JUIN 2008

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Au coeur de des remparts médiévaux du bourg d'Orliénas,
Jean-François Ragot vous reçoit sur rendez-vous au caveau de Dionis,
pour une dégustation initiatique.

 

Orlienas, le 25 juin 2008,

Cher(e) ami(e) oenophile,

Un petit mot tout d'abord sur nos portes ouvertes des 19, 20 et 21 juin. C'était la septième édition, qui s'est particulièrement bien déroulée, avec peut-être un peu moins de visites directes au caveau, mais de nombreuses commandes par téléphone, fax et e-mail. Donc, chez Dionis, c'est la satisfaction du devoir accompli. Les vins les plus demandés, ont été une fois de plus les Italiens. Nous en tiendrons compte pour le prochain vin du mois (juillet) qui sera consacré à la Fattoria di Basciano (Rufina - Toscane).

Avant de reprendre et de terminer notre compte-rendu de voyage en Afrique du Sud, un mot pour vous confirmer l'arrivée du Chardonnay Hamilton Russell 2007 après le 15 juillet. En cas d'intérêt pour ce vin remarquable et unique en son genre dans l'hémisphère sud, rapprochez vous de nous très rapidement.

Revenons donc pour la dernière fois à notre voyage en Afrique du Sud du 8 au 19 mai. En quittant Peter Malan de Simonsig, nous sommes allés directement au domaine Villiera assez peu éloigné géographiquement. Nous y étions attendus par Cathy Grier Brewer. Notre but était la dégustation d'un vin exceptionnel réalisé une seule fois en 2005, un Noble Late Harvest du cépage Riesling (sélection de grains nobles issus de la pourriture noble ou botrytis cinerea). Les conditions pour réaliser ce type de vin dans la région du Cap ne sont pas courrantes et nous étions particulièrement curieux de la découvrir. Nous n'avons pas été déçus !

Le domaine a produit 20 hl de ce nectar à la délicate robe brillante à reflet vieil or, comme vous pouvez le constater sur la photo ci-contre. Le bouquet est caractéristique des grands rieslings liquoreux et je pense, entre autres, aux rieslings allemands du Rheingau, qui sont un archétype en la matière. En dégustation "à l'aveugle", je serai totalement incapable de situer celui là. On trouve des nuances d'agrumes et d'épices. En bouche, c'est le fruité et l'équilibre qui séduisent immédiatement. La minéralité commence à apparaitre sur ce vin qui devrait évoluer favorablement sur de longues années. L'acidité est remarquable si l'on tient compte de cette région à caractère méditerranéen. Avec les changements climatiques qui affectent particulièrement l'Europe continentale, l'Afrique du Sud a très probablement une carte à jouer dans ses meilleurs terroirs les plus méridionaux (donc les plus frais) pour la production de ce type de vins.
En conclusion, excellent vin à mettre en cave absolument.
Il sera disponible en même temps que le Chardonnay Hamilton Russell 2007 en deuxième quinzaine de juillet.

Eléments analytiques :
Sucres résiduels : 104g/l
Alcool : 13.2%
Acidité : 8.8‰
pH : 3.6

 

Le 15 mai, visite au domaine Thelema, magnifique domaine situé sur les hauts de Stellenbosch et qui produit depuis plus de quinze ans quelques unes des meilleures bouteilles d'Afrique du Sud. Nous sommes reçus par le jeune Thomas Webb, fils du propriétaire et vinificateur des vins du domaine.

Je noterai tout particulièrement un Riesling Late Harvest (vendanges tardives) 2006 à la belle robe or vert intense, vendangé très tardivement, le 4 mai 2006. Ce vin atypique se boit avec une grande facilité en dépit d'une centaine de grammes de sucre résiduel. Remarquable fruité donnant l'impression de mordre dans une grappe de raisins. Hélas, il est épuisé et il reste seulement quelques bouteilles pour la dégustation...

Thomas a vendangé un nouveau Riesling Late Harvest à la fin du mois d'avril 2008, mais il est encore trop tôt pour en parler.

Nous avons dégusté également un très bon Shiraz 2005 (Syrah). Bien que très puissant en bouche (alcool 15%), ce vin à la robe grenat pourpre conserve un bon équilibre et résiste à son élevage en barriques françaises neuves.
Le Cabernet-Sauvignon 2005 à la robe grenat intense offre une jolie bouche, riche, puissante et soyeuse. Un petit peu moins de boisé et le vin serait au top.


L'automne au domaine Thelema (Stellenbosch) le 15 mai 2008.

 

Vendredi 16 mai, retour dans la zone de Constantia et visite au domaine Steenberg, situé lui aussi dans un cadre magnifique, à quelques kilomètres au sud de Groot constantia. De lourds investissements ont été consentis en plantation du vignoble, cuverie, chais, golf de luxe, hotel de luxe, etc...
J'ai été enchanté par les premiers millésimes du domaine, particulièrement le 1998, dont nous avions importé en France la Syrah et le Merlot fin 1999. La dégustation du millésime 2006 nous laisse un petit peu sur notre faim pour ce qui concerne les rouges, excepté la Syrah. Le Nebiolo 2006, le Merlot 2006 et la cuvée d'assemblage prestige Catharina 2005 offrent un remarquable potentiel mais sont hélas "sèchés" par des élevages en barriques françaises neuves excessifs... C'est vraiment désolant.
Seul le Shiraz 2006 tire son épingle du jeu. Doté d'une belle robe rubis très profond et brillante, il présente une bouche fruitée, soyeuse, élégante, de très bonne longueur. Avec un peu plus de maîtrise des élevages, tous les autres vins vins devraient atteindre ce niveau.
Le domaine produit également un Sauvignon. Le 2007 est tout à fait délicieux avec un fruité éclatant, de la minéralité, un bon équilibre et une grande longueur fruitée. Il témoigne de l'excellence du terroir.


Nous avons voulu également nous faire une idée des deux autres domaines appartenants à l'espace d'appellation Constantia, Constantia Uitsig et High Constantia.
Je retiendrai chez Constantia Uitsig, le Sauvignon 2007, équilibré et offrant beaucoup de fraicheur, ainsi que le Chardonnay 2007 avec une jolie matière tendue, un fruité élégant et de la fraicheur aromatique.

Quant à High Constantia, on sent qu'il y a de l'ambition, mais je n'ai pas relevé une grande cohérence dans la gamme. Toutefois, nous avons dégusté un très bon Viognier 2007, à la robe or vert, au nez élégant, fruité et complexe. De la concentration et un assez bon équilibre. Bien que le taux d'alcool soit de 14.5%, ce n'est pas sensible à la dégustation. C'est le premier millésime d'un vignoble planté il y a trois ans. C'est encourageant.


Constantia Uitsig le 16 mai 2008.

Nous avons visité bien entendu quelques autres domaines le samedi 17, mais qui ne méritent pas particulièrement de commentaires. Le lundi 19 mai en soirée, nous avions regagné notre bonne ville de Lyon.

Sincères salutations œnophiles,
Jean-François Ragot.

 

Orlienas, le 17 juin 2008,

Cher(e) ami(e) oenophile,

En vous attendant à partir du jeudi 19 juin pour nos portes ouvertes d'été, nous reprenons notre chronique de voyage en Afrique du Sud du 8 au 19 mai 2008.
Revenons tout d'abord au 13 mai.
Pour terminer la journée en quittant Groot Constantia, nous faisons un saut à la porte d' à côté, chez Buitenverwachting, qui forme avec Groot Constantia et Klein Constantia le coeur du domaine d'origine, fondé en 1685. Les choses ont beaucoup évolué ici également ces dernières années, car l'oenologue du domaine, Hermann Kirchbaum a lui aussi fait des essais sur les millésimes 2006 et 2007 pour réaliser un vin dans l'esprit du vin de Constance.

Vous imaginez bien que nous sommes très intéressés par ce projet, car que ce soit chez Groot Constantia ou chez Buitenverwachting, leur démarche à l'un et à l'autre est parfaitement légitime. Ils ont simplement une petite dizaine d'années de retard.
A la dégustation, ce vin présente une ressemblance avec le vin de Constance de Klein Constantia qui ne trompe pas. Avec 14% d'alcool, 160g de sucres résiduels, environ 6‰ d'acidité et un pH de 3.38, le Muscat à petits grains est incontestablement dans un de ses grands terroirs de prédilection. La puissance tout d'abord s'impose, puis la complexité aromatique et une grande longueur (à suivre de très près).


Manoir du XVIIIème siècle et vignoble de Buitenverwachting (Constantia) le 13 mai 2008.

N'ayant pas voulu dissocier mon compte-rendu sur les trois domaines d'origine de Constantia, j'avais volontairement sauté le lundi 12 mai qui avait été consacré à une visite chez notre partenaire Hamilton Russell. Mais ce n'était, que pour mieux y revenir.


Marguerite en dégustation chez Hamilton Russell, le 12 mai 2008.
 

Le domaine s'était mis dans l'idée, depuis le début de l'année que son Chardonnay 2007 présentait une certaine fragilité, car l'oenologue avait constaté un niveau de SO2 fixe un peu bas. Ceci avait entrainé un blocage des exportations en attendant une réponse sur le sujet. Tous les tests et analyses se sont révélés heureusement négatifs et suite aux dégustations de la Wine Fair Trade de Londres fin mai, il a été finalement décidé de débloquer le vin au niveau international. Nous avons profité bien entendu de notre visite pour déguster ce fameux Chardonnay 2007, qui nous a enchanté.

Le millésime 2007 a bénéficié d'excellentes conditions de maturation « fraîches ». Issu d'un rendement de 29 Hl/Ha, fermenté intégralement en barriques françaises, (43% barriques neuves, et les 57% restants en barriques de 2ème et 3ème vin), ce vin à l'attaque tendue et « vibrante » offre une délicieuse palette aromatique « briochée » toastée, tout en laissant percer la minéralité, gage d'un beau terroir. Belle longueur sur les agrumes frais.

E léments analytiques :
Alcool : 13.14% /vol
Acidité totale : 7.4 ‰
pH : 3.02

La quantité disponible pour notre marché est seulement de 360 bouteilles. Ridicule !!!
C'est un vin de grande garde à découvrir absolument. (uniquement pour les plus rapides d'entre vous...)

La dégustation du Pinot noir 2007 est également un excellent moment. Robe rubis, nez élégant, complexe, de grande précision. La bouche, quant à elle, est sur la puissance, mais dominée par l'élégance. C'est tout à fait délicieux et proche d'un premier cru de la Côte de Beaune.

Nous dégustons ensuite les vins de leur deuxième domaine, Southern Right :
Tout d'abord le Sauvignon 2007 : dans l'esprit d'un Sancerre avec un nez frais, typé "pierre à fusil". En bouche, en revanche, le vin manque un peu d'équilibre à mon goût, avec une acidité pas assez marquée.
Puis, le Southern Right Pinotage 2006 qui présente une robe grenat, brillante, un nez empyreumatique et une bouche puissante, variétale et fruitée. (12 mois d'élevage en barriques françaises). C'est pas mal du tout.

Je citerai pour mémoire la dégustation des vins du domaine Boschendal, qui excepté leurs hauts de gamme, ne nous a pas enthousiasmé cette fois-ci. En revanche, le cadre historique est adorable.

Mercredi 14 mai, nous avons consacré la matinée à la visite du domaine Simonsig, de notre ami Peter Malan. Nous nous connaissons avec Peter depuis 1990. C'est un homme cordial, fidèle en amitié et plein d'humour. Si tous nos partenaires sud-africains étaient comme lui, le travail avec ce pays serait une partie de plaisir...

Durant cette agréable matinée illuminée par un temps superbe, nous avons fait un vaste tour de la gamme de Simonsig. Je connais les vins depuis 1990 et cette fois ci encore, notre approbation est allée vers les vins les moins boisés, les plus proches du fruit.
Notre sélection :
Le Pinotage 2004 à la robe pourpre et profonde, dotée d'une bouche bien définie, aromatique et équilibrée. Je ne suis pas, à titre personnel, un fanatique de la gamme aromatique du Pinotage. C'est, je m'empresse de le dire, une pure question de goût, car ce sont des vins originaux, intéressants et bien reçus par nos clients français. Il est clair et je vous rassure sur ce point, que depuis bientôt 25 ans, je ne sélectionne pas que les vins qui correspondent à mes goûts personnels... Heureusement pour vous, amis oenophiles... En revanche, un palais aiguisé reconnaitra ma "ligne directrice" tant pour les blancs secs, que pour les rouges et les liquoreux.

Le deuxième vin qui a retenu notre attention est bien entendu le Chenin blanc 2007, toujours délicieusement vinifié, avec un joli fruit et une bonne ampleur. Quand je suis en Afrique du sud, c'est un vin que j'adore boire à l'apéritif.

Le troisième vin est le Tiara 2001 (cuvée ambitieuse de 70% cabernet-sauvignon, 26% Merlot et 4% cabernet franc). De robe très profonde, le nez, bien que boisé, laisse apparaitre un fruit noir intense et délicat. La bouche très concentrée a réussi à dominer l'élevage en barrique, ce qui est loin d'être le cas hélas pour beaucoup de vins sud-africains... Belle longueur avec des tannins soyeux et bien fondus. Ce très beau vin est prêt à boire mais pourra évoluer favorablement quelques années encore.

Pour terminer, le Gewürztraminer 2007. C'est une vieille histoire d'amour entre le Gewürztraminer et Simonsig. Les plus anciens d'entre vous se rappellent un "grain noble" (Noble Late Harvest en Afrique du sud) du millésime 1990. C'était un vin extraordinaire qui n'a été produit qu'une seule fois. Nous avons eu l'occasion par la suite de référencer des vendanges tardives excellentes. Puis il y eu une restructuration du vignoble et quelques années sans vin. De nouveau, nous pouvons nous régaler avec ce Gewürztraminer 2007 de type vendanges tardives, à la très belle robe or vert, au nez délicat marqué par les fruits exotiques. La bouche est bien définie avec un sucre résiduel modéré qui met en valeur la palette aromatique variétale du cépage (alcool : 12%/vol, sucre résiduel : 33g, acidité : 6‰).


De droite à gauche : Peter Malan, Jean-François Ragot et Marguerite, le 14 mai 2008.

Cliquez sur chaque image pour l'agrandir.
Bien tentant, ce Gewürztraminer 2007...

Nous terminerons la semaine prochaine ce compte-rendu de voyage en Afrique du sud et espérons vous retrouver nombreux à partir de jeudi 19 juin au caveau de Dionis ou au pire par téléphone. Ne laissez pas passer l'occasion d'enrichir votre cave et votre patrimoine culturel vinicole aux meilleures conditions.

Sincères salutations,
Jean-françois ragot.


 

Orlienas, le 12 juin 2008,

Cher(e) ami(e) oenophile,

Je fais la pause dans notre compte-rendu de voyage en afrique du sud du mois de mai pour vous informer de la manifestation bi-annuelle des "Portes Ouvertes" de Dionis.
Toute l'équipe vous attend nombreux pour cette fête oenologique maintenant traditionnelle.


Cliquez ici pour accéder à la liste des vins commentés de notre site.

Tarif sur simple demande : info-contact@dionis-vins.fr

Sincères salutations, Jean-François Ragot.

 

 

Orlienas, le 3 juin 2008,

Cher(e) ami(e) oenophile,

Pour continuer avec l'appellation historique Constantia, le 13 mai à la première heure, nous étions au domaine d'origine de Groot Constantia, qui forme une merveilleuse propriété viticole, agrémentée d'un musée et de plusieurs restaurants dans un cadre idyllique. On y fait du vin depuis 1685. Avec beaucoup de retard, le domaine s'est penché depuis une dizaine d'années sur le fameux vin liquoreux historique de Constantia. Les premiers essais n'avaient pas été particulièrement concluants et il a fallu attendre 2005 pour voir apparaitre un "cousin" du vin de Constance, lui-même élaboré comme vous le savez par le domaine voisin de Klein Constantia. Il y a deux siècles environ, ces deux domaines n'en formaient qu'un.
Nous étions très curieux de déguster ce millésime 2005, qui a été baptisé tout naturellement Grand Constance (un des noms historiques). Nous avons été reçus par l'actuel directeur Jean Naudé et l'oenologue vinificateur Boela Gerber.
L'ensemble de la gamme du domaine présente des vins tout à fait satisfaisants, dans les différents cépages internationaux (sauvignon, chardonnay, merlot, shiraz...). La cuvée de prestige dite "Cuvée du gouverneur" 2005 constituée de quatre cépages traditionnels bordelais présente une très belle robe, un nez complexe et élégant et une bouche bien définie, avec une bonne fraîcheur aromatique. A titre personnel, j'aurais souhaité un boisé plus discret...

Nous arrivons enfin à la dégustation du Grand Constance 2005. Il est composé de 70% de Muscat blanc à petits grains et le reste dans une variété de muscats à peau rouge mais à jus blanc, présentant presque les mêmes caractéristiques organoleptiques que le muscat blanc à petits grains. Les vignes ont été replantées en 1995. Le premier essai de vinification remonte à 2003. il a été produit trois millésimes dont le dernier est le 2007. Les quantités sont pour le moment ultra-confidentielles. La dégustation est une bonne surprise; nous trouvons un vin avec des caractéristiques proches du vin de Constance, dans un style un peu plus léger, le style étant probablement influencé par les 30% de muscat rouge.
Analyse : 120g de sucres résiduels, 13% d'acool /vol et 6.7‰ d'acidité.

Il est clair que le terroir de Constantia "parle" ! Connaisant sur le bout du doigt tous les millésimes du vin de Constance depuis 1987, j'ai un peu le sentiment de retrouver ce dernier à ses débuts. La robe est très belle, plus pigmentée que celle du vin de Constance (c'est dû à l'apport du muscat rouge). Au nez et en bouche, on retrouve la force des arômes terpéniques mêlés à d'intenses arômes végétaux. C'est très "caressant" avec une acidité moins élevée que celle du vin de Constance, mais il finit sur une belle longueur savoureuse. Le 2005 est virtuellement épuisé et si nous devons, comme c'est probable, reprendre une collaboration avec le domaine, ce sera avec le millésime 2007 en cours d'année 2009. Vous serez bien entendu, tenus informés en temps et en heure.

Le Grand Constance 2005.

La suite de notre compte-rendu la semaine prochaine,

Sincères et œnophiles salutations,

Jean-François Ragot