News 10 Mai 2004

Orliénas le 10 Mai 2004

Cher(e) ami (e) œnophile,

Je profite d’une légère accalmie dans mes préparatifs de voyage en Afrique australe pour vous adresser quelques nouvelles de nos activités.
Cet hiver a été marqué par la morosité ambiante.

 

Vous avez dit Crise ?

Dans la foulée du ralentissement général de l’après 11 septembre 2001, le mot «Crise» est sur toutes les lèvres de la filière vin.

La douche est particulièrement «froide» dans le petit monde du vin français.

Après avoir cru dans le dogme intangible, selon lequel le vin français est le meilleur du monde, les vignerons hexagonaux se réveillent avec une méchante gueule de bois. L’érosion des ventes sur le marché intérieur, due à une forte diminution de la consommation (effet Sarkozy et loi Evin) est particulièrement brutale. On observe une chute de la consommation du vin dans la restauration de l’ordre de 20%. La situation des ventes de vins français sur le marché international, est encore plus préoccupante. En 2003, la baisse est de 9% sur les AOC. Nous ne disposons pas encore des chiffres pour les 4 premiers mois de 2004, mais c’est une tendance lourde qui s’accentue…

Le constat est sans appel : on a fait «pisser la vigne» sans vergogne, les rendements excessifs ayant pour corollaire la sinistre chaptalisation, sans modération aucune, celle là…

Il est de notoriété également, que les commissions d’agrément des AOC, ne sont souvent que des «pantalonnades» où se traitent les agréments de copinages, sans oublier l’agrément social : «Ah le pauvre ! il a quatre enfants, vous ne pouvez pas lui déclasser sa récolte…»

Bref, les faits sont têtus et les résultats sont là : 20% des AOC sont à la limite de l’imbuvable, et 30 % à la limite de la grande médiocrité. C’est beaucoup pour un pays qui s’honore de produire les plus grands vins du monde.

Toutefois, au moment où j’écris ces lignes, une lueur d’espoir apparaît :

Une grande réforme des AOC est en discussion. Monsieur René Renou, Président du comité vins de l’INAO pense qu’il faut réécrire les décrets, jugés «trop souvent incomplets et peu lisibles»…

L’INAO veut instaurer une plus grande transparence sur «les pratiques œnologiques, l’encépagement, les règles de présentation et d’étiquetage, les rendements (des vignes), les pratiques environnementales…».

Bref, on envisagerait de créer de nouvelles catégories d’AOC, les AOCE (Appellations d’Origine Contrôlée d’Excellence), un peu comme en Italie : les DOCG (appellation garantie) par rapport aux simples appellations DOC.

M. Renou se dit «prêt à débattre de tout !» .

C’est bien ! mais c’est toute une mentalité profonde qui est à reconsidérer, avec des révisions déchirantes à la clef…

La crise touche également nos voisins européens et la morosité n’a pas manqué de planer sur le salon international VINITALY de Vérone des 1, 2, 3, 4 et 5 avril dernier.

Dans le même temps, les pays du nouveau monde et particulièrement l’Australie, le Chili et l’Argentine continuent à conquérir des parts de marché…

Restons en là avec les motifs d’inquiétude et de morosité et parions résolument sur l’avenir en poursuivant avec ardeur notre quête de l’esthétique œnologique avec des vignerons respectueux de nos attentes.

 

Nos récentes découvertes

Mon voyage de Mars-Avril 2004 en Europe Centrale et Italie du Nord laisse augurer de nouvelles spécialités remarquables chez nos partenaires autrichiens de toujours et chez quelques nouveaux partenaires italiens.

J’ai fréquenté l’Italie régulièrement depuis ma plus tendre jeunesse, ainsi, les noms de Bardolino, Valpolicella, et autres Soave, m’ont toujours été familiers. Toutefois, le niveau qualitatif de ces vins m’est longtemps apparu insuffisant. La majeure partie de la production était entre les mains de quelques très grandes caves qui ont toujours favorisé la quantité à la qualité. Nous constatons depuis une dizaine d’années l’émergence de petits et moyens Domaines qui ont un souci affirmé du rapport qualité/prix.

 

Parmi eux, j’aimerais attirer votre oenophile attention sur le Domaine Guerrieri Rizzardi, admirablement situé à Bardolino, près du Lac de Garde.

Fondé à la fin du XVIII ème siècle, ce domaine de 80 hectares, appartient à la famille des Comtes Rizzardi.

L’encépagement, presque entièrement composé de variétés indigènes, apporte aux vins une originalité remarquable.

 

AMARONE DE LA VALPOLICELLA

Le secret de ce vin hors normes réside dans le passerillage (séchage sur lits de paille ou claies) des raisins autochtones de la région : Corvinone, Rondinella, auxquels s’ajoutent un peu de Sangiovese et de Barbera.

La grappe parfaitement saine et mûre à la récolte ne doit souffrir d’aucun défaut. La moindre détérioration au cours du passerillage entraîne son élimination. La durée du processus est d’au moins trois mois avec une perte de volume de 50% à 75%. Il est à noter que des Amarone à « petits prix » sont élaborés grâce à un séchage des raisins en 3 jours dans des étuves munies de ventilateurs…(No comment !)

Au cours du processus de passerillage, on obtient une concentration des extraits secs, du sucre et de l’acidité.

La différence entre un vin de paille classique (Recioto) et un Amarone est la poursuite de la fermentation après le pressurage jusqu’à l’obtention d’un vin complètement sec.

Le vin peut atteindre parfois 16% vol d’alcool !

La durée d’élevage est de deux à trois ans en foudre.

Il s’agit d’un rouge d’exception, doté d’une grande longévité et réservé aux grandes occasions : à consommer toutefois avec modération.

 

AMARONE DOC CLASSICO 1997 : GUERRIERI RIZZARDI

Date de la vendange : 25 septembre 1997.

Cépages : Corvinone, Rondinella, Sangiovese et Barbera.

Durée de séchage des raisins : quatre mois dans des caissettes de bois fruitiers à claire-voie.

Fermentation des moûts : en foudres de 50 hectos.

Elevage de trois années en barriques de chêne slovène et français de 25 et 18 hectos.

Quantité produite : 11800 bouteilles.

Durée de conservation : 25 ans minimum.

La robe du vin est magnifique, grenat avec traces d’évolution. Le bouquet est très complexe, floral, épicé, balsamique. La bouche se révèle redoutablement puissante, extrêmement typée, structurée et de grande longueur.

Un des plus grands vins rouges du monde dans sa catégorie.

 

BARDOLINO DOC CLASSICO 2003 : CRU TACCHETTO

Surface du cru : 3,5 hectares à l’ouest de Vérone près du Lac de Garde.

Cépages : Corvina, Rondinella et Sangiovese.

Date de vendange : du 19 au 25 septembre 2003.

Fermentation et élevage en cuve inox.

Degré d’alcool : 12%vol

Robe rubis, brillante. Bouquet caractéristique de cerises et d’épices doux.

Bien que présentant une certaine structure, la bouche est coulante et très fruitée. Idéal vin d’été.

 

VALPOLICCELLA DOC CLASSICO : SUPERIORE 2002

Origine : commune de Negrar au nord ouest de Verone.

Cépages : Corvina gentile, Corvinone, Molinara, Rondinella, Negrara, Barbera.

Degré d’alcool : 12.5% vol.

Elevage en foudres de chêne slovène et français.

Robe rubis intense. Vin aromatique, fruité, équilibré et de bonne longueur.

Il était considéré au XIX ème siècle comme le meilleur vin d’Italie.

 

SOAVE DOC CLASSICO 2003 : GUERRIERI RIZZARDI

La zone d’appellation Soave est située à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Verone.

Les vignes sont plantées sur des collines volcaniques exposées au midi.

L’encépagement du vignoble se partage entre le Garganega et le Trebbiano di Soave, plus un peu de Chardonnay.

Le Garganega est un cépage original et intéressant qui donne le meilleur de lui-même sur le terroir volcanique de Soave, lorsqu’il est bien vinifié.

Le millésime 2003 qui vient d’être mis en bouteille est élaboré à 95% à partir du Garganega.

La robe est pâle. Le vin très fruité est doté d’une bonne consistance et d’une finale rafraîchissante.

Bon vin d’été.

 

GOLSER STROHWEIN « VIN DE PAILLE » :
CABERNET SAUVIGNON 2003 G. LUNZER

Faisant route vers la Hongrie, je suis passé lundi matin 22 mars chez Georg Lunzer à Gols, afin de voir où en était le « bébé ».
L’examen est très satisfaisant !

Pour résumer :
• 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).
• Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).
• Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW (35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

Alcool : 11.7 %vol
Sucres résiduels : 211.8 gr/litre
Acidité fixe : 8.7%0.

• La robe est superbe (rubis-corail). Le vin fermente encore un peu mais il sera filtré demain et ainsi stabilisé. Il se révèle très riche à la dégustation, probablement supérieur encore à l’excellent millésime 2002. L’acidité est très satisfaisante et équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.

• Le vin sera livrable autour du 15 juin 2004.

La quantité totale de ce précieux nectar ne devrait pas dépasser 600 bouteilles. Comme pour les millésimes précédents les plus prompts à réagir seront servis.

 

Domaine "cape point vineyard" (Constantia) Mai 2004
Le vignoble de l'Avenir STELLENBOSCH Afrique du Sud
Journée d'automne à Constantia
Ultime vendange du vin de Constance en Mai 2004 (Constantia - Afrique du Sud)

 

 

 

Orliénas le 10/05/04

Cher(e) ami (e) oenophile,
Je profite d’une légère accalmie dans mes préparatifs de voyage en Afrique australe pour vous adresser quelques nouvelles de nos activités.
Cet hiver a été marqué par la morosité ambiante.

Vous avez dit Crise ?

Dans la foulée du ralentissement général de l’après 11 septembre 2001, le mot « Crise » est sur toutes les lèvres de la filière vin.
La douche est particulièrement « froide » dans le petit monde du vin français.
Après avoir cru dans le dogme intangible, selon lequel le vin français est le meilleur du monde, les vignerons hexagonaux se réveillent avec une méchante gueule de bois. L’érosion des ventes sur le marché intérieur, due à une forte diminution de la consommation (effet Sarkozy et loi Evin) est particulièrement brutale. On observe une chute de la consommation du vin dans la restauration de l’ordre de 20%. La situation des ventes de vins français sur le marché international, est encore plus préoccupante. En 2003, la baisse est de 9% sur les AOC. Nous ne disposons pas encore des chiffres pour les 4 premiers mois de 2004, mais c’est une tendance lourde qui s’accentue…
Le constat est sans appel : on a fait « pisser la vigne » sans vergogne, les rendements excessifs ayant pour corollaire la sinistre chaptalisation, sans modération aucune, celle là…
Il est de notoriété également, que les commissions d’agrément des AOC, ne sont souvent que des « pantalonnades » où se traitent les agréments de copinages, sans oublier l’agrément social : « Ah le pauvre ! il a quatre enfants, vous ne pouvez pas lui déclasser sa récolte… »
Bref, les faits sont têtus et les résultats sont là : 20% des AOC sont à la limite de l’imbuvable, et 30 % à la limite de la grande médiocrité. C’est beaucoup pour un pays qui s’honore de produire les plus grands vins du monde.
Toutefois, au moment où j’écris ces lignes, une lueur d’espoir apparaît :
Une grande réforme des AOC est en discussion. Monsieur René Renou, Président du comité vins de l’INAO pense qu’il faut réécrire les décrets, jugés « trop souvent incomplets et peu lisibles »…
L’INAO veut instaurer une plus grande transparence sur « les pratiques œnologiques, l’encépagement, les règles de présentation et d’étiquetage, les rendements (des vignes), les pratiques environnementales… ».
Bref, on envisagerait de créer de nouvelles catégories d’AOC, les AOCE (Appellations d’Origine Contrôlée d’Excellence), un peu comme en Italie : les DOCG (appellation garantie) par rapport aux simples appellations DOC.
M. Renou se dit « prêt à débattre de tout ! » .
C’est bien ! mais c’est toute une mentalité profonde qui est à reconsidérer, avec des révisions déchirantes à la clef…
La crise touche également nos voisins européens et la morosité n’a pas manqué de planer sur le salon international VINITALY de Vérone des 1, 2, 3, 4 et 5 avril dernier.
Dans le même temps, les pays du nouveau monde et particulièrement l’Australie, le Chili et l’Argentine continuent à conquérir des parts de marché…

Restons en là avec les motifs d’inquiétude et de morosité et parions résolument sur l’avenir en poursuivant avec ardeur notre quête de l’esthétique œnologique avec des vignerons respectueux de nos attentes.

NOS RECENTES DECOUVERTES
Mon voyage de Mars-Avril 2004 en Europe Centrale et Italie du Nord laisse augurer de nouvelles spécialités remarquables chez nos partenaires autrichiens de toujours et chez quelques nouveaux partenaires italiens.
J’ai fréquenté l’Italie régulièrement depuis ma plus tendre jeunesse, ainsi, les noms de Bardolino, Valpolicella, et autres Soave, m’ont toujours été familiers. Toutefois, le niveau qualitatif de ces vins m’est longtemps apparu insuffisant. La majeure partie de la production était entre les mains de quelques très grandes caves qui ont toujours favorisé la quantité à la qualité. Nous constatons depuis une dizaine d’années l’émergence de petits et moyens Domaines qui ont un souci affirmé du rapport qualité/prix.

Parmi eux, j’aimerais attirer votre oenophile attention sur le Domaine Guerrieri Rizzardi, admirablement situé à Bardolino, près du Lac de Garde.
Fondé à la fin du XVIII ème siècle, ce domaine de 80 hectares, appartient à la famille des Comtes Rizzardi.
L’encépagement, presque entièrement composé de variétés indigènes, apporte aux vins une originalité remarquable.

AMARONE DE LA VALPOLICELLA

Le secret de ce vin hors normes réside dans le passerillage (séchage sur lits de paille ou claies) des raisins autochtones de la région : Corvinone, Rondinella, auxquels s’ajoutent un peu de Sangiovese et de Barbera.
La grappe parfaitement saine et mûre à la récolte ne doit souffrir d’aucun défaut. La moindre détérioration au cours du passerillage entraîne son élimination. La durée du processus est d’au moins trois mois avec une perte de volume de 50% à 75%. Il est à noter que des Amarone à « petits prix » sont élaborés grâce à un séchage des raisins en 3 jours dans des étuves munies de ventilateurs…(No comment !)
Au cours du processus de passerillage, on obtient une concentration des extraits secs, du sucre et de l’acidité.
La différence entre un vin de paille classique (Recioto) et un Amarone est la poursuite de la fermentation après le pressurage jusqu’à l’obtention d’un vin complètement sec.
Le vin peut atteindre parfois 16% vol d’alcool !
La durée d’élevage est de deux à trois ans en foudre.
Il s’agit d’un rouge d’exception, doté d’une grande longévité et réservé aux grandes occasions : à consommer toutefois avec modération.

 

AMARONE DOC CLASSICO 1997 : GUERRIERI RIZZARDI
Date de la vendange : 25 septembre 1997.
Cépages : Corvinone, Rondinella, Sangiovese et Barbera.
Durée de séchage des raisins : quatre mois dans des caissettes de bois fruitiers à claire-voie.
Fermentation des moûts : en foudres de 50 hectos.
Elevage de trois années en barriques de chêne slovène et français de 25 et 18 hectos.
Quantité produite : 11800 bouteilles.
Durée de conservation : 25 ans minimum.
La robe du vin est magnifique, grenat avec traces d’évolution. Le bouquet est très complexe, floral, épicé, balsamique. La bouche se révèle redoutablement puissante, extrêmement typée, structurée et de grande longueur.
Un des plus grands vins rouges du monde dans sa catégorie.

 

BARDOLINO DOC CLASSICO 2003 : CRU TACCHETTO

Surface du cru : 3,5 hectares à l’ouest de Vérone près du Lac de Garde.
Cépages : Corvina, Rondinella et Sangiovese.
Date de vendange : du 19 au 25 septembre 2003.
Fermentation et élevage en cuve inox.
Degré d’alcool : 12%vol
Robe rubis, brillante. Bouquet caractéristique de cerises et d’épices doux.
Bien que présentant une certaine structure, la bouche est coulante et très fruitée. Idéal vin d’été.

 

VALPOLICCELLA DOC CLASSICO : SUPERIORE 2002

Origine : commune de Negrar au nord ouest de Verone.
Cépages : Corvina gentile, Corvinone, Molinara, Rondinella, Negrara, Barbera.
Degré d’alcool : 12.5% vol.
Elevage en foudres de chêne slovène et français.
Robe rubis intense. Vin aromatique, fruité, équilibré et de bonne longueur.
Il était considéré au XIX ème siècle comme le meilleur vin d’Italie.

 

SOAVE DOC CLASSICO 2003 : GUERRIERI RIZZARDI
La zone d’appellation Soave est située à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Verone.
Les vignes sont plantées sur des collines volcaniques exposées au midi.
L’encépagement du vignoble se partage entre le Garganega et le Trebbiano di Soave, plus un peu de Chardonnay.
Le Garganega est un cépage original et intéressant qui donne le meilleur de lui-même sur le terroir volcanique de Soave, lorsqu’il est bien vinifié.
Le millésime 2003 qui vient d’être mis en bouteille est élaboré à 95% à partir du Garganega.
La robe est pâle. Le vin très fruité est doté d’une bonne consistance et d’une finale rafraîchissante.
Bon vin d’été.

 

GOLSER STROHWEIN « VIN DE PAILLE » :

CABERNET SAUVIGNON 2003 G-LUNZER

Faisant route vers la Hongrie, je suis passé lundi matin 22 mars chez Georg Lunzer à Gols, afin de voir où en était le « bébé ».
L’examen est très satisfaisant !
Pour résumer :

• 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).
• Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).
• Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW(35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).
Alcool : 11.7 %vol ; sucres résiduels : 211.8 gr/litre ; acidité fixe : 8.7%0.
• La robe est superbe(rubis-corail). Le vin fermente encore un peu mais il sera filtré demain et ainsi stabilisé. Il se révèle très riche à la dégustation, probablement supérieur encore à l’excellent millésime 2002. L’acidité est très satisfaisante et équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.
• Le vin sera livrable autour du 15 juin 2004.

La quantité totale de ce précieux nectar ne devrait pas dépasser 600 bouteilles. Comme pour les millésimes précédents les plus prompts à réagir seront servis.

Orliénas le 10/05/04

 

Cher(e) ami (e) oenophile,

Je profite d’une légère accalmie dans mes préparatifs de voyage en Afrique australe pour vous adresser quelques nouvelles de nos activités.

Cet hiver a été marqué par la morosité ambiante.

 

Vous avez dit Crise ?

 

Dans la foulée du ralentissement général de l’après 11 septembre 2001, le mot « Crise » est sur toutes les lèvres de la filière vin.

La douche est particulièrement « froide » dans le petit monde du vin français.

Après avoir cru dans le dogme intangible, selon lequel le vin français est le meilleur du monde, les vignerons hexagonaux se réveillent avec une méchante gueule de bois. L’érosion des ventes sur le marché intérieur, due à une forte diminution de la consommation (effet Sarkozy et loi Evin) est particulièrement brutale. On observe une chute de la consommation du vin dans la restauration de l’ordre de 20%. La situation des ventes de vins français sur le marché international, est encore plus préoccupante. En 2003, la baisse est de 9% sur les AOC. Nous ne disposons pas encore des chiffres pour les 4 premiers mois de 2004, mais c’est une tendance lourde qui s’accentue…

Le constat est sans appel : on a fait « pisser la vigne » sans vergogne, les rendements excessifs ayant pour corollaire la sinistre chaptalisation, sans modération aucune, celle là…

Il est de notoriété également, que les commissions d’agrément des AOC, ne sont souvent que des « pantalonnades » où se traitent les agréments de copinages, sans oublier l’agrément social : « Ah le pauvre ! il a quatre enfants, vous ne pouvez pas lui déclasser sa récolte… »

Bref, les faits sont têtus et les résultats sont là : 20% des AOC sont à la limite de l’imbuvable, et 30 % à la limite de la grande médiocrité. C’est beaucoup pour un pays qui s’honore de produire les plus grands vins du monde.

Toutefois, au moment où j’écris ces lignes, une lueur d’espoir apparaît :

Une grande réforme des AOC est en discussion. Monsieur René Renou, Président du comité vins de l’INAO pense qu’il faut réécrire les décrets, jugés « trop souvent incomplets et peu lisibles »…

L’INAO veut instaurer une plus grande transparence sur « les pratiques œnologiques, l’encépagement, les règles de présentation et d’étiquetage, les rendements (des vignes), les pratiques environnementales… ».

Bref, on envisagerait de créer de nouvelles catégories d’AOC, les AOCE (Appellations d’Origine Contrôlée d’Excellence), un peu comme en Italie : les DOCG (appellation garantie) par rapport aux simples appellations DOC.

M. Renou se dit « prêt à débattre de tout ! » .

C’est bien ! mais c’est toute une mentalité profonde qui est à reconsidérer, avec des révisions déchirantes à la clef…

La crise touche également nos voisins européens et la morosité n’a pas manqué de planer sur le salon international VINITALY de Vérone des 1, 2, 3, 4 et 5 avril dernier.

Dans le même temps, les pays du nouveau monde et particulièrement l’Australie, le Chili et l’Argentine continuent à conquérir des parts de marché…

 

Restons en là avec les motifs d’inquiétude et de morosité et parions résolument sur l’avenir en poursuivant avec ardeur notre quête de l’esthétique œnologique avec des vignerons respectueux de nos attentes.

 

 

 

NOS RECENTES DECOUVERTES

 

 

Mon voyage de Mars-Avril 2004 en Europe Centrale et Italie du Nord laisse augurer de nouvelles spécialités remarquables chez nos partenaires autrichiens de toujours et chez quelques nouveaux partenaires italiens.

J’ai fréquenté l’Italie régulièrement depuis ma plus tendre jeunesse, ainsi, les noms de Bardolino, Valpolicella, et autres Soave, m’ont toujours été familiers. Toutefois, le niveau qualitatif de ces vins m’est longtemps apparu insuffisant. La majeure partie de la production était entre les mains de quelques très grandes caves qui ont toujours favorisé la quantité à la qualité. Nous constatons depuis une dizaine d’années l’émergence de petits et moyens Domaines qui ont un souci affirmé du rapport qualité/prix.

 

Parmi eux, j’aimerais attirer votre oenophile attention sur le Domaine Guerrieri Rizzardi, admirablement situé à Bardolino, près du Lac de Garde.

Fondé à la fin du XVIII ème siècle, ce domaine de 80 hectares, appartient à la famille des Comtes Rizzardi.

L’encépagement, presque entièrement composé de variétés indigènes, apporte aux vins une originalité remarquable.

 

 

 

AMARONE DE LA VALPOLICELLA

 

 

Le secret de ce vin hors normes réside dans le passerillage (séchage sur lits de paille ou claies) des raisins autochtones de la région : Corvinone, Rondinella, auxquels s’ajoutent un peu de Sangiovese et de Barbera.

La grappe parfaitement saine et mûre à la récolte ne doit souffrir d’aucun défaut. La moindre détérioration au cours du passerillage entraîne son élimination. La durée du processus est d’au moins trois mois avec une perte de volume de 50% à 75%. Il est à noter que des Amarone à « petits prix » sont élaborés grâce à un séchage des raisins en 3 jours dans des étuves munies de ventilateurs…(No comment !)

Au cours du processus de passerillage, on obtient une concentration des extraits secs, du sucre et de l’acidité.

La différence entre un vin de paille classique (Recioto) et un Amarone est la poursuite de la fermentation après le pressurage jusqu’à l’obtention d’un vin complètement sec.

Le vin peut atteindre parfois 16% vol d’alcool !

La durée d’élevage est de deux à trois ans en foudre.

Il s’agit d’un rouge d’exception, doté d’une grande longévité et réservé aux grandes occasions : à consommer toutefois avec modération.

 

 

 

AMARONE DOC CLASSICO 1997 : GUERRIERI RIZZARDI

 

 

Date de la vendange : 25 septembre 1997.

Cépages : Corvinone, Rondinella, Sangiovese et Barbera.

Durée de séchage des raisins : quatre mois dans des caissettes de bois fruitiers à claire-voie.

Fermentation des moûts : en foudres de 50 hectos.

Elevage de trois années en barriques de chêne slovène et français de 25 et 18 hectos.

Quantité produite : 11800 bouteilles.

Durée de conservation : 25 ans minimum.

La robe du vin est magnifique, grenat avec traces d’évolution. Le bouquet est très complexe, floral, épicé, balsamique. La bouche se révèle redoutablement puissante, extrêmement typée, structurée et de grande longueur.

Un des plus grands vins rouges du monde dans sa catégorie.

 

 

 

BARDOLINO DOC CLASSICO 2003 : CRU TACCHETTO

 

 

Surface du cru : 3,5 hectares à l’ouest de Vérone près du Lac de Garde.

Cépages : Corvina, Rondinella et Sangiovese.

Date de vendange : du 19 au 25 septembre 2003.

Fermentation et élevage en cuve inox.

Degré d’alcool : 12%vol

Robe rubis, brillante. Bouquet caractéristique de cerises et d’épices doux.

Bien que présentant une certaine structure, la bouche est coulante et très fruitée. Idéal vin d’été.

 

 

 

VALPOLICCELLA DOC CLASSICO : SUPERIORE 2002

 

 

Origine : commune de Negrar au nord ouest de Verone.

Cépages : Corvina gentile, Corvinone, Molinara, Rondinella, Negrara, Barbera.

Degré d’alcool : 12.5% vol.

Elevage en foudres de chêne slovène et français.

Robe rubis intense. Vin aromatique, fruité, équilibré et de bonne longueur.

Il était considéré au XIX ème siècle comme le meilleur vin d’Italie.

 

 

 

SOAVE DOC CLASSICO 2003 : GUERRIERI RIZZARDI

 

 

 

La zone d’appellation Soave est située à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Verone.

Les vignes sont plantées sur des collines volcaniques exposées au midi.

L’encépagement du vignoble se partage entre le Garganega et le Trebbiano di Soave, plus un peu de Chardonnay.

Le Garganega est un cépage original et intéressant qui donne le meilleur de lui-même sur le terroir volcanique de Soave, lorsqu’il est bien vinifié.

Le millésime 2003 qui vient d’être mis en bouteille est élaboré à 95% à partir du Garganega.

La robe est pâle. Le vin très fruité est doté d’une bonne consistance et d’une finale rafraîchissante.

Bon vin d’été.

 

 

 

GOLSER STROHWEIN « VIN DE PAILLE » :

 

CABERNET SAUVIGNON 2003 G-LUNZER

 

 

Faisant route vers la Hongrie, je suis passé lundi matin 22 mars chez Georg Lunzer à Gols, afin de voir où en était le « bébé ».

L’examen est très satisfaisant !

Pour résumer :

 

• 1800 kg de raisins de cépage Cabernet Sauvignon ont été vendangés le 5 septembre 2003 . La richesse du moût était de 18KMW (18% de sucre par litre de moût en masse volumique).

• Les raisins ont passé cinq mois sur lit de paille (voir photo sur notre site internet).

• Ils ont été pressurés le 5 février 2004. La richesse du moût avait alors atteint 35 KMW(35 % de sucre par litre de moût en masse volumique).

Alcool : 11.7 %vol ; sucres résiduels : 211.8 gr/litre ; acidité fixe : 8.7%0.

• La robe est superbe(rubis-corail). Le vin fermente encore un peu mais il sera filtré demain et ainsi stabilisé. Il se révèle très riche à la dégustation, probablement supérieur encore à l’excellent millésime 2002. L’acidité est très satisfaisante et équilibre remarquablement ce petit joyau œnologique aux arômes intenses de fraise des bois, framboise et autres fruits rouges. La persistance aromatique est excellente.

• Le vin sera livrable autour du 15 juin 2004.

 

La quantité totale de ce précieux nectar ne devrait pas dépasser 600 bouteilles. Comme pour les millésimes précédents les plus prompts à réagir seront servis.

 

 

 


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