AVRIL 2007

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Au coeur de des remparts médiévaux du bourg d'Orliénas,
Jean-François Ragot vous reçoit sur rendez-vous au caveau de Dionis,
pour une dégustation initiatique.

 

Orlienas, le 24 avril 2007

Cher(e) ami(e) œnophile,

Suite et fin de notre compte-rendu de voyage de mars-avril 2007.

Le 2 avril, il était temps de déguster les vins du millésime 2006 à Gols chez mon ami Georg Lunzer. Nous avons fait par conséquent un vaste tour de cave, qui a permis entre autres d'apprécier quelques blancs secs excellement vinifiés, principalement Welschriesling, Weissburgunder et Chardonnay. Pour les rouges, j'ai sélectionné une petite cuvée de Sankt Laurent, encore sur ses lies. D'une robe rubis profond, ce vin de belle fraîcheur et d'équilibre, allie la finesse à la longueur en bouche. Vendangé à 20 KMW (20% de sucre en masse volumique) il présente un taux d'alcool naturel de 12.9%/vol et une acidité de 4.9‰. Il a été récolté avec un rendement de 33 Hl/ha. Il sera embouteillé fin avril et disponible sur notre carte dans les mois qui viennent. Globalement, tous les rouges dégustés (Zweigelt, Blaufränkisch et Merlot) sont très satisfaisants et de grande maturité. Ils devraient être aptes à une bonne garde.


Le chargement du pressoir avec les raisins de Cabernet-Sauvignon passerillés le 18 mars 2007.


Comme vous le savez, nous avons vécu des "galères" avec nos vins de paille de Cabernet-Sauvignon, cette production extrêmement confidentielle étant de plus en plus difficile à mener à bien.
Je rappelle rapidement l'historique de ce vin : en 1996, Georg était sur le point d'arracher sa parcelle de Cabernet-Sauvignon, (1/2 hectare environ) les vins rouges produits par ce vignoble présentant un caractère passablement végétal, bien que le raisin était bien mûr. C'est à ce moment là, que je lui ai proposé d'essayer d'élaborer un vin de paille à partir des raisins de ce vignoble. Georg produisait déjà depuis plusieurs années quelques vins de paille remarquables : certains d'entre vous se rappellent probablement le fameux 1992 qui s'est vendu en quelques semaines... Après que la décision de principe ait été prise, il ne restait plus qu' à passer à l'acte, ce qui fût fait à l'automne 1997 avec le premier millésime de sa génération. Ce fût un grand succès.

La réussite nous a ensuite accompagnée jusqu'à l'échec incompréhensible de 2004. La production moyenne a été de 300 à 350 litres par millésime. Le dernier disponible fût le 2003.
Autant dire, que nos attentes étaient grandes sur le millésime 2006. Voir VIDEO : Dans le "grenier" de Georg Lunzer. (30/10/06).

Les raisins ont été finalement pressurés le 18 mars 2006. Ils sont par conséquent demeurés six mois à passeriller dans le grenier de Georg. La première dégustation de ce vin le 2 avril fût un émerveillement. De robe grenat, le nez encore peu développé à ce stade est prometteur. En bouche, c'est une très grande richesse en sucres, une palette de petits fruits rouges variés, une excellente acidité et une immense longueur. Hélas, il n' y a que 350 litres, soit environ 700 bouteilles de 0.50 L. Une partie de ce vin est déjà vendue à la grande restauration française et suisse. En cas d'intérêt, je ne peux que vous recommander de vous rapprocher très rapidement de nous. (info-contact@dionis-vins.fr ) afin de faire une réservation ferme.


Dégustation des Aszu 2006 le 5 avril 2007.

La troisième partie du voyage a été consacrée à Tokaj et plus particulièrement à la dégustation du millésime 2006. Je dirai tout d'abord que 2006 n'est pas une année à Szamorodni, qui demande globalement des conditions d'humidité plus importantes, favorisant l'apparition de la "pourriture noble classique". Comme j'ai déjà du vous le dire de nombreuses fois, le vin Aszu provient plus particulièrement de grains franchement passerillés. Les différents lots de 2006 dégustés en barrique montrent tous une richesse naturelle élevée (environ 170, 180 grammes de sucre, un bon potentiel aromatique qui ne demande qu' à se développer et une acidité fine et tranchante d'environ 11‰). Ce sont les critères classiques des grands Aszu vendangés tardivement en respectant les règles ancestrales des dates de vendanges (le 28 octobre). Le millésime 2006 s'inscrit pour les productions d'élite dans la lignée des superbes 1999 et 2005. J'aurai l'occasion de vous reparler des vins en cours d'élevage.
Je voudrais signaler également une très intéressante et rarissime cuvée 2006 provenant du cépage Grasa récolté en vendange tardive (le même que celui de Cotnari en Moldavie roumaine). Avec 100 grammes de sucres résiduels environ, il offre une palette aromatique très fruitée et complexe. C'est probablerment un cépage qui a de l'avenir dans notre belle région de la Tokajhegyalja.

Voila chers amis : je suis venu à bout de ce laborieux compte-rendu, que vous n'aurez pas trouvé trop lassant, je l'espère.
Mon prochain voyage est classiquement l' Afrique du Sud. Ce sera durant la deuxième quinzaine de mai.

Sincères salutations œnophiles.

Jean-François Ragot

 

Orlienas, le 17 avril 2007

Cher(e) ami(e) œnophile,

Je reprends notre compte-rendu de voyage où nous l'avons laissé la semaine dernière.

La seule région de l'Italie que j'avoue ne pas connaître encore est la Sardaigne (située entre 39 et 41° de latitude nord) où subsiste probablement le type de viticulture le plus archaïque de l'ensemble italien, mais en revanche, extrêmement intéressante d'un point de vue ampélographique (grande richesse en cépages autochtones). Le vignoble qui s'étend sur plus de 40 000 hectares produit en moyenne un million d'hectolitres de vin. La structure viticole de l'île est dominée par quelques grandes caves, principalement des coopératives et une poignée de petites caves avec quelques vignerons bourrés de talents !
Défricher oenologiquement cette île n'était pas évident, mais là encore, grâce à quelques conseils judicieux de mes partenaires italiens, je crois ne pas avoir perdu de temps et réussi in fine une heureuse synthèse...

La visite de la cave Attilio Contini, exploitation qui a fait le choix (à mon sens un des plus judicieux actuellement dans l'économie viticole mondiale) d'acheter la presque totalité de ses raisins, vinifie bon nombre des principales appellations de l'île. J'ai particulièrement distingué un Vermentino di Sardegna 2006 (vin blanc sec) aux délicats arômes de fruits frais à pépins, doté d'une bonne acidité et d'une structure aromatique intéressante. Ce vin m'a rappelé quelque peu certains Vermentino corses, bien que les conditions climatiques des deux îles soient sensiblement différentes. J'ai également beaucoup apprécié un rouge 2006 : Isola dei Nuraghi IGT élaboré à partir des cépages indigènes, principalement nieddera, monica et enfin cannonau. Le cannonau (qui est en fait l'ancien cépage espagnol garnacha, grenache en français) réussi extrêmement bien sous le climat méditerranéen chaud de la Sardaigne. Originaire de la basse vallée du Tirso, ce vin est particulièrement fruité et typé, avec des arômes de petit fuit rouge. D'assez bonne densité et de longueur correcte, il est un parfait vin rouge d'initiation à prix modéré. Je serai en revanche plus réservé sur certains riserva comme le nieddera rouge 2004 en raison d'une utilisation trop appuyée de la barrique. C'est encore à ce jour un mal universel de part le monde !


Barrile 2003 Isola dei Nuraghi IGT

 

En revanche, le Barrile 2003 Isola dei Nuraghi IGT (cépages nieddera et caddiu pour 90 % et 10 % pour d'autres cépages autochtones variés) est une grande réussite ! La robe grenat intense est presque sans évolution, le nez complexe, fruité avec des nuances balsamiques, la bouche quant à elle est tout à fait délicieuse, longue et équilibrée ; c'est un très bon vin présentant un élevage tout à fait réussi ! Hélas, le prix est en conséquence...

Je n'ai personnellement pas été emballé par la dégustation des fameuses Vernaccia, produites dans le style « vin de voile », avec le système de solera. Certains vins exceptionnels comme le « Flor 22 » présentent des caractéristiques qui rappellent les grands Xérès. La complexité aromatique est impressionnante mais je suis personnellement gêné par le côté alcooleux du vin. C'est un parfait « vin de culture » à déguster sur place en hiver.

Une visite de la Fattoria Meloni m'a permis d'approcher quelques grands vins liquoreux naturellement doux, une production ancestrale de la Sardaigne. Je citerai un délicieux Moscato di Cagliari élaboré à partir d'une vendange tardive de muscat à petits grains vendangé début octobre. C'est encore une autre conception du grand cépage muscat à petits grains dans ce qu'il peut produire de meilleur. Je citerai également trois très beaux liquoreux naturellement doux issus de cépages autochtones, le Giró di Cagliari, le Nasco di Cagliari et la Malvasia di Cagliari. Ces vins nous permettent une approche vraiment passionnante de l'histoire vinicole du pays.

Les allées du Vinitaly, huit hectares, je vous le rappelle, nous permettent de « voyager » assez rapidement. Je voudrais faire une mention des très bons vins blancs que j'avais connus, lors de mes déplacements en Sicile en 2005, chez le Principe di Spadafora (Palermo).
Francesco di Spadafora m'a fait déguster son Alhambra 2006 élaboré à partir de l'inzolia et du cataratto. C'est un vin très fuité, équilibré, de bonne longueur et qui démontre les grandes possibilités longtemps méconnues de cette région dans l'élaboration de « vins blancs plaisir ». Une mention toute particulière pour une nouveauté, son Grillo 2006, vin blanc précis, fruité, d'une délicatesse exquise mais dont le prix est quelque peu dissuasif.
Pour les rouges, je mentionnerai son Monreale syrah 2005, aromatique et tannique qui démontre l'excellente acclimatation de la syrah dans cette région méditerranéenne chaude.

Avant de quitter la Sicile , nous allons passer par Syracuse qui produit un ancestral muscat naturellement doux dont l'archétype est produit par une vieille famille aristocratique, les Pupillo. J'ai été reçu par Antonino Pupillo et sa fille Carmela qui vivent dans un château médiéval, ancienne résidence impériale de Frédéric II, le Solacium. Le Moscato di Syracusa 2005, justement appelé Solacium, est une manière extraordinaire de décliner ce cépage mythologique. Le bouquet est très original, sur la fleur d'oranger. En dépit de 110 grammes de sucre résiduel, la dégustation ne laisse en bouche que le souvenir d'arômes frais et aériens ; pas la moindre lourdeur pour ce vin qui trouve ses origines dans la « Grande Grèce » vingt-cinq siècles plus tôt.

 


Antonino Pupillo et sa fille Carmela



Au détour des allées, j'ai eu la surprise de « tomber » sur une vieille connaissance, Vassilis Kanellakopoulos du domaine Mercouri dans le Péloponèse (Grèce). Nous étions allés le voir, Luc Chatain et moi-même au mois d'avril 2001. Cette propriété située sur la côte ouest du Péloponèse tout au bord de la mer est véritablement un endroit magique. Les vins d'une grande originalité sont frappés du sceau de l'authenticité. Vassilis fait un usage raisonné des cépages autochtones alliés aux cépages internationaux. A l'occasion de cette seconde rencontre, nous avons dégusté un excellent rouge 2004, vin régional de Letrinon, élaboré grâce à l'assemblage de 85 % de cépage refosco et 15 % de mavrodaphné. La robe est d'un beau grenat brillant, le nez et la bouche sont pleins d'arômes vibrants de fruits rouge et noir, c'est très digeste et facile à boire. Hélas, jusqu'à plus ample informé, le positionnement du vin est quelque peu « hors marché ». C'est un problème général des vins grecs positionnés à des prix trop élevés, qui souffrent de la concurrence des autres grands pays producteurs européens comme l'Italie, l'Espagne ou la France.
J'ai rencontré bien d'autres vignerons encore durant ces trois jours, mais je crois vous avoir informé de tout ce qui méritait de l'être.

 

La deuxième étape de ce voyage a été classiquement consacrée à Rust (Burgenland-Autriche) où ce fut l'occasion de faire le point avec mon partenaire et ami Bruno Landauer sur l'évolution du millésime 2006. Comme je vous l'avais laissé entendre déjà au mois de novembre, les vins étaient prometteurs et aujourd'hui on peut dire que les promesses ont été tenues ! Les blancs secs sont excellents, particulièrement, comme d'habitude, le Pinot Blanc Altereben (« vieux ceps ») et le Chardonnay (von Muschelkalk). La dégustation de deux cuvées de blancs liquoreux issus de la pourriture noble (un Welschriesling et un Pinot Blanc de plus de 30 KMW c'est-à-dire 30 % de sucre en masse volumique) nous permet d'envisager un très heureux mariage entre les deux : ce sera notre Ruster Beerenauslese 2006, très aromatique, équilibré et doté d'une excellente acidité. Il prendra tout naturellement la place des Beerenauslese 1995, 1998 et 1999 dont il nous reste encore, Dieu merci, quelques caisses !


Les vignobles de Rust le 2 avril 2007.

Comme vous le savez, nous avions pu élaborer en 2005, grâce à des circonstances fortuites, une sélection de grains nobles rouge de niveau Beerenauslese, issue du Zweigelt et du Pinot Noir. Cette sélection embouteillée en 0.75l est épuisée hélas depuis longtemps déjà. En 2006, suite au succès de ce vin, nous avons décidé avec Bruno de tenter de produire un vin de ce type, mais encore plus riche, en ne vendangeant pas toute une partie d'un vignoble. Nous avons réutilisé les mêmes cépages et le résultat a été à la hauteur de nos espérances : en richesse nous sommes au niveau de Trockenbeerenauslese, c'est-à-dire que le raisin a été vendangé au-delà de 30 KMW.

La couleur est très belle, d'un rubis profond, et le bouquet de fruits rouges frais particulièrement remarquable. En bouche, c'est beaucoup plus riche que le 2005, bien qu'à ce stade nous n'ayons encore aucune analyse. Vous serez tenus informés en temps utiles des suites.

La suite et la fin de ce compte-rendu la semaine prochaine.

Bien sincères salutations œnophiles.

Jean-François Ragot

 

 

Orlienas, le 11 avril 2007

Cher(e) ami(e) œnophile,

Cette "news" sera plus copieuse que d'habitude, car étant rentré lundi soir 9 avril de douze jours de voyage en Europe du Sud et Centrale, j'ai bien entendu beaucoup de choses à vous dire.

Tout d'abord, j'ai passé trois jours au Vinitaly de Verona (Italie). C'est un salon de vins absolument gigantesque, 2007 en étant la quarante et unième édition. Imaginez 4200 exposants sur huit hectares, dont 97% représentent la viticulture italienne. Les exposants dit "étrangers" représentent seulement 3% c'est-à-dire 125 exposants...
Nous n'avons pas pour habitude de découvrir et d'acheter des vins sur des salons internationaux, mais Vinitaly est un phénomène unique dans le monde du vin, à la mesure de l'extraordinaire diversité et étendue du vignoble italien. Presque tous les producteurs qui comptent dans le monde du vin sont présents pour ce qui est devenu depuis une vingtaine d'années la "grand messe" du vin de la péninsule. C'est par conséquent une opportunité unique de rencontrer nos partenaires "historiques" et le cas échéant d'en découvrir d'autres, que nous ne manquerons pas d'aller visiter ultérieurement, afin d'approfondir la relation, qui est essentielle dans la philosophie de notre travail.
Il est vrai qu'aller au Vinitaly sans avoir préparé ses dossiers, reviendrait à partir dans le désert sans boussole et sans eau...
Vous imaginez bien que ce n'est pas notre cas !

En dehors de nos grands partenaires du Piemont et d'Italie centrale, j'ai voulu mettre l'accent une fois de plus sur le sud qui devient d'année en années l'endroit où il se passe quelque chose. Comme je crois vous l'avoir déjà dit, je sens vraiment l'avenir du vin italien dans cette partie de la péninsule. Tout est là : la variété des cépages autochtones, de splendides terroirs, une climatologie exceptionnelle et des hommes passionnants.

Nous avons pour commencer et de manière tout à fait prioritaire, visité nos amis du groupe Farnese. La dégustation des blancs 2006 Casale Vecchio (Abruzzes), Vesevo (Campanie) et Feudi di San Marzano (Puglia) est une nouvelle fois une révélation :

Je voudrais particulièrement mettre l'accent sur le Casale Vecchio (cépage autochtone Pecorino), le Fiano Di Avellino DOCG et le Greco di Tuffo DOCG complexe et d'un délicieux fruité sur des arômes de fruits bien mûrs à pépins. Vesevo nous reservait également une surprise avec un blanc IGT de la province Irpinia (Campanie) d'une remarquable qualité. Le vin a été curieusement appelé "Melange". Il s'agit d'un assemblage des cépages indigènes Fiano, Greco et Coda di Volpe ("La queue de renard"!). C'est complexe, riche, très fruité et de grande longueur.

A signaler, pour ce qui concerne les Pouilles, l'excellent Bianco Salento 2006 issu d'un assemblage de cépages indigènes. Très bon rapport qualité/prix.
Pour ce qui concerne les rouges 2006 du groupe Farnese, c'est vraiment un superbe millésime et je ne rentrerai pas dans les détails pour la gamme habituelle disponible chez Dionis. Je citerais toutefois un surprenant Tarantino (Pouilles) IGT 2005 produit avec 100% de Syrah (Robe grenat, brillante, nez sur un fruit noir très mûr. C'est assez profond et complexe avec un joli fruité. Le prix est de plus, très attractif.)

Le Primitivo di Manduria rouge 2004 (vignes de 60 ans) est tout comme les précédents millésimes (2001, 2002 et 2003), une réussite (Belle robe profonde, d'un grenat presque noir. Finesse, équilibre et complexité. L'alcool est de 14.5%, avec un sucre résiduel de 16g/L.)

Une grande nouveauté cette année à San Marzano (Pouilles) avec un vin liquoreux rouge naturellement doux, élaboré sur un petit vignoble situé à un kilomètre de la mer, à Marina di Lizzano. Il s'agit d'un Aleatico Passito 2006 (l'aleatico est un cépage provenant d'une mutation d'une espèce de Muscat rouge.) De robe grenat, noire, il présente un nez de grande maturité. En bouche, en dépit de la richesse de ce vin, aucune lourdeur et un feu d'artifice d'arômes de confiture de fruits noirs. Excellente longueur.

 

Pour en terminer avec les Pouilles, je désirais depuis longtemps référencer un très bon Primitivo di Manduria de vendanges tardives naturellement doux. Mes recherches ont été couronnées de succès avec "Suavis" 2003 et "Due-mari" 2004 produits par Agricola Pliniana. Le premier avec 13% d'alcool et 76 g de sucres résiduels présente une robe grenat profond, une bouche aux arômes nobles de fruits noirs sur une palette aromatique caractéristique du Primitivo. C'est équilibré avec des tanins fins. Ce type de liquoreux naturellement doux trouve sa tradition dans les vins historiques de la "Grande Grèce" de l'Antiquité (Italie du sud et Sicile). Le Primitivo di Manduria "Due-mari" 2004, du même producteur, est construit sur style plus léger avec 13% d'alcool et 51 g de sucres résiduels. C'est fin, délicat et fruité. Le rapport qualité/prix est intéressant.


Filippo Baccalaro le 29 mars 2007 à Verona

Notre ami Filippo Baccalaro, œnologue et l'un des trois propriétaires du groupe Farnese, a absolument tenu à nous faire déguster les vins du vignoble sicilien Zabù, dans lequel il a pris des participations. Je noterai particulièrement un excellent "blend" Nero d'Avola (60%) / Merlot (40%) IGT 2005. Je vous en avais déjà probablement parlé, mais l'excellence du cépage Nero d'Avolla sicilien n'est plus à démontrer. Bien vinifié et à rendement modéré, il est complexe et excellent. De plus, il permet d'élaborer de remarquable assemblages avec les cépages internationaux Merlot et Syrah.

Nous continuerons la semaine prochaine notre compte-rendu de voyage, avec de nombreuses photos bien entendu.

A bientôt et sincères salutations,

Jean-François Ragot