, le 22 mai 2018. Dégustation de groupe en compagnie d’Anthony Hamilton-Russell.
    Jean-François Ragot et Marguerite Abergel en dégustation au domaine HAMILTON-RUSSELL, le 22 mai 2018.
    Jacques Jordaan (responsable marketing) et Jean-François Ragot au domaine SIMONSIG, le 23 mai 2018.
    Jean-François Ragot et Lars Maack en dégustation au domaine historique de Constantia : BUITENVERWACHTING, le 24 mai 2018.
    Domaine THELEMA (Stellenbosch)
    Les vignobles au début de l’hiver austral, le 29 mai 2018.
    Domaine THELEMA (Stellenbosch).
    Les vignobles au début de l’hiver austral, le 29 mai 2018.

  • Hamilton Russell Chardonnay 2017 (Afrique du Sud)

    Appellation : Hemel-en-Aarde Valley
    Situé dans la fraîche vallée « Hemel-en-Aarde » à 100 km au sud est de la ville du Cap, ce vignoble de 52 ha consacré au Chardonnay et au Pinot noir, produit un des meilleurs blancs de type bourguignon de tout l’hémisphère sud.
    Crée en 1975 par Tim Hamilton Russell, ce vignoble passionnant ne cesse de nous étonner d’années en années avec un vin d’un classicisme époustouflant.

    Le millésime 2017  apparait comme un millésime revenant dans les normes, ni précoce, ni tardif.
    Le rendement a été de 27,9 hl/ha.

     Ce millésime 2017 a été fermenté pour 90% en barriques, 4% en foudres, 1% en récipient céramique, type amphore et 5% en cuves inox. L’élevage s’est poursuivi durant 9 mois avant la mise en bouteille.
    Élevage en barriques et foudres de chêne français : 31% neuf, 33% de deux ans, 33% de trois ans et 3% de quatre ans.

     Ce vin à l’attaque fraîche et « vibrante » offre une délicieuse palette aromatique « briochée » et toastée, tout en laissant percer la minéralité, gage d’un beau terroir. Belle longueur sur les agrumes frais.

     Si vous faîtes partie des rares privilégiés à posséder quelques bouteilles de ce délicieux blanc, ne vous empressez pas de les déboucher.
    Nous évaluons la garde du millésime 2017 à une bonne dizaine d’années, dans une bonne cave bien sûr.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 13,16 %/vol
    Acidité fixe : 6,00 ‰
    pH: 3,30
    Sucres résiduels : 1,40 g/L

     A découvrir absolument !

     


  • SIMONSIG Tiara 2012 (W.O. Stellenbosch) (0,75L) cuvée prestige du domaine

    La première cuvée Tiara a été élaborée en 1990 et mise sur le marché en 1992. En 1997, le vinificateur a décidé de rajouter le cépage Petit Verdot à l’assemblage. A partir du millésime 2009 , il est souvent inclus une proportion de Malbec.
    Ce vin est le porte-drapeau du domaine Simonsig et témoigne indiscutablement de la grande qualité du millésime 2012. Très peu de précipitations, le millésime le plus sec depuis 1976.

    Cuvée ambitieuse de
    75 % Cabernet-sauvignon
    17 % Merlot
    4 % Cabernet franc
    3% Malbec
    1 % Petit verdot.

    Le 2012 apparaît comme un millésime au rendement un peu plus faible que le millésime 2011, ceci étant dû probablement au phénomène de sécheresse.

    Élevage habile préservant bien le fruité naturel du vin.
    18 mois en barriques (100 % de bois français).

    Barriques neuves 97 %, barriques de deuxième année 3 %.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 14,44 % /vol
    Acidité totale: 6,00 g/l
    pH : 3,50

    De robe très profonde, le nez, laisse apparaitre un bouquet intense et délicat où percent des arômes de fruits noirs, de cerises et même une touche de boite à cigares.
    La bouche concentrée domine l’élevage en barrique, ce qui est la règle élémentaire,  mais ce qui est loin d’être le cas hélas pour beaucoup de vins sud-africains et d’ailleurs …

    Belle longueur avec des tannins soyeux et bien fondus. Ce très beau vin peut commencer à se boire mais évoluera favorablement. Il se conservera de nombreuses années. Je lui attribue personnellement une garde de  quinze à vingt ans.


  • Pinot Noir 2017 Domaine Hamilton Russell (Hemel-en-Aarde Valley) (0.75L) Afrique du Sud

    Tout comme la famille Hamilton Russell a voulu produire un des meilleurs blancs au monde de type bourguignon avec son Chardonnay, elle a réussi à vinifier un rouge considéré par les médias professionnels internationaux, comme étant du niveau d’un excellent premier cru de la côte de Beaune ou de la Côte de Nuit.
    Vendangé bien entendu à la main et par parcelles, ces dernières sont vinifiées séparément. Tout commence par une longue macération pré-fermentaire à froid destinée à extraire le maximum d’arômes. La fermentation est effectuée ensuite en cuves inox à partir de levures indigènes, avec plusieurs remontages.
    Rendement : 23,90 Hl/Ha
    Élevage : 100% en barriques de chêne français de 228 L durant 10 mois. 37% sont des barriques neuves, 35% de deux vins et 28% de trois vins.
    L’année 2017 a été une année moins précoce que 2015 et 2016, revenant vers les normes moyennes de dates de vendanges.

    Présentant une robe d’un très joli rubis, ce vin exprime au mieux la grandeur d’un terroir repéré il y a plus de trente ans par un amoureux de la Bourgogne, Tim Hamilton Russell : finesse, profondeur, élégance et complexité.
    Assurément un grand vin !

    Éléments analytiques :
    Alcool : 13,31  %/vol
    pH : 3,55
    Acidité totale :  5,47 ‰


  • Southern Right Pinotage 2016 (Hemel-en-Aarde Valley) (0.75L)

    Le domaine Southern Right a été fondé  en 1994 par Anthony Hamilton Russell, propriétaire du domaine éponyme. Le but était la production d’un pinotage de classe internationale, bien marqué par sa typicité sud-africaine. De par la précocité du cépage et les conditions climatiques maritimes fraîches de cette zone, on obtiendrait un vin présentant une complexité aromatique plus élevée que la moyenne des vins produits dans le pays,  mais aussi de beaux tanins fins.
    Le résultat a été à la hauteur des attentes.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 13,60 %/vol
    Acidité totale : 5,50 ‰ (mesurée en acide tartrique)
    pH : 3,55
    Sucres résiduels : 1,56 g/L

    Rendement : 4,21 tonnes/ha / 28,53 hl/ha

    Il est intéressant de noter que ce vin n’a pas été élaboré avec 100% de pinotage. Sa composition est la suivante :
    94% Pinotage, 2% Cabernet Sauvignon, 2% Cabernet Franc, 1% Malbec, 1% Syrah.

    Le millésime 2016 est un excellant millésime pour les vins rouges, donnant des vins avec beaucoup de matière et une superbe profondeur de fruit.

    L’élevage s’est déroulé à 100% en barriques françaises de 228 litres durant 9,5 mois.


  • news : 13 janvier 2018 : le souffle du printemps

    Orliénas, le 13 mars 2018,

    Comme vous ne l’ignorez pas, le printemps météorologique a bel et bien débuté le 1er mars. Certes, cela ne se sent pas encore beaucoup en cette mi-mars 2018. Nous pouvons déjà présager 2018 comme un futur millésime assez tardif. Mais, en ces périodes de réchauffement climatique, ce n’est pas un défaut; je pense particulièrement à l’année 2013 au long développement végétatif, qui a donné d’excellents vins en Europe.
    Qui dit printemps, annonce pour moi le retour des voyages de sélection dans les vignobles. Au mois d’avril, principalement en Italie, Autriche et Hongrie. Au mois de mai, ce sera un grand tour dans les vignobles d’Afrique du Sud. Il est temps d’y aller, je n’y suis pas retourné depuis mai 2015.
    A bientôt, des news concrètes.

    J.F.


  • Le Vin de Paille / Strohwein

    Je voudrai évoquer tout d’abord une petite anecdote, fort ancienne et même bien antérieure à la création de Dionis. ( 1985,  je le rappelle )
    En voyage familial d’agrément en Franche-Comté durant l’été 1982, je me souviens que nous avions « remué ciel et terre » à la recherche de ce fameux vin de paille que pratiquement plus aucun vigneron ne produisait alors. Les deux seuls qui purent nous fournir chichement quelques flacons, furent le Château L’étoile et le remarquable et regretté Marius Perron de Voiteur. Les millésimes 1975 et 1978 achetés alors, figurent encore en bonne place parmi les « trésors » de notre vinothèque familiale…

    Vin de paille de Marius Perron (à l’époque, en 0.36L !)

    A l’évocation du vin de paille, l’œnophile français pense immédiatement : Jura !
    Je suis d’un naturel curieux, c’est dans ma nature !
    Aussi, j’ai entrepris une recherche historique sur la question du vin de paille et je dois dire que j’ai abouti à des conclusions assez différentes de celles couramment répandues dans les ouvrages modernes (du XXème siècle) traitant du vin. Ils évoquent presque tous cette «  longue tradition » des vins jaunes et des vins de paille qui auraient même été « inventés » par les ancêtres de nos actuels vignerons jurassiens et produits depuis des temps immémoriaux… Je vais certainement me faire quelques nouveaux ennemis, mais je voudrai tenter de rétablir la continuité historique de ces vins exceptionnels.

    Pour les vins jaunes, c’est clair, la tradition est bien établie, probablement depuis le XVIIème siècle. N’oublions pas que la Franche-Comté fût espagnole jusqu’à cette époque. On pourrait peut-être, bien que rien ne soit vraiment démontré en l’espèce, essayer d’établir un lien historique et œnologique entre vin jaune et Xérès, tous deux « vins de voile » et tous deux alors espagnols… Mais ce n’est pas notre sujet !

    Pour revenir au vin de paille, j’ai voulu savoir quelles étaient en Europe il y a deux siècles, les productions « commerciales » utilisant le nom actuel de vin de paille. Pour ce faire, je me suis référé à la « bible » de cette époque, je veux parler de la «  Topographie de tous les vignobles connus » d’André Julien, dont la première édition remonte à 1816.
    Cette lecture a été particulièrement riche d’enseignements :

    •  Pour ce qui concerne la Franche-Comté en particulier, rien ! absolument rien !
    Pas la moindre allusion à une quelconque tradition de production de vin de paille. En revanche, le vin jaune y occupe une place de choix…Troublant n’est ce pas ?

    Poursuivant mes recherches, je découvre en Alsace une très vieille tradition, non pas de vendanges tardives ou autres « Sélections de grains nobles » avant l’heure, mais bel et bien de vin de paille comme nous l’entendons de nos jours. Je cite in extenso le texte en question :

    « Lorsque la température a été favorable à la vigne, on fait à Colmar, à Olwiller, à Kientzheim, à Kayserberg, à Ammerschwihr et dans quelques autres vignobles du même arrondissement, des vins de paille (strohwein), ainsi nommés par ce que, dans l’origine, les raisins que l’on employait à leur fabrication étaient étendus pendant plusieurs mois sur de la paille, avant d’être portés au pressoir… On assure que lorsque ce vin a été gardé six ou huit ans, il ressemble au vin de Tokay, plus il vieillit, plus il acquiert de finesse et d’agrément, c’est pourquoi il peut être rangé parmi les meilleurs vins de liqueur de France » ( fin de citation).
    Cette tradition est lentement tombée en désuétude pour disparaître vers la fin du XIXème siècle.

    Mais, poursuivons notre « tour de France » des vins de paille ! Nous arrivons maintenant à L’Hermitage (ou Ermitage) et je redonne la parole à André Julien :

    Vin de paille de l’Hermitage 1982 du domaine Chapoutier

    «  Quelques grands propriétaires de Tain font avec des raisins blancs choisis sur la côte de l’Hermitage, du vin de paille très estimé et qui se vend fort cher; il a la couleur de l’or, du parfum et un goût délicieux. les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu’ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l’on exprime est très épais et visqueux,mais quand il a subi la fermentation,il s’éclaircit,et on le soutire dans des tonneaux où il reste plusieurs années avant d’être mis en bouteilles. C’est alors une liqueur délicieuse, que l’on dit être supérieure aux vins de même nom que l’on fait en Alsace » (fin de citation).

    Depuis le début des années quatre vingt, on produit à nouveau des vins de paille à l’Hermitage, qui sont vendus à prix d’or…

    Mais finissons en avec ce petit tour d’horizon des vins de paille français vu par André Julien il y a presque deux siècles et citons enfin le vin de paille d’Argentat dans la Corrèze, dont il ne subsiste même plus le souvenir…

    Pour ce qui touche au reste de l’Europe , la liste s’avère assez copieuse. Commençons par l’Allemagne si vous le voulez bien :

    « On prépare dans plusieurs vignobles de Franconie des vins de paille semblables à ceux de l’Alsace, mais plus aromatiques » (fin de citation André Julien).

    Pour ce qui concerne l’Italie, on retrouve le vin de paille sous le nom de Vin Santo un peu partout dans le Nord : Castiglione, Loreto (Lombardie), Garda, Bardolino, San Vigilio, Soave (Vénétie). Aujourd’hui encore, on élabore de très bons vins de paille sous le nom de Recioto dans toute la zone de la Valpolicella et de Soave.
    Le vin Santo en tant que vin de paille traditionnel est toujours produit de nos jours, plus particulièrement sous cette dénomination en Italie centrale. Sa qualité oscille du produit exceptionnel qui enchante le palais et l’esprit au vin hyper oxydé le plus lamentable.

    Attention aux Vinsanto bon marché élaborés par séchage des raisins durant trois jours dans des chambres chauffées et ventilées artificiellement.
    Amateurs, la prudence s’impose ! Hélas, cette pratique existe aussi dans le Jura, la loi italienne et française ne prévoyant ni la durée du séchage, ni le mode.
    Un grand vin de paille est un produit difficile à élaborer, donc risqué et par conséquent jamais bon marché.

     

    Une fois passées en revue, l’histoire et les lieux de production, tentons maintenant de donner une définition la plus précise possible au vin de paille.

    La méthode la plus classique consiste à faire sécher des raisins sur un lit de paille pour une période qui peut atteindre six mois (une des applications bien connue du « passerillage ») avant de les soumettre au pressurage et à la fermentation. A cette méthode est généralement associée la suspension des raisins dans des locaux bien aérés, évitant le cas échéant la détérioration de la grappe au contact d’une matière végétale comme la paille.

    Un autre procédé proche consiste à tordre le pédoncule de chaque grappe pour interrompre la circulation de la sève, afin que le sucre se concentre dans les baies. On parle alors plus particulièrement de vin passerillé sur pied.
    L’abbé Bellet a signalé cette pratique au début des années 1700 en Italie et en Provence.
    Cette méthode laborieuse était utilisée à Constantia en Afrique du sud au XVIIIème et XIXème siècle.
    La version moderne de cette pratique consiste à couper à sa base le rameau porteur du raisin et à laisser celui-ci se dessécher sur le pied de vigne.
    Je rajouterai, pour faire bonne mesure, que depuis la plus haute antiquité, les cultures méditerranéennes ont connu et utilisé le processus du passerillage pour augmenter la quantité de sucre dans le raisin et par voie de conséquence la force alcoolique du breuvage… ( on ne parlait pas encore de modération…)

    Cette méthode, simple et bien adaptée au climat, consiste à exposer les raisins au soleil, sur des nattes en général, pour une durée jamais inférieure à huit jours. Les vins qui peuvent aujourd’hui revendiquer le lien le plus direct avec cette tradition mythologique, sont les « Passito » de Lipari et de Pantelleria , le Nectar de Samos , le Vinsanto de Santorin , sans oublier le Commandaria de Chypre et le Malaga andalou.

    Vous voyez que nous avons déjà beaucoup voyagé, en partant du Jura et que nous ne nous sommes pas trop éloignés du sujet…

    Tout comme pour les Eiswein , (vins de Glace) il est nécessaire de vendanger les raisins les plus sains possible. La moindre trace de pourri ou de moisi a des effets calamiteux sur la qualité des raisins en phase de passerillage.
    A ce sujet, je voudrai vous livrer notre première expérience à Rust (Burgenland-Autriche) en 1996 avec notre ami et partenaire Bruno Landauer.
    Nous avions vendangé environ 1500kg de raisins (principalement du Grüner Veltliner ) vers le 20 Septembre 1996. L’année pouvait être considérée comme « difficile » car plutôt favorable au développement du botrytis cinéréa. Les raisins présentaient cependant un très bel aspect et nous avions hâte de tenter l’expérience.

    Ils ont été étendus sur des lits de paille, dans les greniers de Bruno, parfaitement bien aérés. En dépit de nos efforts, quatre semaines plus tard, nous avons dû déchanter, constatant le développement foudroyant de la pourriture… Les 1500 kg de raisin ont terminé leur carrière à la décharge… Nous fûmes très déconfits… et il ne nous restait plus, selon l’usage ancien, qu’à faire bonne figure à mauvais jeu, nous promettant d’être plus prudents l’année suivante.
    En 1997, nous avons réitéré et réussi cette fois là un étonnant vin de paille de 100% Furmint, qui demeure à ma connaissance unique en son genre.

    Mais, revenons à la méthode !

    Le raisin, doit être vendangé un peu au-delà de la maturité physiologique. Le type de cépage est bien entendu très important et conditionne des facteurs comme l’épaisseur des peaux, l’acidité, le potentiel de sucre et évidemment la palette aromatique. Il suffit par exemple de goûter un vin de paille jurassien à forte proportion de Savagnin (Traminer non aromatique) pour être convaincu de sa supériorité sur tous les autres cépages utilisés dans la région. On peut également souhaiter assembler plusieurs cépages en vue d’obtenir un vin plus complexe, mais le résultat n’est pas toujours au rendez vous…
    Il faut aussi utiliser un local bien aéré et très sec.
    Toutes les semaines, il y aura lieu de contrôler l’état des raisins et de retirer les grains détériorés, afin qu’ils ne contaminent pas les autres grappes.
    La durée moyenne de passerillage est de trois à quatre mois, mais dans des cas exceptionnels, peut être prolongée jusqu’à cinq ou six mois.
    Une grappe de raisin par ce procédé peut perdre jusqu’à 90% de son poids.

    Le jus obtenu après pressurage, plus ou moins concentré, sera obligatoirement « ensemencé » avec des levures soigneusement sélectionnées et produira après fermentation en cuve inox, plastique ou en barrique, des vins plus ou moins riches en sucres résiduels et en alcool.
    Une méthode traditionnelle consiste à placer le moût dans de petites barriques et à le laisser fermenter sans aucun contrôle jusqu’à épuisement des levures. On arrive par ce moyen souvent à des taux d’alcool de 16 à 17% vol et par conséquent à des taux de sucres résiduels assez bas (c’est le cas souvent des vins de paille jurassiens).

    Ce type de vin de paille est de nos jours représenté au mieux par le Vin Santo de Toscane qui peut passer six années sans ouillage (l’opération consistant à refaire les pleins pour compenser l’évaporation) dans de petites barriques, autrefois de châtaigner, appelées Caratèlli avant d’être mis en bouteilles. Le vin Santo selon la méthode utilisée, peut être liquoreux, moelleux, voire presque sec et alors redoutablement capiteux…
    En dehors de ce type de spécialités que nous venons d’évoquer, la tendance actuelle générale dans le vin est plutôt orientée vers l’obtention d’un fruité plus marqué en préservant le plus possible le moût de l’oxydation et en raccourcissant les durées d’élevage. Le vin poursuit alors sa maturation en bouteille, à l’abri de l’oxygène, en milieu réducteur. Le Tokaji en est un autre exemple flagrant, avec des élevages en barriques qui ont été réduits des deux tiers depuis 1992.

    Je voudrai terminer cet exposé sur les vins de paille en évoquant maintenant les exceptionnels « Strohwein » du Burgenland autrichien.


    LES VINS DE PAILLE DU BURGENLAND AUTRICHIEN (STROHWEIN)

    Concernant ces vins « spéciaux », je me suis tout d’abord attaché à rechercher une éventuelle tradition historique. Il ne s’agit pas de cinq cent ans comme pour les Ruster Ausbruch, mais toutefois de plus d’un siècle. Le premier Strohwein recensé dans cette région date de 1891.
    On étendait alors les raisins sur des lits de roseaux du fameux lac de Neusiedeln, d’où le nom de « Shilfwein » (vin de roseaux).
    Dans cette région, royaume historique multiséculaire des vins liquoreux, l’élaboration des Strohwein et des Eiswein constituait une alternative aux « Ausbruch » les années où il n’y avait pas de botrytis cinéréa.

    Le grand intérêt œnologique de ces vins repose tout d’abord sur l’extraordinaire richesse ampélographique de la région : Cépages indigènes Neuburger, Grüner Veltliner, Welschriesling, Spätrot-Rotgipfler, Frühroter veltliner, Furmint, Sankt Laurent, Blauerzweigelt, Blaufränkisch, mais aussi tous les cépages « internationaux » sans exception.

    Cet intérêt repose également sur des conditions climatiques parfaites pour une lente maturation du raisin, préservant au mieux la richesse aromatique propre au cépage, ainsi que l’acidité, gage de l’équilibre recherché.
    La législation autrichienne, très restrictive, prévoit une richesse minimum en sucre de 25 KMW au pressurage (25% de sucre en masse volumique).
    Elle est la seule législation qui précise une durée minimum de séchage des raisins avant pressurage. ( Trois mois sur lits de paille ou de roseaux).
    Cette législation sévère exclut ainsi de facto tous les « simili » vins de paille séchés au ventilateur en chambres chaudes…

    Aperçu des Cabernet Sauvignon 2002 en train de passeriller dans les greniers de notre ami et partenaire G-Lunzer, le 3 novembre 2002. Ces raisins sont bien entendu destinés à l’élaboration d’un rarissime vin de paille, qui fait entre autres les délices de notre ami Eric Beaumard du Georges V…

    Avec notre ami et ancien partenaire Georg Lunzer, nous avons réalisé depuis une dizaine d’années quelques vins de paille vraiment extraordinaires et probablement uniques en leur genre. Je pense entre autres au vin de paille Cabernet Sauvignon, dont la première cuvée a vu le jour en 1997 et au vin de paille Riesling, qui n’a pu être réalisé qu’une seule fois, en 2000. Ce sont de petits chef d’œuvre œnologiques, dont il reste quelques bouteilles vendues à « prix d’amis » !

    Élaboration du vin de paille Cabernet-Sauvignon Georg Lunzer à Gols (Burgenland-Autriche).
    Pressurage du 5 février 2004.

    Le 5 septembre 2003, 1800 Kg de raisin Cabernet-Sauvignon ont été vendangés sur la parcelle de 0,62 ha de Georg Lunzer. Ces raisins ont été mis à passeriller (séchage en grenier) sur des nattes de paille jusqu’au 5 février 2004, date à laquelle les raisins ont été pressurés.
    Le degré de maturité des raisins à la vendange était de 18 KMW (18 % de sucres en masse volumique). Au moment du pressurage, la richesse en sucres des raisins atteignait 35 KMW (35 % de sucres en masse volumique).
    La quantité produite mise à fermenter est de 400 litres. Ceci vous permet de mesurer le rendement ridicule lié à ce joyau œnologique…


    le 30 octobre 2006

    le 29 octobre 2007

    Vous trouverez ci-dessous la liste des vins de paille disponibles actuellement  (juillet 2015) :

  • Buitenverwachting 2014 « 1769 » Noble Late Harvest (W.O Constantia) (0.50L)

    Trois domaines formant le terroir historique de Constantia au Cap de Bonne Espérance, peuvent actuellement revendiquer la continuité historique du cru depuis la fin du XVIIème siècle. Il n’est pas impossible, qu’un jour prochain, le domaine Steenberg, appartenant au domaine d’origine de 1685, produise lui aussi ce vin mythique et légendaire.

    Le domaine de Klein Constantia a été le premier à ressusciter le mythique et légendaire vin des XVIIIème et XIXème siècle et ceci à partir de 1987 avec le « Vin de Constance » (marque déposée).

    Il a été suivi en 2005 par le domaine de Groot Constantia, source originelle du Constantia moelleux à partir de la première moitié du 18ème siècle. On parle alors de « Grand Constance ». Ce vin est réapparu au domaine avec le millésime 2005.

    Le troisième domaine Buitenverwachting, contigu à Klein Constantia a, quant à lui, par les soins de l’œnologue Hermann Kirchbaum et de son propriétaire Lars Maack, procédé à la « résurrection » du mythique Constantia Moelleux avec le millésime 2007, sous le nom de « 1769 », évoquant ainsi la création du domaine.

    Après un premier essai avec le millésime 2006 (en très petite quantité), le millésime 2007 signe le véritable acte de naissance de ce Constantia moelleux qui présente toutes les caractéristiques hors-normes de ce terroir mythique et légendaire.

    Nous avons distribué les millésimes 2007, 2010 et 2013 qui ont eu un grand succès sur le marché français.

    Pour les amateurs de Vin de Constantia, c’est une vraie surprise de découvrir ce nectar à la robe dorée, aux senteurs complexes de thym et de lavande, à la bouche puissante et raffinée, marquée par l’abricot sec et l’amande, riche de nuances empyreumatiques et terpéniques nobles.
    Ce millésime 2014 est une splendide réussite. La quantité disponible est hélas réduite. Le vin offre actuellement un excellent rapport qualité/prix. Ce n’est pas certain que ça dure encore très longtemps… Profitez-en !

    Éléments analytiques :
    Alcool : 13,10 %/vol
    Sucres résiduels : 140 g/L
    Extraits secs : 56,90 g/L
    Acidité totale : 8,1 g/L
    pH : 3,20


  • Vin de Constance 2013 Domaine Klein Constantia (W.O Constantia) (0.50L)

    La saison hivernale a été plus longue qu’à l’accoutumée, suivie par un printemps frais. Le débourrage de la vigne a été retardé d’environ deux semaines. Des conditions idéales ont ensuite prévalues avec une chaleur raisonnable et des nuits assez fraîches. Ces conditions ont amené une maturité parfaite du cépage Muscat à Petits Grains et d’excellentes conditions de passerillage des grains.

    Informations sur la vinification
    Après la vendange de grappes passerillées, les raisins sont laissés à macérer sur leur peau pour plusieurs jours afin de les ramollir et de favoriser par conséquence l’obtention du jus au pressage. Le nectar ainsi récupéré est mis en fermentation dans des cuves inox et dans des tonneaux de 500 L.
    La durée d’élevage avant mise en bouteille fût de 3 années pour le millésime 2013, le vin restant sur ses lies grosses.
    60% en tonneaux de chêne français et le reste se partageant entre tonneaux de chêne hongrois et d’acacia français.

    Éléments analytiques :
    – Alcool : 13,7 %/vol
    – Acidité totale : 6,6 ‰
    – Sucres résiduels : environ 172 g/L
    – pH : 3,7

    Robe dorée, profonde avec nuances ambrées. Au premier nez, des notes d’ananas frais avec une touche vanillée et d’amandes grillées. On peut rajouter des senteurs capiteuses où se mêlent la mandarine, la citronnelle et la mangue.
    La bouche est élégante, structurée, avec des saveurs de mangue et d’ananas très mûrs. Sa grande richesse en sucres résiduels allie la complexité à la puissance.

    Vin disponible en petite quantité sur demande.

    Plus d’infos sur les Vins historiques de Constantia.

    Dionis possède un vrai trésor œnologique avec une collection de vieux millésimes de 1987 à 2007.


  • Simonsig Chenin Blanc 2017 (W.O. Stellenbosch) (0.75L)

    Une des meilleures versions du Chenin blanc des vignobles sud-africains. Ce vin fruité où perce une certaine minéralité présente une bonne consistance, une palette aromatique sur les fruits à pépins et un excellent équilibre général. Il est mon vin d’apéritif préféré quand je suis en Afrique du Sud dans la région du Cap. Bien qu’il soit préférable de le boire jeune, il évoluera harmonieusement pendant deux ou trois années.

    C’est le premier vin qui a été mis en bouteille par le domaine. C’était en 1968…
    Grâce à son élevage exclusivement en cuve inox, ce vin nous offre une palette aromatique intense, où se mêlent les arômes d’abricots, poire sans oublier le kiwi et l’ananas.

    Alcool : 13,7% /vol



  • Vin de Constance 1999 Domaine Klein Constantia (W.O Constantia) (0.50L)

    VIN DE CONSTANCE 1999 Domaine Klein Constantia

    Ce millésime a donné le plus riche en sucres résiduels de tous les vins depuis la « résurrection » du vin de Constance en 1987. Un peu plus fermé que les autres millésimes au départ, il commence à s’ouvrir doucement à partir de 2010 et devrait évoluer favorablement sur plusieurs décades.

    Éléments analytiques :
    Alcool : 14,54% vol
    Sucres résiduels : 180 g/L
    Acidité totale : 8,6 g ‰
    pH : 3,69

    Plus d’infos sur les Vins historiques de Constantia.

    Dionis possède un vrai trésor oenologique avec une collection de vieux millésimes de 1987 à 2007.


  • Vin de Constance 1990

    KleinC-1990Domaine Klein Constantia (W.O Constantia) (0.50L)

    Plus d’infos sur les Vins historiques de Constantia.

    Ce quatrième millésime de Vin de constance se dirige vers des équilibres plus classiques avec moins d’alcool et plus de sucrosité.

    Alcool : 14,17 %/vol
    Acidité fixe : 7,5 ‰
    Sucres résiduels : 132 g/L

    Quantité produite : 98 Hl

    Dionis possède un vrai trésor oenologique avec une collection de vieux millésimes de 1987 à 2007.


  • Vin de Constance 1991

    KleinC-1991Domaine Klein Constantia (W.O Constantia) (0.50L)

    Plus d’infos sur les Vins historiques de Constantia.

    Ce fut dans la région du Cap, un millésime presque parfait, avec des vins rouges remarquables d’équilibre et de concentration.
    Le Constantia moelleux « Vin de Constance » a été élaboré à partir d’une vendange presque idéale.
    Les paramètres analytiques de ce vin en témoignent :

    Alcool : 13,92 %/vol
    Acidité fixe : 8,3 ‰
    Sucres résiduels : 156 g/L

    Quantité produite : 98 Hl

    Je suis très attaché à ce millésime, car c’est cette année là, que j’ai effectué mon premier voyage en Afrique du Sud dans la région du Cap.

    Dionis possède un vrai trésor oenologique avec une collection de vieux millésimes de 1987 à 2007.


  • Vin de Constance 1992

    KleinC-1992Domaine Klein Constantia (W.O Constantia) (0.50L)

    Plus d’infos sur les Vins historiques de Constantia.

    Millésime sur un équilibre où domine la puissance : 15 %/vol en alcool.

    Quantité produite : 98 Hl

    Dionis possède un vrai trésor oenologique avec une collection de vieux millésimes de 1987 à 2007.


  • Vin de Constance 2003 Domaine Klein Constantia. La triste histoire d’un vin qui n’existe pas…

    KleinCDomaine Klein Constantia (W.O Constantia) (0.50L)

    Je vais vous livrer maintenant un secret :

    L’histoire du Vin de Constance 2003 est originale et triste et on ne saura jamais le fin mot de l’affaire car, le vinificateur à l’origine de la résurrection du Vin de Constance, Ross Gower nous a quitté en mars 2010 pour un monde que d’aucuns présument meilleur…
    J’ai appris l’histoire malheureuse de ce millésime en 2004 par Adam Mason qui venait de prendre la suite de Ross Gower.
    Lorsque je me suis enquis auprès de lui du millésime 2003, c’était au mois de mai 2004, il m’a répondu qu’il n’y aurait pas de millésime 2003 et il m’a expliqué que lorsqu’il a pris les rênes oenologiques du domaine, il a constaté que les Vins de Constance en cours d’élevage étaient tous « partis en fermentation » et avaient atteint des taux d’alcool de 17 à 18 % et des sucres résiduels misérablement bas… Il était donc perdu en tant que millésime et impossible à embouteiller.
    Que s’était-il passé ? On ne le saura jamais et au mieux, une grave négligeance.
    Ce qui est moins connu, c’est que le vin n’a toutefois pas été complètement perdu. Il a été décidé de l’assembler petit à petit avec la dizaine de millésimes suivants.

    Plus d’infos sur les Vins historiques de Constantia.