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Les conditions climatiques de cet été 2007 étant plus clémentes que celles de ces dernières années (je veux parler d'une bénéfique absence de canicule jusqu'à ce jour), j'ai pensé qu'il n'était pas anachronique de vous proposer cet autre vin mythologique en vin du mois de juillet.
Quand on parle du Moscato di Siracusa, l'historien pense immédiatement au mythique vin de la "Grande Grèce" appelé Polio Siracusano. Ceci nous ramène bien loin, au VIIIème et VIIème siècle avant J.C., au moment de la colonisation de la Sicile par la Grèce. De ce vin, il ne nous reste plus que quelques très rares témoignages historiques. Son successeur le Moscato di Siracusa a été produit en petites quantités durant l'époque moderne mais les dernières productions ont été présentées à l'exposition universelle de Paris en 1900. Il faudra attendre 1973 pour voir la création de l'appelation Moscato di Siracusa. En fait, c'est l'ingénieur agronome Antonino Pupillo qui va entreprendre dans sa propriété familiale, les premiers essais de vinification en 1993. Le premier millésime remonte à 1997.
Dans cette splendide propriété établie autour du Solacium (nom du chateau médiéval du XIIIème siècle qui servait de résidence à l'empereur Frédéric II), Nino Pupillo a mis en valeur 18 hectares de vignobles, complantés en Muscat à Petits Grains et en Nero d'Avola. Tout l'effort du domaine porte depuis quinze ans sur la résurrection de ce vin mythologique extraordinaire. Le terroir est de nature sablonneuse avec de l'argile et de la silice. Les conditions climatiques chaudes, tempérées par les brises maritimes permettent d'effectuer le plus souvent des vendanges à pleine maturité dès la première quinzaine du mois d'août, en faisant la zone la plus précoce de toute la Sicile. Sur ce terroir béni des dieux, la surmaturité sur pied permet une concentration naturelle dans des conditions optimales dès le mois de septembre.
MOSCATO DI SIRACUSA "SOLACIUM" 2005 (0.75L)
(Vin liquoreux naturellement doux)
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C'est à une vraie surprise que doit s'attendre le dégustateur de ce vin même, si il est expérimenté. En effet, les caractéristiques de ce liquoreux de légende ne ressemblent en aucune manière à celles que l'on trouve dans d'autres muscats à petits grains naturellement doux, à Samos, en Sardaigne ou bien même au Cap de Bonne Espérance par exemple.
La robe de ce vin est très claire, confinant à la paleur avec des reflets chatoyants. Au nez, nous percevons de fins arômes d'agrumes, comme le citron et le pamplemousse, ainsi qu'un côté floral qui rappelle la fleur de magnolia et surtout la fleur d'oranger. En bouche, c'est la complexité qui domine dans ce nectar. Il nous offre des nuances de miel, d'écorces d'orange et de citron confit.
Ce qui est peut-être le plus frappant, c'est sa grande fraîcheur aromatique, sa minéralité intense et sa subtile acidité, qui en font un des vins les plus digestes que j'ai rencontrés dans ma carrière (déjà un peu longue...) d'oenophile.
Tout cela s'appelle "L'équilibre". En bouche, il frise la perfection et la longueur est remarquable.
Ce vin est vraiment délicieux à boire tout de suite, mais il a tout le potentiel pour un long développement en bouteille.
Eléments analytiques :
- Alcool : 14.5%
- Sucres résiduels : 110g/L
- Acidité fixe : 6.5‰
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