La perle de Moldavie : le Cotnari

Orliénas, le 22 Juillet 2014,

Quelques informations sur Cotnari : la situation sanitaire du vignoble en ce mois de juillet 2014 n’est pas excellente malheureusement. De nombreuses parcelles sont affectées par l’oïdium, le mildiou, mais également par des arachnides. On peut estimer actuellement que la moitié de la production est touchée par ces maladies.
Il est par conséquent encore difficile d’évaluer ce que sera la vendange. Ceci dépendra en grande partie des conditions météorologiques de prochaines semaines.

Bien entendu, nous n’entendons acheter que des raisins en surmaturité de haute qualité. Si les conditions ne le permettent pas cette année, nous devrons attendre avec regrets 2015.

Nous vous tiendrons informés de l’évolution de notre dossier.

État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.
État du vignoble de Cotnari en Juillet 2014.

 

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Orliénas, le 18 novembre 2013,

Nous revenons sur le vignoble de Cotnari (voir nos news du 23 octobre 2013).
Nous vous invitons à visionner les interviews du 30 octobre 2013 de Titi Babusanu en compagnie du petit producteur Mihail Varzari. Elles vous apporteront un éclairage peu connu de ce vignoble historique et mythique tombé dans l’oubli depuis globalement le XIXème siècle et la crise du phylloxera.
La surface du vignoble de Cotnari s’élève à ce jour à environ 1 400 ha.

 

Nous sommes décidés à tenter de relancer une petite production de ce vin par le biais de la fourniture principalement de raisins Grasa et Tamiioasa Romaneasca de haute qualité, achetés aux petits producteurs qui voudront bien s’associer à cette opération. Je confirme que le grand viticulteur ami de Rust (Autriche / Burgenland) Bruno Landauer est très intéressé par ce projet et prêt à le rejoindre.

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Orliénas, le 13 novembre 2013,

Dans la news du 23 octobre, j’ai évoqué la situation calamiteuse qui règne dans la région de Cotnari, le marché étant dominé par l’ex-monopole qui contrôle au moins 95% de la production de raisins.
Je suis arrivé aux portes de la zone viticole de Cotnari le mercredi 30 octobre 2013 à 9h, après 2 400 km de voyage. J’ai retrouvé là notre « interface locale », l’excellent et sympathique œnologue Titi Babusanu. Comme je l’ai expliqué déjà dans ma newsletter du 23 octobre, la problématique dans cette zone est de tenter de créer une nouvelle dynamique à partir de petits producteurs,  pour échapper à la « rationalisation par le bas« , qui est la politique dominante mise en œuvre par les dirigeants de l’ex-ferme d’état.

Pour être franc, nous repartons de très loin… Que ce soit Dionis ou Titi Babusanu, nous sommes considérés par eux comme persona non-grata… Nos demandes de rendez-vous ont été déclinées de manière très désagréable. Plus grave, notre excellent ami, Ioan Bilius,  avec qui nous avons fait un travail formidable de 1990 à 2002 a probablement subi des pressions de la part du « monopole » et a piteusement prétexté un déplacement dans la région pour ne pas nous recevoir… C’est dire l’ambiance qui règne dans cette région, où l’ex-monopole qui fournit du travail à toute la zone, a laissé cette dernière dans un état apparent voisin du fameux « socialisme réel » des années 80…
Contrairement, à l’ensemble de la Transylvanie, de la Valaquie et d’une grande partie de la Moldavie, il n’y a, par exemple, aucune possibilité de dormir où même de manger à Cotnari. L’esprit d’initiative est totalement annihilé aujourd’hui encore en 2013, par des pratiques d’une autre époque, aux relents mafieux. il faut rajouter à cela le côté un peu fataliste et indolent de la population demeurée imprégnée par l’influence ottomane jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Nous avons rencontré deux petits producteurs : Mihai Varzari (le plus gros des petits producteurs avec 50 ha) et Ioan Târgovatu.
La dégustation chez le premier nous a permis de faire le tour d’une production très « artisanale », avec des moyens techniques limités (absence de capacité de refroidissement entre autres et stockage rudimentaire). Nous avons dégusté des Chardonnay, Sauvignon, Feteasca Alba, Frincusa et Grasa. Il est clair que ces vins souffrent d’un manque total de netteté, due à une hygiène sommaire et à un excès de sulfitage (So2).
Nous avons eu la surprise de retrouver chez Mihai Varzari une ancienne connaissance de 2002 de Cotnari SC SA (l’ex-monopole) Eugen Cojocariu, prétendument œnologue de ce petit domaine et très certainement envoyé « en sous-marin » par la direction du monopole… Ah l’esprit de la « Securitate » n’est jamais bien loin encore…
Nous avons évoqué avec Mihai Varzari la possibilité de mettre en œuvre une sélection parcellaire de Grasa pour la vendange 2014, avec pour but de vinifier de 10 à 20 Hl de Grasa moelleux et peut-être de Tamiioasa avec des moyens modernes dont le froid et la filtration stérile. Cette possibilité nous est offerte par Titi Babusanu qui possède une unité de micro-vinification dans la ville de Iasi, à 60 km de Cotnari.

La visite et la dégustation chez le deuxième petit producteur, Ioan Târgovatu a été beaucoup plus proche de nos critères. Sa petite cave extrêmement propre nous a très favorablement impressionnés. N’ayant pas comme Mihai Varzari la technologie adéquate pour vinifier des vendanges tardives de Cotnari Grasa ou de Tamiioasa, il s’est orienté vers une toute petite production de vins blancs secs Feteasca Alba, Feteasca Regala, Frincusa, Grasa et Tamiioasa Romaneasca. Tous ces vins du millésime 2013 étaient nets, purs et plutôt bien vinifiés. Une mention particulière pour son 2013 Feteasca Regala.
Ioan Târgovatu est d’accord pour identifier des parcelles de Grasa et Tamiioasa chez ses collègues de la région avec une orientation « vendanges tardives ». Il pourrait être très efficace pour l’achat et la collecte des raisins conformes à nos critères.

Voila, nous avons lancé le ballon et il faut attendre maintenant qu’il retombe. Affaire à suivre !

Je rajouterai in fine que notre ami et partenaire autrichien Bruno Landauer serait intéressé pour être de la partie.

Le vignoble de Cotnari, le 30 octobre 2013.
Le vignoble de Cotnari, le 30 octobre 2013.
De gauche à droite : Titi Babusanu et Ioan Târgovatu, le 30 octobre 2013.
De gauche à droite : Titi Babusanu et Ioan Târgovatu, le 30 octobre 2013.
La cave de Ioan Târgovatu,  le 30 octobre 2013.
La cave de Ioan Târgovatu, le 30 octobre 2013.
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Orlienas, le 12 novembre 2008,
Cher(e) ami(e) œnophile,Je suis de retour depuis hier soir, après un voyage de près de 6500 km à travers 8 pays d’Europe centrale. Je ramène bien entendu une grosse masse d’informations qui vous sera délivrée au fur et à mesure à la fois sur le site et sur notre blog.
La partie la plus complexe concerne la Roumanie, dont la viticulture dans sa très grande majorité est encore très éloignée de nos normes européennes. Je me suis rendu à Cotnari (extrême nord-est de la Roumanie), dans l’ancienne principauté de Moldavie. (A ne pas confondre avec la République indépendante de Moldavie, appelée aussi Moldova ou Bessarabie)
La dégustation des vins m’a permis d’extraire deux lots dans l’excellent millésime 2008, qui a été vendangé la première quinzaine d’octobre. Le but d’internet étant la diffusion d’images, je vous renvoie à la vidéo que j’ai réalisée sur place dans la cave de la société Vinia à Cotnari même le lundi matin 3 novembre 2008.
J’espère que nous allons pouvoir faire embouteiller au moins une des deux cuvées sélectionnées : le Grasa CIB et le Tamiioasa Romaneasca. Ça pourrait se faire vers la fin du mois de janvier 2009, mais vous voyez que je suis très prudent, ayant été déjà échaudé…http://www.youtube.com/watch?v=etbfEm3ncdIL’équilibre du Grasa 2008 dégusté est de plus de 80g de sucre résiduel, environ 12% d’alcool et 9.1‰ d’acidité. Ce sont des paramètres analytiques excellents.
Le Tamaiioasa quant à lui, présente des caractéristiques proches en matière de sucre résiduel et d’alcool acquis, avec une acidité de 7.6‰.
Mon dernier voyage à Cotnari remontait à novembre 2004 et m’avait permis alors de sélectionner notre cuvée Château Cotnari, Grasa CIB 2003. Tout a une fin, et il nous reste moins de 300 bouteilles de ce joli vin. J’espère avoir trouvé son remplaçant. Les vins de 2008, à mon avis, seront aptes à une garde d’un vingtaine d’années dans une bonne cave.Dans la suite de la dégustation, nous avons pu apprécier un bon Pinot Gris moelleux 2008 de Cotnari, vif et même un peu acidulé. Un Feteasca Alba 2008 moelleux présentait une palette aromatique intéressante, hélas « cassé » par un taux de SO2 (souffre) beaucoup trop élevé. C’est un des grands problème encore en Roumanie où l’on a tendance à utiliser très souvent, par précaution, les doses maximales autorisées par la législation européenne.
Une surprise avec un cépage Muscat rosé traditionnel de la Moldavie le Busiioaca de Bohotin 2008. C’est un vin moelleux complètement original avec 12.3% d’alcool, 51g de sucre et une acidité revigorante de 7.9‰. Il est très fruité, avec un côté moelleux subtil, une touche végétale et une certaine élégance dans l’ensemble.Dans cette vaste dégustation d’une vingtaine de vins, nous avons eu le plaisir de re-déguster des vieux vins de Cotnari : un Tamiioasa Romaneasca CIB 1995, très bien évolué avec de beaux arômes de cire d’abeille et d’encens, ainsi qu’un Cotnari Grasa 1987 admirablement bien conservé et évolué avec son inimitable touche mentholée. Nous avons vendu par le passé ces deux références et si d’aventure il vous restait quelques bouteilles dans votre cave (je m’adresse bien entendu aux anciens clients de Dionis) n’hésitez pas à déboucher !

Campagne traditionnelle moldave. Cotnari le lundi matin 3 novembre 2008.
Campagne traditionnelle moldave. Cotnari le lundi matin 3 novembre 2008.
Les vignobles de Cotnari avec en fond le "Château Cotnari" le lundi matin 3 novembre 2008.
Les vignobles de Cotnari avec en fond le « Château Cotnari » le lundi matin 3 novembre 2008.
Dégustation du millésime 2008 le lundi matin 3 novembre 2008. De droite à gauche : Mihai (le maître de chais), Titi Babusanu (Responsable commercial et marketing de Vinia), et votre serviteur…
Cuvée 2008 de Cotnari Grasa CIB le 3 novembre 2008.

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Petit Dossier historique sur Cotnari

Un nectar oublié, redécouvert et offert aux amateurs de vins rares par DIONIS.
Perle de la couronne, cousin éloigné du Sauternes, rejeté au delà de l’arc des Carpates aux confins de la Roumanie et de l’Ukraine, dans l’ancienne Principauté roumaine de Moldavie, le COTNARI, m’a rapidement convaincu que son ancestrale réputation pouvait être encore tout à fait justifiée. Adulé aux XVIIIème et XIXème siècles, alors que sa superficie n’excédait guère 350 hectares, (le cœur du cru produisant aujourd’hui encore les meilleurs vins), le vignoble de Cotnari couvrirait actuellement, si l’on se fie aux statistiques locales, plus de 2000 hectares.

Historiquement, la première mention avérée de ce vin doré à reflets verts, nous la trouvons dans un ouvrage paru à Venise en 1441 et l’on signale déjà son prix particulièrement élevé. Julien n’hésite pas à écrire que les vins de Cotnari « figurent parmi les meilleurs du globe ».
Dans un ouvrage paru à Londres en 1900, intitulé Rumania, l’auteur G.Benger est tout aussi dithyrambique : « bien soigné, le puissant vin doré de Cotnari devient en effet un vin noble semblable au TOKAJI, mais plus généreux et plus sec. Le Cotnari vieilli est tout à fait sain, extrêmement impétueux avec beaucoup d’arômes et ressemblant au vin de Malaga d’Espagne ». Il était traditionnellement exporté vers la Russie, la Pologne et l’Autriche, sans oublier les beaux établissements parisiens sous le Second Empire, où il était connu sous le nom de « Perle de Moldavie ».
Après le douloureux intermède du phylloxéra à l’aube du XXème siècle, les vignobles seront vite reconstitués et les vins distingués par des grands prix à Bruxelles en 1934, Paris en 1935 et New York en 1937.

Le plus important de tous, pour la qualité des vins qui en sont issus, le GRASA (35 % de la zone viticole) n’est pas sans rappeler le FURMINT hongrois. C’est le seul apte à produire de grands vins liquoreux de pourriture noble. Il ne gagne pas à être assemblé aux autres cépages et son potentiel de conservation dépasse largement trente ans pour les meilleures années. Le cépage aromatique TAMAIIOASA ROMANEASCA ou BUSUIOACA DE MOLDOVA couvre 10 % du vignoble. Il est proche du Muscat à petits grains et est généralement vendangé tardivement, passerillé mais non botrytisé.Viennent ensuite le FETEASCA-ALBA, pour 35% de la surface, moins intéressant à mon sens, car manquant souvent de « feu » et d’acidité. Les 20% restants sont consacrés à un autre cépage indigène, le FRINCUSA, donnant des blancs secs de soif, vifs et peu alcoolisés.
Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996
Jean-François Ragot à Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996.
Jean-François Ragot à Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996.
Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
La vie rurale dans les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
La vie rurale dans les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
Le château Cotnari et ses vignobles et octobre 2002.
Le château Cotnari et ses vignobles et octobre 2002.

 

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Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.

 

Les structures économiques viti-vinicoles ont relativement peu évolué depuis la disparition du système collectiviste. Contrairement à Tokaji où se sont créés de nombreux domaines, issus du démantèlement des coopératives et de la Ferme d’ État, la presque totalité du vin est produit à Cotnari par l’ancienne Ferme d’ État. Officiellement, elle a été « privatisée » en 1998, en fait, partagée entre les salariés…

Ce curieux système n’a hélas pas permis l’apport de capitaux et de technologie occidentale.
Il y a cinq ans environs, j’avais évoqué dans une Lettre de Dionis les très importantes destructions que le vignoble avait subi consécutivement au froid polaire de l’hiver 1997. Une partie du vignoble a été replantée avec des moyens archaïques et les rendements restent très irréguliers.Pour conclure, nous nous sommes livrés à une rétrospective des millésimes que nous avons eu le plaisir de vous faire découvrir depuis 1990 , première année où nous avons importé ces vins.
Le 2000 est le onzième millésime de Grasã vsoc-cib (sélection de grains nobles).
Il a été précédé chez Dionis des millésimes 1966; 1969; 1977; 1978; 1982; 1987; 1988; 1989; 1991; 1993 en Grasã et 1990; 1993; 1995 en Tamaiioasa Romanesca. Ceux parmi vous qui disposeraient d’une verticale de ces brillants millésimes sont bien plus riches que nous…

La saga du Cotnari-Grasa vsoc cib 2003…

Pour ceux d’entre vous qui lisent «  La Lettre de Dionis » attentivement (ils sont nombreux, je le sais !) vous avez pu suivre la saga que constitue la collaboration avec cette région viticole très éloignée de tout, depuis le départ à la retraite en janvier 2003, de mon ami et très ancien partenaire, Ioan Bilius .
Lors de ma visite à la propriété du 1 er Novembre 2004, j’avais « identifié » une petite et excellente cuvée de Grasa vsoc cib 2004.En roumain, «  cib » signifie : «  Cules la innobilarea boabelor » soit la traduction exacte en français de : «  sélection de grains nobles ». . Je l’avais alors réservée pour une mise en bouteille vers la fin du printemps 2005. Quelle ne fût pas ma surprise de constater que l’échantillon expédié alors, ne correspondait plus du tout à celui dégusté à la propriété ! Devant mes interrogations véhémentes et persistantes, j’ai fini par découvrir le « pot aux roses » ! « Notre » vin avait servi de « vin médecin » pour renforcer une moyenne qualitative de production, un peu faible…
Se mettre en colère est une chose, tout recommencer pour identifier une nouvelle cuvée en est une autre…Je suis donc remonté sur mon cheval, avec pour objectif cette fois ci, le millésime 2003
Cette nouvelle cuvée, enfin identifiée, a été embouteillée, les bouteilles étiquetées et les cartons palettisés. Les vins sont maintenant prêts et devraient être disponibles dans notre entrepôt avant la fin Janvier.

Éléments analytiques du Cotnari-Grasa vsoc cib 2003
•  Alcool : 12% vol
•  Sucres résiduels : 55 gr/l
•  Acidité fixe : 6.3‰

Nous retrouvons dans ce vin plus moelleux que liquoreux, de la finesse, des arômes complexes de rose et de fruit blanc, avec cette nuance mentholée caractéristique du cépage Grasa. C’est un excellent vin pour l’apéritif présentant dans sa catégorie un bon rapport qualité-prix.


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