![]() DECEMBRE 2006 |
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| Orlienas, le 27 décembre 2006 Cher(e) ami(e) oenophile, Comme vous pouvez le constater, contrairement à beaucoup d'entre vous, nous ne sommes pas en vacances ! Pour ce mois de Janvier 2007, j'ai le plaisir de vous annoncer la mise en vente de notre : TOKAJI MUSCAT Vendanges Tardives Chateau Sárospatak 2005. Ce sera une bonne occasion pour vous d'approcher sans retard ce remarquable millésime, dans l'attente des vins Aszu, qui eux ne seront pas mis sur le marché avant plusieurs années... En février, ce sera l'arrivée des vins de Constance 2002 (le Cap - Afrique du Sud) . Comme vous le savez, les quantités sont très limitées et il sera bon que vous vous manifestiez sans retard, si vous êtes intéressés par ce vin prestigieux. Début mars, ce sera l'arrivée du Ruster Gewürztraminer Spätlese 2006 (vendanges tardives) absolument remarquable et débordant d'arômes et de fraicheur arômatique. Il y aura soyez-en sûrs d'autres vins dont j'aurai l'occasion de vous reparler au fur et à mesure...
NB : Cette fois-ci, nous pouvons hélas le confirmer : il n'y aura pas d'Eiswein (vin de glace) 2006. Les conditions en Europe centrale ont été les mêmes que chez nous, en plus douces encore pour ce mois de décembre. Le dernier Eiswein produit est donc l'exceptionnel 2003. Il faudra le faire durer au mieux jusqu'au mois de septembre 2008, sous réserve qu'il soit possible de produire un millésime 2007. C'est pas gagné !
Orlienas, le 21 décembre 2006 Cher(e) ami(e) oenophile, Ce mois de décembre touche bientôt à sa fin. Il a été très actif et intégralement consacré à essayer de satisfaire les nombreuses commandes et demandes diverses de nos clients. Ceci ne nous a pas laissé le temps de partir à la recherche de nouveaux vins... Les portes ouvertes des 7, 8 et 9 décembre se sont particulièrement bien déroulées, à l'exception du vendredi 8 décembre où les grosses intempéries qui ont traversé la France ne vous ont pas permis de venir nombreux nous rendre visite au caveau de Dionis. Bien que nous soyons assez peu sensibles au battage médiatique qui touche au vin, vous avez été très nombreux à nous interroger sur le Brunello Di Montalcino 2001 classé meilleur vin du monde par le Winespectator. Afin de vous satisfaire, nous aurons le plaisir de vous proposer en "vin du mois" à partir de début janvier 2007 le Brunello Di Montalcino domaine Il Poggione 2001 (Toscane).
Je profite par conséquent de ce dernier courrier de décembre pour vous souhaiter à tous et à toutes d'excellentes fêtes de Noël accompagnées de nos meilleures bouteilles (à consommer bien entendu avec modération). Sincères salutations oenophiles, Jean-François Ragot
Orlienas, le 28 novembre 2006 Je vous ai promis au mois d'octobre de vous donner des éléments plus détaillés sur la qualité de la vendange en Europe centrale. Je suis parti de Lyon le dimanche 29 octobre avec une première étape à Vienne où j'ai pu déguster les vins blancs encore troubles que l'on appelle "Staubiger". Ce ne sont bien entendu pas de très grands vins, mais ils sont d'une fraîcheur et d'une impétuosité remarquable. L'atmosphère qui règne dans ces "Heuriger" de la banlieue viticole viennoise est quelque chose d'absolument unique. En vingt ans, la qualité des vins viennois (un vignoble de 700 hectares) a considérablement progressé. Le mieux est bien entendu de déguster les vins sur place. Le 30 octobre, je me suis rendu à Gols chez notre ami Georg Lunzer pour faire un petit tour de sa cave.
Le mois d'octobre ayant été, tout comme à l'ouest de l'Europe, anormalement chaud, ceci a entrainé une dégradation de 30% des raisins qui ont été par conséquent retirés. Ceci peut vous aider à comprendre le prix relativement élevé du produit, extrêmement risqué... La qualité des vins blancs secs encore troubles que nous avons dégustés est très satisfaisante (Welschriesling, Weissburgunder et Chardonnay). Ce dernier, récolté avec un rendement très raisonnable de 40 hl/ha est particulièrement aromatique avec une très jolie longueur. Sa richesse était de 19 KMW (19% de sucres en masse volumique). Pour ce qui concerne les vins rouges, j'ai été particulièrement impressionné par un Pinot Noir vendangé le 20 septembre 2006. D'une richesse d'environ 20 KMW (20% de sucres en masse volumique), il présente une très jolie robe rubis claire, un nez délicat et une bouche qui offre déjà beaucoup de finesse. Pour finir un remarquable Merlot à la robe grenat et brillante.Il est très aromatique, structuré, avec des tanins fins et la richesse naturelle est tout à fait impressionnante (22 KMW soit 22% de sucres en masse volumique) ce qui devrait nous donner au final des vins d'environ 14% alcool / vol. Après avoir pris congé de notre cher ami Georg, j'ai pris la direction de la Hongrie (à 15 km de chez lui !) vers Tokaj. A noter un petit passage dans la région d' Eger pour déguster les vins du probablement meilleur domaine de la région Thummerer Vilmos. C'est ici que l'on produit le célèbre Egri Bikaver. Pour des raisons principalement historiques, les Hongrois en ont toujours fait des folies... Je suis personnellement un peu réservé, car nous sommes ici géographiquement aux limites des conditions de maturité des raisins rouges. Il est donc absolument capital de n'acheter que des vins d'années chaudes. Dans les meilleures conditions, et c'est dans la mesure du possible assez régulièrement le cas chez Thummerer, ce peut être un rouge plaisant. Son prix est hélas élevé et il peut souffrir de la comparaison avec d'autres vins disponibles sur le marché international... Cela ne m'a pas empêché toutefois d'en acheter 12 bouteilles... Arrivé à Tokaj, la journée du 31 octobre, qui a bénéficié de remarquables conditions météorologiques, a été pour moi l'occasion de me faire une idée de la qualité du millésime 2006 dans la Tokajhegyalja.
Les meilleurs domaines de la zone sud et de la zone centre sont encore quant à eux en pleine vendange des grains Aszu. J'ai dégusté bien entendu l' Eszencia 2006. Comme je vous l'ai déjà souvent dit, ce nectar qui exprime d'une certaine manière l'âme du grain Aszu, est en lui-même un condensé du millésime à venir. On peut grace à cette dégustation se faire une idée très précise de ce que sera l'équilibre des futurs Tokji aszu (richesse en sucres, extraits secs, acidité...). J'ai dégusté quelques eszencia de Furmint merveilleusement équilibrées et aromatiques, présentant une richesse en sucres de plus de 850 g/l et plus de 20 ‰ d'acidité. C'est vraiment le mythique breuvage destiné à réveiller les morts... La quantité d'alcool est de ZERO dans la véritable essence naturelle.
Au moment de mon départ de la région, le 5 novembre 2006, je crois pouvoir dire que le millésime 2006 sera assez comparable au 2005. La dégustation des meilleures cuvées de l'année 2005 permet de classer le millésime parmi les meilleurs des quinze dernières années. Il est en de nombreux points comparable à l'immense 1999. 2005 est une année idéale pour le 6 puttonyos ! Nous avons une très belle cuvée Château Sarospatak en perspective; mais il faudra attendre 2009...
En revenant vers l'Ouest, j'ai bien entendu fait une étape le 5 novembre à Rust dans le Burgenland autrichien chez mon partenaire et ami Bruno Landauer.
Nous avons fait un grand tour de cave, accompagnés par Robert Wenzel, bien connu des amateurs de Ruster Ausbruch. Il a depuis de nombreuses années déjà passé la main à son fils Michel qui maintient la tradition familiale. On peut parler de très bons millésimes à Rust également, avec une caractéristique cette année de fermentations particulièrement lentes. Une partie des vins par conséquent n'a pas terminé ses fermentations alcooliques. Les blancs secs sont dans l'ensemble équilibrés et aromatiques. Je mettrais une mention particulière au Weissburgunder ainsi qu'au Chardonnay. Pour les vendanges tardives, le Gewürztraminer est fort bon et sera disponible à la fin du mois de février 2007. La quantité sera heureusement plus importante qu'en 2005 où elle fût ridicule. A noter quelques liquoreux de haute volée avec un Weissburgunder (Pinot Blanc) vendangé à 32 KMW (32% de sucre masse volumique) et un Welschriesling vendangé à 36 KMW (36% de sucre en masse volumique). Pour ce qui concerne un possible Eiswein, nous avons de l'espoir en cas de gelée significative d'ici la mi-décembre. Dans le cas contraire, les raisins de furmint seront vendangés pour produire un vin liquoreux de niveau auslese-beerenauslese. Le vin n'étant pas un produit industriel, ceci appartient encore au domaine des hypothèses.
Pour les amateurs des vins de Constantia (Le Cap - Afrique du Sud) et ils sont nombreux, j'ai le grand plaisir de vous confirmer l'arrivée d'une petite sélection embouteillée en 0.75L du
Comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire de nombreuses fois, ce vin n'est produit que rarement sur le domaine. Sa vendange demande en effet l'intervention de la pourriture noble ou Botrytis Cinerea. Elle nécessite en arrière saison (mars) de l'humidité et de la chaleur. Ce fût le cas en 2005.
![]() Le domaine de Klein Constantia en automne après la vendange des Noble Late Harvest.
Très sincères salutations œnophiles et à bientôt. Jean-François RAGOT |