News 14 Novembre 2007

Orlienas, le 14 novembre 2007,

Nous reprenons le compte-rendu de notre voyage :

Une fois quittée la Moselle au niveau de Koblenz, nous avons traversé le Rhin pour passer sur la rive droite de ce fleuve majestueux. La route en direction du sud est absolument superbe. Nous sommes au cœur du Rhin romantique et de ses légendes. Cette région que l’on appelle le Mittelrhein est une zone viticole de 465 Ha où le riesling règne pour 68% des surfaces. Les vignobles sont particulièrement pentus et difficiles à exploiter.

Vignobles du Mittelrhein, à quelques km du fameux rocher de la Lorelei (visible dans le coin en haut à gauche) le 25 octobre 2007.

Je voudrais signaler un magnifique domaine de 11 Ha, le domaine Weingart à Spay. Grande réussite du millésime 2005, avec notamment un Bopparder Hamm Ohlenberg riesling Spätlese trocken et un 2005 Schloss Fürstenberg riesling spätlese moelleux. Ces deux vins expriment au mieux ce difficile et remarquable terroir.

Arrivés plus au sud, au niveau de Assmannhausen, le Rhin se met à couler d’est en ouest. Cela signifie par conséquent que les vignobles sont plantés sur des collines exposées plein sud. C’est la fameuse région du Rheingau pour laquelle j’ai toujours eu un petit faible, du moins depuis 1972, date à laquelle, encore étudiant, j’étais venu m’initier au vin dans un très fameux domaine (Weingut von Ötinger). J’avais à l’époque, complètement profane encore, découvert des vins extraordinaires très éloignés des critères français du moment. Le baron Eberhardt Ritter Und Edler von Ötinger, de vieille noblesse et d’un caractère fort trempé, (il avait passé dix ans de captivité en Russie de 1945 à 1955) m’avait alors confié des responsabilités qui sur le moment dépassaient largement mes compétences… Mais j’avais beaucoup appris et participé in fine, avant de rentrer en France à l’extraordinaire vente aux enchères du domaine d’État de Kloster Eberbach où j’avais pu déguster d’illustres flacons des plus grands vins du Rhin, dont certains datants du début du XXème siècle. Expérience inoubliable pour un jeune homme et qui n’est certainement pas étrangère à la création de Dionis en 1985.

Au coeur de l'historique vignoble Marcobrunn (Erbach) le 25 octobre 2007.

Mais revenons à nos moutons !
J’ai profité, bien entendu, de mon passage dans le Rheingau pour rencontrer mon partenaire de la petite cave coopérative d’Erbach. Je citerais un excellent Erbacher Kabinet Michelmark 2006 riesling trocken au nez frais et citronné, à la robe claire et à la minéralité marquée. A signaler également un délicieux Erbacher Honigberg spätlese riesling feinherb 2005. (Alcool : 12%/vol, acidité : 7.5‰ et 10.8g/l de sucres résiduels) aux arômes terpéniques bien marqués.
A noter aussi dans un village voisin (cave de Hallgarten) un très intéressant moelleux de vendanges tardives Hallgartener Jungfer Riesling auslese 2005. Ce vin à la robe jaune citron, est d’un parfait équilibre en bouche entre une acidité rafraichissante, un fruité raffiné et délicat et une finale en dentelles où commence à percer la minéralité.

Riesling botrytisé dans le vignoble Erbacher Marcobrunn, attendant la vendange... le 25 octobre 2007.

Ronald Müller-Hagen et Jean-François Ragot, en pleine dégustation à Erbach le 25 octobre 2007.

Du Rheingau, direction la Franconie et ses vignobles (le long de la vallée du Main). Ce sont 6 072 Ha à 81% plantés en cépages blancs, qui s’étendent de part et d’autre de la vallée du Main entre Aschaffenburg à l’ouest et Bamberg à l’est. Ici, le Sylvaner détrône le Riesling, particulièrement à Würtzburg en plein cœur de la zone, au sein du vignoble historique de Stein, qui domine la ville. Je mettrais une mention toute particulière au Weingut am Stein qui sur un terroir calcaire produit quelques uns des vins blancs les plus fins de la Franconie (entre autres , le 2005 Stettener Stein Silvaner spätlese trocken).

Au cœur du vignoble de Stein face à la ville de Würtzburg le 26 octobre 2007.

Vue panoramique du vignoble de Stein à Würtzburg le 26 octobre 2007.

J’ai été impressionné aussi par le Weingut schloss sommerhausen, qui dans ce petit village à quelques km au sud de Würtzburg, dans un cadre idyllique, produit sur 28 Ha de superbes silvaners, des rieslings minéraux et des pinots blancs (Weisser Burgunder) de grande puissance. Mais il fallait s’arracher aux vignobles et après une visite bien méritée à Bamberg et à Regensburg, où j’ai sacrifié au rituel de la « Bière blanche », j’ai vite rejoint Vienne et ses vins blancs secs. C’est l’époque où l’on peut déjà déguster les vins du millésime 2007, terminés mais troubles que l’on appelle « Staubiger« . C’est vraiment un régal, sans cérémonies, qui récompense au centuple des fatigues du voyage.
La suite, la semaine prochaine…

Jean-François Ragot


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