News 1er Septembre 2004

Orliénas le 01 septembre 2004

Cher(e) ami (e) œnophile, Cher(e) client(e),

Je profite de la pause estivale pour préparer ces quelques lignes afin de vous faire partager nos réflexions et notre vision du monde du vin.
Le printemps dernier a été comme les précédents, riches en déplacements œnologiques…
A l’automne austral, je me rends habituellement en Afrique du sud, afin de visiter nos partenaires habituels et en rechercher de nouveaux.
Ces visites périodiques nous permettent d’appréhender l’évolution de la production sud africaine de vin et d’assurer le haut niveau qualitatif de nos sélections.

Globalement nous pouvons attester que la qualité moyenne des vins est en baisse. Les exportations ayant été multipliées par huit depuis 1991, la course au rendement et au profit s’est engagée. Ceci réclame de notre part une vigilance de tous les instants et une grande prudence dans nos achats. Toutefois nous ne pouvons que nous féliciter de la grande cohérence de nos partenaires de toujours comme Klein Constantia, Hamilton Russel, pour ne citer qu’eux, qui ont su maintenir ce haut degré qualitatif que vous appréciez tant.

Une nouvelle génération de vignerons est en train de voir le jour avec une production de vins concentrés et équilibrés que nous soumettrons bientôt avec plaisir à votre approbation, Je pense en particulier à : Mont Dutoit Kelder , les nouveaux millésimes de l’Avenir et les vins blancs secs et liquoreux en tous points remarquables de Cape Point vineyards .

Klein Constantia- Afrique du sud

Enfin un nouveau millésime de Noble Late Harvest Sauvignon (sélection de grains nobles) est sur le point de voir le jour.

Le dernier millésime de haute qualité qui a été commercialisé, était le millésime 1998 (beaucoup d’entre vous s’en souviennent…), nous rappelons que le millésime 2002 sera le quatrième millésime notable depuis une vingtaine d’année. Une sélection dans la sélection en bouteille de 0,75 litres a été embouteillée tout spécialement sous notre contrôle et sera disponible en fin d’année 2004.

Les nouveaux millésimes de Vin de Constance 2000, 2001, 2002 et 2003 nous ont fait une excellente impression, avec une mention particulière pour le millésime 2000 .

Le Vin de Constance 2004 qui était au mois de mai en pleine fermentation nous a semblé également particulièrement aromatique et équilibré, doté d’une très belle acidité, très prometteur. L’extrême fin de la vendange 2004 n’était pas terminée au cours de notre visite du 10 mai , je vous invite à vous reporter à notre site Internet pour découvrir quelques photos.

A noter l’arrivée d’un nouvel œnologue de trente ans, Adam Mason, qui nous a semblé très talentueux. Il a remplacé Ross Gower qui quitte Constantia après vingt ans de bons et loyaux services. Ce dernier, en repartant de zéro, avait redonné ses lettres de noblesse à ce Domaine vieux de 300 ans.

 

Ruster Eiswein 2003
Bruno Landauer – Autriche

Dans cette région d’Europe centrale, l’année 2003 aura été décidément très favorable à l’élaboration d’un certain type de liquoreux :

Je pense tout particulièrement au vin de paille de Cabernet sauvignon de Georg Lunzer à Gols qui restera un modèle du genre, et à cet Eiswein de Bruno Landauer à Rust, Vin de glace, magnifique cuvée de Noël.

Ces deux types de vins exigent des raisins très sains à la vendange, sans attaque de pourriture noble. L’année 2003 les aura épargnés, mais sera en revanche une année avec peu ou pas de liquoreux issus du Botrytis Cinerea.

Il a fallu attendre le froid longtemps cet automne 2003. Le mois de novembre s’est déroulé sans gelées notables et suffisantes pour un vin de glace.

La dernière chance était pour le mois de décembre, aux environs de la pleine lune. Curieusement, on a remarqué, empiriquement, que les gelées bénéfiques à l’élaboration d’un Eiswein se produisent toujours à la pleine lune qui en cette fin d’année 2003 se situait le 26 décembre.

Il faut savoir que la vie d’un raisin sur son pied de vigne n’est pas éternelle, et le risque d’une dégradation augmente rapidement au fil du temps…Ceci permet de mesurer aisément le caractère exceptionnel et rare d’un pareil vin.

Lorsque le temps a semblé se mettre au froid le 23 décembre, nous nous sommes entretenus quotidiennement avec Bruno Landauer et le 24 décembre il nous a paru clair, eu égard aux prévisions météorologiques, que nous tenions une chance qu’il ne fallait pas laisser passer pour le matin du 25 décembre, jour de Noël.

Nous étions tous d’autant plus excités que la météo annonçait –12°C vers 6 heures du matin. C’étaient des conditions optimales que nous n’avions pas eues depuis les années 80 (étant plus souvent aux environs de –8°C).

La veillée de Noël a été perturbée par de fébriles préparatifs, le pressoir installé à la hâte dans la cour du domaine, toute la famille rameutée, y compris les travailleurs hongrois des environs de Sopron (Oedenburg) pas très enthousiastes à l’idée de venir travailler un matin de Noël par un froid glacial…

Bref à cinq heures trente ce matin de Noël, toute l’équipe se dirige vers le vignoble où les ultimes grappes attendent la main de l’homme. Le travail est rapide, éclairé par les phares des tracteurs et les lampes torches. Il n’y a pas une minute à perdre, le plus gros du travail est effectué lorsque l’astre rayonnant émerge un peu avant huit heures.

2690 kg de raisins dont 60% de Muscat Ottonel et 40% de Furmint sont promptement rapportés au pressoir et lentement écrasés, réservant un nectar à la limite du pâteux. La mesure au réfractomètre indique 30,5 KMW (30,50% de sucre en masse volumique). La quantité extraite de ce précieux breuvage à venir est de 1100 litres . Il n’y a plus, si j’ose dire, qu’à le transférer en cuve et le laisser lentement, très lentement fermenter.

Ma première dégustation est du 31 mars 2003 : l’ensemble est très riche, presque compacte, très aromatique, avec une fort belle acidité. Nous sommes bien d’accord avec Bruno, le vin continue de fermenter très lentement, et il faudra cette fois ci être encore mois pressé que d’habitude, car on sent que l’élevage sera plus long.

Ma seconde dégustation le 19 juin montre une évolution notable, l’alcool monte lentement et nous devons être aux environs de 8% Vol, avec peut être 250 grammes de sucres résiduels. Nous n’avons pas encore d’analyse disponible, il faudra savoir être patient jusqu’à la mise en bouteille prévue pour début septembre.


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